Sujet: Entre brûme et plumes noires (libre) Jeu 5 Jan - 16:32
Un dimanche matin. Forcement, tout le monde dormait encore. Mais une fois que tu avais un rythme, c’était dur de t’en défaire un jour par semaine. Les premiers matins, tu étais réveillé en sursaut par l’alarme qui résonnait. Maintenant, ton horloge interne te réveillait environ dix minutes avant. Alors tu avais le temps de te préparer et souvent, lorsque la sonnerie tonitruante retentissait, tu terminais de t’habiller. Le dimanche ne dérogeait pas à la règle. C’est dans une matinée brumeuse que tu étais sorti marche dans la plaine. Le brouillard qui se posait à cette heure te donnait l’impression d’être un peu comme chez toi.
Comme chaque semaine, tu avais quelques compagnons pour ta balade machinale dont un corbeau que tu avais un jour croisé au passant près du cimetière de l’île et qui c’était visiblement prit d’affection ou de curiosité pour toi. A chaque fois que tu mettais un pied dehors, il arrivait et se posait sur ton épaule le plus simple du monde. Avec toute l’originalité dont tu étais capable, tu l’avais appelé Black bien que tu sois loin de le considéré comme un animal de compagnie ou quoique se soit. Mais c’était tout de même plus simple et, comme tu ne t’étais pas prit de coup de bec, tu avais supposé que le volatile n’avait rien contre.
La raison de cette envie de sortir était la curiosité et le besoin de savoir qui te torturait en silence depuis qu’ils étaient arrivés dans l’école. Les élèves de Synchronicity. Ceux qui avaient les réponses à tes questions. Eux devaient forcement savoir où se trouvait Kylian. L’envie d’aller dans la pièce qui leur avait été réservé t’empêchait de dormir, te faisait perdre son chemin. Même tes camarades de classes qui avaient plus ou moins compris que tu étais d’un naturel indifférent à tout, avaient remarqué le changement, subtil mais présent. Tu aurais pu demander un service à l’une des souris qui couraient dans les couloirs mais pour le moment, tu préférais lutter. Contre toi-même, en silence, derrière ce regard blasé, battant simplement tes longs cils avant de détourner les yeux quand ils se posaient sur l’un des rescapés. Parler avec des humains n’étaient vraiment pas ton point fort après tout…
Après une ou deux heures de marche hasardeuse, ton estomac te rappela que tu ne l’avais pas sustenté depuis… la veille au soir ? Ce ne serait pas plutôt la veille au midi, Raven ? Tu avais toujours eu cette fâcheuse manie d’oublier que manger était une chose nécessaire. Il fallait avouer que ce n’était pas avec les calories que tu dépensais que tu risquais le malaise mais tout de même. La démarche nonchalante, tu entrepris de revenir vers le hall d’entrée, une fine pellicule de bruine s’étant déposé dans tes cheveux et sur tes vêtements. Sans vraiment te soucier d’avoir ton compagnon à plumes encore sur ton épaule, tu t’ébrouas légèrement une fois à l’intérieur. Le volatile s’envola en te croassant quelques reproches pour l’avoir secoué.
« Oh. Désolé Black. » lâchas-tu vaguement en essuyant un peu ton visage. La majorité des élèves devaient être entrain de dévorer leur petit déjeuner. Tu ferais mieux d’y aller à ton tour avant qu’il ne reste plus grand-chose comme choix. Tu tournas ton regard vers le corbeau perché sur une décoration. « Tu veux que je te ramène quelque chose ? ». Pour seul réponse, un croassement raisonna dans le hall, laissant un écho retentir.
Mas ce n’était pas le seul écho. Il y avait également celui des pas d’une autre personne…
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Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Dim 8 Jan - 3:36
Obstination.
Dimanche matin. Un calme paisible, presque trop immortel, chuchotait à tes oreilles lassées de tes cris de retourner te coucher, fatigué, épuisé d'une vie que tu n'avais jamais mérité. Mais ce silence pesant, accablant l'académie d'un réconfort rare, précieux, te tenait éveillé, alors que, toi le premier de cette journée qui commençait, avais ouvert cette trappe qui allait te mener vers un avenir hasardeux. Celui d'un entrainement, d'un but à poursuivre, pour survivre, pour accomplir la seule raison d'une existence que tu n'estimais même pas devoir avoir, d'un souffle dont le cadeau te semblait trop précieux pour être gaspillé. Mais pour le moment, assis à côté de la trappe ouverte, dans le froid de l'hiver et les flocons blancs du manteau de neige qui recouvrait la plaine extérieure, tu contemplais ce paysage que seul toi verrais aujourd'hui, pendant que les autres dormaient paisiblement, sans avoir aucune notion de ce temps ni même de cette beauté que tu pouvais, seul, observer. Il n'était même pas six heures passées quand ton réveil, triste voix d'un devoir éternel chargée de te réveiller, avait sonné l'heure de s’entraîner. De toujours progresser. Malgré tes chutes successives et tes colères inapproprié des dernières années, malgré le regard des autres les moqueries et la peur de décevoir, tu t'étais toujours relevé, un peu plus fort, avec plus de difficulté, plus de volonté, pour ne pas succomber à ce monde qui t'entoure, qui te juge et te tue, à petit feu, simple allumette prête à perdre l'oxygène qu'on lui a offert au moindre coup de vent. Mais tu te rallumes toujours, tu ne t'avoues pas vaincu, tu veux les vaincre, tu veux leur prouver qu'ils ont tord, tu veux que ta mère soit fière de toi alors qu'elle l'est déjà, tu t'aveugles de ce sentiment d'humiliation qui te ronge et t'affronte sans jamais regarder ni même écouter ceux qui t'entourent.
Le soleil peu réveillé apparaissait doucement sur les bordures de la colline qui entourait cette plaine blanche, offrant au ciel des couleurs rosées inexplorées et recouvrant le blanc d'une touche orangée frivole, éclairage d'hiver qui t'éblouissait et t'impressionnait, mais qui, mécaniquement, t'encouragea à te lever pour continuer ce combat, inlassablement, face aux tortures du vent. Le froid qui glaçait ton sang se détacha de toi, quelques instants, pour que tu te motives à commencer, courir, sans but, dans ce paysage idéaliste. A chacun de tes souffles, une vapeur apparaissait pour te rappeler que tu existais, que tu étais là, mais tu ne la voyais pas, tu ne voulais pas la voir, restant imperturbablement fixé sur ce vide devant toi qui te faisait avancer, sur ce qui te faisait vivre. Tes pas se succédaient, doucement d'abord, puis ils finirent par s'accélérer, et enfin tu te retrouvais, imperturbable, dans cet élan de chaleur qui t'entourait, t'enlaçait, t'encourageant à aller jusque dans la forêt, t'aventurer dans ces terres que tu étais le seul à connaître assez pour y rencontrer deux marmottes qui se baladaient, cherchant désespérément un abri chaud pour se protéger. Ecouteurs dans les oreilles, MP3 solidement enfermé dans ta poche gauche, tu avançais, sans t'arrêter devant ce garçon que tu aperçus, lorsque le soleil était alors totalement apparut, marcher, de toute évidence sans but, plus loin dans la plaine, perdu, peut-être juste ennuyé, immaculé de la fraîcheur de l'hiver matinal.
Tu finis par rentrer, l'horloge indiquait que tu avais couru assez pour avoir le droit de te reposer, elle le disait, que tu avais couru trois heures trente, que tu avais couru une heure de plus que chaque jours, que tu t'étais épuisé, assez pour pouvoir profiter dès maintenant de ta journée. Les élèves commençaient à se lever, tous se croisaient pour se rendre dans la grande salle et la plupart te saluèrent, te connaissaient, te félicitèrent d'avoir eu le courage de te réveiller si tôt, d'avoir osé louper ta seule grâce matinée, comme si tu ne le faisais jamais. Comme si ce n'était pas habituel, une résolution que tu avais pris juste au début de l'année pour te pousser toujours un peu plus, un peu plus loin dans tes idées de garçon obstiné. Après une douche froide puisque tu n'avais pas le droit à l'eau chaude dans ta chambre minable, tu finis par t'habiller et remonter au rez-de-chaussée, retrouver des amis qui s'amusaient certainement dans la Salle Centrale pour ne pas te souvenir que tu es seul dans ta quête de retrouver une mère mais aussi pour te rappeler que les quelques élèves que tu avais croisé sans les reconnaître étaient de Synchronicity. Que des étrangers étaient venus s'approprier vos méthodes pour s'en délecter, pour progresser sans se souiller, comme s'ils n'avaient rien de mieux à faire que voler le travail et la volonté des autres. C'est ainsi que tu les voyais, sans pour autant déjà les détester, mais lorsque l'un d'entre eux te fonça dessus sans même te remarquer, lorsque l'un d'entre eux te bouscula dans l'escalier étroit sans même s'excuser, tu ne pus te retenir, mauvaise habitude fragile à délabrer rapidement.
- Dis pardon, j'suis pas invisible, sa**p ! - Dis pardon, tu es malpoli, idiot.
Ton visage jeune et pâle immaculé d'un don maudit dont ta soeur et toi aviez alors longtemps souffert, l'albinisme, qui avait alors à peine retrouvé sa couleur blanche naturelle et parfaite grâce à la douche que tu t'étais accordé quelques instants plus tôt retrouva immédiatement sa clarté rouge que tu arborais avec colère ou mépris, comme si tu retrouvais la chaleur des efforts du sport, comme si tu te mettais à nouveau à l'épreuve. Mais il passa son chemin en continuant à t'ignorer alors que ta haine envers ces étrangers augmentait, te chatouillait assez pour que tu puisses déjà exploser, mais tu irais te plaindre plus loin, loin de ces abrutis que tu allais encore devoir supporter, qui te clouaient le bec, qui te la fermait, ceux auxquels tu le savais, tu n'arriverais pas à t'adapter. On t'avait encore ignoré, tu n'étais pas encore assez grand, assez fort pour qu'on te voit tel que tu es et qu'enfin on te reconnaisse comme étant quelqu'un, celui que tu rêvais de pouvoir être. Contre toute attente le hall était désert, habituellement rempli d'élèves assis sur les murs pour lire ou simplement parler, il n'y avait qu'une personne, qui parlait à... A un corbeau, en intérieure, au plafond petit, un corbeau qui réussit à s'envoler, comme tu rêvais de le faire, déployer tes ailes et montrer que tu existais et que tu jouissais toi aussi d'une existence libre et méritée. L'animal croassa comme une réponse à la personne en face de toi. En fait, il y avait un problème.
Ses cheveux dont la longueur n'atteignait pas plus que les épaules, noirs profonds, étaient lisses, quoi qu'un peu en bataille, mais brillants et parfaits, tout comme son visage, fin et ovale, pâle et délicat, te rappelait les traits d'une fille. Ses yeux cependant, rouges, inquiétants, et quelque chose, dans ses expressions, immobiles, dans ses lèvres, inexpressives, laissaient penser à un garçon. Son corps même prêtait à confusion. Ni grand, ni petit, habillé assez large pour qu'on ne distingue aucune poitrine sans pour autant y laisser suggérer un torse, des doigts fins sans pour autant avoir la délicatesse de celles que tu admirais tant, il était tout simplement impossible de le ranger dans une catégorie. Ou bien, si, il y en avait bien une. Tu levas un sourcil, tes deux mains s'abattant, telle une fille arrogante, sur tes hanches, montrant plutôt un signe de perplexité intense qui se reflétait dans ton regard intrigué.
- C'est la première fois que je vois un travesti.
La phrase résonna plusieurs fois, et le ton sur lequel tu l'avais dit avait quelque chose de cassant, loin d'être méchant, une simple remarque que tu t'étais fait à toi-même, une simple pensée que tu avais voulu naïvement partager, sans même te soucier de l'impact qu'il aurait pu avoir. Tu ne savais pas qui tu avais en face de toi, tu ne savais pas qu'il serait sans réactions, ou peut-être avec, mais tu savais que tu venais de faire une boulette, comme à ton habitude, comme à ton usage personnel. Et c'est à ce moment là que tu perdais toute confiance, tu n'imaginais pas son don, il aurait pu être terrible, affreux, tu aurais pu, alors, finir une nouvelle dois à terre, meurtrie et blessé, encore une bonne excuse pour aller voir la belle infirmière, mais cependant une nouvelle honte dont laquelle il faudrait se relever pour avancer. Tu n'avais pas envie, et la peur, déjà, étreignait ton coeur. Toute la confiance que tu avais alors eue jusqu'à maintenant s'évaporait, sans que tu n'en montres le moindre effet, et tu maintins son regard. Incapable de t'excuser - fierté, fierté - et incapable de te rattraper, tu attendais, doucement, idiotement, une réponse, quoi que ce soit qui puisse briser le silence. Pourquoi pas même un "Belle journée, hein ?".
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Dim 8 Jan - 12:42
Les pas qui avaient chassé ton compagnon s’arrêtèrent. Le jeune homme qui te regardait lentement de pied en cap, semblait perplexe. Comme ils l’étaient tous la plupart du temps en fait. Tu ne t’en formalisais même plus. Tu associais ça à nu simple fait établis : il ne t’avait encore jamais croisé dans les couloirs de l’école. Tu ne comptais plus les « mademoiselle » avec lesquels on t’avait interpeler des dizaines et des dizaines de fois et tu y répondais, aussi naturellement que si tu étais du sexe faible. Alors tu attendais. Sans trop savoir pourquoi, tu attendais. Tu avais le pressentiment que l’autre allait te parler et, pour cette fois, par caprice ou dieu-sait quoi d’autre, tu étais enclin à écouter ce qu’on pourrait avoir à te dire. Les secondes s’égrainaient tranquillement alors qu’une perplexité de plus en plus grande s’installait sur les traits de ton futur interlocuteur.
Et puis, soudain, il prit une inspiration et exprima ce qui semblait l’intriguer depuis quelques minutes. "C'est la première fois que je vois un travesti."
La phrase claqua comme un coup de fouet, résonnant dans le hall vide comme pour donner une dimension un peu plus embarrassante à la phrase qu’il venait de lâcher à la façon d’une bombe. Si Raven n’avait pas été Raven, il se serait énervé ou aurait éclaté de rire. Peut-être bien. Et pourtant, le coup du travesti, on lui avait déjà fait. Dans un sens des plus inattendu mais il y avait déjà eu le droit. Alors, tu ne t’en formalisas pas plus que ça. Et d’ailleurs, lui aussi t’intriguait par son physique. C’est pourquoi, en penchant légèrement la tête sur le coté, tu laissas résonner ta voix, tout aussi déroutante que ton physique, dans cette grande pièce vide pour lui répondre "Et moi, c’est la première fois que je vois un albinos.".
Et c’était parfaitement vrai. Après tout, ce n’était pas une mutation de l’adn si courante que ça. Dans sa vie, on avait plus de chance de croiser une personne atteint de trisomie plutôt qu’un albinos. Tu l’observais d’où tu étais. Comme lui l’avait fait avec toi quelques instants plutôt. Il était plutôt grand et bien battis. Il devait être de ces acharnés qui s’entrainait d’arrache-pied. Et c’était surement la raison pour laquelle tu ne l’avais jamais croisé jusqu’à maintenant. T’entrainer plus que te forçait à le faire cette école de tyran, ce n’était pas du tout dans tes habitudes. Etrangement, sans jamais l’avoir vu, son signalement te rappelait quelque chose.
" Ah. T’es celui dont m’a parlé Black." finis-tu par réaliser. Le corbeau semblait de bien mauvaise humeur. A cause d’un type bizarre qui avait décidé de courir dans la forêt où il t’avait attendu, si tu avais bien tout compris. Pendant la majorité de votre balade, le volatile n’avait cessé de croasser son mécontentement et sa mauvais humeur. C’était surement pour ça qu’il était partit à l’arrivé de l’albinos. Ca suivait une certaine logique qui suffisait à Raven qui s’était laissé emporter par ses pensées et n’accordait plus trop d’attention à l’autre. Sans offense. Tu étais comme ça. Un peu versatile.
Un petit courant d’air se faufila par une ouverture, te rappelant que tu avais eu la merveilleuse idée de te trimbaler dehors avec la brume et l’air frais d’une matinée neigeuse. Comme pour appuyé ce fait, un éternuement te prit soudainement, te faisant frissonner. Non, vraiment. Il aurait du prévoir quelque chose de plus chaud.
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Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Dim 8 Jan - 23:18
Auto-destruction.
- " C'est la première fois que je vois un albinos. "
Sa réponse avait été surprenante, tu ne t'en serais jamais douté, tu ne cherchais pas à savoir, mais tant de décontenance te firent faire une moue de la bouche qui se caractérisait par un air boudeur, vexé de voir qu'on t'avait, encore une fois, cloué le bec sans que tu ne puisses rien dire. Et comme à ton habitude, tu n'allais pas te permettre de rester sans réponses, de lui laisser avoir la main dans votre conversation - alors que la chose était, indéniablement déjà faite. Tu ne savais pas trop comment le prendre, et le prendre mal semblait l'option la plus facile pour pouvoir répliquer quelque chose qui ne te rabaisse pas trop - ou du moins tu le croyais. Et plus tu réfléchissais, plus la colère montait. Plus le besoin d'exploser t'appelait. Plus tes oreilles rougissait, contraste imparfait avec tes cheveux de neige. Cependant, tu n'étais pas un vrai albinos, contrairement à ta soeur qui elle, n'échappait pas aux yeux totalement rouges, terrifiants, et au mal-être face à un soleil brûlant que tu réussissais - plus ou moins - à supporter. Prêt à éclater, tu ouvris la bouche en grand avant de la refermer. Quoi dire, en fait, t'en savais rien, improviser, comme tu l'avais toujours fait, ne pas chercher. Ton index se pointa sur lui, tes sourcils se froncèrent et ton air devint un peu plus grognon qu'à l'ordinaire.
- HEY, TOI, QUI C'EST QUE TU TRAITES D'ALBINOS ! ET POUR COMMENCER, T'ES UN GARCON OU UNE FILLE ?!
Et puis, comme, immobile, en le pointant du doigt, tu avais l'impression d'être un idiot, ce qui, en fait, était le cas, tu le rabaissais donc immédiatement et te redressais, posture incertaine que tu tentais de montrer comme forte, comme ce que tu voulais être, comme ce que tu ne te voyais jamais être. Tes yeux restèrent fixés dans les siens, tu te sentais encore menacé, encore mis à l'épreuve, ce qui, tu ne t'en doutais même pas, n'était surement pas l'idée principale du garçon qui te faisait face, être délicat et calme, un opposé parfait que tu admirais déjà. La façon détachée dont il t'avait répondu, cette répartie dont il avait su faire preuve, argument certain face au fait que tu ne valais rien pour lui, montrait une assurance et une liberté inappropriée, liée à une insouciance aveuglante que tu ne remarquais même pas, tes yeux rivés d'une admiration que, comme pour les autres, tu allais refouler pour ne pas t'avouer que tu ne valais rien. Une admiration que tu allais, honteusement, transformer en colère pour te laisser bercer de l'illusion qu'un jour, tu serais meilleur qu'eux, une illusion fâcheuse qui t'emprisonnait dans cet être que tu étais et que tu détestais toujours un peu plus, sans pour autant t'avouer vaincu face à toi même.
- " Ah. T’es celui dont m’a parlé Black."
Premièrement, tu ne savais pas qui était Black. Secondo... C'était quoi cette façon d'aborder les gens ? Te connaissait-il ? Qu'avait-on à te dire, te reprocher, encore ? T'avait-on humilié, avait-on parlé de tes échecs, de tes colères ? Te connaissait-il déjà comme tous les autres de l'académie que tu détestais, avait-il alors déjà décidé de te juger pour te considérer comme ce moins que rien que tu étais ? Tu t'entêtais alors à ignorer que tu étais plus connu pour ta sympathie et ta joie de vivre que pour les nullités dont tu pouvais être l'auteur, seulement, quand tu ne connaissais pas quelqu'un, maladroit, idiot alors, tu ne savais pas vraiment te comporter, et tu cachais cette timidité derrière cette colère gauche qui était en fait, sans que tu ne t'en aperçoives, l'une des parts les plus sincères de toi, celle qui te montraient le mieux tel que tu étais, celles qui exprimaient tout ce dégout de toi en quelques mots mélancoliques reflétant un passé de rebelle idéaliste.
De l’éclairage des torches qui étaient les seules sources de lumières de l’académie drastiques vos ombres dansaient tristement autour de vous attribuant à la pièce un air inquiétant ou peut-être réconfortant, y donnant une vie qui comblait ce manque de confiance en toi sans pour autant te donner assez de courage. L’air ambiant était étouffant, te rappelant à quel point tu détestais cette école qui te rongeait l’esprit et la vie, sans pour autant vouloir la quitter, elle qui t’aidait enfin à pouvoir être quelqu’un de meilleur pour celle que tu n’avais jamais quitté, pour cette indépendance que tu n’aurais jamais. Dans tes yeux brillait le feu de la réussite et de la volonté, les flammes se reflétaient dans le bleu miroir dont tu avais hérité de ce père que tu détestais tant. Et malgré toutes ces pensées, tu ne fus pas long à répondre. Ce fut presque instantané, tes sourcils encore froncés, il t’intriguait, assez pour que tu veuilles en savoir plus. En fait, pour être exact et dans le détail, l’un de tes deux sourcils gris clairs s’était levé, signe indéniable d’un intérêt que tu lui donnais, ce qui ne te gênait cependant pas outre mesure, toi qui aimait le contact avec les autres, en apprendre plus sur ce qu’ils étaient et ce qui les motivait dans la vie, pourquoi est-ce que tous te surpassaient, pourquoi est-ce que toi, pourtant commun des mortels, tu étais si bas dans la hiérarchie de la nature humaine.
- Black ? Ça fait assez sombre comme nom. C’est un ami à toi ? Ça me fait un peu penser à Sirius Black, d’Harry Potter, je suppose que tu connais. Je ne l’ai jamais vraiment aimé, comme la couleur noire, ça fait assez sombre, un peu déprimant.
Et dans tes paroles tu avais choisi de lever le drapeau blanc, quelques instants, l’idiotie l’emportait sur la colère et tu te laissais aller à lui parler, un léger sourire, un peu mélancolique, un peu charmant que tu arborais souvent, s’était collé à tes lèvres pour te laisser enfin t’adresser à lui sans crier, sans le casser, sans directement l’agresser. Et ce n’est que maintenant que tu commençais à culpabiliser d’avoir réagi au quart de tour, ce n’est que maintenant que tu réalisais qu’il n’y avait peut-être rien eu de méchant dans sa remarque, comme il n’y avait rien eu de vexant dans la tienne – du moins involontairement. Tes yeux, depuis lors comme des billes cherchant la moindre attaque à riposter, se plissèrent légèrement, te donnant l’un de ces airs où il ne manquerait que le spot sur toi, les airs de violon et la pluie pour te donner un air totalement dramatique.
-Je préfère le rouge je crois. J’m’appelle Thomas, et un jour, je serai le meilleur dresseur récompensé de la légion d’honneur !
Et à ces mots, tous tes espoirs revint, cet air nostalgique avait laissé place à un feu violant de volonté, d’espoir enfantin, de rêve inexploré. Parce que tu suivrais un jour les paroles que ta mère avait adressé à ses enfants qui se moquaient, quand tu étais petit, de toi, de ce que tu étais, cette boule d’énergie infaillible, problème d’hyperactivité rapidement traités et pour la plupart, soignés, tu ne la décevrais pas. Elle avait dit que tu serais dans un groupe de renommée mondiale, batteur à tes temps perdus, pour finir par défendre ta patrie en recevant la légion d’honneur. Ton futur était trcé, tu n’avais plus le choix que de le suivre ses paroles et ne plus jamais la décevoir comme tu l’avais fait avec ton père, comme tu l’avais fait avec cette haine que tu n’avais jamais refoulé envers cet homme qui ne l’avait jamais méritée.
- Mais je suppose que tu ne t’appelles pas Sirius ? Et tu... Préfères que je dise il ou elle ? Ça me dérange pas, tu sais, chacun son... sa façon d'être.
Parce que ton sens de la déduction impressionnera toujours le monde entier.
Volonté.
Dernière édition par Thomas F. Hale le Mar 10 Jan - 0:22, édité 1 fois
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Lun 9 Jan - 0:43
La réaction à ta remarque sur sa particularité physique avait été aussi vive que surprenante. Il avait alors hurlé quelque chose à propos d’insulte et de fille qui ressemblait à des garçons et vice-versa. Une insulte ? Pas vraiment. Mais tu ne pris pas réellement la peine de répondre à cet emportement soudain. Ca n’avait pas réellement d’intérêt. Alors tu avais continué comme si de rien n’était.
Visiblement, l’évocation de Black semblait laisser interrogatif ton interlocuteur. Il y avait de quoi. Tu l’écoutas partir dans un petit speach sur la couleur noir, son affinité avec elle ou plutôt son absence d’affinité. Et il lui avait parlé… d’Harry Potter ? Ce type était idiot ou est-ce qu’il se donnait juste un genre ? Plus il parlait, plus le sourcil de Raven se soulevait de perplexité. Comment pouvait-on partir à ce point en digression tout seul avec un seul nom. Pourtant, tu répondis, parce qu’une question dans tout ce ramassis d’information inutile t’avait interpelé. « Un ami ? Je sais pas. D’une certaine façon, peut-être. C’est un corbeau qui vient souvent me voir. ». Et là, tu le savais. Tu venais de grimper un échelon sur l’échelle de la bizarrerie. Tu devais déjà atteindre un certain niveau avec ton androgynie mais là, avec ta réponse, tu avais surement gagné quelque point. C’était pour ça que la compagnie des animaux était tellement plus reposante.
Et puis, il finit par se présenter, avec un effet théâtrale qui te poussa à faire un « ooooh » à mi-voix et à applaudir. Moqueur, surement. Méchant, pas vraiment. Quelque part, c’était assez inattendu de voir une personne aussi… enthousiaste et sure d’elle à propos de son avenir. D’une certaine façon, il était surement aussi motivé que tu ne l’étais pas. Et rien que ca, ca avait de quoi imposer le respect quand on te connaissait suffisamment, toi et ton manque flagrant de motivation pour quoique se soit. Alors comme ça, il s’appelait Thomas. Tu avais déjà entendu parler d’un gai luron que tout le monde appréciait chez les Asinos. C’était peut-être lui.
Quoiqu’il en soit, tu te dis qu’il était sans doute de mise de te présenter à ton tour. Mais avant que tu ne puisses dire le moindre mot –autre que ton ovation enthousiaste à sa présentation- il enchaina, parlant encore de ce personnage de fiction, Sirius Black. Et aussi le mystère de ton genre. Allons bon. Au moins, lui ne te conseillait pas de mettre des jupes pour être plus féminine, c’était toujours ça de gagner. Il semblait juste que la notion d’androgynie lui soit inconnu. Ce qui n’avait rien d’étonnant. Visiblement, mise à part les bouquins, il ne connaissait pas grand-chose. « Raven. Et, je suis un garçon. ». C’était assez rare que tu prennes la peine de préciser les choses mais ce détail semblait vraiment perturber ce pauvre albinos.
Avant même de lui laisser le temps de repartir dans une litanie sans le moindre sens sur ton nom ou le fait que tu sois effectivement un garçon –tu n’allais pas te balader en topless tout l’hiver pour les conforter dans cette idée non plus- tu repris la parole à propos d’un détail de sa présentation qui t’avait laissé perplexe. « C’est quoi la légion d’honneur ? ». La question était légitime. Toi qui étais anglais, tu ne connaissais pas ces distinctions de la nation française. Et quand bien même tu l’aurais connu, tu te serais demandé pour qu’elle raison il aurait souhaité avec une décoration que l’on ne remet que pour faits de guerre. Après tout, vous n’étiez pas en guerre. Enfin, du moins pas officiellement. Même si cela n’empêchait pas des bombes d’explosé dans le monde…
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Raven voice
Dernière édition par Raven Ninvenci le Mar 10 Jan - 17:36, édité 1 fois
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Mar 10 Jan - 17:18
- Un ami ? Je sais pas. D’une certaine façon, peut-être. C’est un corbeau qui vient souvent me voir.
Un sourcil se leva, encore une fois. Intrigue, oui. Alors comme ça, ce corbeau lui parlait, lui chuchotait des trucs à l'oreille, un peu comme l'homme qui murmurait a l'oreille des chevaux, mais en différent, puisque le fait était que la, c'était le corbeau qui murmurait a l'oreille de l'homme. Assez étrange, effectivement. Soit il était complètement fou soit... Mais oui bien sur ! Tu te souvins alors rapidement que, petit, quand tu n'étais encore qu'un enfant, tu avais un cochon-d'Inde que tu affectionnais particulièrement. Bob. Tu lui parlais alors souvent, pour faire passer le temps, et pour ne pas le laisser dépérir de solitude, ce petit truc de poils roux, qui était toujours silencieux et qui ne sortait pas de sa cage, même quand elle était ouverte, terrifié du grand monde qu'était votre appartement T2 à l'époque. Maintenant, tout devenait clair : il parlait aux animaux pour se sentir moins seul, et s'inventer des réponses de ces petits êtres pour avoir l'impression d'avoir des amis. Tu lui inventais alors toute une vie de solitaire qu'il ne méritait peut-être pas, mais peu importe, tu ne lui en dirais rien. Même que, pour l'aider, tu rentrerais dans son jeu. Oui, il le méritait, et casser les rêves à ces personnes la c'était pas très bien, ni très gentil, ni même particulièrement aimable. C'aurait été comme lui annoncer que le père Noël n'existait pas. Un choc pour lui. Tes expressions, qui changeait et se mouvaient sans cesse prirent un air plutôt triste, mais également pris d'une sympathie rare qui s'affichait sur ton visage qui avait alors repris sa couleur basique, BLANC.
- J'avais un cochon d'Inde petit. Je lui parlais souvent aussi. Mais je dois bien avouer que ses réponses ont toujours échappé à mon sens de la compréhension. Il ne devait pas beaucoup m'aimer. Mais le coup du corbeau, c'est assez original ! Pourquoi te parlait-il de moi ?
Tu étais assez curieux de voir ce qu'il avait à inventer sur toi. C'était un pari risqué pour lui mais quoi qu'il dise, tu dirais que c'est vrai, pour ne pas le vexer et l'aveugler. Enfin , avec quelques limites tout de même. Tu ne comptais pas lui laisser dire n'importe quoi de trop stupide ou méchant ou qui touche à ta maman. Ce reflex que tu avais de toujours penser à elle, tu ne le remarquais même pas, c'était pour toi si normal que il paraissait évident que tout le monde le faisait. Mais tu te trompais. Comme toujours. Et tu avais de la compassion pour ce garçon qui n'avait pas lieue d'être. Tu finis néanmoins par te présenter, pour ne pas paraître trop indiscret, pour ne pas te montrer trop volatile, trop proche pour un parfait inconnu, et à sa réaction, tu ne sus - une fois encore - pas comment réagir. Le fait est que tu te demandais si cela relevait de la moquerie ou tout simplement de la véritable admiration. Et si c'était le cas, pour la première fois, quelqu'un t'admirerait ! Quelqu'un t'adulerait et tu ne serais plus juste "Thomas", mais tu serais "THOMAS PUISSANCE 1" (non, tu le savais la puissance deux serait loin de t'être accordée). Mais émotif comme tu l'étais, aucune larme de joie n'apparut sur ton visage pâle, peut-être parce qu'en fait, tu étais bien conscient que c'était une moquerie mal placée que tu préférais voir autrement pour ne pas te vexer et passer les trois prochains jours à te morfondre sur ta position et ce que tu étais. Parce que ça te rappelait que tu étais bien loin d'y arriver, que tous tes efforts ne semblaient rien donner, et que ta mère serait déçue de toi sans jamais te l'avouer. Tu voulais qu'elle crie ton nom au monde entier et qu'elle te vente auprès de ses voisins, et non pas qu'elle ait des discussions sérieuses avec le directeur sur ta santé mentale.
Il finit par se présenter à son tour, ce qui te réchauffa, en un sens, le coeur. Il ne te rejetait pas, bien au contraire, et s'ouvrait un peu à toi. Tu sentais déjà que tu pouvais l'aider dans sa solitude incommensurable et finalement servir à quelque chose dans ce bas monde ! Cependant, là aussi tu te demandais s'il ne se jouait pas de toi. Raven ? Corbeau ? Son pouvoir était-il alors de se transformer en corbeau et dans ce cas, il était également Black ? Ou était-ce simplement un surnom parce qu'il parlait aux corbeaux ? Ou bien, se pouvait-il que ce ne soit rien qu'une moquerie pour ne pas te dire son vrai nom, se considérant trop supérieur à toi pour que tu mérites de le savoir ? Dans ce cas, était-il un de ces viles VIS qui passent leur temps à se moquer de toi ? Tout ça te semblait louche, tu te prenais la tête et soudain, tu commenças à ébouriffer activement tes cheveux en fermant les yeux le plus fort que tu le pouvais pour t'aider à réfléchir. Ou parce que tu avais l'impression que ton cerveau - déjà réduit - était en surchauffe et que tes neurones demandaient quelques gratouilles pour se calmer. Le fait est que tu étais totalement, alors, incapable de le cerner. Il fallut qu’il pose sa dernière question pour que tu exploses. La légion d’honneur, tout le monde savait ce que c’était ! – pour toi, tout du moins. Cette médaille donnée aux soldats les plus braves et valeureux qui accomplissaient de grands actes durant les guerres et parfois, à de simples civils qui réussissent de grandes choses pour l’Etat Français. La légion d’Honneur quoi, celle que tu t’étais promis d’avoir ! Incapable de te retenir plus longtemps, ta tête aillant virée au rouge pour t’être retenu de tout lui avoir balancé jusqu’à maintenant et surtout, parce que réfléchir autant te fatiguait, tu lui débalas tout d’une traite, en oubliant même de reprendre ton souffle, ce qui accentua ta couleur rouge.
- Tu te moques encore de moi c’est ça ?! Tu parles aux corbeaux, ou tu en es un ? Avoue ! J’ai tout compris ! Tu penses que je suis incapable d’être l’une des rares personnes qui défendront l’état quand il en aura besoin ! Mais tu te trompes, je serai même le meilleur ! Je les battrai tous ! Alors tu peux parler de moi avec Black pour le moment, mais un jour, tu ravaleras tes paroles, un jour, je serai connu et célèbre peut-être même dans ma mort et tout le monde connaîtra mon nom !
Le fait est que t’énerver en quelques paroles t’avait tellement soulagé que tu avais aussitôt repris ton calme et, essoufflé, tu fixais le garçon en face de toi. En fait, oui, il s’avérait que, en vue de sa réaction, il ne savait de toute évidence vraiment pas ce qu’était la légion d’honneur. Alors tu toussotas, tiras un peu sur le col de ton T-shirt qui te semblait trop serré – ce qui n’était absolument pas le cas – et tu repris, beaucoup plus calmement.
- Enfin, ce que je veux dire, c’est que la légion d’honneur, c’est la récompense qu’on offre en générale aux meilleurs soldats français. C’est très précieux, et très important en France. Et qu’un jour je prouverai à tous ceux qui se moquent de moi que je vaux mieux que ce qu’ils croient. Mais… J’ai assez de mal à y croire moi-même, je crois… C’est assez difficile à expliquer. Mais dis, tu te moquais vraiment de moi tout à l’heure, pas vrai ? C’est pas cool, je trouve ça bien que tu trouves de la compagnie avec les animaux parce que tu n’as pas d’amis humains, tu sais, au moins tu n’es pas seul. T’as trouvé un moyen pour t’en sortir… Je t’envie assez !
Oui parce que toi, tu ne savais pas quoi faire pour progresser. Tous les entrainements que tu faisais, toutes les heures supplémentaires que tu passais à faire de ton mieux pour progresser, ça ne te menait nulle part. Toujours au même point, celui des Asinos, celui des minables – même si tu étais loin de considérer tes amis comme minables, au contraire. C’est juste que cette classe ne te convenait pas, selon toi tout du moins. Un jour, tu serais chez les VIS, avant ton départ de cette académie, c’est sûr !
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Mar 10 Jan - 19:13
Contrairement à ce à quoi tu t’attendais, il ne semblait pas plus choqué de t’entendre parler de Black comme d’une personne, quand bien même c’était un corbeau. Mais étrangement, quelque chose te disais qu’il n’avait pas non plus saisit que c’était la particularité de ton don. Surement son air peiné. Ca et le léger laïus qui avait suivit sur son… cochon d’inde. Pourquoi diable te parlait-il de sa bestiole domestique ? Un rongeur qui, surement né en captivité, avait surement plus peur de son ombre et de sa gamelle que tout autre chose sur Terre. Tu regardas vers Black qui était resté silencieux jusque là, perché sur une décoration bien en hauteur, à peine visiblement dans la pénombre. Et puis tu répondis à la question, après tout, Black t’avait suffisamment rebattu les oreilles de ses croassements avec cette histoire. « Il ne t’aime pas trop. Tu le réveilles bien trop tôt tout les matins en allant courir. Visiblement, tu passes toujours par la forêt où il a l’habitude de se reposer. Il n’est pas vraiment du matin. » Tu n’avais pas lâché l’ombre du corbeau pendant ta remarque, comme si tu te contentais de faire passer un message. Ce qui était d’ailleurs plus ou moins le cas.
Par la suite, ta réaction à sa présentation grandiose sembla le rendre plutôt perplexe. Ce genre de réaction spontanée te ressemblait assez, sans être méchant, au moins, tu avais réagit. Bien sûr, le fameux Thomas ne pouvait décemment pas deviner que la réaction la plus vexante que tu aurais pu avoir aurait été de rester parfaitement impassible devant ses grands airs, te contentant d’un silence condescendant. Tu aurais pu le faire. Tu avais l’habitude de le faire avec ceux qui faisait partit des VIS et qui avait la mauvaise habitude, rien qu’en se présentant, d’essayer de te rabaisser. Mais son attitude de clown t’avait, à défaut de t’enthousiasmer, au moins amuser et mériter une réaction de ta part.
Et pourtant, le trouble, au fil des minutes, semblait envahir un peu plus l’albinos. Et puis, vint ta question, parfaitement légitime pour l’anglais pur souche que tu étais, sur la légion d’honneur. Visiblement rouge de colère, il explosa littéralement –enfin, presque littéralement- partant dans des éclats de voix, oubliant même de respirer. Se moquer ? Pas vraiment. Raven était un nom bizarre et maintenant que tu y pensais, ca pouvait paraitre étrange après avoir parlé de Black. Mais exploser pour si peux tenait de la paranoïa. Ou simplement d’un complexe quelconque ? Peu importait, tu n’avais pas envie de te fatiguer à expliquer pour le calmer. Alors tu attendis. Choix plutôt judicieux vu que quelques instants plus tard, il se calmait tout seul et daignait enfin t’expliquer ce qu’était la Légion d’Honneur. Rien d’étonnant à ce que tu ne connaisses pas s’il s’agissait d’une récompense nationale française. C’était visiblement une décoration qui demandé d’être une personne exceptionnelle. Tu ne comprenais pas. Pourquoi faire autant d’effort pour quelque chose d’aussi abstrait qu’un titre, une récompense. Quelque chose qui semblait aussi inaccessible qu’un titre de héro lors de la Grèce antique. Rien que le fait de poursuivre un rêve pareil t’aurais épuisé bien plus que nécessaire et t’aurais fait baisser les bras.
Et puis, il continua. Sa remarque te fit hausser un sourcil. Maintenant tu comprenais mieux son expression triste de compassion lorsque tu avais parlé de Black, autant que son évocation de son stupide rongeur domestique. Il te prenait tout simplement pour quelqu’un de tellement désespéré qu’il parlait aux animaux en s’inventant des conversations, à défaut de lien avec de vrai personne. D’une certaine façon, il avait plutôt bien décodé ton caractère, sans le savoir. Tu ne cherchais pas le contact avec les humains et tu préférais passer du temps avec les animaux ou les plantes. Mais c’était un choix clair et délibéré. Tu lâchas un soupir. C’était assez impressionnant de voir la quantité d’information FAUSSE qu’il était capable de traiter. Toi, tu n’auras jamais eu la force de penser à autant de choses inutiles et erronées. D’une certaine façon, son idiotie était presque impressionnante. C’était une sorte de fait exceptionnel, pensas-tu pour toi-même.
« Je ne moque pas. » finis-tu par dire, maintenant que sa diarrhée verbale semblait s’être calmée et qu’il avait enfin décidé de respirer. « Désolé d’avoir un nom bizarre. » rajoutas-tu avec une pointe de sarcasme. Sa remarque sur ton prénom t'avait un peu agacé, tu étais obligé de le reconnaitre. Puis, tu tournas à nouveau ton regard vers Black. Et tu soupiras. Tu n’avais pas vraiment envie de t’expliquer. C’était quelque chose de tellement barbant. Les premières rencontres l’étaient souvent. Et les simples d’esprit comme Thomas étaient en plus, incroyablement difficile à abordé pour toi. Parce que tu laissais aux gens le soin de combler les trous dans tes phrases courtes, de faire des déductions pour t’éviter de long et fatiguant discours. Mais lui laisser cette opportunité était plutôt dangereux. Il suffisait de voir jusqu’où il avait été seul jusqu’à maintenant pour le comprendre.
Comme pour venir te prêter main forte, à la façon de la cavalerie qui vient en renfort, Black descendit de son perchoir pour se poser sur ton épaule, croassant de façon menaçante à l’intention de Thomas. Le volatile n’appréciait pas du tout cet humain. Il hurlait, il s’agitait. Vraiment. C’était désagréable. Et en plus, comme tu semblais un peu incommodé, Black se rangea bien évidement de son coté. Par reflex, tu répondis au croassement en regardant le volatile. « Ca va. Il n’est pas si désagréable que ça. » et puis, tu te reconcentra sur ton interlocuteur « Je ne fais pas juste comme si je pouvais communiquer, c’est pour ça que je suis dans cette école. ».
Tu pouvais difficilement faire plus clair. Le corbeau sur ton épaule restait calme malgré qu’il fixe de ces yeux noir d’encre l’albinos. Autant, sans être amicale, tu étais plutôt avenant –autant que tu en étais capable- avec Thomas, autant le charognard était clairement hostile. Hostile envers celui qui prenait un malin plaisir à troubler son sommeil tout les matins depuis le début de cette année scolaire.
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Mar 10 Jan - 22:42
- Il ne t’aime pas trop. Tu le réveilles bien trop tôt tout les matins en allant courir. Visiblement, tu passes toujours par la forêt où il a l’habitude de se reposer. Il n’est pas vraiment du matin.
Bon. Il était clair que ce garçon t'espionnait tous les matins. Peut-être qu'il voulait voir tes proprets ? Dans ce cas, tu devais être la pire déception qu'il n'ait jamais rencontré. Courir ne t'aidait en rien et il n'était pas rare qu'une fournée de couverts te suivent lors de ta course du matin parce que tu n'arrivais pas à désactiver ton aimantation - ce qui, bien évidemment, te motivait encore plus à courir, peur de te retrouver avec une fourchette plantée dans le crâne, certainement. Néanmoins, tu te demandais si, lorsqu'il parlait du corbeau, il parlait vraiment de lui ou bien vraiment d'un corbeau. Parce que, non pas que tu doutais que ce garçon dormait dans la forêt tous les soirs, mais si Black était réellement lui, alors, il ne t'aimait pas beaucoup. Et ça, bien que non surprenant, t'aurait un peu déçu, sans vraiment pouvoir te l'expliquer. Tu avais été clairement pris de pitié et d'affection pour cette âme esseulée, et savoir que tes efforts pour communiquer avec lui étaient autant inutiles que toi te rendait triste, d'une certaine façon. C'était un peu comme une déception, ou un échec d'aider quelqu'un. Et si tu n'étais même pas capable d'aider une simple personne; que serais-tu capable de faire ? En fait, ton acte était égoïste, et il fallut que tu t'en rendes compte pour encore plus culpabiliser. Ton air précédemment plus ou moins serein se transforma en une moue boudeuse, grand travail sur toi-même que tu essayais de faire mais qui, hélas, ne servira pas à grand chose, puisque ce qui était fait était fait et que, depuis le début, tu passais pour le plus gros des abrutis à penser à toi avant lui. C'était surement pour ça, en fait, que tu n'avais pas réussi à l'aider et qu'il ne t'aimait pas, si encore, il était Black. Tu t’apprêtais à t'excuser mais finalement, tu n'en fis rien. Il n'aurait de toute façon pas compris, et tu pourrais le faire plus tard, essayer de rattraper tes erreurs avant.
- Je ne moque pas. Désolé d’avoir un nom bizarre. - Ne... Ne t'excuse pas pour ça ! C'est pas ta faute tu sais et puis... Attends...
Bon. Clairement, il ne te mentait pas. Cependant, quelque chose venait de te frapper l'esprit. Si Raven était vraiment son prénom, c'est que ce n'était pas Black. Donc, qu'il ne dormait pas toute les nuits dans la forêt enneigée ni qu'il t'espionnait tous les matins. Comme un arrêt sur image, tes yeux s'écarquillèrent et tes lèvres formèrent un "Oh" à peine audible. L'information avait enfin réussi à monter au cerveau. Tous tes soupçons furent confirmés quand un corbeau, surgissant de nul part et te faisant sursauter par la même occasion, vint s'installer tranquillement sur son épaule en semblant croasser à la mort et te regarder dans les yeux, comme s'il s'adressait à toi. Un "Ohhh" beaucoup plus audible se fit alors entendre, tu venais de tout comprendre. Ce corbeau était vraiment son ami ! Tu ne l'aurais jamais cru. Alors, il savait vraiment parler aux animaux, ou alors ,les animaux comprenaient vraiment les humains ! Ça voudrait alors dire que ton cochon d'Inde ne t'aimait vraiment pas. Parce qu'il t'ignorait totalement et refusait les caresses que tu lui proposais et qu'il ne t'obéissait jamais, tu sais que, si vraiment il te comprenait, lui ne voulait pas que tu le comprennes ni que tu l'aimes. En fait, il semblerait que tu n'aies jamais eu de chance avec les animaux, puisque ce corbeau semblait te traiter de tous les noms possibles et inimaginables qu'il puisse exister dans son langage corbeau. Toujours est-il que tu te sentais menacé, et que tu cherchas de l'aide à droite, à gauche, mais qu'il n'y avait toujours personne dans ce hall, chose rare.
- Ca va. Il n’est pas si désagréable que ça.
Tu bloquas sur cette phrase quelques instants. Tes yeux devinrent tout blancs et s'écarquillèrent. Bug dans ta tête. Il parlait de toi comme si tu n'étais pas là. Un vulgaire moucheron qui se baladerait dans le hall et qui ne comprendrait pas un traître mot de ce qu'il disait. Et ça, en fait, ça te perturba six fois plus que le fait qu'il s'adressait, de toute évidence, au corbeau placé sur son épaule, aux yeux méchants rivés sur toi. Transformé en pierre, tu étais immobile, tu n’en revenais pas. C’était devenu le vide intersidéral dans ton cerveau et il fallut qu’il parle de nouveau pour que tu reprennes tes esprits.
- Je ne fais pas juste comme si je pouvais communiquer, c’est pour ça que je suis dans cette école. - Ca veut dire qu’ils nous comprennent ?
Tu voulais la confirmation à cette question qui te taraudait trop l’esprit. Les animaux comprenaient-ils tous les humains ou simplement ce garçon ? S’il pouvait communiquer avec eux, ça veut dire qu’il les comprenait, mais eux, ne comprenaient-ils que lui ? Peut-être ne pouvaient-ils comprendre que les humains dont le nom était celui d’un animal, comme Raven. Dans ce cas, peut-être que Felix comptait, le nom du chat de la pub française, vous savez… Si vraiment ils comprennaient les humains, tu s’excuserais auprès du corbeau. En fait, tu t’en fichais, qu’ils comprennent ou pas, tu devais le faire, pour qu’il arrête de croasser, mais aussi parce que tu n’aimais pas savoir que chaque matin tu risquais d’être attaqué par un corbeau vil… Ou tout simplement parce que tu n’aimerais pas non plus, qu’on vienne te réveiller en pleine grasse matinée. Alors tu t’inclinas à la façon japonaise, une main sur le cœur, yeux fermés pour mieux entendre ton cœur et ta sincérité.
- Maître Corbeau Black, je m’excuse pour le mal que j’ai pu vous causer.
Tu te redressas, un grand sourire aux lèvres, avant de continuer. Pourquoi Maître Corbeau ? Une référence surement au poème de Lafontaine, gravé à jamais dans ta mémoire comme une poésie super chiante à apprendre.
- Mais je ne compte pas arrêter, il faut que je devienne meilleur que les autres ! Alors je courrai chaque matin, et chaque soir, et je tenterai d’apprendre à me concentrer toujours plus ! Alors excusez-moi aussi pour les matins à venir, Maître Corbeau.
Tes excuses avaient beau être les plus sincères du monde, tu ne pouvais pas arrêter de t'entraîner. Pas arrêter de croire en tes rêves.
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Mer 11 Jan - 0:59
Au vu de l’air ahuri qu’il avait, tu aurais pu parler chinois que ca aurait été la même chose. Ou bien, tu avais parlé chinois jusqu’à maintenant et il se rendait compte d’un coup que vous parliez la même langue. Quoiqu’il en soit, l’information sembla enfin atteindre le cerveau de son interlocuteur qui arrondit soudainement la bouche. Lorsque Black les rejoignit de quelques battements d’ailes, ce fut l’illumination. Heureux sont les simples d’esprits, l’expression parfaite pour illustrer ce qui se passait sous tes yeux. Il sembla d’ailleurs avoir du mal à se remettre de la révélation quasi-divine –surement celle qu’il s’avait finalement se servir deux hémisphères qui se trouvait entre ses deux oreilles- qu’il venait de subir. Après lui avoir expliqué de façon plus ou moins clair que cette faculté était ton don et la raison de ta présence ici, il semblait enfin reconnecter ses neurones, ceux qui commandaient –malheureusement- la parole et il demanda quelque chose de plutôt… sensé étrangement.
« Ca veut dire qu’ils nous comprennent ? ». En temps normale, la question aurait put paraitre stupide mais en fait, elle mettait en évidence une nuance qui faisait toute la différence. En réalité, tu les comprenais et il te comprenait. Mais cela restait uniquement sur cette base. Après, comme les humains arrivaient à appréhendé et deviner certaines choses de la part des animaux, eux en faisait de même pour les bipèdes. « Il me comprenne. » répondis-tu de façon plate, en insistant très légèrement sur le « me » pour qu’il saisisse la nuance.
Le corbeau avait ses serres tranquillement posé sur ton épaule et il fixait l’albinos. Tu n’avais pas besoin qu’il croasse à nouveau. Tu sentais son animosité et même l’autre devait la sentir, nul besoin de don. Et, contre tout attente, Thomas finit par s’incliner, un peu à la façon des japonais dans les animes. « Maître Corbeau Black, je m’excuse pour le mal que j’ai pu vous causer. ». Tu ouvris un peu plus les yeux, de surprise. Tu ne t’attendais pas à cette réaction. A vrai dire, tu ne sais pas à trop quoi t’attendre. Tu tournas ton regard vers l’oiseau. « Tu vois, il s’excuse. ». Avec un grand sourire, Thomas continua son excuse.
Pour le coup, tu étais… presque admiratif. Presque était le mot clé de la phrase mais tout de même. Oui. En fait, ce garçon qui te faisait face avec un sourire aussi grand avait suffisamment de motivation pour vous deux, et même trois autres personnes de plus. Et quelque part, tu devais au moins lui reconnaitre ça. Toi qui n’avais pas la moindre motivation pour rien. Toi qui passait le plus clair de ton temps à dormir, en cours ou ailleurs. Toi que la maitrise de ton don ne t’intéressait pas plus que ça. Toi qui ne courais plus après rien, ni tes rêves, ni l’illusion d’avoir des proches un jour. Et pourtant, tu savais ce que c’était de poursuivre un objectif. Kylian. C’était la seule chose pour laquelle te pouvait te surpasser. Enfin, tu l’espérais.
Tu tendis le bras un peu devant toi, ayant remonté ta manche, invitant Black à se déplacer sur ton avant bras. « Il s’excuse aussi pour les matins où il va te réveiller encore après. Visiblement, il court après un rêve, ou quelque chose dans ce genre là. ». Le charognard émit un bruit strident, battant des ailes. Il allait encore devoir le supporter ? Et puis quoi encore. C’était hors de question. Qu’il arrête de passer prêt de son nid et puis c’est tout. « Ne fait pas ta mauvaise tête, Black. Tu peux aller dormir ailleurs aussi. » enchainas-tu pour répondre à ce compagnon caractériel. La réponse de l’animal ne se fit pas attendre et fut pour le moins explicite. Raven se prit un coup de bec avant qu’il ne s’envole, ses serres laissant des marques sur l’avant bras sur lequel il s’était posé. En quelques battements d’ailes, il rejoignit une ouverture plus haute et quitter le hall en croassant son mécontentement sur ce qu’il estimait être la traitrise de son humain.
Grimaçant un peu sur le coup, tu regardas ton bras blessé avant de lever le nez vers l’ouverture. « Quel sale caractère… ». Tu te tournas vers Thomas avant de continuer la conversation comme si de rien. « Ne t’occupe pas de lui. » finis-tu par dire à l’albinos. Tu avais l’habitude des sauts d’humeurs de Black. C’était un peu comme se disputer avec un ami, c’était naturel. La seule différence était que les amis humains qu’on pouvait avoir n’avaient généralement pas des serres aussi tranchantes. Tu doutais le revoir avant quelques jours, monsieur jouerait surement les mauvaises têtes en t’ignorant pour avoir oser te ranger du coté d’un humain plutôt que du sien. D’ailleurs, ca t’avait un peu étonné de toi-même mais c’était fait.
Il t’intriguait. Par son obstination. Tout ça pour une médaille ? C’était étrange et ca n’avait pas le moindre sens. Pour la gloire ? Pour le succès ? Ce genre de chose semblait presque incompatible avec le caractère de Thomas. Non, c’était surement quelque chose de plus…simple. Cette fameuse récompense n’étant qu’un moyen de l’atteindre. Non pas que ca t’intéressait. Tu ne chercherais pas à en savoir d’avantage. Enfin, de toute façon, avec sa propension à parler, tu ne tarderais surement pas à l’apprendre… « C’est pour cette fameuse légion que tu cours même le dimanche matin ? J’pensais que j’étais le seul à me lever tôt quand il n’y avait pas de sonnerie. ». D’ailleurs, il ne devait être que deux à être assez fou pour ça. Sortir dehors sous la neige, un dimanche matin. Pour marcher. Pour courir. Deux fous qui ne courraient pas vers les même choses.
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Jeu 12 Jan - 0:50
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RAVEN & THOMAS
And no matter what you'll say I'll not able to tell it to you. To anybody.
« Il s’excuse aussi pour les matins où il va te réveiller encore après. Visiblement, il court après un rêve, ou quelque chose dans ce genre là. » « Je... Je suis là ! »
T'ignorer était surement la pire chose qu'on pouvait te faire. La meilleure arme qu'on avait face à toi, ce qui était la plus efficace pour tout le monde, en fait. Une sorte d'agression que tu refusais d'endosser et qui te pesait, assez pour que tu boudes presque toute une journée. Activement, tu agitais tes mains en faisant des grands coucous pour qu'il finisse par te remarquer et ne pas parler de toi comme si tu n'existais pas. Le fait est que tu étais incapable de comprendre qu'il interprétait ce que tu venais de dire au corbeau, persuadé que ce dernier avait tout compris de ton charabia humain. Il continua pourtant sa discussion avec le corbeau en continuant à t'ignorer totalement, te rabaissant plus bas que terre et te faisant tirer une moue boudeuse. Comme si tu pouvais pardonner quelque chose de si insultant ! Le faisait-il exprès ? Surtout qu'il parlait de toi, tu pouvais l'entendre d'où tu étais et le fait est que. Non, il lui expliquait juste ce que tu venais de dire. Alors les animaux ne comprenaient pas les humains ! Alors peut-être que ton cochon-d'Inde t'aimait bien finalement. Non, tu n'avais pas détecté la petite accentuation du "me" dans sa phrase, mais tu la comprenais finalement, un peu tard cependant, te laissant le temps de te ridiculiser à t'excuser à corbeau qui ne comprenait pas un traître mot de ce que tu avais bien pu lui dire. Mais Raven venait de faire la traduction pour toi, ce qui en fait, était loin d'être une insulte à ton égard. Soudain, une vague de gratitude t'envahie et Raven prit une toute autre allure à ta vision. Quelqu'un de bien, un peu à l'Ouest mais pas méchant, qui aurait bien entendu toujours ta défense et ta reconnaissance pour peut-être avoir l'occasion de t'éviter une attaque aux premières heures du jour.
Le corbeau, cependant vexé, s'envola et sorti du Hall par un trou que tu n'avais jamais remarqué, peut-être parce qu'il n'était, de toute évidence, destiné qu'aux oiseaux : Un humain n'aurait jamais pu s'y introduire et même le corbeau, de belle opulence, eut du mal à la passer mais, lorsqu'il réussit enfin, Raven finit enfin par s'adresser à toi. Et te conseillait de ne pas t'occuper de lui. Comment ça, ne pas s'occuper de lui ? Parce qu'il comptait te harceler, ce piafabec ? Pire, t'attaquer ? Non, il n'oserait tout de même pas. Peut-être que juste il te suivrait tous les matins pour exercer une pression telle que tu n'en dormirais plus la nuit. Mais tu ne pouvais tout de même pas t'avouer vaincu devant un corbeau, c'aurait été la pire des défaites que tu n'aies jamais vécu. Grâce à je ne sais quelle divinité, personne ne pouvait lire ces pensées pour le moins dérangées. La vérité, c'est que tu étais un vrai trouillard. Et tu venais de t'en rendre compte, tu avais peur d'un simple corbeau ! Non. Non, si jamais il t'attaquait, alors tu te défendrais, avec quelque chose, n'importe quoi, ton T-shirt, pour l'éloigner, ou une épingle, quelque chose qui ferait qu'il ne pourrait pas t'approcher. Et soudain, tu enviais son don. Celui de Raven. Parce qu'il semblait si simple, si facile à maîtriser, parce qu'il ne risquait de blesser personne et que le pire qu'il aurait pu faire aurait été de dresser une armée d'animaux face à ce qu'il voulait simplement en les convainquant. Ça semblait tout simplement génial, toi qui n'arrivait même pas à lancer une petite cuillère de façon droite et rectiligne ! En fait, tu te demandais. Ce que ça faisait de vraiment maîtriser son don, de se sentir puissant et intouchable. D'être quelqu'un qui n'a plus de progrès à faire, qui n'a plus besoin d'avancer... Tu allais d'ailleurs lui demander pourquoi tu devrais t'occuper du corbeau, et s'il était féroce ou méchant lorsqu'il fut trop rapide pour que tu ne puisses lui répondre quoi que ce soit.
« C’est pour cette fameuse légion que tu cours même le dimanche matin ? J’pensais que j’étais le seul à me lever tôt quand il n’y avait pas de sonnerie. »
Tes yeux s'écarquillèrent. Tu ne pouvais pas parler de ta mère. Même tes amis les plus proches n'en avaient que vaguement entendu le nom. Tu n'en parlais jamais, d'Elle, ta muse, tu ne voulais pas l'abîmer dans tes paroles souillées, tu ne pouvais pas commettre un tel pêché, ni même totalement balancer ta motivation de te battre, celle de simplement être aimée. Parce que oui, la seule chose que tu recherchais réellement, c'était l'amour d'une mère qui s'était atténué lors de la venue d'un père. Mais tu lui adressas un grand sourire, sincère, parce que tes motivations ne t'inspiraient que la joie et le bonheur d'un jour retrouver ce passé. Courir derrière le passé, toujours, tu avais refusé d'avancer, sans même t'en rendre compte, comme si, pour toi, il n'y avait que de cette façon que le bonheur pourrait être accordé. Tu te trompais, alors, lourdement, sans pour autant vraiment en être conscient.
« Oui ! Je veux prouver à quelqu'un que je vaux mieux qu'un autre, et pour ça, j'ai besoin de cette médaille ! J'ai besoin de devenir quelqu'un de fort pour pouvoir protéger cette personne, la légion ce sera la seule preuve que j'aurai à lui montrer ! Comme ça, cette personne m'aimera et je pourrai de nouveau être heureux ! »
Le fait est, que, comme tout homme normalement constitué, la seule chose derrière laquelle tu courrait réellement, aussi égoïste que cela puisse paraître, c'était le bonheur. Ta mère en était indéniablement la clé et tu te demandais souvent comment tous ces gens pouvaient survivre sans même la connaître. Tes paroles avaient sonné comme une promesse, une sorte de chanson d'encouragement que tu te répétais souvent, ta voix avait fait un crescendo dans la motivation et le courage qui s'élevait petit à petit, et il aurait suffit que tu te répètes cette phrase à chaque fois que tu te levais le matin pour pouvoir te battre chaque jour un peu plus - mais tu n'y pensais pas. En fait, tu n'avais pas réellement besoin de ça, tu avais juste besoin de penser à elle, de voir son image et son sourire dans ta tête pour que tout devienne clair pour toi : Il fallait que tu la protèges et que tu la récupères, alors qu'elle ne t'avait jamais vraiment quitté. Tes poings, fermés par l'enthousiasme que tu avais mis dans ta dernière phrase, se posèrent dans une harmonie parfaite sur tes deux hanches, et ton sourire resta figé, comme si tes pensées ne t'en détachaient plus.
« J'y arriverai ! Mais pour le moment, je contrôle trop mal mon don pour pouvoir quitter cet endroit et rejoindre l'armée française. C'est pour ça que je dois m'entrainer ! Mais en fait, j'y arrive pas. J'essaye, mais j'y arrive pas. C'est dur tu sais ! Tu as de la chance de maîtriser parfaitement ton don. Je donnerai n'importe quoi pour pouvoir le faire ! »
Ah. Mais dans tout ça. Il y avait toujours une question à laquelle tu n'avais pas de réponse, et qui, en fait, te paraissait être la plus importante des informations. Oui, tu ne savais toujours pas si Bob t'avait aimé ou pas. Alors, grande question existentielle qui traversait ton esprit, s'il pouvait parler aux animaux, il pouvait peut-être aussi parler aux animaux morts ?
« Tu crois que tu pourrais demander à mon cochon-d'Inde s'il m'aimait bien ? Il est mort, mais... C'est un animal quand même ! »
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Jeu 12 Jan - 1:44
Ta question eu un effet parfaitement inattendu. Jusqu’à maintenant, la plupart de tes réactions n’avaient eu, en grande majorité, qu’une seule réaction de la part de ton interlocuteur : un emportement qui repartait aussi vite qu’il pouvait arriver. Mais cette fois-ci, il y avait un large et franc sourire qui s’était peint sur son visage. De façon si naturelle et si rayonnante que tu affichas un air légèrement surpris. A vrai dire, tu t’étais préparé à ce qu’il crie encore, que tu étais entrain de te moquer de ses efforts, de le prendre de haut comme s’il ne pouvait pas y arriver. Mais non. Ce n’est pas une réaction défensive que tu observais, seulement celle d’une expression de fierté.
C’était pour quelqu’un. Malgré la douleur lancinante à ton bras, ton regard se fit un peu plus vague alors que tu partais très légèrement dans tes pensées tout en l’écoutant. Ecoutant sa motivation. Sa quête désespérée. Tu l’enviais. Tu l’enviais de pouvoir parler de ça avec autant de cœur et de volonté. Toi aussi, ta motivation n’avait de raison d’être que pour une personne. Pour revoir cette personne, tu aurais surement couru tous les matins si ca avait pu être utile. Tu aurais amélioré la maitrise de ton don. Tu aurais travaillé dur en cours. Mais les choses n’étaient pas aussi simples pour tout le monde. Rien de tout ça ne pourrait t’aider à le retrouver. « Je crois que je comprends. »
Alors, d’une certaine façon, tu aimais bien ce garçon. Les points à présent sur les hanches, le bonheur accroché aux lèvres et le rêve au fond des yeux. Il continuait, sans une once d’hésitation. L’échec, même si présent aujourd’hui, n’était pas une fin envisageable à ses yeux. Et tu te demandais. Si tu avais été ainsi, est-ce que les choses auraient été différentes ? Est-ce que tu aurais moins l’impression d’aller à contre-courant, dans ce monde dans lequel tu n’arrivais à trouver ta place que dans cette recherche. Cette quête inespérée et désespéré de quelqu’un qui avait connu ton sourire. Parce qu’au fond de toi, tu espérais te retrouver en le retrouvant lui. Retrouver ce garçon heureux et souriant que tu avais été.
Et tu reprenais pied dans la réalité, te heurtant au sourire de Thomas. « Je t’envie. » finis-tu par dire, ni trop fort, ni trop bas. Cette expression. Tu lui enviais. Cette faculté de positiver. Là où tu te terrais dans l’indifférence, lui éclatait, plus vivant que jamais. C’était fatiguant pour toi, ne serais-ce que de songer à te comporter de la sorte. Tu avais perdu cette spontanéité. Cette fraicheur. C’était surement la raison pourquoi si peu de personne s’attardait à essayer de te connaitre. Et aussi pourquoi les animaux s’entendaient bien avec toi. Il enviait ta maitrise de ton don ? C’était très relatif. « Je n’ai pas besoin de maitriser mon don. C’est quelque chose qui n’a pas besoin d’être améliorer. Il n’a aucun intérêt en soit. Je ne fais que parler et ils me comprennent. » Les choses s’étaient un jour déclarer comme ça. Comme une personne qui parle à un animal sauvage sans aucune attente, toi, tu avais un jour eu une réponse où ce qui s’en approchait. Comme un film dans une langue dont on a les rudiments, on l’on interprète plus que l’on comprend. C’était ça. Ca l’avait toujours été et tu doutais que les choses changent. Tu n’avais jamais rien fait pour. Tu n’en voyais pas l’intérêt.
Et puis, il t’étonna à nouveau. Alors tu soufflais un peu sur la plaie de ton bras, il te demanda quelque chose… d’inattendu. Tu restas bloqué pendant quelques instants dans une expression de surprise entre la consternation et l’amusement. Etrangement, tu avais d’une certaine façon finit par t’habituer à ses questions étranges. C’était d’ailleurs le genre de question que l’on aurait attendu d’un enfant, certainement pas d’un adolescent. Et pourtant. Pourtant, tu répondis, aussi sérieusement qu’il était possible de le faire. « Ca serait comme me demander de parler avec un être humain mort. Et puis, les animaux nés en captivité ne me comprennent pas. Mais c’est rare qu’il n’aime pas leur maitre… ». Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu t’étais sentit presque obligé de rajouter cette dernière phrase. Comme pour le rassurer. Pour qu’un sourire reste sur ces lèvres. Peut-être parce que le voir vivre de façon aussi passionné te donnait l’espoir qu’un jour, tu récupérerais tout ça. Cette fougue, cet éclat, cette force de vivre. En un peu moins idiot si possible…
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Ven 13 Jan - 21:02
« Je T'envie. Je n’ai pas besoin de maitriser mon don. C’est quelque chose qui n’a pas besoin d’être améliorer. Il n’a aucun intérêt en soit. Je ne fais que parler et ils me comprennent. »
- Dans ce cas tu n'as pas le droit de tester planter la, il faut faire quelque chose pour que ce ne soit plus le cas !
Le sourire sur ton visage avait persisté, infatigable soleil source de fraîcheur qui t'était propre, celle qui te permettait de ne jamais baisser les bras malgré les difficultés qui s'offraient à toi. Tes mots auraient pu paraitre vide et creux, mais la pièce résonnait d'une façon étrange, montrant clairement toute la volonté et la sincérité que tu plaçais dans ces mots hasardeux. Mais tu ne lui en demandas pas plus. Tu aurais pu te demander pourquoi il t'enviait. En fait, ça te paraissait évident. Tellement évidant qu'il n'y avait rien a demandé. D'un certain côté tu le comprenais pour ça, et même si tu trouvais tes raisons plus importantes et justifiées, parce qu'Elle était plus importante que n'importe qui, tu pouvais comprendre qu'il ait du mal à s'accommoder à ce mode de vie. Tu avais toi-même beaucoup de mal à t'accepter comme tu étais, alors tu ne voulais pas qu'il ne tente pas de se battre pour...
"Tu sais, à ta place, je crois que moi aussi je voudrais être un peu plus masculin ! Mais ça donne un... Un truc en plus l'androgynie, t'es différent ! Et puis. Si j'avais été homo, aucun doute, je t'aurais trouvé à mon goût !".
Il n'y avait que pour cette raison qu'il pouvait vraiment t'envier. Le fait est que tu ne pouvais pas imaginer quoi que ce soit d'autre qui te soit enviable que tes muscles que tu entretenais juste assez pour que ta corpulence soit digne de fantasmes - oh bien sur, tu étais trop naïf pour t'en rendre compte, mais tu te savais bien batti est assez fort pour te battre sans avoir peur. Tes entraînements répétés en étaient la cause principale, et même si tu complexais sur tes épaules pas assez larges, le physique était le dernier de tes soucis. La dernière phrase n'avait pas réellement bien sonné. Peut-être parce que tu n'arrivais pas a être attiré par les hommes et que tu ne pouvais donc pas imaginer ce que ça faisait, ou peut-être tout simplement parce que tu n'étais pas assez mature pour penser à ce genre de choses. Ton seul veritable flirt avait été l'année précédente, et si elle avait été très patiente pour que tu te rendes compte que tu lui plaisais et qu'elle en attende plus de toi, tu en avais un plutôt mauvais souvenir : toujours à ton dos à savoir ce que tu faisais, vouloir toujours te coller, tout ça, ça ne t'avait pas convenu à toi, habitué au manque d'une quelconque autorité et plutôt attaché à ta liberté. Le problème était certain, et même toi tu y avais pense, une fois. Tu finirais ta vie seul, cherchant en une partenaire ta mère du passé. Ton idéal. Certes tu avais découvert des choses plutôt sympa durant cette relation, mais tu n'étais pas prêt à recommencer.
"Je t'aiderai si tu veux ! Mes fringues te seraient un peu trop grandes mais... Je suis sur qu'on peut te trouver quelque chose samedi après-midi !"
Le fait est que, totalement perdu dans tes pensées et trouver un moyen pour qu'il arrête de t'envier, tu avais totalement ignoré sa remarque sir la maîtrise de son don, ce que te perturba énormément en y repensant. Il n'avait pas eu besoin d'apprendre à maîtriser son don ? Il te paraissait une chose évidente : c'est qu'il ne l'avait pas encore exploité. Les profs de Clever Cross te répétaient sans cesse que tout le monde a, un jour ou l'autre, l'obligation de se confronter à son don. Le sien, tu en étais persuadé, devait lui offrir plus de possibilité que simplement parler aux animaux - mais tu trouvais alors déjà ça génial, de pouvoir communiquer avec tous les animaux du monde entier. Enfin... Il y avait bien encore une question qui te traversait l'esprit, et tu n'aimais pas avoir des questions. Ne pas dire tes pensées, comme tes sentiments, tes émotions, c'était pour toi comme devenir une bombe à retardement. Tu te sentais trop rempli, trop plein de pensées qui cogitaient dans ta tête et te rendaient complément fou. Tu avais appris, avec le temps, à les exprimer, sans jamais réellement te rendre compte de l'impact que tes paroles pourraient avoir. Sur les autres comme sur toi. Paraître un idiot, ça faisait parti du jeu, et le fait est que, tu avais trop de théories et de pensées pour te tendre compte de 1'avis des autres sur toi. Tes neurones ne te laissant jamais une seule minute de répit, tu étais constamment en train de cogiter, souvent des choses inutiles et totalement sans intérêt.
"Tu te rends compte qu'avec ton don, tu pourrais carrément créer une armée d'animaux ?! Girafes, éléphants, corbeaux et fourmis sous une même bannière ! Quoi que attends... Tu parles aux insectes aussi ? Les animaux parlent le même langage dans tous les pays ? Et je suis sur que ton don te permettrait de faire plein de choses ! Voler, par exemple, sur un aigle royal ou quoi ! Mais c'est étrange. Mes professeurs m'ont toujours dit que on devait se confronter à notre don. Je suis sur que tu pourrais aller plus loin, peut-être même lire leurs pensées ou quelque chose comme ça ! ... ils ont des pensées au moins ? Peut-etre même que tu pourrais parler aux animaux morts et à Bob !"
Surplus d'informations et de questions dans ton cerveau, surplus de mots et de phrases dans ta voix. Tu avais tout déballé très vite, comme si tu te parlais plus à toi en fait, Comme si tu te fichais qu'on te comprenne ou pas. Mais le fait est qu'il ne parlait pas aux animaux morts. Tu t'étais juste emballé dans tes paroles et tu avais ignoré sa question sur le pourquoi tu craignais que Bob ne t'aime pas, ton cerveau beaucoup trop pris par tes films et le reste de tes pensées saugrenues. En enchaînant tes dernières paroles, tu avais fait de grands gestes avec tes bras et tes mains, avant de finir en position "intéressant intéressant", mode je réfléchis, deux doigts sous le menton et les yeux rivés sur le plafond de terre cuite. Oui, il avait tellement d'avenir avec ce pouvoir....
Sujet: Re: Entre brûme et plumes noires (libre) Sam 28 Jan - 22:00
Tu ne savais pas trop pourquoi. Pourquoi tu avais finis par dire que tu l’enviais. Tu avais pensé un peu trop fort. Vraiment trop fort. Ca t’avait échappé comme un hoquet, aussi surprenant et inattendu. Et tu avais finis par parler. Presque trop. Toujours trop. C’était fatiguant et pourtant. Tu n’avais pas vraiment fait d’effort. Tu ne t’étais pas forcé. Ou peut-être juste un peu. Et lui était là. Ce sourire idiot et omniprésent sur les lèvres. Il riait, il vivait, il s’énervait. Il était bien plus vivant que toi. Au final, peut-être que tu aurais pu parler au mort, vu que tu l’étais à moitié.
Et il s’exclama soudain, comme toujours sans le moindre signe annonciateur. Tu arrivais presque à ne plus être surpris, à ne plus avoir de léger sursaut intérieur à ses brusques exclamations sans réel fondements. Il t’interdisait. Il t’ordonnait de ne pas rester inactif, satisfait de ta situation. Il te sommait de faire des efforts pour acquérir plus. Encore plus. Toujours plus. Mais pourquoi faire ? Tu le regardais s’exciter pour toi, en silence. Etre envieux était déjà assez fatiguant comme ça pour ne pas rajouter à ça l’effort de changer pour ne plus l’être. Pour beaucoup, ca aurait pu être une situation frustrante. Pour toi, c’était un simple état de fait. Quand tu le voyais, tu te disais simplement que si les choses avaient été différentes, tu aurais pu être ainsi. Peut-être. Si. Autant de supposition qui te donnait mal au crâne rien que d’y penser. Tout autant que ton bras lacéré superficiellement pouvait être douloureux.
Non. Devenir une personne aussi naturelle et énergique serait beaucoup de travail. Beaucoup trop de travail. Bien trop de tracas. Ta situation n’était pas enviable mais elle te satisfaisait la majorité du temps. Alors pourquoi est-ce qu’il faudrait que… Et là, il reprit la parole, te coupant dans tes pensées pour te laisser dans une stupeur que tu ne parviens même pas à dissimuler. Mais qu’est-ce qu’il s’était ENCORE imaginer ? Pourquoi lui parlait-il de virilité et de son genre incertain aux yeux des autres ? Tu restais pantois. Devant tant de … stupidité. Parce qu’au fond, tu ne voyais pas d’autre mot. Tu avais beau chercher, ce type était tout bonnement idiot. L’adage disait que les idiots étaient heureux et, de toute évidence, il ne mentait pas. Le plus absurde restait la deuxième partie de sa phrase. Ca en était ridicule à un tel point que tu n’arrivas même pas à retenir un léger pouffement. Parce qu’il ne le faisait pas exprès. Parce que ca avait été tellement maladroit et naturel que ta réaction l’avait été tout autant. Tu te surprenais toi-même. Alors, tu étais encore capable de rire, même en d’infime proportion, de façon spontanée, sans le moindre sarcasme. Depuis combien de temps ca ne t’était pas arrivé en public ? En présence d’une personne qui ne partageait pas ton sang ? Tu l’ignorais. Et pourtant, il avait réussit. C’était un exploit en soit mais tu te garderais bien de lui dire.
Et il continuait, sous ton regard presque indulgent, à chercher des solutions pour te rendre plus masculin, plus viril. Te proposant de porter ses vêtements, par exemple. Tu haussas brièvement un sourcil. Tu aurais plus l’air d’une petite amie qui lui aurait fauché ses vêtements après une nuit agitée si tu avais fait ça. Et puis, il te proposait de t’aider à trouver quelque chose le week-end d’après. Soupirant doucement, tu posas une main sur sa hanche, laissant ton bras blessé le long de ton corps, attendant qu’il se calme dans son flot de parole. Ce qui ne tarda pas vraiment. Si ce n’est qu’il se plongea dans une réflexion aussi intense qu’inquiétante quand on savait où l’avait conduit les précédente.
Comme on passe du coq à l’âne, il reprit sa diarrhée verbale soudainement, sur un sujet parfaitement différent. Ou presque. Ton don. Il s’emballait tellement, te parlait d’armé de girafe, de voler sur des oiseaux et, encore une fois, d’animaux mort. Et tu soupirais. Principalement d’indulgence à ta grande surprise. Il n’avait pas vraiment écouté ce que tu avais dis. Mais il n’avait peut-être pas tord non plus. Peut-être que ton don te permettait bien plus de chose que tu le croyais. Tu n’avais pas vraiment cherché à t’exercer, ca ne t’avait pas vraiment traversé l’esprit. Et ca ne te faisait pas plus envie que ça non plus.
Tu le regardais, se faire ses petits films dans sa tête, visiblement à la fin de son interminable monologue. « Je n’ai pas vraiment besoin de maitriser d’avantage mon don. Je doute pouvoir monter sur le dos d’un aigle royal, encore plus que celui-ci puisse me porter. » avais-tu dit avec raison. Les oiseaux pouvaient voler parce qu’ils avaient les os creux. Tu aurais été bien trop lourd pour te prendre pour un dompteur de rapace afin de côtoyer les nuages… même si tu y avais déjà songé. « Mais parler avec les animaux est aussi complexe que de parler avec les humains. ». Et ce n’était rien de le dire. Aussi sur que tout le monde n’est pas forcement enclin à engager la conversation avec un inconnu, les animaux sauvages étaient pareil, voir pire. Certain d’entre eux ne voyaient pas toujours d’un très bon œil d’être compris par un bipède qui les chassait la plupart du temps. Tu avais des marques pour le prouver, comme celle sur ton bras par exemple. Ces compagnons sauvages pouvaient aussi bien être amicaux que capricieux. Communiquer ne t’assurait pas leur amitié.
« Et puis, pour Bob» -quel nom stupide...- « Je n’aurais pas pu le comprendre de toute façon. » finis-tu par dire en t’assurant qu’il t’écoute cette fois. « Les animaux domestiques, je ne les comprend pas. » Tu n’avais jamais vraiment compris pourquoi. Si ca venait d’un caprice de ta capacité ou bien si c’était d’eux que venait le problème. Les animaux trop proches des hommes n’avaient jamais communiqué comme ceux qui jouissaient de la liberté. Peut-être qu’ils avaient tout simplement oublié comment communiquer normalement. Un caprice qui ne t’avait jamais réellement porté préjudice. Après tout, tu t’en moquais de ne pas comprendre le lapin nain dont tu avais la charge au collège. Lire les pensées. Constituer une armée. Il semblait avoir une vision bien idéaliste de ton don. Toi qui te prenait la tête avec les souris de l’école, qui conseillait aux araignées d’éviter les chambres des filles à certaines heures et qui te fâchait avec un corbeau. Tu pouvais parler avec eux, pas contrôler leurs esprits ou lire leur pensées.
Et puis, une question. Une interrogation. Tu avais envie de poser la question mais tu hésitais. Tu ne savais pas trop pourquoi. Parce que la curiosité n’était pas une chose que tu avais l’habitude de montrer. Parce que ce n’était pas dans tes habitudes tout court à vrai dire. Tu te moquais généralement des autres. Mais il t’intriguait. Pourquoi courir tout les matins ? Tu le savais. Pour gagner en maitrise. Mais dans ce cas… « Et ton don, c’est quoi ? ». Tu ne comprenais pas qu’on puisse trouver tant d’utilité à ton don. A moins que le sien ne soit encore plus inutile. Alors tu t’interrogeais. Et tu te risquais. Tu te risquais à demander en sachant qu’attendre une réponse était peut-être un peu trop présomptueux.