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 I will love him. I may love her | May (terminé)

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William Lawford
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Ven 26 Oct - 13:25

Morose, livres au bras, je traîne le pas dans les couloirs de Clever. Je me suis enfin décidé à sortir de mon trou de déprime, mais je me suis rendu compte du même coup de tout ce que j’avais à rattraper, moi qui étais un élève si sérieux. J’avais jamais poussé aussi loin la dépression, ça fait plusieurs jours que je sèche la moitié des cours pour aller m’enfermer dans un coin glauque et silencieux, où la lumière des gens ne viendra pas m’emmerder. Tu m’étonnes qu’on me prend pour un emo, après.

Heureusement, y a Mathias. Lui et sa tronche dorée, avec ses belles paroles et son énergie. Il a eu la force de partager ma déprime, il a plongé tout son corps dans mon gouffre pour m’en ressortir. Et il m’a fait comprendre plein de choses… Trop de choses. Certaines dont j’aurais sans doute préféré ne jamais entendre parler, mais c’était nécessaire. Je flippe encore un peu mais je me sens moins paumé, c’est déjà ça. Il faut juste que j’arrête de m’enterrer dans un coin et que je trouve du courage, quelque part. Dans mes dernières ressources. Dans l’amitié et le soutien de Mathias. Dans les yeux de May.

May. Je ralentis mon pas, sans m’en rendre compte, les yeux accrochés à la moquette qui file sous mes pieds. Je suis mon chemin sans réfléchir, déjà absorbé par une quantité de pensées, toutes dirigées sur le même sujet. Ca fait des jours et des jours que ça dure mais c’est la première fois que je me dis sincèrement que je veux la revoir. Qu’il faut que je la revoie. Même si j’ose pas lui parler, alors que j’ai tant de choses à lui dire, je veux au moins me présenter devant elle, lui rappeler que je suis là, effacer ce mauvais souvenir qu’elle a de moi, peut-être, ou attendre qu’elle parle, elle. Parce que je suis encore et toujours lâche et pourtant, je veux que ça change. Je veux faire quelque chose. N’importe quoi.

Je m’arrête en m’apercevant que j’ai passé la porte de la bibliothèque. C’est bien beau tous ces discours, mais la réalité des cours et les sermons des profs m’ont vite rattrapé. En gros, je me remets à bosser ou je dégage. Comme je suis pas un rebelle dans la vie, je vais m’exécuter sans broncher. Ou presque. Je soupire quand même un peu en m’installant sur une table vide. William le flemmard blasé est de retour.

Dix, vingt minutes passent, et les cours que j’ai ratés ont du mal à rentrer dans ma tête. J’étais venu avec une bonne intention, mais au final, j’arrive pas à me concentrer. Je vous laisse deviner pourquoi.

« Haaa, putain… » je soupire longuement.

J’abandonne mon stylo sur un coin de ma table. Inutile. Un regard autour de moi, distrait. C’est fou comme les gens sont sages, ici. Y a même pas un ou deux crétins de première année qui parlent fort ou un groupe de filles qui gloussent. Moi qui les fuis d’habitude, là, j’ai presque envie que ces gêneurs de service se pointent, histoire de m’occuper. Finalement, je me lève, mains dans les poches. Je vais me promener dans les rayons quelques minutes, dans l’espoir que ça me change les idées.
Je commence à fureter dans le coin des romans avant de vite m’en désintéresser. En relevant la tête, mes yeux tombent sur une tâche plutôt insolite dans les rayons juste derrière, entre les livres. Je m’apprête à me retourner, sans me poser plus de questions.

Non. Attends. C’était bien du bleu ?

En une seconde, le tas amorphe que j’étais se remet à fonctionner, et pas qu’un peu. Je fais un brusque demi-tour, les muscles tendus, tandis que mon cœur s’accélère, le temps d’un suspense qui ne dure que quelques secondes. Quand mes yeux recroisent cette tâche bleue, avec une précision toute autre, un dernier coup de cœur vient taper contre ma poitrine, seul, énorme.

C’est elle. C’est May. Là, juste devant moi, comme ça.

C’est la première fois que je la croise depuis le bal. Ou plutôt, c’est la première fois que je la croise en osant poser les yeux sur elle plus d’une seconde et sans accélérer le pas après. Là, je reste dans son dos, à la fixer bêtement, immobile et silencieux. Tiraillé par des courants totalement contradictoires. Je veux fuir et l’approcher, en même temps. Au final, je ne fais rien, comme si ces deux envies s’annulaient. Le problème, c’est qu’elle s’apprête à se retourner. Je le pressens, dans sa façon de se redresser, de caller ses livres sous son bras, de relever la tête… Pas bon.

Mon cerveau déclenche enfin la sonnette d’alarme. Je retourne juste à temps derrière mon étagère, pour me cacher de son regard. Totalement paniqué. J’entends ses pas s’approcher, et je prie pour qu’elle ne me voie pas en passant à côté de mon rayon. Je disais quoi tout à l’heure déjà ? Faire quelque chose ? La revoir ? Tu parles, je suis pas prêt du tout.

Le bleu revient dans mon champ de vision et s’accroche à mon regard, malgré tout. Elle ne m’a pas vu, et elle commence juste à me dépasser. Si je ne fais aucun bruit, elle partira, sans même s’être rendue compte de ma présence. Je n’aurai rien été, dans sa journée, alors qu’elle vient de la remplir en trois secondes. Je vais passer les heures suivantes, et sans doute la nuit, à repenser à elle, à ce dos que je suis en train de laisser s’échapper, à cette longue chevelure qui se balance tranquillement sous mes yeux, à cinq centimètres de moi, puis à ma main, qui s’avance lentement vers son poignet, tout seul, et qui l’agrippe fermement.

Merde. Qu’est-ce que je suis en train de faire ?

Le temps de me le demander, c’était déjà trop tard. Mon corps avait agi, sans attendre mon accord. Et je tire sur son bras, pour la retenir et la forcer à se tourner vers moi. Maintenant qu’elle me regarde enfin, je suis sûr d’une chose : je suis peut-être un énorme crétin, mais j’aurais amèrement regretté de la laisser partir.

Je ne dis rien. Pas maintenant. Je veux redécouvrir son visage, pour l’instant, me réhabituer à avoir le cœur qui s’accélère et tant pis pour ma langue qui brûle de parler. Elle ne saura dire que des choses idiotes, de toute façon.



Dernière édition par William Lawford le Mer 7 Nov - 21:45, édité 1 fois
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May Bastide
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Ven 26 Oct - 16:13




    Et je me dandine pour rentrer ces putains de fesses dans ces putains de jeans serrés, je sautille à cloche pied d’une jambe à l’autre, mais comme j’ai autant d’équilibre qu’un panda en surpoids qui marche sur une corde de quatre centimètres de diamètres, je m’esclaffe lamentablement sur mon lit, en soupirant bruyamment et en crachant quelques jurons contre mon pantalon. Quelques secondes ou bien quelques minutes passent, mais je ne me relève pas, je fixe le blanc du mur, et je me demande pourquoi je suis en train de m’habiller, alors que je pourrais très bien rester dans cette chambre. A finir de me transformer en larve, dans mon cocon de couvertures. Donnez-moi une bonne raison de retourner à la vie active, oui, citez-moi en une, parce que moi je n’en trouve pas.
    Depuis ce bal, rien ne va plus. Le simple et douillet monde rose et confortable que je m’étais sagement –ou pas- appliquée à construire s’est retrouvé soufflé en l’espace de quelques heures seulement. L’origine de ces ruines fumantes ? Il n’a ni bateau, ni perroquet, mais c’est bien de Turner le faux pirate dont je parle. A partir de quel moment cette soirée avait-elle atteint le point de non-retour ? Quand est-ce que j’ai vraiment déconné, au point de tout foutre en l’air et de bousiller notre bal comme ça ? Quand Léo est arrivé, bon. Disons que l’allumette et la dynamite se sont malencontreusement rencontrées un poil trop tôt. Mais j’avais rien fait de mal. Rien. Et après, cette engueulade insensée dans ce couloir.

    A vrai dire, elle l’était restée longtemps à mes yeux. Insensée. Mais j’étais juste trop bête pour faire le lien : ce don, dont il ne voulait pas me parler, ce cache-œil qu’il avait soulevé le temps d’une seconde, ces deux mots qui me dictent ma conduite « Hais-moi. ». Turner, je ne te comprends pas. Je croyais qu’on s’entendait bien, j’étais même persuadée qu’on rigolait bien, et j’avais presque l’impression de te plaire. Tout ça pour qu’au final, tu veuilles juste que je te déteste. Est-ce que c’est parce que tu as peur ? Si oui, j’aimerai bien que tu me le dises. Comme ça je pourrais te dire que moi aussi, et on aurait peur ensemble. Mais comme t’es pas là, comme t’es jamais là, ben je peux rien te demander, et on peut pas être ensemble. C’est trop con hein ? Oui, c’est trop con. C’est terriblement con, même.
    Un mois, peut-être deux, que je ne l’ai pas revu. Et pourtant il s’acharne à être là, dans ma tête, dans mes pensées, dans mes rêves et mes cauchemars. Mais c’est pas normal tout ça. Tout ce bordel, c’est juste bon pour les gens qui s’aiment. Toi tu veux que je te déteste. Est-ce que c’est vraiment ce qu’il faut que je fasse ? Est-ce qu’il faut que je m’excuse de t’avoir hurlé dessus, quand c’est toi qui l’as voulu ? Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Pourquoi personne ne me dit ce qu’il faut que je fasse ? Pourquoi je suis toute seule, à essayer de trouver les meilleures solutions, mais au final, juste à tout foutre en l’air ? Pourquoi t’es pas là, Will ? Pourquoi t’es pas revenu ? Pourquoi tu m’as pas rappelé ? Putain, mais rien qu’un texto, c’était trop demandé ? Faut croire, ouais. Faut croire que je ne vaux même pas un coup de fil. Un truc qui me dit « Je veux plus te voir » ou « Je veux te voir, je m’en fous, mais dis quelque chose. Envoie-moi un signe.

    Mais y’a rien qui vient. J’attrape mon portable sur ma table de nuit, pas de message, j’ai pas d’amis, et en plus, il est déjà dix heures et demi. Je me relève mollement, me penche et attrape sur le sol un t-shirt des Klaxons qui attendait que je le passe. J’ai pas faim. Je veux pas déjeuner. Mon lit est trop confortable, je veux rester dedans. Un coup d’œil sur mon étagère, ma main qui se tend pour y arracher un roman de Boris Vian, mais qui ne s’arrête sur aucune tranche : je les ai déjà tous lu. Je soupire. Bon, va falloir bouger ce flanc qu’on appelle communément un corps, et faire trotter ces deux jambons jusqu’à la bibliothèque pour leur soutirer un bouquin au pif. Un regard par la fenêtre, il fait tout gris, en France. Je grimace, grogne un « Nord de merde », me décide enfin à soulever mon postérieur de mes draps et empoigne un sweat foncé à fermeture éclair. Je ne passe pas vraiment devant la glace, et balance négligemment toute ma chevelure d’un côté de mon crâne. J’enfile ma veste, saute dans mes Sneakers, attrape ma carte de bibliothèque au passage et claque bruyamment la porte derrière moi.

    Deux ou trois personnes dans les couloirs, pas de quoi s’affoler. J’ai pas jolie mine. Sauf si vous avez un faible pour les zombies. J’arrange vaguement ça en claquant mes joues, me frottant les yeux pour les rendre moins vitreux, et dénouant mes cheveux en utilisant mes mains comme peigne. Ça ira. Mais de toutes façons, c’est pas comme si j’allais croisé Will dans un couloir. C’est comme si le Destin s’appliquait avec minutie à faire en sorte qu’on ne se revoit plus jamais. Et je ne sais pas si ça me désole ou me rassure. Je mords le coin de mon pouce en traînant des pieds : ça va, il me juste de ne plus y penser, et ça ira mieux après.
    J’entre dans la bibliothèque et ce silence m’étouffe. J’observe les gens qui travaillent et je me dis que je devrais faire comme eux. Puis je file au rayon roman, m’accroupis et détaille de loin les noms des auteurs. Je trouve mon bonheur en peu de temps, et embarque rapidement mon livre sous le bras, prête à sortir un semblant de sourire hypocrite aux demoiselles s’occupant des emprunts. Je sors de mon rayon, pressée, je veux juste retrouver mon lit, ma solitude, rien faire. Je veux juste qu’on me foute la paix. Je veux juste…

    Et je sens une pression sur mon poignet. Un grand con qui sait pas quoi dire. Et une idiote qui l’observe bouche bée. Ouverte presque aussi grande que lui.
    Je vous jure, je vous jure que mon cœur a raté un battement. Peut-être même plusieurs. Et même que je l’entends super fort, et même qu’il m’explose les tympans, et que ma respiration s’accélère pour rien, et que je tremble presque, mais que je ne veux pas qu’il le sente. Alors j’arrache mon bras de son emprise, et ça me fait presque mal. Parce qu’il me serrait fort. Fort. Will. Will est devant moi. Et il ne dit rien. Je sais pas ce que je suis sensée faire, ce que je suis sensée dire. M’excuser pour ce que je lui ai dit ? Mais c’est lui qui a provoqué ma haine, non ? Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Il veut que je lui dise quoi, putain ? Que je lui sorte un joli sourire en disant « Hey ! ça faisait longtemps ! » ? Je sais pas, j’en sais rien. Il va falloir qu’il m’aide là. Parce que y’a rien qui sort de ma bouche. Rien du tout. J’essaye pourtant, mais mes lèvres avortent mes phrases en se laissant mordre des dizaines de fois. Je serre mon livre contre moi, petit truc de cent cinquante pages qui ne protège rien du tout, et mon esprit s’embrouille en crescendo.
    Je sais pas quoi dire, je sais pas quoi faire, alors mon mode combat se met en place tout seul, et c’est la première fois que je regrette d’avoir du sang ninja dans mes veines :

    « Salut Turner. J’te croyais mort. Qu’est-ce que tu me veux ? T’as plus envie que je te déteste aujourd’hui ? »

    Et des fois je voudrais me dire : MAIS PUTAIN TA GUEULE MAY.




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William Lawford
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Ven 26 Oct - 22:29


Rien. Aucun mot. Je n’ose pas parler, elle ne sait pas quoi dire. On se regarde, juste. C’est pire. On ne peut se réfugier dans aucune phrase creuse qui meuble la conversation, et nos regards ne peuvent pas mentir. Je vois ses interrogations, sa surprise, et surtout, sa colère. Et moi je ne cache pas ma frustration, et mon désemparement quand elle s’arrache à mon emprise, comme si je lui avais brûlé la peau. Je suis si répugnant que ça ?

Oui. Oui, je suis monstrueux, même. Elle ne manque pas de me le rappeler. En résumé, je suis un connard qui n’a pas eu la politesse de lui donner signe de vie, qui ose venir l’emmerder un mois plus tard, et surtout, qui a utilisé sa saleté de pouvoir contre elle, comme un lâche. J’aurais dû être content qu’elle accepte de m’adresser la parole, mais ces premiers mots me donnent la désagréable impression de m’avoir remis à ma place. A juste titre, ceci dit. Je suis en effet un connard. Et le fait que j’en prenne conscience ne fait que m’enfoncer plus bas que terre.

« May, je… »

Suis désolé ? Voulais pas ? N’avais rien compris ? Ne recommencerai pas ? Tout à la fois, sans doute. C’est atroce de se rendre compte qu’on est le seul vrai fautif de l’histoire. Le pire, c’est que je dois en plus m’expliquer, si je veux avoir une chance de me faire pardonner. Cette histoire de don ne m’a jamais autant hanté de ma vie, et pourtant, ça m’en a causé, des problèmes. J’ai jamais eu autant envie de m’arracher l’œil pour l’écraser sous mon pied.

« Je sais pas ce qui m’a pris. »

Oh, l’excuse facile. En plus, c’est faux, je sais parfaitement. « J’étais en train de tomber amoureux de toi, et ça m’a tellement effrayé que j’ai préféré t’éloigner de moi plutôt que d’affronter ça, surtout qu’on était en pleine dispute et que j’étais mort de jalousie, par rapport à Léo. Donc j’ai été affreusement égoïste, et j’ai usé de mon pouvoir ». La grande blague. Je pourrai jamais avouer un truc pareil. Je soupire, lassé de mon impuissance, en passant une main derrière mon cou, le regard planté ailleurs. J’ose même plus soutenir son regard.

« Je crois que c’était une erreur, d’aller à ce bal avec toi. »

Oui voilà. Un coup de tête stupide. Une énormité.

… MAIS QU’EST-CE QUE JE VIENS DE DIRE ?

Si je pouvais le faire sans risquer de paraître ridicule, je me frapperais la tête contre un mur. Je doute qu’elle prenne ça comme un héroïque « Je suis qu’une pauvre tâche qui te mérite pas », et qui se rapproche pourtant davantage de ce que j’ai voulu dire. Merde. Merde. Putain. Je fais quoi, je dis quoi, comment corriger ça ?

« Je veux dire… Ca méritait pas de se prendre la tête pour… Enfin, après tout, t’as aucun compte à me rendre par rapport à Léo ou quelqu’un d’autre, c’était… Juste de la fierté, peut-être. »

Oh. Putain. En simplement trois phrases, j’ai réussi à bafouiller comme un con, présenter des arguments bidons et surtout, mentir effrontément. De la…fierté ? Voilà, je me fais passer pour le gros beauf qui veut pas laisser partir sa cavalière dont il a rien à foutre, juste parce qu’il a pas envie de passer pour l'imbécile qui se fait planter. C’est dingue comment j’assume pas d’être fou d’elle. C’est dingue aussi comment je suis capable d’avoir un jugement lucide sur mes actions et d’être à côté, pas foutu de les rectifier.

Nerveux, j’enfouis mes mains dans mes poches en agitant mes pouces. J’ai toujours pas levé le regard vers elle. Je regarde partout autour, sur le sol, mais pas plus haut. J’ai honte. Tellement honte. J’aurais dû avoir un don qui m’aurait rendu capable de me creuser une tombe par la pensée, là, ça m’aurait été bien utile.



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May Bastide
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Ven 26 Oct - 23:47




    quand il me regarde avec ces yeux-là, c’est ma colère qui fond comme neige au soleil. Non Will, t’es pas juste, comment je peux t’en vouloir quand tu me sors ton regard de chien battu ? Moi j’ai juste envie de reprendre tes doigts que je viens pourtant d’éjecter, de les entremêler au mien et de te dire que c’est pas grave. Que tu peux taper aussi fort que tu peux, dire autant de conneries que tu veux, je te pardonnerai, si tu me regardes comme ça. Si tu me jettes ce regard qui veut dire « Ne pars pas. ». Maintenant il faudrait que tu le dises. Que tu le confirmes. Que j’ai d’autres preuves à l’appui qu’une lueur au creux de ta pupille. Tu comprends, Will, c’est pas suffisant. Alors j’attends que tu ouvres la bouche, que tu parles, et ça commence plutôt bien. Si tu ne sais pas ce qui t’as pris, j’ai envie de te tendre les bras pour que tu t’y jettes dedans, et que je te murmure à l’oreille que c’est pas grave, que je t’en veux pas. Mes traits se détendent, et un sourire se dessine doucement sur mes lèvres : je ne suis plus fâchée. Enfin…

    «Je crois que c’était une erreur, d’aller à ce bal avec toi. »

    Que…

    «PARDON ? »

    Quelques personnes se retournent, la bibliothécaire grogne du fond de son terrier et certains osent même me balancer des « chut ». Mais allez vous faire foutre avec vos chut ! Qu’est-ce qu’il me raconte encore ? Combien de fois il va me faire tourner en bourrique, putain ? J’en ai marre de ce type, marre du débit de conneries qu’il me balance à la figure, marre de lui ! La faute à qui, bordel ? C’est moi qui lui ai demandé de m’accompagner, peut-être ? Et dire que j’ai passé des heures à me faire tirailler les cheveux comme une idiote pour avoir l’air un peu plus jolie pour les beaux yeux de Turner. Tout ça pour avoir droit à une merveilleuse étiquette « d’erreur » qu’on me colle sur le front ? Non. NO WAY. Si mes yeux crachaient des éclairs, il serait déjà tombé raide mort depuis vingt bonnes minutes. Mais en attendant, non, il est toujours là, et il bégaye dur. Et ces putains d’explications n’ont que le don de me mettre encore plus en colère.
    JUSTE DE LA FIERTE ? Et j’ai envie de lui en coller une, pour ces mensonges. C’est bon, Will, merde ! Arrête ton cinéma, c’était de la jalousie, et ça se voyait comme le nez de Cyrano de Bergerac au milieu de sa tronche ! Alors d’où tu veux me faire croire que c’était de la fierté ? Non, je regrette, je peux pas laisser passer ça. Je peux plus te laisser dire ces millions de choses que tu ne penses pas. J’en ai marre que tu mentes. Ou si c’est vraiment ce que tu penses, il faudra m’expliquer mieux que ça !

    « Tu sais où tu peux te la mettre ta fierté de merde ? Non mais tu me prends vraiment pour une conne, hein ! De la fierté ? Mais t’étais jaloux, c’est tout ! JA-LOUX. Ça t’écorcherait la gueule de l’admettre ?! Mais bon, au moins, c’est bien ! T’as pas tort sur un point : ce que je fais avec Léo, ça ne te regarde pas. Et tu sais pourquoi, et cette fois ci je vais le dire. »

    Non, faites que je ne le dise pas. Faites que je ne le dise pas.

    « Parce qu’on est pas ensemble, bordel ! »

    Et si. Je l’ai dit. Une tirade trop longue pour moi. J’en ai le souffle coupée. Je suis fière de moi, je n’ai pas crié, j’ai même chuchoté, mais avec l’intonation, bien entendu. Pourtant il y a encore trois connards qui se plaignent, et ils commencent sérieusement à me chauffer. Alors quand ils se retournent pour me faire une remarque, je me contente juste de leur afficher mon plus beau doigt d’honneur, et mon plus brillant des sourires hypocrites. J’attrape Turner par le col, et je le tire dans le rayon des romans, essayant de trouver un petit morceau d’intimité pour l’engueuler comme il me plait.
    Car j’ai beau regretté d’ors et déjà les atrocités sitôt sorties de ma bouche, ce n’est pas non plus pour rien qu’elles ont pointé le bout de leur nez. Oh Will, tu me fais tourner en bourrique. Et je ne sais même pas pourquoi on en revient à Léo, Léo qui n’a rien fait, Léo qui s’est contenté d’arriver le premier et d’être la superbe personne qui me tient compagnie, qui m’aime et qui me suit. Turner, il n’a pas le droit de m’en vouloir pour avoir eu une vie avant lui. Pourquoi ?
    Pourquoi il se contente pas de juste dire qu’il veut en être le futur ?

    Mais peut-être que je me suis complétement plantée.




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William Lawford
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Sam 27 Oct - 11:37



Ok. J’aurais mieux fait de me la fermer. Je viens de la mettre en colère avec une toute petite phrase ridicule, et je calcule même pas les dégâts de la suite. Elle chuchote si furieusement que je suis certain que si on avait pas été dans une bibliothèque, elle m’aurait tout simplement hurlé dessus. Ce qui m’encourage intérieurement à rester ici.

Certes, je l’avais bien mérité, mais… Comment elle me parle ! A chaque mot, elle m’enfonce un peu plus, si bien qu’à la fin, j’ai juste l’impression d’être une merde. La dernière phrase est assassine. C’est la deuxième fois qu’elle me le dit, la première, c’était presque timide, mais là, ça m’a tout l’air de vouloir signifier « Alors fous-moi la paix, merde ! ». Et là, je ne sais pas ce qui m’arrive, je réagis assez violemment, blessé dans mon orgueil monstre qui m’a toujours emmerdé, et surtout, frustré qu’elle m’ait si vite compris. Ok, j'en ai marre de faire semblant. Je détache ses mains de mon col en capturant fermement ses poignets et en la tirant vers moi, désireux que rien de ce que je vais dire ne lui échappe :

« Jaloux ? Mais bien sûr que j’étais jaloux. C’est pas l’admettre qui m’écorche la gueule, c’est toi et ta façon de faire. Ca veut dire quoi, pour toi, être ensemble ? Pourquoi tu crois que j’ai pris sur moi pour te demander de m’accompagner alors que je fuis ce genre d’évènements, d’habitude ? Pourquoi t’as pas respecté ça ? T’avais vraiment besoin de t’afficher sous mon nez avec Léo ? »

Moi aussi, j’aurais bien hurlé, pour le coup, mais je ne pouvais que siffler de ma voix la plus froide. Merde. J’ai commencé la conversation en étant quasiment prêt à m’excuser et à reconnaître mes torts, et là, je suis en train de faire exactement l’inverse. Je sais pas si c’est vraiment la faute à May ou juste à mon caractère de merde mais je bous tellement que tout ce qui sort de ma bouche ne fait qu’envenimer la situation, et pourtant, ça a besoin de sortir, ça se bouscule dans ma gorge et j’arrive plus à me retenir. Sauf que ce que je m’apprête à dire est vraiment la dernière des choses à dire et je crois bien que me mordre la lèvre n’y changera rien.

« Tu sais quoi ? Je vais finir par croire que t’es qu’une petite allumeuse. »

Putain, je l’ai dit. Je le pense même pas, en plus. Ou alors, très très profondément, dans le coin le plus obscur de ma conscience, qui se laisse tromper par ma colère et ma fierté mal placée. Putain.

Les gens autour de nous commencent à s’impatienter et à nous lancer des regards réprobateurs mais je les vois même plus. En fait… Je viens de me rendre compte d’un truc. Je connais rien de sa relation avec Léo. Elle n’a rien dit, rien avoué, c’est moi qui ai tiré mes conclusions tout seul à partir d’allusions. Et comme j’étais déjà mort de jalousie, j’étais pas forcément objectif. Si ça se trouve, je me suis monté un film, je l’accuse de ce qu’elle n’a pas commis, mais… C’est trop tard. C’est sorti. Et je vais pas m’excuser platement, je peux pas, j’y arriverai pas. Si je me suis trompé, j’aurai bien l’air con.

Mes deux mois de vacances défilent dans ma tête, avec May souriante dans la Loire, May taquine au bal, et je ne peux pas m’empêcher de penser que quelque part… J’ai raison. Ou plutôt, pas complètement tort. Elle m’a clairement séduit, ça l’amusait de jouer avec mes hormones, et à côté, elle avait une relation ambigüe avec Léo. Pourtant… Là maintenant, je m’en fiche, presque. C’est rien par rapport à mon envie de retrouver ce que je partageais avec elle, au début, de tout effacer, de revenir quelques semaines en arrière pour recommencer, en mieux. Si seulement j’osais lui avouer qu’elle me plaît… Mais ça, comme par hasard, ça veut pas sortir. Je sais que dire des conneries, des paroles qui m’arrangent parce qu’elles gardent le William froid et insensible, mais qui mentent, qui ne révèlent que la coque glacée de l’iceberg. Du coup, je me retrouve à brutaliser la fille que j’aime, à faire le dur.

Bordel, qu'est-ce que je suis con.

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May Bastide
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Sam 27 Oct - 13:17



    Et puis ça recommence. Sa façon de faire, quand je l’ai trop énervé, son regard qui change sur moi, et sa poigne qui n’a plus rien de doux. Comme cette fois, au bal, où je m’étais retrouvée coincée entre le mur et l’ombre de son corps trop grand pour moi, et où je n’avais eu d’autre choix que de patauger dans ma peur grandissante et réprimer mes tremblements. Je sentais ce Will-là revenir, et en effet je ne me trompais pas : en moins de quelques secondes, je suis à nouveau faite comme un rat, bien trop près à mon goût d’un Will qui n’a d’intention que celle de me mettre à mal et de me faire culpabiliser. Je ne recule pas, je ne bronche pas, mais ce n’est pas parce que je suis forte, loin de là. C’est parce que je crève de peur. Tétanisée, paralysée, comme un air de déjà-vu.

    « c’est toi et ta façon de faire ». Oh rien que ça. Ma personne t’écorche la gueule ? Ben barre toi putain ! Me demande pas d’aller au bal, me rattrape pas quand tu me trouves à la Bibliothèque, si c’était pour me dire ça, t’aurais mieux fait de rester planqué derrière ton foutu rayon. Voilà c’que je voudrais lui dire. Mais ça sort pas. Je deviens juste blanche.

    «Ca veut dire quoi, pour toi, être ensemble ? ». J’en sais rien, Will. J’ai jamais été avec quelqu’un. J’ai jamais eu envie d’être avec quelqu’un. Sauf peut-être Boris. Mais Boris est un chat. Et il est pas souvent jaloux. T’es la première personne Will. La première personne que j’ai envie de voir tout le temps. De garder à moi toute seule. Alors non je sais pas faire. Et non, je sais pas ce que ça veut dire. Faudra m’apprendre. Faudra me tenir en laisse. Parce que j’en sais rien du tout. Voilà c’que je voudrais lui dire. Mais ça sort pas. Je deviens juste un peu plus pâle.

    « alors que je fuis ce genre d’évènements, d’habitude ». Et comment voulais-tu que je le sache ? Je te connais pas, Will. On s’est vus deux fois. C’est que dalle, deux fois. Et tu crois que j’adore ça, moi, les bals, les robes et les valses ? Si j’avais su, j’aurais peut-être fait quelques efforts de plus. Mais est-ce que tu me l’as dit ? Non. Ne me reproche pas des choses que je ne peux pas savoir. Voilà ce que je voudrais lui dire. Mais ça sort pas. Je deviens juste livide.

    «T’avais vraiment besoin de t’afficher sous mon nez avec Léo ? » …Quoi ? Il appelle ça… s’afficher ? Moi je voyais juste ça comme être heureuse de retrouver quelqu’un qu’on aime, j’en sais rien, c’est juste moi, c’est ma façon d’être, celle qui lui écorche la gueule, mais je sais pas, qu’est-ce que j’aurais dû faire pour que ça lui aille au juste ? Quel genre de comportement aurais-je du adopté pour qu’au final, il se retrouve content ? J’en sais rien. Je suis conne. J’en sais rien putain ! Il faut qu’il me dise tout. Qu’il m’explique ce qu’il faut que je fasse. Voilà ce que je voudrais lui dire. Mais ça sort pas. Je deviens juste translucide.

    Et quand il s’arrête je me dis qu’il faut que je lui réponde. Et pas méchamment. Que je lui explique clairement. Que je sois gentille, que je sois calme. Il faut juste qu’il comprenne que s’il veut quelque chose il l’aura. Il faut juste qu’il le demande. Il faut juste qu’il me dise de A à Z ce que je suis sensée faire. Parce que les trucs sensés, c’est son morceau à lui, c’est pas mon domaine à moi. Moi je fais n’importe quoi, moi je réfléchis pas. Et toi tu penses trop, et toi tu frênes toujours des quatre fers. Tu voudrais pas te laisser aller pour une fois ? Laisser tomber les disputes, et juste, essayer d’être ensemble comme tu disais ? Il faut que je te le dise. Il faut que je tele dise. Je veux être avec toi, alors apprends-moi à être avec quelqu’un. J’ouvre même la bouche pour te le demander. Mais t’es plus rapide, et surtout plus con que moi.

    « Tu sais quoi ? Je vais finir par croire que t’es qu’une petite allumeuse. »

    Crac. Attendez c’est quoi ce bruit ? Ah ouais, ça doit sûrement être mon cœur.
    J’ai les larmes qui montent aux yeux, j’ai le nez qui me pique, mais je le laisserai pas me voir chialer, ça non, j’lui donnerai pas ce plaisir-là. En un geste sec, je libère mes poignets, m’approche un peu plus près, serre mon poing, et le balance de toutes mes forces dans son ventre. Parce que je préfère encore te faire mal plutôt que te laisser voir que tu m’as fait mal. Tu n’as pas du sentir grand-chose, parce que ma main est bien petite, et pas bien dure pour vraiment te laisser un bleu, mais l’intention y est. Pour qui tu te prends ?
    Pour qui tu te prends à me faire la morale ? Une morale que tu ne suis même pas. Parce que j’ai des oreilles, Turner ! J’ai des putains d’oreilles. Et les rumeurs, comme tout le monde, je les entends ! Tu crois que ça m’est passé au-dessus, cette fameuse soirée où on t’a vu en train de rouler des palots de l’espace à une jolie brune, et à lui bouffer le cou ? Moi, j’ai pas le droit avec Léo, mais toi si ?
    Je donne tout ce que j’ai pour ne pas hurler, je m’approche du creux de son oreille, et déclare, l’inondant du plus beau sarcasme de ma réserve :

    « Oh mais oui Will. Vas-y, je t’en prie. Insulte-moi encore, de toutes façons je m’en fous. Une petite allumeuse ? T’imagine même pas. C’est mon truc, tu vois. J’adore chauffer les garçons, n’importe où, n’importe quand. J’aime tellement me faire sauter par n’importe qui, tu comprends ! Mais j’en connais un autre qui aime bien ça. »

    Je déglutis. Je me demande s’il va me frapper. Parce que je le mériterais.

    « Alessa. Ça te dit quelque chose ? »

    Que quelqu’un ferme ma putain de gueule.




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William Lawford
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Dim 28 Oct - 22:11

Elle pâlit à vue d’œil, sans rien dire, en se recevant tous mes reproches à la gueule. Je n’avais pas mesuré toute la violence de mes mots, avant de les prononcer, maintenant que c’est fait, je me demande si c’est vraiment impossible de faire un retour en arrière. Si y a pas quelqu’un dans cette foutue école qui aurait un don utile, pour une fois.

Le poing au ventre, je l’ai mérité. Donc j’accuse, tant bien que mal, et plutôt mal, d’ailleurs. Sa force physique, passe encore, c’est toute sa colère, toute son indignation qui me blessent. Je voulais pas. Pas ça, pas comme ça. Je voulais juste discuter avec elle, qu’on s’explique puis qu’on reparte comme avant, mais il faut croire que je suis seulement bon à aggraver les choses. Je voudrais lui demander pardon, de n’importe quelle façon, celle qui la satisfera, mais je ne fais rien. Retenu encore une fois par cette stupide fierté. Puis écrasé par ses paroles assassines, transpirantes d’ironie. Elle n’aurait pas pu mieux me faire comprendre que j’aurais mieux fait de la fermer, que je n’avais pas le droit de dire tout ça.

« Alessa. Ça te dit quelque chose ? »

Je ne comprends pas tout de suite où elle veut en venir. Alessa, oui, je m’en souviens. Quoique, c’est flou. Et intense, en même temps. Je sais plus, j’étais ivre. Je me souviens de détails, de morceaux d’elle, de bouts de paroles soufflées au creux de son cou, d’un pincement au cœur quand elle est partie, aussi. De l’avoir embrassée. Deux fois.

Oh merde…

J’ai la pensée tout à fait lâche de me demander jusqu’où May était au courant à propos d’Alessa, comme si je pouvais encore enjoliver certaines choses et lui montrer que ce qui m’arrangeait. Sauf que mon espoir ne dure pas bien longtemps. Si elle l’évoque maintenant, juste après que je lui aie fait des reproches à propos de Léo, c’est qu’elle sait. Tout. Peut-être même qu’elle nous a vus. Ca, ça serait… Non, je préfère pas y penser. Mais ça ne change rien, je suis dans la merde, et je dois quand même répondre. Un truc, n’importe quoi.

« Ce… C’est pas pareil. J’étais bourré. »

La belle excuse. Mais c’est la seule que j’aie.

« Et puis, ça n’a rien à voir, t’étais pas avec moi à ce moment-là, c’était… »

Putain, ça n’a aucun sens ce que je dis.

Ma phrase avorte en plein milieu, parce que je ne sais plus ce que je dois dire. Et parce que je viens de me rendre compte que j’ai menti. May, pas avec moi ? Peut-être pas physiquement mais j’ai pensé à elle. Tout le temps. Je me souviens, maintenant. La première fois, quand j’ai juste effleuré les lèvres d’Alessa, c’est l’image furtive de May qui est passée dans mon cerveau, et quand je lui ai donné un second baiser, un vrai, c’était May toute entière qui était là. C’est elle que j’ai embrassée, tout le temps. Bordel. Depuis quand… ? Oui c’est ça, en fait. Tout le temps.

Les pensées incohérentes se bousculent dans mon esprit. Je les chasse, je ne veux plus penser. Marre de réfléchir. Plus besoin de réfléchir, de toute façon. Je viens de comprendre le truc le plus énorme de ma vie. Ca fait depuis plus longtemps que je ne le pensais. Beaucoup plus longtemps. Tout ce temps-là. Dès le début, même.

Putain.

Ma main saisit le poignet de May et mes jambes se mettent en marche. Toutes seules. Les chuchotements autour de nous se sont amplifiés. Ils ont tous hâte qu’on parte et qu’on les laisse se replonger dans leurs bouquins de merde. Je sais pas pourquoi, mais je le fais. Je me barre, sans rien dire, rien expliquer à May. Même moi, je ne m’explique pas ce geste. Je file à grands pas jusqu’à la sortie. Puis je bifurque à droite. Un long couloir, qui s’enfonce dans l’obscurité. Je m’y engouffre sans même savoir ce que je vais y trouver au bout. Je m’en fous. Je m’arrête, de toute façon, sans savoir où. Quand je me dis que ça suffit, que ça a assez duré. Toute cette histoire a assez duré.

Mes mains brutalisent le poignet de May quand je la tire devant moi, son dos quand je la plaque contre le mur. Je suis si proche qu’elle ne doit voir que moi, maintenant, moi et mes épaules à peine découpées dans l’obscurité du couloir, mon œil qui se pose sur elle et la surplombe silencieusement. Coincée, acculée à la dernière limite, contre le dernier pan de mur qui aurait pu la protéger. Parfaitement conscient de l’étouffer d’une aura que je ne contrôle pas, je renferme le piège de mes bras sur elle, en laissant glisser ma main sur son cou et l’autre sur le ciment froid du mur, pour m’assurer des appuis tandis que je fonds vers elle. Mon cœur bat à peine mais j’ai le sang qui brûle quand je m’arrache ses lèvres et sa langue, réclamant ce qui était à moi depuis tout ce temps. Ce que j’aurais dû faire, dès le début.

C’était stupide de vouloir parler, mettre des mots sur des choses que j’avais intégrées depuis longtemps. Ca ne peut pas s’expliquer mais je l’ai compris, même si je suis incapable d’expliquer comment je l’ai compris. Et je suis devenu incapable de formuler un truc cohérent aussi, tiens. Le pire, c’est que j’en ai plus rien à foutre.

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May Bastide
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Lun 29 Oct - 14:42



    Ah ! La belle excuse ! Trop facile, toute trouvée. Elle a bon dos, l’ivresse, hein ? « Non, non, May, c’est pas moi qui ai passé ma soirée à bouffer la bouche d’une magnifique Italienne, tu te plantes, c’étaient mes deux verres de vodka et ma bouteille de rhum ! » Ben voyons. C’est plus simple comme ça, pas vrai ? De balancer notre morale et nos actions sur le compte de l’alcool, lui qui nous rend fou, lui qui nous fait faire n’importe quoi, ou juste ce qu’on a vraiment envie de faire. Parce que pour moi, se prendre une cuite, c’est pas forcément perdre ses moyens, et changer de visage. Pour moi, finir complètement torchée, c’est enlever le masque, dire tout ce qui nous passe par l’esprit, céder à toutes nos envies, et ne jamais penser aux conséquences. Et j’ai raison, pour une fois, pas vrai ? Tu pourrais pas dire le contraire Turner, c’est pas un coup dans le nez qui te fournira d’excuses plausibles, ça montrera juste au grand jour ce que tu crèves d’envie de faire. Qui tu crèves d’envie de te taper. Et c’est pas moi de toutes évidences. Mais c’est pas grave, je comprends, tu vois. C’est normal que ça te démange, alors fais le avec qui tu veux. Je m’en fiche. J’en ai rien à foutre. J’m’en balance. J’en ai rien à carrer. Je m’en bats les couilles que je n’ai pas.

    Et quelle putain de menteuse je fais.

    Et vas y qu’il me balance l’excuse du « j’étais pas avec toi, à ce moment-là ». Oui. C’est vrai. Mais de toutes façons, on a jamais été ensemble. Et plus tu me parles. Et plus j’ai l’impression que cette idée là s’éloigne. Et plus ça me fait mal. Et plus je me sens oppressée. Et plus mes larmes montent.
    Fais moi taire, Will. Fais quelque chose pour que ça s’arrête, parce que je suis trop conne pour l’admettre la première. Dis moi de me la fermer, dis moi d’arrêter de parler, si c’est pour te dire toutes ces choses dont je ne pense pas un mot. Prends les choses en main, parce que moi je deviens dingue. Montre moi ce qu’il faut faire, parce que moi je suis perdue.

    Je reste là, plantée devant lui, et je baisse les yeux. J’ai un peu envie de rire, d’un côté : depuis quand ça ne m’était pas arrivé ? D’en être réduite au silence, de ne plus avoir de sarcasme, de piques à balancer, de ne plus avoir envie de me jeter sur lui pour le rouer de coups, d’être vidée de mes forces, d’être…amoureuse. Je croyais que c’était réciproque, mais à voir comment tu me regardes, à entendre comment tu me parles, à sentir comment tu me touches, la seule émotion que j’ai l’impression de t’inspirer, c’est le dégoût. Waw. Impressionnant. J’arrive même à m’auto blesser par mes propres pensées. Quelle conne… Vraiment, quelle idiote. Je joue avec ma fermeture éclair pour contenir le tremblement de mes doigts, je massacre mes semelles en me tordant les chevilles, j’essaye de contenir le malaise qui me tombe sur la gueule, et qui risque bientôt de s’évacuer à coup de raz-de-marée lacrymal.

    Un poignet qui m’agrippe, qui me traîne en dehors de la bibliothèque. Non. Je veux pas.

    « Will ! Arrête ! »

    Mais il a trop de force. Alors je lance un dernier coup d’œil aux élèves studieux penchés sur leur livres, aux documentalistes qui se réjouissent de ne plus avoir à nous demander le silence, et à ces murs qui au moins, me protégeaient d’une dispute plus poussée que celle-là. Maintenant je vais me retrouver dehors, et il va pouvoir me hurler dessus comme il le souhaite. Et je veux pas, j’en peux plus, je veux pas me mettre à chialer comme une gamine de six ans, mais s’il dit un mot de plus, c’est ce qu’il va se passer, alors non, ta gueule Will, ne me fâche plus, sinon, sinon je vais, sinon…

    Mon dos contre un mur, et j’ai peur de m’en prendre une. Son corps qui me surplombe, qui m’enferme, qui me piège, son œil qui me fixe, qui me dévore, et je suis terrifiée. Qu’est-ce que tu fous, Will ? Je ne te suis plus, là. Je te comprends plus. Ta main contre moi, et mes craintes s’envolent. Ce n’est pas de la colère qui motive tes gestes. Pas vrai ? Je ne me trompe pas, cette fois-ci, hein ? On se trompe plus, là, non ? On sait. Je sais ce que tu veux. Et. Même si j’ai eu envie de te frapper plus de vingt-cinq fois en moins de cinq minutes de conversation. Même si tu as été le gars le plus insupportable de mon entourage. Même si j’ai eu plusieurs fois envie de t’effacer de ma mémoire au plus vite. Même si tu m’as fait devenir dingue. Même si tu m’as réduite à une faible, à déprimer toute seule dans ma chambre, juste parce que je n’avais pas de nouvelles de toi. Même si tu m’as piétiné, peut-être même sans y faire attention. Je vais te donner ce que tu veux. Et prendre ce que je voulais, par la même occasion.

    Ma raison s’écrase sous ses lèvres, ma main passe derrière sa nuque, l’oblige à se pencher pour que je l’embrasse plus fort, et l’autre attire son torse plus près, bousillant son t-shirt au passage. Il me fait mal, mais je m’en fous. C’est pas grave. Plus rien n’est grave. Qu’il ait embrassé Alessa, ce n’est pas grave. Qu’il m’ait insulté, ce n’est pas grave. Qu’il m’ait soumise à son don, ce n’est pas grave. Je ne t’en veux pas, je m’en fiche. Rien n’est grave, la seule chose qui compte, c’est qu’il me serre plus fort. Qu’il me prouve que j’ai raison d’envoyer tout valser. Sauf lui.
    Je mords ses lèvres, je mords son cou, je mords chaque parcelle de peau que je vois sous mes yeux : c’est fini maintenant, on ne se battra plus, on ne s’engueulera plus, parce qu’on s’en fout. On s’en fout du reste. Moi je te veux juste toi. Et je t’embrasse encore, comme si c’était ma seule façon de te dire ces trois putains de mots qui ne veulent pas encore sortir. Et qui pourtant sont bien présents.

    Putain de merde, Will. Tu me rends dingue, tu me tues, tu me fais faire n’importe quoi. Mais putain, putain, qu’est ce que je t’aime.





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William Lawford
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Lun 29 Oct - 18:46

Je pensais que céder à mes pulsions me calmerait, mais loin de là. Maintenant que je suis en plein dedans, j’en demande encore plus. Toujours plus. Et May aussi, elle ne se ménage pas, à me tirer vers elle, à m’embrasser, me mordre, encore et encore. A m’infliger une douleur affreusement plaisante. Je veux qu’elle ressente la même, amplifiée, alors je la mords encore plus fort, je laisse des traces ineffaçables sur sa nuque, sa poitrine, ses lèvres, dans un besoin incontrôlable de la faire mienne. D’être seul à la faire mienne, même, comme s’il était impératif que je m’impose, cette fois. Que je la fasse taire, que je lui montre la force que je mets dans ces trois petits mots que j’ai encore peur de lui dire. Aucune réflexion, aucune envie de comprendre. Je ne peux plus rien comprendre, je suis dans un état proche de celui d’un fou : une obsession en tête, maîtresse de toutes mes actions, seule, grandissante, étouffante. May. Aimer May. Posséder May.

Elle me rend dingue.

Mes mains ne tiennent pas bien longtemps avant de réclamer leur part de plaisir, elles aussi. Elles voudraient s’amuser sur sa peau mais il y a tant de tissu inutile par-dessus… Encore et toujours des obstacles. Un soupir impatient m’échappe contre les lèvres de May, tandis que je tire d’un coup sec sa fermeture éclair. Avide de découvrir ce que je n’ai pas encore caressé, embrassé ou mordillé, je laisse mes mains courir sous son T-shirt. Elles se réchauffent vite, dans ce cocon doux et tiède, même si je ne monte pas plus haut que ses côtes. Un brin de raison commence doucement à me revenir et me rappeler que ce n’est peut-être pas l’endroit adéquat. Surtout qu’entre les gémissements, les soupirs, les froissements de tissus, on a peut-être fait assez de bruit pour alerter quelqu’un…

Je sors mes mains de sous ses vêtements pour les poser simplement à sa taille et j’abandonne ses lèvres quelques secondes, juste le temps de la voir, de lui demander silencieusement si tout va bien. Il fait noir mais, proche comme je suis, je distingue quand même ses joues chaudes, ses lèvres gonflées, son regard embrumé. De quoi me faire déglutir, me vider de toute résistance, me faire à nouveau choir dans son cou en la ramenant contre moi, yeux et lèvres fermés, simplement pour la sentir, caresser sa peau de la mienne. Fou, mais calme.

La pensée me revient, à petits pas. Je parsème la nuque de May de baisers plus tendres, moins désordonnés, tandis que je me repasse le film de ces derniers mois dans la tête. Et là, je m’arrête brusquement d’embrasser May. Sans quitter son cou, mes lèvres y impriment un sourire.

« May. »


J’attends qu’elle me réponde, tandis que mon sourire s’agrandit contre sa peau. Un faible rire me secoue, même.

« Tu trouves pas qu’on a été vraiment cons, quand même ? »

Non mais sérieux. On aurait pu y aller plus simplement qu’en passant par deux disputes sibériennes où on s’est envoyé des insultes à la gueule. On aurait pu faire comme se contentent les gens, en général, se draguer gentiment puis se demander d’être ensemble, vu qu'au fond, c'était simplement de ça dont on crevait d'envie. Mais non, on a préféré se torturer les hormones, se retourner les méninges dans un casse-tête sans fin, pour au final s’ignorer cruellement pendant des mois. Et le moment où on se retrouve enfin, c’est pour nous tuer un peu plus. Y a quelques minutes, on était vraiment prêts à s’étriper, à la bibliothèque, et maintenant, on se retrouve à se rouler des pelles pas possibles dans un coin sombre de l’école.

Non, y a forcément un truc qui cloche chez nous.

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May Bastide
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Mar 30 Oct - 12:39


    Et j’ai l’impression de mourir.
    Mourir de bonheur.

    Mais pourquoi je l’ai pas fait plus tôt ? Pourquoi je ne me suis pas jetée sur lui, il y a deux mois de ça ? Qu’est ce que j’attendais pour ouvrir les yeux ? Mais en fait je m’en fous. C’est vrai, il y en a des questions dans ma petite tête de poisson rouge sous évolué, mais elles repartent aussi vite qu’elles débarquent, balayées par une caresse, par un baiser, par Will tout entier. Et je me surprends à l’autoriser à laisser ses marques, moi qui ne sais que râler face aux embrassades trop insistantes, et cacher mon cou d’une étoffe dès qu’un arc de cercle s’y imprime. Oui, ça m’épate, comme je le laisse me plaquer contre un mur alors que c’est toujours moi qui mène la danse, qui prend ce que je veux et s’enfuit avec sans demander mon reste, d’habitude. Je m’impressionne à le laisser rentrer dans ma vie, passer au kärcher tout ce qui ne lui plait pas, tout ce que je croyais être moi, une fille un peu plus forte que ça. Avec un peu plus de fierté, un peu plus d’orgueil et d’arrogance, mais en réalité c’est faux. J’en ai pas, j’en ai plus, et je m’en fiche, parce que je t’ai toi.
    Et peu importe sur quoi j’ai du marché pour t’obtenir.
    Ça valait forcément le coup.

    Des frissons dans mon dos, sur ma nuque, quand tu m’embrasses. Ma respiration qui se coupe et ma poitrine qui se soulève quand tu défais ma fermeture éclaire. Mon ventre qui tremble quand tu le touches, mes hanches qui se collent à toi pour que tu n’hésites pas, pour que tu ne te poses plus de questions : fais ce que tu veux, Will, parce qu’on veut la même chose, et je suis plus que d’accord.
    Mais tes baisers s’arrêtent, et j’ai peur d’avoir fait quelque chose de travers. Je souris, parce que je n’ai jamais eu peur de mal embrasser, de mal caresser, de mal chauffer quelqu’un, pour être clair. D’habitude je n’attends pas la permission. D’habitude je leur arrache leur pantalon, et je leur grimpe dessus, et c’est terminé. D’habitude, je … Mais toi, t’es pas « d’habitude », tu comprends ? Il faudrait que je te le dise. Mais comme je suis la dernière des idiotes, je te contemple bouche bée, comme on s’extasie devant un ciel plein d’étoiles. Le silence au bout des lèvres, l’amour au creux du ventre et la passion qui me transperce la poitrine.

    Tu t’écroules dans mon cou, je te sens sourire, tes lèvres qui s’étirent, et je fais de même. Tu dis mon prénom, et ça me fait trembler, alors que tu l’as déjà dit une dizaine de fois, et avec tous les tons que tu pouvais employer : en colère, désespéré, furieux, blasé, gêné, agacé, irrité. Mais jamais comme ça. Tu m’as jamais appelé comme ça, et j’ai jamais été aussi fleur bleue.
    God, je deviens faible.
    Je te réponds par un « Hmm ? » aussi inaudible qu’inutile, comment ne veux-tu pas que je t’écoute ? Tu me dis qu’on a été con, et j’ai envie de rire. Je me retiens, je me retiens, mais au final, j’explose de rire en t’étreignant le torse.

    « Cons ? T’es gentil, toi ! »

    Et je repars dans un fou rire durement répressible, jusqu’à ce que je me souvienne que. Oh. Turner est toujours là. Et oh. Turner a toujours son t-shirt. Ce qui, dans l’idée ne me plait pas vraiment. J’ai attendu longtemps. Trop longtemps. D’un petit bond, j’enlace mes jambes autour de sa taille –TEL UN MAGNIFIQUE KOALA PLEINS DE GRACE ET DE DELICATESSE- et attrape son visage entre mes paumes. Je le regarde, je le trouve beau, je caresse le dessous de son cache-œil du bout de mon index et je lui murmure sans le quitter des yeux, comme s’il allait se volatiliser si jamais je le lâchais du regard :

    « …oui… On a été… Tellement cons. »

    Je colle mon front au sien, soupire plus fort. God. He’s killing me. On a été tellement stupides. Mais ça ne se reproduira pas. Je serais sage, je serais quelqu’un de bien, si il me le demande. Parce que. I’m in love with him. Super fort même. Je l’aime plus que j’aime le chocolat. Plus que j’aime me baigner dans la Loire. Plus que j’aime les Tramways à fleurs de Montpellier. Plus que j’aime les autres garçons. Plus que j’aime le soleil en Août. Plus que j’aime la Méditerranée. Plus que j’aime les bouquins de Vian. Plus que j’aime les Sex Pistols. Plus que j’aime mon tourne-disque. Plus que j’aime ma guitare. Plus que j’aime mes t-shirts dédicacés. Plus que j’aime Boris.
    Bon, peut-être pas.
    Disons, autant. A égalité.
    Je n’ose pas l’embrasser à nouveau. De peur de rompre le moment. Mais j’ai arrêté de rire. Parce qu’il y a rien de drôle dans ma façon de l’aimer. C’est très sérieux cette histoire, très très sérieux.

    Et c’est bien la première fois que ça m’arrive.





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Contre mon épaule, May rit, du même rire qu’à la Loire. En mieux, encore. Là, j’ai presque l’impression qu’il ne s’est rien passé entre temps, ou plutôt, que tout a été oublié. Rien n’a plus aucune importance, même pas le fait que j’aie été odieux envers elle, qu’on a tous les deux été stupides, aveugles, arrogants au possible. Tout ce qui me torturait il y a encore quelques heures a volé en fumée. D’un coup. Chassé par l’odeur de May, ses mains, ses lèvres, et surtout, surtout… Son rire. Vraiment étrange, ce rire. Je crois que c’est lui qui a commencé toute cette histoire. Maintenant je l’écoute, soulagé de pouvoir le faire à nouveau, et je sais que j’en suis amoureux.

J’ai envie de te faire rire, encore, May. Je suis prêt à être encore plus con s’il le faut, si tu me promets qu’on se réconciliera tout de suite après et que tu riras comme ça, à nouveau. Et ça, je le ferai à l’infini. Bien sûr, je ne te le dis pas, pas tout de suite. Quand je serai prêt, quand on aura mûri, quand on aura arrêté d’être cons. Je te promets que je te le dirai.

Je ris avec elle doucement, sans oser me lâcher autant qu’elle mais avec la même sincérité. En fait, ça fait longtemps que je n’ai pas ri comme ça. Je dirais pas que je suis avare des démonstrations de joie mais… Si. Si, en fait, c’est ça, je suis pire que radin. Mais avec May, ça passe, ça glisse, tout seul, naturellement. Avec May, je me transforme, en mieux.

Son petit bond à ma taille me sort de mes pensées. Surpris, je la laisse nouer ses jambes autour de moi et rapprocher nos corps encore, plus qu’ils ne l’étaient déjà. Troublé, je la regarde aussi et tandis qu’elle prend mon visage à deux mains, je pose les miennes sur sa taille, pour l’empêcher de tomber. Frissonnant tout le long de ma colonne vertébrale quand elle me caresse les joues et mon œil caché, je ferme les yeux pour mieux apprécier. Elle s’aventure sans peur sous ce cache-œil qui lui a pourtant fait bien du mal. Ce simple geste me le rappelle et j’ai envie de m’excuser mais j’ai peur de tout casser. On s’est déjà tout pardonnés silencieusement, mais ça… Non, ça, je ne me le pardonnerai jamais.

Elle pose son front contre le mien et je soupire avec elle, dans un bien-être mêlé à une pointe d’angoisse. Elle me fait du bien. Trop de bien. Moi, je veux lui faire la même chose, mais j’ai peur de l’effrayer sans le vouloir. Je lui ai caché mon pouvoir, résultat, elle se l’est pris en pleine gueule, sans comprendre, sans savoir et sans doute qu’elle m’en a voulu. Alors je ne veux plus rien lui cacher, je veux qu’elle sache ce que je suis entièrement, je veux lui expliquer si besoin, la préparer. Comme ça, on n’aura plus besoin d’être cons.

Je lui propose alors d’une voix à peine audible ce que j’ai toujours interdit à quiconque, même à mes parents, même à Mathias :

« Tu peux l’enlever, tu sais. Mon cache-œil. »

Je décolle mon front du sien et recule légèrement pour voir son visage. Hésitant dans ma voix, déterminé dans le seul œil qui la fixe, je rajoute :

« Ca ne te fera rien, si on ressent la même chose. »

L’une de mes mains remonte à son visage et se met à jouer avec une mèche qui cachait son front. J’ai la gorge sèche, le cœur qui bat affreusement fort, et les doigts qui tremblent un peu. J’ai envie de le lui dire, de lui exprimer à quel point elle me trouble, à quel point je la veux toute entière. A quel point je l’aime. Mais je dis simplement, en laissant retomber ma main :

« Et je crois que c’est le cas. »

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May Bastide
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Mar 30 Oct - 16:10



    Filant sur sa peau comme pour intégrer chacun de ses pores, chacune de ses courbes, mes doigts s’arrêtent subitement, perturbés, troublés : si je peux l’enlever ? Oui je peux. Un centimètre plus haut, un index sous le tissu, je soulèverai délicatement le tissu, et ton œil s’ouvrira doucement sur moi. Techniquement c’est facile, trop facile, un jeu d’enfant même. C’est pas plus dur que de gagner un bras de fer chinois avec mes frères, pas plus compliqué que faire un accord de septième mineur sur ma Fender. En une seconde, cette histoire pourrait être torchée, je fixerai un visage normal sans morceau de noir, et je plongerai mièvreusement mes yeux dans les siens en gloussant comme je l’aime et comme il est beau sans son bandeau. Mais alors qu’il me propose de tout découvrir de tout savoir, mes mains hésitent, et retournent se loger dans la douce chaleur de son cou. Parce que là au moins, il n’arrivera rien. Ce n’est pas en le touchant là que je changerai d’avis sur lui.

    Je suis devenue une mauviette.

    J’ai peur d’enlever ce truc. Ce dernier obstacle qui m’éloigne du lui tout entier. Cette petite chose qui fait en sorte que je ne le déteste pas. Et si ça se reproduisait ? Et si, sans m’en rendre compte, contre ma volonté, je me mettais de nouveau à le haïr ? A lui cracher les pires horreurs à la figure, à lui tourner les talons sans ne rien ressentir d’autre qu’un trop plein de haine, et des relents de rages. Je veux rester moi. Garder ce peu de contrôle que je m’efforce d’utiliser en bien, pour lui prouver que, bien que je sois idiote, c’est de l’amour qui me chatouille le cœur. Rien d’autre, et c’est pas son don, son œil ou je sais pas quoi qui y changera quoi que ce soit.
    Un coup de pied dans mes craintes, quand il me dit qu’il ne se passera rien si l’on ressent la même chose.

    Mais si tu ressens pas la même chose que moi ? Si tu veux juste me sauter dans un couloir ? Si tu me trouves juste insupportable ? Si tu te dis qu’on est bons amis ? Si tu me trouves chiante ? Si t’aimes pas mon humour ? Si t’en as marre de moi ? Si tu m’aimes pas ? Si tu me détestes ? Si tu me trouves affreuse ? Et si… Et si…
    Oh et puis merde.
    Je débranche mon cerveau, lui qui ne fait que de la merde et me pousse d’un coup de cul sur les maigres sentiers, et je me lance, parce que je l’aime. Et qu’il faut qu’il m’aime aussi. Parce que s’il ne m’aime pas…

    Je l’embrasse pour me faire taire, mes pensées et moi. Je l’embrasse au cas où il ne m’aime pas autant, et que je m’en rende compte quand je lui enlèverais ce foutu bout de tissu. Je l’embrasse tant que je peux me bercer de tendres illusions. Je l’embrasse parce que je l’aime. Et quand j’ai fini, je le regarde une dernière fois, un peu paniquée. Je me mords la lèvre, et je me torture l’esprit à me demander une fois de plus, si c’est vraiment une bonne idée. Si ce n’est pas mieux qu’il nous reste une barrière. Mais au fond je suis juste conne. A me demander pendant des heures si c’est bien ou mal de prendre ce qu’on m’apporte sur un plateau d’argent. Et finalement, je décide juste que ce sera bien.
    Pour ma santé mentale.

    « Il le faut Will, hein ? Sinon… »

    Sinon, je vais me défenestrer, ou si quelqu’un m’en empêche, me transformer en panda dépressif à force de faire couler tout le mascara qu’Erika voudra me faire porter pour arranger ma face de zombi. Je me transformerai en larve ou en légume, mais la larve c’est mieux, parce que c’est encore plus pitoyable, gros et dégoûtant tu vois. Oui, si tu ne sens pas la même chose que moi, Will, je serais juste bonne à me rouler en boule dans une douche et chialer toutes les larmes de mon corps, jusqu’à ce qu’on vienne me tirer de là parce que j’aurais bousillé tout le ballon d’eau chaude de l’école. Mais comme j’aurais encore envie de pleurer, je m’enroulerais dans mes couvertures, et je mangerais des trucs pour les grosses en regardant des comédies à l’eau de rose que je déteste. Du genre Titanic. J’ai détesté ce film, Will. Et pourtant je crois bien que je le regarderai.
    T’AS VU LE MAL QUE TU ME FAIS ?

    Je colle une dernière bise sur ses lèvres, inspire un grand coup, et soulève d’un coup le cache-œil du pirate le plus canon de cette décennie. Je n’ose pas lever les yeux. Merde. J’ai peur. Je sers sa taille plus fort. Je tremble putain, quelle conne. Mais il le faut hein ?
    J’ouvre un œil, puis deux, je le fixe. Droit dans les yeux. Et. Rien ne change.
    Rien.

    Je souris comme une idiote, d’un sourire qui dépasse mes oreilles. Il y a même une larme qui roule sur ma joue. Mais il la verra pas parce qu’il fait noir, hein ? Oui, c’est ce qu’on va dire, il ne la verra pas. Je ris un peu. Pas parce que je trouve ça drôle. C’est un rire nerveux. Enfin, soulagé. Enfin j’en sais rien ! Vous savez, le genre de rire qu’on a lorsqu’on apprend quelque chose qui nous fait mourir de bonheur, mais dont on mourrait de peur à l’idée d’en découvrir la vraie nature. Ben là je sais ! Je le sais et. Et il sait aussi.
    Je ris encore et je fons sur ces lèvres parce que je ne sais faire que ça. Et je l’embrasse jusqu’à ce qu’il en ai marre. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien d’autre à faire.

    « Eh Will… On ressent pareil ! »

    C’est dingue non ? Je sais pas si tu trouves ça dingue. Mais moi je trouve ça dingue. Et putain. Je t’aime. Je t’aime. Alors je te le dis avec mes lèvres qui étreignent les tiennes. Parce que ça suffit pour que tu comprennes.






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William Lawford
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Mar 30 Oct - 22:17


Au lieu de remonter, ses doigts descendent et se cachent dans mon cou. Je la regarde, interrogateur, mais je comprends rapidement ce qui se trame sous sa cervelle. C’est clairement visible sur son visage et dans ses gestes hésitants. Elle a peur. Je lui fais peur. Je le savais, j’aurais jamais dû. J’aurais pas du lui montrer ce qu’il y avait sous ce putain de cache-œil, j’aurais pas dû être aussi lâche, j’aurais mieux fait de penser à une autre solution, lui parler, tout simplement, au lieu de compliquer les choses. Maintenant, j’aurai beau lui tenir la main, elle aura toujours cette appréhension que mon pouvoir déconne, et c’est normal, même moi je l’ai. Même moi, je me fais peur.

Et j’ai peur maintenant de ce que tu vas faire, May, j’ai peur que tu quittes mes bras, ou que tu fasses semblant de rester mais sans oser me regarder dans les yeux. Que tu esquives le sujet, parce que là, oui, ça voudrait dire qu’il y a quelque chose à cacher. Qu’il y a une part de moi dont tu ne veux pas. Pourtant, je ne peux pas t’en vouloir, même moi, je n’en veux pas… Mais là, je suis égoïste. Je voudrais que tu acceptes cette chose qui me fait si honte. Et quelque part… Je voudrais aussi m’assurer de tes sentiments. Être sûr que tu ressens la même chose que moi, alors que je pourrais tout simplement te le demander, ou me déclarer. Mais ça… Je suis encore trop lâche pour ça.

Je ravale ma frustration en baissant la tête mais elle la relève. Elle m’embrasse. Et je ne réagis pas, trop surpris. Moi qui commençais presque à me demander si elle allait pas me laisser tomber, m’engueuler, fuir, que sais-je… Mais non, elle m’embrasse. Pour se donner du courage, peut-être. En tout cas, je finis par répondre à ses baisers, parce que moi aussi, j’ai besoin de courage.

« Je… Oui. Il le faut, May. »

Sinon je ne pourrai jamais me retirer cette culpabilité de la conscience. Sinon je n’arriverai pas à te regarder comme il faut dans les yeux. Sinon je ne mériterai jamais ton pardon. Et peut-être même que je laisserai tout tomber, parce qu’à force de psychoter comme un taré sur ce que je suis, je finirai par me dire que je ne suis pas digne de toi, alors que je suis sûr qu’on peut construire quelque chose ensemble. En tout cas, j’aimerais bien. Oh oui, j’aimerais tellement. Mais peut-être qu’il faudrait qu’on arrête de se poser tant de questions, et qu’on le fasse tout simplement. Que tu m’enlèves ce cache-œil, qu’on se regarde dans les yeux, qu’on en finisse avec ce dernier point obscur, puis qu’on s’aime encore, mieux. Enfin… Si tu m’aimes.

Allez, May, regarde-moi.

« A… Alors ? » je demande bêtement, inquiet de ne pas la voir réagir.

Mais sa réponse ne tarde plus. Dès l’instant où elle sourit, je sais que j’ai gagné. Qu’on a gagné. Je sais pas pourquoi je ris avec elle. C’est la deuxième fois qu’on rit comme ça, sans raison, si ce n’est juste les nerfs qui lâchent brusquement. A croire qu’on s’inflige une pression monstre tout seuls. Mais ça fait du bien. C’est fini. Je sais, maintenant. On sait tout les deux. Ca nous rend tellement stupides et heureux qu’on s’embrasse à en perdre la raison et je souris contre ses lèvres à chaque assaut.

« Eh Will… On ressent pareil ! »

Oui. Oui. OUI. On ressent pareil, May. Bon sang. C’est génial. C’est dingue. C’est… Putain, j’ai jamais été autant excité, j’ai l’impression d’être redevenu un gosse.

« Je te l’avais bien dit. »

Oui bien sûr. On va passer sous silence le fait que c’était un pari totalement suicidaire de ma part et que j’ai pas arrêté de flipper entre-temps, hein. C’est juste parce que j’ose pas gueuler dans le couloir « Mais oui putain ! Je suis trop content ! », que je préfère faire mon mec trop dark qui avait tout deviné dès le début, mais sinon, le cœur y est quand même.

Maintenant, je ne lâche plus ses lèvres, parce que j’en ai pas eu assez. Sauf que ça me fait remonter ce truc au ventre. Ce truc-là, un peu chatouilleux, un peu douloureux… qui me fait rappeler que nos deux corps sont très proches, que mes mains sont sous ses jambes et qu’elles sont pas satisfaites de rester là. Je finis par m’arrêter, juste le temps de poser quelques mots à son oreille :

« Gnh. Dis… Tu veux pas qu’on aille finir ce qu’on a commencé ailleurs ? »

Oh... J’en reviens pas de ce que je viens de dire. Une proposition aussi crue envers une fille, ça m’aurait jamais traversé l’esprit, en temps normal. Ou en tout cas, je l’aurais pas dit, pas avec des mots, comme ça. Mais là, impossible d’y aller par quatre chemins, ça me ferait perdre trop de temps. Et... Bordel, j’ai trop envie.

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May Bastide
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Mer 7 Nov - 21:36




    « Je te l’avais bien dit. »

    Non mais regardez-le qui commence déjà à se la raconter. Alors que non. S’il y a bien un truc qu’il n’a pas fait, ce crétin, c’est dire les choses. Je lâche un gros « Pfff ! » juste assez méprisant pour piquer son orgueil, juste assez bruyant pour que ça l’agace au plus haut point, mais avec un sourire assez grand pour qu’il comprenne que je plaisante. Je crève d’envie d’ajouter d’autres douces paroles, tendres mièvreries et adorables compliments telles que « Fais gaffe, Will, tu pourras plus passer les portes avec un bocal pareil ! » ou « Et avec des chevilles comme aç’, t’y rentres dans tes converses ? » ponctuées d’éclats de rires aussi discrets que raffinés. Mais je n’ai pas le temps de râler et de me transformer en gremlins démoniaque qui a mangé après minuit qu’il me fait ravaler mes mots à coups de baisers.

    Et je ne peux m’empêcher de sourire comme une imbécile, les lèvres à demi tiraillées par le bonheur qui m’étreint le ventre et les morsures de Will. Et ça me fait tout drôle ! C’est la première fois que j’ai autant envie de rire que de le traîner dans la chambre la plus proche. Mais ça serait bizarre pas vrai ? De passer mon temps à rire en l’embrassant. Ce serait vraiment étrange, et pourtant c’est ce que je me retiens de faire non-stop. Mes bras autour de sa nuque, mes yeux parcourant les siens, ne les lâchant pas d’une microseconde, m’assurant continuellement que, ça y est, putain : on est sur la même longueur d’onde.

    « Gnh. Dis… Tu veux pas qu’on aille finir ce qu’on a commencé ailleurs ? »

    Ah oui. C’est vrai. J’ai un brasier au creux des reins. Et il va pas s’éteindre juste parce qu’on s’étale de l’amour dessus comme de la confiture de fraise trop sucrée sur une biscotte. Mais de toutes façons. J’ai pas envie qu’il s’éteigne. J’ai envie de l’attiser. Maintenant, j’ai le droit, pas vrai ? Je peux l’allumer comme je veux sans qu’il décide de me coller un post-it « Whore » sur le front, non ? C’est pas grave si mes jambes se resserrent autour de sa taille. C’est pas grave si mon ventre brûle le sien. C’est pas grave si j’ondule des hanches en respirant plus fort. C’est pas grave si mes doigts glissent sous son t-shirt. C’est pas grave si je lui dis plus que « oui », mais même un « S’il te plait ».
    Un « vite ».
    Un « Plus fort ».
    Les lèvres accrochées au lobe de son oreille, je murmure le souffle court :

    « C’est pas trop tôt. »

    Je descends de mon perchoir, à savoir lui. Agrippe sa ceinture et traîne ce grands corps à trois de tension derrière moi. On croise une poubelle imaginaire, j’extirpe les lambeaux de raison qui ralentissent ma cadence, les froisse en une grosse boule difforme, vise et la lance au milieu du restant des déchets : PANIER. J’accélère. Plus vite ce sera fait, mieux ça sera ! Trois pas, je me retourne, et je l’embrasse. Je cours un peu, sans lâcher sa ceinture, sans le lâcher lui. Non, plus jamais je te lâche. J’explose de rire, je le plaque contre un mur, je me frotte un peu trop à lui, fais un peu exprès de frôler ses hanches des miennes. Reprends ma course, le tire plus fort. ALLEZ. Grouille toi Will ! On a pas que ça à faire, que de traîner dans les couloirs.
    Deux mètres, un mètre, et je te pousse contre la porte de ma chambre. Je prie pour qu’Erika n’y soit pas, je te souris, je t’embrasse encore, toujours, j’ouvre : personne. Je te tire dans la pièce, te pousse sur le lit, attrape le rouge à lèvres d’Erika et imprime sur la poignée un petit cœur en pâte rouge. Notre signe à nous, pour prévenir d’une situation gênante. Ou pour l’inviter à nous rejoindre si le cœur lui en dit ! Je soupire, je me trouve niaise, mais je claque la porte et j’enlève mon t-shirt. Mes mains sur les hanches, je te regarde, je souris, je te trouve beau.
    Et je ne trouve rien d’autre à te dire, en dégrafant mon soutien-gorge, et en me dégageant de mon pantalon qu’un :

    « A nous deux, Turner. »




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