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 Cherche iris qui n'a pas vu la rose (Charlie)

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Sasha Nortan
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Fidei


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Mar 19 Juin - 23:25


Tu avais cherché un peu partout. Du haut de la tour jusqu’à l’orée du labyrinthe dans lequel tu ne t’étais pas aventurer. Ca faisait plusieurs jours en fait que tu avais refusé de sortir de ta chambre, passant ton temps à dormir et à te réveiller. C’était ainsi depuis que tu t’étais réveillé à l’infirmerie avec le garçon albinos dont tu avais malgré toi oublié le nom. Et puis, un matin (ou plutôt vers midi), tu avais réalisé que tu n’avais jamais rejoins Charlie. Peut-être que ce gentil camarade qui venait parfois dans ta chambre pour te réveiller l’avait prévenu. Enfin, rien n’était moins sûr parce qu’il ne savait peut-être même pas que Charlie et toi étiez de bon amis.

Alors tu t’étais tiré de ton lit, vacillant un peu sur tes jambes ankylosées par le manque d’effort. Tu avais enfilé des vêtements un peu trop grand qui ne faisait qu’accentuer ton coté chétif mais tu n’en avais cure, et tu avais ensuite attraper une large sacoche que tu avais hisser sur ton épaule. Tu avais besoin de Charlie. En vérité, c’était la seule chose dont tu avais envie. Ton ventre gargouillait mais tu t’en moquais. Tu avais juste envie de te blottir dans ses bras pour chasser ce sentiment d’insécurité qui t’avait jusque là collé à la peau. Mais voilà, impossible de savoir où elle pouvait être. Tu avais été en premier lieu dans la salle de musique sans la trouvé. Puis à la volière et tout plein d’autre endroit qui n’avait surement quelque chose de logique que pour toi.

Finalement, tu avais terminé ta course trépidante à la recherche de ton Batman au pied de l’arbre aux oiseaux migrateurs. Tu n’avais pas adressé la parole à qui que se soit. Même pas l’idée de demander simplement à quelqu’un où est-ce que la rouquine pourrait se trouver t’avait effleuré. Tu levas les yeux vers les branches encore peu habité vu que la saison fraiche semblait s’éternisée. Entourant tes bras autour de tes jambes, tu gardas le nez levé vers le ciel.

« Théo… Tu crois qu’ils vont revenir vite… les oiseaux. J’aimerais que Charlie vienne ici tu sais. »

Tu frissonnas légèrement en réponse à un léger coup de vent frais. Même avec ce pull qui devait être au moins trois tailles au dessus de la tienne (tu avais du te tromper en lavant tes affaires et prendre celui de quelqu’un d’autre), le froid arrivait à t’atteindre. Tu enfouies un bref instant ton nez dans le col avant qu’un éclair de couleur attire ton regard. Un éclair de couleur qui venait vers toi. Tu te redressas rapidement, manquant de tomber en glissant sur l’herbe humide, n’évitant ce faux pas que grâce à ta main qui te rattrapa dans ton élan pour te donner l’impulsion nécessaire pour te mettre debout et rejoindre la jeune fille. Sur l’instant, tu oublias complètement la sacoche que tu avais appuyée à coté de toi contre le tronc de l’arbre.

Comme un enfant perdu dans un supermarché qui vient de retrouver sa mère, tu te blottis contre elle, accrochant tes bras autour de sa taille avec un mince sourire placide sur tes lèvres.

« Tu m’as trouvé Charlie. »


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Charlie Clarke
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Autonomia


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Jeu 21 Juin - 13:27

Il y a un vent frais. Ma lettre est prête, cachetée à la cire., sans sceau ni rien. Juste un semblant d'ancien. J'ai dessiné une étoile avec un bâton dans le liquide blanc. Ca ne ressemble à rien. C'est pas grave. Rien n'est grave. Je l'enverrais à Aniela. Parce que ça fait des semaines entières que je ne lui ai pas écrit. Ca ne racontes rien de spécial. Simplement que je suis perdue, maintenant que je ne peux plus rentrer. Maintenant que je n'ai lus de break à la maison. Qu'il m'est impossible de rentrer tout court. En fait, j'ai juste besoin de me sentir libre. Alors je respire. A poumons ouverts. Et je vais jusqu'à la volière. Je me rappelle que je n'ai vu personne ces derniers temps. Ni Johana, ni Maria, ni Sasha. Je n'ai vu personne, si ce n'est les gens qui m'accompagnent en cours. Si ce n'est des visages vaguement familiers. Ca ne m'a pas manqué. Pas vraiment. Jusqu'à maintenant. Jusqu'à ce que je réalise. Parce que j'ai ces prises de consciences parfois. Et bizarrement, j'ai comme un goût amer sur la langue. Je me dis que Sasha me manque vraiment. Je ne l'ai pas vu depuis quelques temps. Trop longtemps. Je l'avais pourtant attendu dans la Grande Salle, comme mon geste muet lui avait suggéré. Je l'avais même un peu chercher, en vain. A vrai dire, même si je l'adorais, même si être avec lui aussi longtemps que possible était palpitant, je ne connaissais même pas son nom de famille, et quand j'avais demandé où est Robin, tout le monde m'avait regardé avec des yeux ronds, m'avaient amenés dans diverses chambres, sans que ce ne soit jamais la bonne. Alors j'avais attendu. On se recroiserait forcément.

Alors me voilà, frissonnante sur la route de ce qui nous sert de poste. Et je le vois, au loin. Je crois que j'ai lâché ma lettre par terre. Ce n'est pas si grave, j'en réécrirais une. Ce n'est pas si grave. Je fonds dans ses bras. J'ai l'impression que je lui ai manqué. Alors je referme mes bras autours de lui. Et je me me à murmurer. Cap Diamant. Je me met à chantonner. L'air léger. Le premier vers suffit à traduire mes pensées.

« Ona tant de chose à se dire. »

Ca se détache, à semi-parler, au contraire de la suite qui n'est plus qu'une mélodie. Je cherche sa joue. Y dépose un baiser. Je reste quelques temps comme ça. Je veux pas le lâcher. Sa chaleur me fait du bien. Pourtant à un moment il faut bien détacher nos corps. Alors je m'assois sur le perron de la volière. Qu’importe si je bloque le passage. Je veux juste rester un peu là avec ce vent. Avec Sasha.

« Tu étais où pendant tout ce temps ? »

J'ai un sourire un peu triste. Parce que c'est maintenant, après cette étreinte, que je me rend compte qu'il avait était vraiment absent. Trop longtemps. Et quelque part, ça me démange. Ca me fait un peu mal. Un peu acide. J'ai envie de rester là. Rattraper le temps perdu sous ce ciel gris.


[HS : J'avais écrit un truc hier soir, puis la co à buguer, du coup, j'ai tout perdu. Donc c'est caca. VRAIMENT MOCHE. Pardon.]

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Sasha Nortan
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Jeu 21 Juin - 17:37


Tu gardais ton visage contre elle. Contre sa chaleur. Tes doigts serraient son vêtement, le tordant sans se soucier de le froisser. Maintenant que tu l’avais tout contre toi, tu réalisais à quel point elle t’avait manqué. Tellement, tellement. Tu n’avais pas envie de la lâcher. L’air qu’elle chantonne t’apaise, tu te sens un peu plus chez toi. Tu restes accroché encore un peu avant de te détacher doucement mais sans t’éloigner de trop. Tu fermes un peu les yeux avec un léger sourire quand ses lèvres se posent sur ta joue. C’est tout Charlie. Tu va doucement t’assoir à coté d’elle sur le perron.

Soudain, la question que tu redoutes arrive. Tu baisses un peu la tête. Tu es un peu penaud. De l’avoir laisser sans nouvelle. Elle ne sait pas. Elle n’est pas au courant de ses moments où tu restes parfois des jours dans ton lit. Tes moments où tu ne parles à personne parce que le monde t’indiffère. Mais tu ne veux pas qu’elle parte, qu’elle soit déçu. Qu’elle te laisse en découvrant tout ça. Et d’un autre coté, tu te refuses à lui mentir. Alors tu tortilles ton haut entre tes doigts, fixant un point au bout de tes orteils.

« J’étais dans ma chambre. »

Tu levas un air un peu penaud vers Charlie. Puis tu repris doucement.

« La dernière fois. Ca s’est… le garçon. Je ne sais pas trop. »

C’était encore flou pour toi, même si ca t’était arrivé. Tu frottas ton visage contre tes mains enfouie dans tes manches. Tu n’avais pas envie d’y repenser. Cette odeur aseptisée revenait à chaque fois que tu y pensais. Gardant ton visage enfoui, tu marmonnas quelques excuses auprès de la jeune fille. Pour l’avoir laisser dans le flou, sans nouvelle, pour n’avoir pas trouver le courage de sortir de ton lit durant les derniers jours.

Et puis, finalement, tu te redressas pour te lever et aller chercher l’étui que tu avais laissé pour courir vers Charlie avant de revenir auprès de la rouquine. Doucement, tu défais le zip pour découvrir un synthé portable plus léger que celui que tu avais dans la salle de musique. Dispersés sur les touches, des feuilles de partitions griffonné de façon brouillonne et peu lisible. En fait, à part toi, il n’y avait certainement pas grand monde qui serait capable de déchiffré ce charabia.

« Mais je te cherchais aujourd’hui, tu sais. »

Tu finis par lui sourire, plissant légèrement les yeux. Parce que tu n’avais encore jamais eu l’occasion de lui faire écouter ce que tu faisais.


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Charlie Clarke
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Mar 26 Juin - 12:15

J'ai l'impression que quelque chose ne va pas, que l'on s'est trop éloignés en seulement quelques jours, j'ai envie de le prendre dans mes bras, de le serrer fort contre ma poitrine. De lui dire que tout ira bien. J'ai envie d'être comme Joshua a été tant de fois avec moi. Les bras protecteur, le coeur qui écoute, l'épaule qui sèche les larmes. Je tortille ma jupe. Je cherche son regard alors qu'il fixe le bout de ses pieds. Tout ce qu'il me dit est bien trop confus pour que je comprenne vraiment quelque chose, alors je suis un peu bête. Je le tire vers moi, cale sa tête sous mon épaule et enroule mon bras autour de lui. Je me met à murmurer. Firefly. Je me met à chantonner, du Ed Sheeran, parce que j'ai l'impression qu'il aime bien. J'embrasse sa tempe dès que la chanson m'en laisse le temps. Jamais longtemps. Ca prend quelques minutes, mais je voudrait l'apaiser. Je fais beaucoup d'effort, avec ma voix. Je la veux parfaite. Je veux que ce soit ma voix, la mienne, avec quelques instruments derrière. J'essaye vraiment de tout mon être, parce qu'au final, j'ai envie de transmettre cette chaleur. De la partagée. J'ai bien conscience de ne pas avoir un don très puissant ou utile, mais je veux au moins qu'il serve à quelque chose, au bonheur, au réconfort.

« Je suis là, maintenant. Alors souris, juste un peu. »

Je me penche vers son visage, je trace un sourire avec mon index sur ses joues. J'aimerais que ce soit si facile. Qu'il rigole, un peu. Je me sens un peu mal. Mais ce n'est pas le moment de l'embêter avec mes problèmes. J'ai pas de problèmes, de toutes façons.

« Qu'est ce qui s'est passé, depuis ? »

Un peu de curiosité. L'envie de savoir comment s'étaient déroulées les choses après mon départ. Tu voulais comprendre ce visage un peu triste, un peu coupable. Lui dire non, non, il n'y a rien. Racontes moi juste. Mais je veux pas qu'il se sente obligée, alors je me redresse, je le tire par la main. C'est tellement simple.

« Fais comme moi ! »

Je me met sur la pointe des pieds, portes mes deux mains autour de mes lèvres et je me met à crier. Des sons. Rien de fantastique. Juste des bruits. Quelques oiseaux prennent peur. Je me sens ridicule quand des élèves me regardent. Alors je souris, je rougis.


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Mar 26 Juin - 14:53


Tout contre elle. Tu fermes les yeux. Tu t’apaises. Tu ne sais pas comment tu as fais pour tenir aussi longtemps seul dans ta chambre, avec seulement ce voisin de chambre pour te rendre visite et s’assurer que tu avales quelque chose. Elle chante, fredonne pour toi. Sa voix se cherche quelques secondes avant de se poser dans une assurance calculée. Tu frottes un peu ta joue contre elle, une façon un peu particulière que tu as de montrer que tu te sens bien, que tu es bien ainsi, tout contre sa chaleur. Elle, ton soleil. Ton Batman.

Vos corps se détachent doucement et tu souris, comme si son index avait tracé au crayon sans le moindre mal cette expression sur ton visage. Tu ris même un rien, très discrètement. D’ailleurs, tu ne parles qu’à mi-voix depuis ce jour, dans un souffle. Par crainte. Par précaution. Parce que. Et elle te pose la question. Une question assez difficile. Tu ne sais pas trop au final. Ton regard se détourne simplement parce que tu réfléchis, tu essayes de te souvenir. Vraiment. Parce qu’elle te le demande. Mais le peu que tu sais, tu n’as pas envie d’en parler. Avec personne.

« Je… »

Elle finit par t’attraper la main, t’aidant à te lever alors que l’instrument sur tes genoux glisse vers le sol. Tu la suis, la mime dans ses mouvements avant d’afficher un air surpris quand elle crie. Doucement, tes mains s’abaissent et tu souris. C’est tout Charlie. Tu l’applaudis doucement en riant. Mais tu ne crieras pas. L’idée même te noue déjà l’estomac. Tu risquerais de faire des dégâts important à l’école qui n’est pas loin. Et tu pourrais blesser Charlie.

Ou pire, elle finirait par avoir simplement peur de toi. S’éloigner. Tu le prendrais avec un sourire, t’excusant doucement avant de partir sans te retourner, marchant dans les débris de l’établissement qui n’aurait pas été dans un pire état après une bombe. Des gens blessés et couvert de verre. Des regards terrifiés qui se tourne vers toi. Toi qui souris, placide. Toi, restant seul dans ces murs. Avec le bruit lointain d’un bip et une odeur d’hôpital.

Tu reprends soudain pied dans la réalité. Encore une de tes absences, tu ne t’en rends jamais vraiment compte. De la période dans laquelle tu te laisses emporter loin du monde réel pour ces cauchemars diurnes, ces scénarios macabres qui hantent ton esprit à chaque conflit intérieur. Tu tournes ton regard vers Charlie, sourit doucement.

« Désolé, je réfléchissais. »

Tu pourrais lui dire. Lui expliquer quel est ton don. Mais tu ne le fais pas. Tu ne le fais jamais.


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Lun 2 Juil - 6:20

Des hésitations dans sa voix. Une excuses. Je comprends alors que c'est quelque chose de délicat. Alors je me met à crier plus fort en lui serrant la main. Comme si je criais pour lui. Je respire à plein poumon avant de tout ressortir dans une mélodie pas même brusque. Ca dure quelques instants, jamais vraiment longtemps. Puis au final, j'arrête tout. Parce que ça doit pas le soulager autant que moi. Parce qu'au final, ça m'a quand même fait un peu de bien.

« Faut pas déprimer. Essaye juste. De faire quelque chose en dehors de tes habitudes pour rendre ton quotidien exceptionnel, décrocher pied, et juste, bah, rêver en étant éveillé. »

C'est une méthode bête. Une méthode étrange. La plupart du temps, les gens parlent entre eux de leurs problèmes, payent un psy, et après, tout s'arrange. Moi je prends une drogue que l'on appelle imagination. Je m'imagine presque pirate à crier à l'abordage. Je n'ai pas l'étoffe d'une sirène ou d'une nymphe, alors le monde se transforme sous mes yeux, simplement pour que j'y sois à l'aise. Et c'est vrai qu'en ce moment, j'en ai besoin.

Parce que Joshua me manque terriblement. Son rire, sa guitare et tout le reste. J'ai un peu besoin qu'il me prenne dans mes bras et qu'il me dise, tout ira bien. Parce que même si je m'y force à y croire, à ce mots nons-dits et pourtant répétés sans cesse dans ma tête.

« Sasha... »

Besoin d'attention. Besoin de réconfort. J'ai un peu les yeux tristes, mais je ne pleurerais pas. J'ai un peu les yeux tristes, mais je ne peux pas m'empêcher de sourire. Sûrement parce que je suis faite ainsi. Sûrement parce que dans le fond, je sais pas faire autre chose.

« ...J'ai envie de rentrer. »

Rentrer. Pas à l'intérieur, pas dans ta chambre. Non. Rentrer, dans ton petit confort. la nostalgie te prend, te serre la gorge. Tu n'as tellement pas l'habitude de pleurer que tu es incapable d'exploser dans ses bras, incapable de pouvoir profiter du réconfort qu'il peut t'amener, alors tu te tourne rapidement. Regarde le ciel. Changer de sujet.

« Sinon, tu vas faire quoi aujourd'hui ? »

Sanglots avalés. Il le faut bien.

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Mar 3 Juil - 17:17


Sa voix éclata à nouveau, résonnant aux quatre coins du parc. Tu la regardes faire. D’une certaine façon, tu avais l’impression qu’elle criait pour toi. Que ce soit volontaire ou pas. Ca te faisait du bien, pas grand-chose mais un peu quand même. Puis, doucement, sa voix se module, laissant une mélodie s’imprimer dans l’air. Tes doigts s’accrochèrent un peu à sa main avant que tout ne retombent, laissant un arrière gout sucré dans ce silence animé de quelques murmures de la nature.

Elle s’inquiétait. Pour toi, pour d’autre chose. Tu ne savais pas mais elle rayonnait encore plus, comme de façons désespérées. Pour changer le monde. Pour oublier ce monde. S’évader. Tu pouvais comprendre cette envie, tu vivais avec. Derrière tout ce que tu faisais, même le fait de venir ici, tout n’était qu’une excuse pour t’évader ailleurs. Sans pour autant perdre un lien avec la réalité. Et ce lien pour le moment, c’était elle. Ton lien. Une bouée de secours à laquelle tu avais envie de t’accrocher mais que tu avais peur de faire couleur avec toi.

Ton prénom glissa entre ses lèvres. Dans un sourire alors que ses yeux semblaient sur le point de s’épandre sur ses joues. Quelques mots. Juste quatre mots. Et ta main se relâche sur l’instant. Rentrer. Partir. S’évader. Cette prison dorée qu’était devenue l’école depuis plusieurs mois ne t’étouffait pas vraiment. Tu voudrais l’aider, autant qu’elle t’aide en étant… simplement elle. Elle change de sujet, elle s’esquive, elle efface. Ses yeux fixent le ciel et te fuis. Tu n’as pas envie de répondre à ça. Non, cette question futile, tu n’as pas envie de perdre du temps dessus. Et tu réfléchis. Tu réfléchis.

Soudain, tu lui attrapes le poignet, tu l’entraines derrière toi, tu la ramènes vers les marches. Tu la guides pour qu’elle reste à coté alors que tu montes, que tu voles de façon grossière quelques centimètres, jusqu’à ce tu sois plus grand qu’elle. Alors tu passes tes bras autour de ses épaules et tu la garde contre toi. Tu ne savais pas quoi faire d’autre, tu sais que ça te fait du bien alors ca t’a sembler être la chose la plus logique à faire. Tu poses ta joue contre ses cheveux roux, tes bras se serrent un peu et tu te risques à quelque chose qui te demande bien plus d’effort qu’elle ne peut l’imaginer.

« I'm gonna pick up the pieces, and build a Lego house. If things go wrong we can knock it down… »

Ta voix est faible, même le vent est capable de la couvrir. Pourtant, tu continues, oscillant entre parler et chanter, dans un murmure. Un murmure que seul elle est capable d’entendre. Que seul elle est capable de comprendre. Tu n’es pas quelqu’un de fort. Tu n’es pas quelqu’un de sûr. Tu n’es même pas quelqu’un auprès de qui on peut se confier, s’épancher. Tu n’es rien de tout ça. Alors tu n’as que ça. Des automatismes mués par un mimétisme des quelques gestes tendres que tu as connu, des bribes de souvenir heureux, des liens logiques avec les gens. Et avec tes ciseaux et quelques gommettes, tu essayes de faire des liens avec les gens, tu essayes de réparer les choses. Comme un enfant maladroit et incompris.

Finalement, ta peur de ton don reprend le dessus sur ton désir et tue la fin d’une phrase dans ta gorge. Doucement, tes bras se détachent. Tu veux bien répondre à sa question maintenant, sa question futile. Celle qui vous permettra de faire comme si tout allait bien alors que votre monde s’écroule doucement sous vos pieds.

« Aujourd’hui, je vais te montrer ma musique. »




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Ven 10 Aoû - 19:02

J'ai l'impression que rien ne se passe correctement, que je devrais pas être ici. Ailleurs n'importe ou mais ailleurs. Mais en meme temps, je n'aurais pas été la pour prendre Sasha dans mes bras, pour lui dire que tout allait bien. Pour lui faire comprendre que, dans tous les cas, je serais la. Qu'importe ce qui pouvait se passait. Mais peut-être n'ai-je pas été assez claire ? Peut-etre meme qu'il n'a pas besoin de moi. Que je suis juste un divertissement pour lui. Et bizarrement, ça m'arrache un hoquet. Parce que dans le fond, j'ai cette peur terrible d'être rejette. Comme avec mon frère, quand il m'a abandonne pour cette fille. Quand il m'a laisse tombe pour une vie ailleurs, une vie sans moi. Et j'aimerais demander a Sasha. Lui demander qu'il me promette, que lui, il ne fera jamais ça.

Et puis bizarrement il se passe quelque chose. Comme si quelque chose de sacré allait se passé. Comme si, au lieu d'être jetée en dehors, il allait m'ouvrir son jardin secrets. Je le sens, comme si un pas allait être franchi. Et je me demande s'il en a vraiment envie, ou si c'est juste pour me faire plaisir, pour ne pas me décevoir. Moi qui lui ai demandé de crier, de m'imiter. Alors avant que tout ne se passe, je me met sur la pointe des pieds et pose un baiser sur sa joue. Puis une voix douce traverse mes lèvres. Presque celle d'une mère. Je crois en tout cas, puisque j'entends ma mère me parler. Comme quand j'avais dix ans. Comme quand j'etais fragile, encore plus que maintenant.

« T'es pas obligé. »

Je ne veux pas qu'on me prenne en pitié. Pas meme qu'on ai envie de me faire plaisir pour ce genre de chose. Juste qu'on en ressente le besoin. Qu'on oublie de me prendre en considération. Paradoxal, pour une fille qui ne veut pas être oubliée, ni meme mise de coté, je vous l'accorde.

« T'es pas obligé. Je veux dire, ça a l'air important pour toi. Et je veux pas te forcer. Je veux que tu m'offre ta musique seulement quand tu seras prêt, Quand tu en auras envie. Pas avant. »

Mes doigts se cherchent, s'etreignent, j'ai un peu peur. Parce que je me dis que je vais regretter ces mots. Alors je détourne le visage, Comme pour fuir. C'est peut être plus simple.



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Sam 11 Aoû - 22:56

Pas un refus mais avec autant d’impact.

Tu avais toujours eu tellement de mal avec les relations humains, les sentiments. A force d’être détaché, apeuré, tu avais finis par te distancer des autres, de toi-même à tel point qu’à présent, tu avais un peu de mal à renouer ces liens que tu avais la foi de faire renaitre entre toi et les autres. Charlie, ton voisin de chambre et même ces garçons étranges qui ne semblaient pas savoir s’ils devaient te craindre ou te détester. Même eux, tu avais envie d’être proche d’eux. Même Noa, qui t’avait pourtant fait fuir. Sans savoir pourquoi, sans savoir comment. Même lui. Tu avais envie de renouer avec la terre entière qui t’ouvrait enfin les bras pour te dire que, oui, tu avais une place.

Mais il y avait cette phrase. "Tu n’es pas obligé". Elle ou une autre de ses sœurs, que tu avais toujours entendues. Tu n’avais jamais vraiment su comment les prendre au début, et puis, petit à petit, tu avais finis par comprendre que la plupart des gens étaient polis et disaient généralement ce genre de chose quand ils n’étaient pas intéressés mais qu’ils ne souhaitaient pas te froisser. Un "Merci mais non merci" plus doux, qui te donnait l’illusion d’un choix que tu ferais. Un choix. Tu savais le choix que tu devais faire dans ces cas là. T’effacer. Reculer de quelques pas, avec le sourire en acquiesçant. Et pourtant, à cet instant, une lueur de tristesse passa furtivement dans tes yeux. Parce que c’était les lèvres de Charlie qui avait articulé ses mots. Charlie. Ca t’avait fait l’impression d’une gifle sur l’instant. Mais tu balayas tout ça rapidement avec un sourire. Un sourire un peu figé.

Tes oreilles n’entendaient plus rien, alors même qu’elle continuait de parler. Tu voyais ses lèvres bouger, toi qui était à sa hauteur grâce au quelques marches qui tu avais grimpé pour être à sa hauteur. Ses lèvres qui avaient effleuré ta peau, dans un geste chaleureux qui te laissait le souvenir amer de toutes ces autres femmes qui le faisait pour faire passer leur mot plus facilement. La situation te mettait mal à l’aise mais tu n’en montrais rien. Sans même t’en rendre compte, pour la première fois depuis que tu la connaissais, tu avais assimilé ses gestes et ces mots à ceux que t’avaient servit toutes ses femmes chez qui tu avais passé quelques mois avant d’être renvoyer à l’assistance.

Tu ne sais pas pourquoi mais tu remarques qu’il commence à pleuvoir. C’est étrange comme parfois la météo s’aligne à la situation, à la façon d’un film. Et ton sourire se fait plus clair. Tu redescends quelques marches jusqu’à sentir l’eau s’écraser sur ta peau. Le ciel est encore assez clair et les gouttes sont tièdes. Tu avances doucement sous la pluie et au bout de quelques pas, tu te tournes à nouveau vers Charlie.

« D’accord. »

Ta gorge est un peu serrée. Ca faisait longtemps que ca ne t’était pas arrivé. Tu es content qu’il pleuve. L’eau du ciel finit par couler sur ton visage, bien qu’il ne pleuve pas à verse. Tu es content qu’il pleuve parce qu’elle ne remarquera rien, avec ton sourire.

« Ah. Il pleut. Je dois le rentré parce qu’il va être tout mouillé sinon. »

Tu rejoins l’instrument encore calé dans sa housse, tu l’essuies avec ta main, étalant plus l’eau qu’autre chose, avant de ferme la sacoche pour la soulever. Sur tes lèvres, l’eau douce de mère nature à un gout un peu plus salé. Gardant l’instrument contre toi, entre vous, tu regardes une dernière fois Charlie.

« Tu sais, Charlie. Tu m’avais manqué. Beaucoup. »

Deux jours. Tu as l’impression de lui dire au revoir. Pourtant ce n’est pas ce que tu veux mais à cet instant, tu veux fuir. Juste cette fois. Parce que sourire commence à te faire mal, parce que sous cette pluie tiède et salé, tu n’arrives plus à ressentir sa chaleur. Tu serres la housse contre toi, tes cheveux collant un peu à ton visage alors que l’averse faiblis sans s’arrêté.

« A plus tard… »

Et tu fuis. Entre course et pas rapide. Tu sens tes pieds glissé incertain sur le sol boueux et une fois dans les couloirs, tu avances vers les dortoirs, sans adresser un regard ou une parole à qui se soit. Tu ne réponds qu’à Théo, qui s’inquiète, qui t’interroge.

« Non Théo… je ne pleure pas. C’est la pluie. »



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