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 BREATHLESS - Clyde J. & Aurelian K. -

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Nikolai L. Valdick
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Springtie


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Dim 29 Juil - 22:41

Aurelian K. & Clyde J. & Nikolaï V. ♥


« Just keep following
the heartlines on your hand. »


La vie avait repris son cours, et le temps qui semblait s'être suspendu dans les bras d'Aurélian lors de nos retrouvailles rattrape à toute vitesse son retard impardonnable. Je passe mon temps avec lui pour l'instant, je crois qu'on a beaucoup de choses à se dire depuis le temps. Alors je reste à ses côtés, parfois agrippé à lui, comme une gamine de 15 ans un peu trop amoureuse. Je le taquine, et il en fait de même. Mais moi, ça finit par m'énerver, alors je l'envoie chier. Il revient vers moi, et je n'arrive pas à lui dire non, ou à lui tourner le dos bien longtemps. Je l'insulte alors d'imbécile, et il rigole, amusé visiblement. Je lui parlais beaucoup, énormément. A tel point que je lui demandais régulièrement si je ne le fatiguais pas à parler comme ça tout le temps. Surtout qu'avec son don, les flots d'informations ne sont pas forcément bons pour lui. Même s'il ne doit avoir aucune difficulté à enregistrer les banalités que je lui échange. Mais je suis comme ça. J'ai besoin de partager avec Aurelian. Depuis toujours, c'est comme ça que ça marche. On échange tout. Les connaissances, les sentiments, les perceptions, les avis. Et au final, il n'en résulte qu'une harmonie intellectuel et physique absolument subtil et puissante à la fois. Une sorte de complicité. Tout ce qu'il dit me passionne, et réciproquement. C'est pourquoi nous ne connaissons pas l'ennemi à deux. Nous avons tant de chose sà apprendre l'un de l'autre.

Aujourd'hui, nous avons décidé de manger à deux, à la cafétéria de l'école. Après s'être servi au buffet, nous discutions encore, de chose et d'autre. Je lui parle de mes cheveux, et je lui demande s'il aime toujours le bleu. Forcément, il me dit oui. Alors je prends un air outré, et je lui réponds qu'il faudrait absolument que je change de couleur. Peut être du rouge. Ou du roux. Voire même les deux en même temps. Entre deux fraises, je lui demande ce qu'il en pense. Et évidemment, il me soutient et me dit que ça lui va très bien. Ce qui est bien avec lui, c'est qu'il n'est pas contrariant. Il me taquine un peu, en me volant mes fruits, et en s'amusant à me les donner directement à la bouche. Je lui donne une tape à l'épaule, en lui disant qu'on n'a plus 15 ans, et il rit de nouveau. De grands enfants. Soudain, un peu plus loin dans la cafétéria, j'aperçois Clyde, debout, et seul. Je ne sais pas trop ce qu'il fait. Je sens mon visage se décomposer tandis que tout mon corps s'immobilise, alors qu'à l'instant je jouais encore avec Aurelian. Je ne peux m'empêcher de le fixer, au risque Aurelian me crame. Mais les souvenirs de notre dernière discussion me hante encore. J'ai envie de lui dire que je suis désolé, que c'était un méchant concours de circonstances, et qu'il ne méritait pas le moindre du monde de se prendre mon poing dans la gueule. Si ça se trouve, il ne voudra pas me pardonner. Il ne veut sûrement plus avoir à faire avec moi j'imagine. Mais peu importe l'état d'esprit dans lequel il se trouve, il faut que j'aille au moins lui demander pardon. Qu'il accepte ou refuse, c'est ce que je dois faire. Peut être il y a une chance qu'il me pardonne, et qu'on devienne de bons amis. Finalement je pose les fruits avec lesquels on était en train de chamailler. Et je pose un regard un peu gêné à Aurelian. Je me lève, et je m'arrête à côté d'Aurelian.

    « J'arrive, je dois aller parler à quelqu'un … »


Lorsqu'il tourne la tête vers moi, je dépose un baiser rapide sur ses lèvres, avant d'aller en direction de Clyde. Mes mains ne cessent de gigoter nerveusement dans la poche central de mon sweat-shirt. Enfin, ce n'est pas tout à fait le mien, c'est celui d'Aurelian. Il est d'ailleurs légèrement trop grand pour moi. Je me mords nerveusement la lèvre inférieur. Je crois que c'est un des rares fois où j'ai véritablement été stressé en allant parler à quelqu'un. Au fond, je sais que j'ai fais quelque chose de mal cette fois ci, et que je n'ai pas réussi à gérer la situation qui m'a complètement désarmé. Pourtant, ça semblait plutôt simple : il me suffisait de lui présenter mes excuses. Sincèrement. Sans chercher à me justifier. Car à présent le mal est fait, et il serait inutile de me perdre en excuses débiles et incohérentes. Le plus dur aussi, c'est qu'Aurelian est juste derrière, et qu'il doit certainement me regarder. Ne serait-ce déjà rien que par mon départ un peu précipité et étrange. Clyde me jette un regard, puis détourne le regard, et commence à s'en aller. Je crois qu'il est véritablement fâché. J'accélère le pas, et j'arrive finalement à sa hauteur avant qu'il n'ait le temps de s'enfuir. Je l'attrape doucement par le bras, afin de l'inciter à ne pas s'enfuir.

    « T'en va pas Clyde, j'ai quelque chose à te dire ... J'en n'aurais pas pour longtemps. »


Il s'arrête et me regarde. Il semble froid, particulièrement distant. J'ai l'impression de ne pas le reconnaître pendant un moment. Il ne prononce pas un mot, et se contente d'attendre. Je crois qu'il préfère que ça vienne de moi, en premier, ce qui semble plutôt légitime compte tenu des circonstances. Je continue de gigoter nerveusement, embarrassé et particulièrement gêné. Je retiens à peine un léger rougissement. Je me force à le regarder dans les yeux. On ne s'excuse pas en détournant le regard, comme un lâche.

    « Écoute, la dernière fois, dans la salle de bal, j'aurais pas dû ... Tu sais, m'énerver contre toi et ... Te frapper. J'me suis rendu compte que je me suis comporter comme un connard ce jour là, et j'ai pas géré. J'aimerais te demander pardon, du moins, essayer, s'il n'est pas trop tard. »


Écoute, la dernière fois, dans la salle de bal, j'aurais pas dû ... Tu sais, m'énerver contre toi et ... Te frapper. J'me suis rendu compte que je me suis comporter comme un connard ce jour là, et j'ai pas géré. J'aimerais te demander pardon, du moins, essayer, s'il n'est pas trop tard.

Je ne peux m'empêcher de détourner le regard à la fin de ma tirade. En fait, je me sens honteux. C'est la honte qui me gifle le visage et m'oblige à regarder de biais. Son regard pèse lourd sur mon âme, et sur ma conscience. Tellement lourd que j'ai l'impression d'être sans souffle. Comme en apnée. Je mords nerveusement ma lèvre inférieur, et je fixe un instant le sol dans un silence pesant. J'aimerais qu'il m'accorde son pardon. J'ai envie de réparer mes erreurs. Celles que j'ai commise avec tous ces gens qui m'entourent. J'ai envie de prendre une nouvelle voie, de prendre un nouveau départ. Et je veux le prendre avec certaines personnes. Clyde fait parti de ces personnes. J'ai de l'affection pour lui, et comme une dette envers lui. Il a toujours voulu m'aider. C'est à mon tour de lui tendre la main, et d'essayer de lui venir en aide d'une quelconque façon. Je veux être comme un ami pour lui. Je veux qu'il sache que quelqu'un tient à lui, et qu'il compte pour cette personne. Je serais cette personne. Je relève les yeux vers lui. Le regard plein de regret et de mélancolie. Trahissant un visage confus et embarrassé.

    « T'es pas obligé de me pardonner. Si tu m'en veux, je l'aurais bien mérité. Mais je ne pouvais pas rester là, comme ça, à ne rien faire pour sauver notre amitié naissante. J'ai jamais voulu en arriver là, Clyde ... »


Un regret vient mourir à la fin de cette phrase. Comme les derniers mots d'un accusé qui attend qu'on rende son jugement. Nerveusement, je jette un coup d'oeil derrière mon épaule. Aurelian a l'air de regarder dans ma direction. J'espère qu'il ne va pas trop s'impatienter. En même temps, il peut bien attendre un petit peu. J'ai besoin qu'on se parle. Même si ce n'est quelques mots. J'ai besoin de savoir. Je n'ai pas envie qu'on devienne de vulgaires inconnus, déchirés par un passé douloureux. Soit il me déteste, et dans ce cas, je disparaitrais de sa vie. Je le laisserais tranquille, et je resterais avec mes regrets. Soit il trouve la force de me pardonner, et ainsi, on pourra essayer de reconstruire quelque chose sur les ruines que j'ai créée. Il y a peut être encore un espoir. Accorde moi une seconde chance, et j'essayerais de te prouver qu'on peut être ami. Clyde, je crois que la balle est dans ton camp désormais. A toi de décider ce qu'il adviendra de nous deux désormais.



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Clyde Jaggerjack
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Mar 31 Juil - 19:27

Cet endroit, qui t’avait parut si merveilleux au premier abord, perdait de son charme au contact de ta morosité contagieuse. Le soleil ne brillait plus si fort qu’à ton arrivée, les gens ne riaient pas tant que tu l’avais imaginé, le cadre n’était pas si joli que ça, tout compte fait. Comme si quelqu’un avait renversé un pot de peinture gris sur le tableau plein de vie qu’était Clever Cross, tu traînais des pieds dans ces jardins qui t’avaient tant impressionné il y a de ça quelques heures, sans aucun enthousiasme. Tu n’avais plus le cœur à ouvrir de grands yeux bourrés d’étoiles devant une haie taillée au centimètre près ou une fleur à la beauté renversante, tu te foutais de l’immense ciel bleu comme on se fout du nombre de feuilles par arbre, et le sourire naissant qui s’était esquissé sur ton visage en apercevant la Loire s’était éteint hier soir, en moins de quelques minutes.
Tu soupires, las de tout, déjà blasé de ton séjour en France : tu avais vu ce que tu voulais voir, tu avais eu les réponses que tu cherchais depuis des semaines, et tout ça pour quoi ? Les yeux rouges, explosés d’avoir chialé toute une nuit seul dans ton lit, tu te diriges lentement vers la cafétaria. Parce qu’il faut bien se nourrir, qu’ils disent. Sans entrain, tu bousilles la semelle de tes chaussures en ne levant pas assez les pieds, tu manques de t’entraver et te rétamer par terre quatre ou cinq fois, mais tu avances quand même, parce que tu n’as pas vraiment le choix. Si tu ne vas pas avaler une tranche de pain et inscrire ton nom sur une liste, « on » s’inquiétera, « on » te cherchera, « on » t’engueulera parce que tu auras retardé tout le monde, et c’est tout ce que tu auras gagné : des réprimandes, des cris et du temps perdu. Alors tu marches. Le regard rivé sur tes baskets abimées, les poings serrés dans tes poches, et les cernes de trois kilomètres de long sous tes yeux. Une larve. Un zombie. Un corps vide. Un truc. Non, même pas : rien.

C’est facile de t’écraser. Trop facile. Des fois, les gens ne le font même pas exprès, d’ailleurs. En fait, il suffit que tu fasses l’erreur de te mettre à apprécier quelqu’un pour que le moindre de ses faits et gestes affecte ton humeur plus que tout. Heureusement pour toi, les quelques personnes qui avaient bien voulu de toi respiraient la joie et le bonheur et ne s’enfermaient que très peu dans les dépressions adolescentes pourtant si communes. Et puis, il y avait eu Nikolaï.
Ton cœur se serre, ça te fait encore mal. Tu plisses les yeux, comme pour échapper au replay non-stop qui s’active dans ta tête, la scène de votre dernière rencontre, celle où tu te prends son poing dans la figure, celle où il te hurle dessus, celle où il veut que tu le tues. Tu te mords la lèvre, tu enfonces un peu plus tes mains dans tes poches et tentes faiblement de contenir tes tremblements. Retour à la case départ. Ciao la belle assurance que tu t’étais forgé ces dernières semaines. Au revoir les jolis rêves où tu te voyais retrouver Nikolaï le sourire aux lèvres. Pas de ça pour toi. Pas de ça pour les monstres.
Dire que tu avais presque oublié que tu en étais un.

Tu pousses les portes du réfectoire, malheureux comme les pierres, sans même lancer un regard au reste des élèves qui dévorent leur repas bruyamment. Tu t’empares d’un plateau, marmonnes à une dame ton nom et prénom , et fais mine de prendre quelques couverts. Le cliquetis des fourchettes te fait froncer les sourcils, les gloussements des filles t’agressent les tympans, le vacarme de la vie te ronge le cerveau : tu n’es pas à ta place, tu n’as rien à faire ici. Ta respiration s’accélère, tes yeux te piquent, tu te sens partir quand « Il » débarque sans prévenir. D’abord, tu n’en crois pas tes yeux et te retournes une ou deux fois pour t’assurer qu’il marche bel et bien dans ta direction, puis comme à ton habitude, fais preuve d’un courage gargantuesque en…fuyant.
Tu n’y comprends plus rien, à ce garçon. Il te supporte toute une soirée alors que tu enchaînes conneries sur conneries, t’embrasse, reste même dormir dans ton lit, puis t’évite, et pour finir, te frappe. Même toi, tu t’en rendais compte : ça partait en decrescendo, si tu lui parlais une fois de plus, qui sait quelle bêtise tu ferais pour le mettre encore plus en colère. Il valait mieux s’arrêter à ça, tu l’avais assez dérangé. Enfin, ça ne paraissait pas du goût de Nikolaï, vu qu’il t’empoigna le bras doucement. Tu ne pus t’empêcher de sursauter à son contact : il t’avait manqué, il t’avait tellement manqué. Les yeux braqués sur sa main qui te retenait, tu écoutais à demi les excuses qu’il prononçait. Comme si tu lui en avais voulu, un jour. S’il y avait bien une chose sur cette Terre que tu étais incapable de faire, c’était d’être fâché contre Nikolaï. Tu sentis son regard qui cherchait le tien et te forças à le regarder en face. Un peu maladroitement, tu secouais la tête pour qu’il comprenne que non, il n’était pas trop tard, et qu’il ne le serait jamais, parce qu’il pouvait bien te jeter à la poubelle et venir te récupérer dans un terrain vague, tu l’excuserais toujours.

« Écoute, la dernière fois, dans la salle de bal, j'aurais pas dû ... Tu sais, m'énerver contre toi et ... Te frapper. J'me suis rendu compte que je me suis comporter comme un connard ce jour là, et j'ai pas géré. J'aimerais te demander pardon, du moins, essayer, s'il n'est pas trop tard. »


…amitié naissante. Un ricanement amer s’échappe à ces mots. Tu ne l’as jamais considéré comme un ami. Loin de là. Votre relation, si l’on peut nommer vos deux moments ensembles ainsi, n’a jamais rien eu de conventionnel, et, à tes yeux, méritait mieux qu’une amitié qu’on décrit si facilement en un petit mot. Tout ton semblant d’enthousiasme qui s’était déclaré au toucher de Nikolaï se mit à fondre comme neige au soleil. Pour lui, ça n’était rien que ça. Tu soupires, poses ta main sur la sienne, et te voulant rassurant, lui glisses gentiment :

« C’est pas grave, tu es tout pardonné, ne t’en fais pas pour si peu. »

Tu détaches ses doigts de ta chemise, et lui décoches un léger sourire, que tu aurais voulu jovial et lumineux mais qui reste triste à pleurer. Sincère dans le sens où tu te réjouis de le voir en meilleur forme, mais totalement hypocrite pour tout le reste. Des amis, tu en as quelques uns, mais ils te suffisent amplement. Tu n’as jamais voulu d’un ami de plus. Pour aujourd’hui, tu te contenteras de soulager la conscience de Nikolaï en lui accordant le pardon qu’il a toujours eu, de toutes manières, et de lui faire croire que tu es plus que partant pour cette « amitié naissante » qui n’a jamais existé pour toi.

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Nikolai L. Valdick
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Mar 31 Juil - 23:48

« Want to be a hunter again, to take a chance on life again. »
A croire que c'était le moment des rédemptions et du pardon en ce moment. Après Aurelian, c'était à mon tour de demander pardon. C'est bien un acte difficile, bien plus qu'il n'y paraît, surtout si cela est profondément sincère. C'est quelque part un don entier de soi, une diminution de son être et surtout de son égo. Je l'avoue haut et fort : je ne suis pas du genre à m'excuser, à cause de ma trop grande fierté mal placée. Je n'y peux rien. J'arrive à reconnaître mes torts, mais les excuses publiques, ce n'est vraiment pas mon truc. Alors venir au milieu de la foule, à la cafétéria devant tout le monde, demander pardon à Clyde est pour moi quelque chose d'extrêmement complexe. Mais je sais que je suis le fautif, que j'ai brisé quelque chose ce jour là. Alors, pour une fois, j'ai décidé de mettre de côté ma fierté, et de faire un pas en avant. J'imagine que pour lui, ce ne sont que de simples excuses d'un mec qui est en désaccord avec sa conscience. Mais il ne me connait pas encore assez bien pour comprendre mon geste. Il ne me connait pas encore assez pour saisir ce qui me passe par la tête, et mes réactions. Mais ça viendra, je lui apprendrais, et il finira pas me comprendre. J'en suis certain.

Limite fier de ma tirade, j'esquisse un demi-sourire, trahi par mon air anxieux et un peu maladroit. Puis il se contente de me dire que ce n'est rien, et qu'il me pardonne. Comme ça. Rien de plus. Je n'arrive pas à contenir mon entonnement, et je reste à la regarder bouche bée, tandis qu'il repousse ma main en se libérant de mon étreinte. Je sens que quelque chose le chiffonne. J'ai peut être dit quelque chose de mal. Mais sa réaction me surprend et m'attriste un même temps. De telle sorte que je reste un instant silencieux, et inerte, pétrifié par la froideur de ce garçon que je reconnais à peine. Finalement, je commence à comprendre ce qu'il a ressenti la dernière fois, face à ma froideur et ma colère inexplicable … Mais je ne peux pas en rester là. Je sais qu'il n'est pas sincère en me disant ça, et qu'il garde de la rancune en lui. C'est palpable, je le sens dans ses paroles. Comme un arrière goût amer et persistant. Mais je crois tout simplement qu'il ne comprend pas l'importance de ce que je suis en train de lui dire. Il ne saisit pas. Peut être qu'il croit que je ne suis pas sincère ? Non, ce n'est pas pour soulager ma conscience tourmentée. Alors là, il se trompe profondément s'il pense ça de moi. Ce n'est pas le genre de chose qui m'empêche de dormir la nuit, ça c'est sûr. Mais je ne peux pas le laisser partir comme ça. Je veux m'accrocher à lui. Pas maintenant. Je viens de comprendre qu'il compte pour moi, d'une certaine manière, et que je ne peux pas nier son existence et son importance dans ma vie. Certes, notre histoire a été tumultueuse, et ça a été un peu étrange. Mais il m'a fait confiance, et moi, j'ai trouvé en lui un garçon attentionné et gentil. C'est un ami. Je ne peux pas le laisser partir. Sans réfléchir, je saisis de nouveau son bras, et je le tire légèrement afin qu'il se retourne sur moi. Son regard plongé dans le mien.

    « J'suis pas venu te voir juste pour soulager ma conscience, Clyde. J'ai réfléchi à ce qui s'est passé la dernière fois tu sais, et j'ai compris qu'il fallait que je reprenne ma vie en main. J'suis pas le mec parfait, j'ai mes défauts et mes problèmes, et parfois je suis un vrai connard. Mais aujourd'hui j'ai envie de prendre un nouveau départ. J'ai envie d'être différent, tu comprends ? »


Mon regard semble déterminé à présent, sans aucune hésitation. Je n'ai plus l'air d'un garçon tremblotant à cet instant. Ma vie a pris un tournant dernièrement. Il s'est passé tellement de choses riches en émotions que j'ai peur de faire les mauvais choix et de me précipiter. Mais c'en est assez, ça a assez duré. Je ne veux plus me recroquevillé dans le noir, et pleurer tout seul. Je ne veux plus être ce gars solitaire, qui refuse toute amitié ou affection venant des autres. J'ai envie de renaître, et de retrouver celui que j'avais l'habitude d'être. D'embrasser la lumière de nouveau. Je sais que je suis prêt à ça, depuis qu'Aurelian est de nouveau avec moi. En réfléchissant, j'ai compris que j'ai perdu beaucoup de temps et d'énergie à me morfondre tout seul, et que je n'aurais pas été capable de survivre sans certaine personne. Des personnes qui ont bousculé mon quotidien, chacune d'une manière différente, et qui m'ont fait réaliser que la vie a toujours quelque chose à nous offrir. Je détourne le regard, tout en relâchant Clyde. Je suis gêné, et cela se lit clairement sur mon visage. J'ai honte de m'emporter ainsi.

    « Tu n'en as pas conscience, mais tu m'as apporté quelque chose, Clyde. Et j'peux pas prendre un nouveau départ comme ça, et oublier les gens qui ont compté pour moi. Alors peut être que tu ne me crois pas, mais moi je te le dis : j'ai envie que tu restes dans ma vie. J'ai envie qu'on soit quelque chose l'un pour l'autre, parce que j'veux pas te voir disparaître comme ça, sans rien faire. J'ai plus envie de perdre certaines personnes ... »


Je m'arrête, presque essoufflé, et je relève la tête vers lui. Mon regard est hésitant, et mes joues se mettent à rougir. Tiens donc, ça fait bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé … Qu'il me croit ou pas, j'ai la sensation d'avoir fait tout ce qui était possible afin de lui prouver ma bonne foi. Maintenant, je ne peux pas l'obliger à être indulgent et à pardonner mon geste. Un geste regrettable. Non, il est clair que maintenant je dois me battre pour garder les gens auxquels je tiens vraiment. J'ai fais l'erreur de perdre Aurelian un jour, et maintenant qu'il est de retour, ma plus grande crainte est de le perdre de nouveau. Mais je ne veux plus être passif face à mon destin. La chance n'a rien à faire là dedans. Si je veux rester avec ceux que j'aime, je dois me battre et les protéger un maximum, et non plus à rester là, les bras croiser, et les regarder sans aller sans rien dire. Je suis maître de mon destin, et de la chance. J'ai toutes les cartes en main. C'est donc à moi de choisir ce que je veux faire de ma vie. Je remarque, en baissant le regard, qu'au cours de ma tirade j'ai saisi sa main droite au creux de la mienne. Pour le retenir, sentir sa présence. Sa main un peu froide dans la mienne. Je la relâche, gêné voire très embarrassé, et je regrette un peu de mettre exalter autant en lui parlant. Je regarde brièvement autour de nous, puis j'adresse à Clyde un demi-sourire embarrassé.

    « Bref, j'ai rien à ajouter. J'crois que je t'ai tout dis désormais ... »


Je gigote nerveusement, j'ai peur qu'il ait mal pris mon discours. J'ai peur qu'il ne comprenne pas mes sentiments. Pire, qu'il les comprenne mal. Mais au moins, j'ai dis ce que j'avais à dire. Je ne suis pas resté les bras croisés, et je ne l'ai pas regardé s'éloigner au loin. J'ai refusé de me laisser aller, et je veux me battre pour être quelqu'un de bien. Jour après jour. Je deviendrais quelqu'un de meilleur. Pour ces gens qui m'ont aidé à leur manière. Pour ces personnes qui ont compté dans ma vie, et qui m'ont soutenu. Pour Aurelian. Je continue de triturer mes manches de façon chaotique, tout en regardant le sol d'un air fuyant et gêné. Je dois avoir l'air d'un abruti à cet instant, mais je ne sais pas quoi faire d'autre. Je crois que maintenant ça doit venir de lui. J'espère qu'il me croit, sincèrement, et qu'il comprend mes sentiments. Les raisons qui animent mon geste et régie mes décisions.

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Clyde Jaggerjack
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Mer 1 Aoû - 22:35

Tout ce blabla sur un nouveau départ, sur un changement de vie, tu te forçais à y croire, tu t’obligeais à boire ses paroles et avaler le moindre de ses mots, aussi vides de sens soient-ils. Toi aussi, tu avais longtemps tenté de tout recommencer à zéro, de retourner à la case départ, d’oublier les horreurs de ton passé, ou à défaut de les effacer complètement, les ranger bien au fond d’un coin de ta cervelle. Tu entendais bien que pour parvenir à refaire sa vie, il fallait par tous les moyens obtenir l’absolution des autres, de ceux qu’on avait blessé, toi tu n’avais pas pu demander pardon, et tu ne le pourrais jamais. Alors tu restais bloqué, embourbé dans ton petit monde froid et terne, à avancer à pas de fourmis pour reculer en enjambées de géant. Dans les yeux de Nikolaï, tu voyais qu’il ne plaisantait pas, qu’il ne prenait pas ça à la légère, et tu enviais la personne si chanceuse qui avait su le remettre sur pieds. Quelqu’un d’autre que toi, à l’évidence. Toute cette détermination, toute cette volonté à aller de l’avant te rendait presque jaloux : ça y est, il s’en va, et toi tu restes derrière. Tu conserves ta place de boulet, de bon à rien, de « type qui ralentit tout le monde ». Tu continues de le fixer, sans un mot, la bouche pincée, agacé par tes propres pensées : ta jalousie te dégoûtait, tu te sentais sale de ne pas parvenir à ressentir le bonheur de le voir aller mieux.

La nuit dernière, entre deux sanglots, tu t’étais juré de le laisser tranquille, à présent. Tu t’étais fait la promesse de ne plus le chercher des yeux où que tu ailles, de ne plus demander de ses nouvelles aux autres élèves, de ne plus l’harceler comme tu l’avais fait. Tu voulais tourner la page, pas vers une suivante, vierge et nouvelle, mais vers celle d’avant : retourner à ta vie morose et te noyer dans la solitude, comme si Nikolaï n’avait jamais existé. Mais aujourd’hui plus que jamais, il semblait vouloir te prouver qu’il était là, et qu’il ne s’en irait pas de sitôt. Lorsqu’il rattrape ta main, tu te figes, te mords la lèvre et retiens ta respiration.

« Tu n'en as pas conscience, mais tu m'as apporté quelque chose, Clyde. Et j'peux pas prendre un nouveau départ comme ça, et oublier les gens qui ont compté pour moi. Alors peut être que tu ne me crois pas, mais moi je te le dis : j'ai envie que tu restes dans ma vie. J'ai envie qu'on soit quelque chose l'un pour l'autre, parce que j'veux pas te voir disparaître comme ça, sans rien faire. J'ai plus envie de perdre certaines personnes ... »

Nikolaï est cruel, il ne s’en rend même pas compte, et tu sais qu’il cherche à bien faire, mais ses doigts qui retiennent ta main sont la plus douce des tortures de ce monde. Sa chaleur se diffuse dans ton bras tout entier, tu tressailles de bien-être quand sa peau touche la tienne, et tu oublies tout. Le coup de poing, les cris, les pleurs, ils n’existent plus, ils se sont volatilisés sous la tendresse de Nikolaï. Les larmes te montent aux yeux et se bousculent en haut de tes joues pour s’écraser en grosses gouttes sur ton plateau. Il a envie que tu restes dans sa vie, que tu sois quelque chose. Quelque chose. Pas un amant, pas un copain, pas une connaissance, un ami ? La boule au ventre, tu ne sais que lui répondre, si flatté et touché qu’il te laisse une place dans sa vie, mais si blessé de ne pas être le premier. Mais s’il t’offrait seulement un millième de seconde de son temps, et un rien du tout de sa compagnie, tu le prendrais avec plaisir comme un affamé qui se jette sur une miette de pain. S’il te donnait peu, tu t’en contenterais, car tu ne vaux pas mieux que ça, et tu ne mérites même pas sa clémence. Tu devrais t’estimer heureux, tu devrais sauter de joie, et pourtant la seule chose que tu es capable de faire, c’est de rattraper sa main chaude qui s’échappe, et écraser ta tête lourde de pleurs sur son torse.

« J’ai…J’ai eu peur quand tu t’es mis en colère, j’ai… »

La voix chevrotante, la main tremblotante, tu te blottis lamentablement contre lui, sans même t’inquiéter de ce qu’en penseront les autres élèves : tu as retrouvé un petit bout de Nikolaï, aussi minuscule soit-il, ça te suffisait. Il en fallait peu pour t’appâter, une marque de sympathie, surtout venant de lui, et te voilà chamboulé, bouleversé, prêt à hisser le drapeau blanc et à te mouler dans le modèle de la personne qu’il voulait que tu deviennes. Tu te glisserais dans les chaussures d’un autre, te changerais de A à Z, s’il voulait bien de toi. Ces quelques phrases t’enfermaient un peu plus dans cette obsession maladive qu’il représentait, sans vraiment s’en apercevoir, Nikolaï te tenait en laisse, et ton collier se serait chaque seconde un peu plus, parce que tu l’aimais un peu trop, alors que lui t’aimait beaucoup moins. En amour, il y a toujours un gagnant et un perdant : celui qui s’attache le plus perd, et là, l’incontestable looser de l’histoire, c’était toi.

Tes yeux te brûlent, déjà épuisés d’avoir pleuré les nuits dernières, et tu n’oses même pas les essuyer de ta manche. Tu veux juste rester là quelques secondes, le temps de reprendre ton souffle, de te reposer un petit peu. Juste pour reprendre des forces, pour être capable de te tenir à une distance convenable de lui. Profiter un peu de sa gentillesse une dernière fois, avant de rompre tout contact physique, parce que tu comprenais que c’est ce qu’il voulait. Parce qu’il t’avait manqué, tellement manqué.

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Dernière édition par Clyde Jaggerjack le Jeu 2 Aoû - 22:02, édité 1 fois
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Aurelian L. Kieser
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Jeu 2 Aoû - 6:07


You fit me better than my favorite sweater


L’ivresse était revenue, aussi rapidement qu’elle était partie. Le ventre qui se sert de désir rien qu’à le voir, l’envie constante de le toucher. S’enfilaient les heures à se parler, à se caresser, à se tenter, à faire l’amour, à se droguer, à rire comme des gamins. C’était presque comme si les deux dernières années ne s’étaient jamais produites. Presque. Sauf que maintenant, il avait une chose à prouver; il devait se montrer digne. Être la meilleure personne qu’il pouvait être. Celui qui aurait dû être là lorsque la lâcheté et le désespoir s’étaient montré le bout du nez. Ils étaient ensemble dès qu’ils pouvaient se le permettre, ne se lâchaient pas des yeux ou des doigts. Et ils attendaient toujours quelques minutes de plus lorsqu’ils devaient absolument se quitter. Rattraper le temps perdu. Cela se faisait avec une telle fluidité, un tel naturel que c’en était presque déconcertant. Nikolai lui laissait une chance, une vraie, de se repentir. Et lui voulait lui montrer à quel point il était possible d’aimer une personne, toute la valeur qu’il avait à ses yeux, à quel point il lui était précieux. Il donnait tout de lui, sans rien attendre en retour. Et pourtant, Niko le lui rendait. Même s’il se serait satisfait d’un sourire sincère ou d’une caresse du bout des doigts.

Aurelian n’avait pas souvent faim. Cela s’expliquait par sa consommation régulière, c’était bien simple. Son corps n’avait plus besoin de se nourrir. Pour lui, la drogue et l’amour suffisaient. Mais à ce qu’on dit, pour être fonctionnel et pour pouvoir continuer d’entraîner régulièrement son corps et son esprit, il faut carburer à autre chose qu’au chimique, qu’aux neurotransmetteurs. Et comme la vie est parfois mal faite et qu’il faut traiter le mal par le mal, la seule chose qui pouvait lui donner faim, c’était fumer un joint. C’est donc ce qu’il avait fait, avant même de sortir du lit. Il avait étiré son bras jusqu’à la table de nuit, s’était saisi de son paquet de clopes et en avait sorti un joint qu’il avait fumé lentement, au rythme des respirations paisibles qui flottaient dans la pièce. La douche avait suivi, où il sentit finalement son ventre vide grogner d’impatience, puis il s’était habillé. Un t-shirt gris à motifs urbains noirs et blanc, un jean, ses converses grises. Il songea un instant que Niko allait sans doute lui rendre son sweat pour qu’il le porte un peu; cela faisait bien quelques jours qu’il l’avait en sa possession, sa propre odeur distincte devait avoir lentement remplacé celle d’Aurelian et ça, ça allait totalement contre le principe. Un sweat emprunté à son homme, ça doit sentir comme lui. Un peu comme être dans ses bras. Et le ténébreux serait heureux de le porter, si ça lui permettait de revoir Niko avec le vêtement sur le dos. Il n’y avait rien comme le voir dans ses vêtements. Il lui appartenait un peu plus, dans ces moments-là.

Le repas avait été un peu comme tous les autres qu’ils avaient partagés. On joue autant que l’on mange. Taquiner Nikolaï lui avait manqué. Piquer une fraise à son assiette et la lui nourrir, ou encore ouvrir la bouche, réclamant d’un regard qu’on lui en offre une. Toujours avec cet air de défi au creux des prunelles, cette lueur ludique qui n’appartenait qu’à eux. Niko qui fait semblant de lui en vouloir mais qui sourit tout de même en coin, le plus discrètement possible. Ils discutèrent de tout, de rien, alternant les bouchées, les rires et les mots, même les petites moues faussement offusquées. C’est comme un souffle nouveau, à chaque fois que son visage s’éclaire. Il est tellement beau. Tout le lui fascinait le jeune homme, avec une passion.
Si j’aime le bleu? Bien sûr, que j’aime le bleu. Quelle question!... Tu veux changer? Ah… Bah pourquoi pas, tiens! Quelle couleur?... Ça me va, ouais. Après tout, tu fais ce que tu veux. Mais je suis certain que ce sera superbe. Je t’aime. Comme tu es. Avec les cheveux que tu veux bien avoir.

Quelque chose était venu étendre son ombre jusqu’à eux. Quelque chose qui attira l’attention de Nikolaï, qui lui fit perdre le sourire et qui lui fit trembler le bout des doigts. Est-ce qu’il allait bien? Quelque chose le tracassait-il? Aurelian n’eut pas le temps de se poser plus de questions que Niko y répondait, ou en partie. Il lui adressait un air un peu désolé, se leva de son siège pour s’arrêter à ses côtés. L’Allemand leva un peu la tête pour regarder son homme dans les yeux. Le visage neutre, ouvert. Ni triste, ni heureux. Il ne dit pas un mot; il saurait bien vite de toute façon. Ça lui semblait sérieux, cette discussion. Et ça lui tenait visiblement à cœur. Le jeune homme hocha simplement la tête, rendit le baiser à son homme en accrochant un instant ses doigts à sa nuque, puis le laissa s’éloigner, s’efforçant de regarder ailleurs. Il ne pouvait pas l’envahir, empiéter sur sa vie personnelle. Distraitement, Aurelian fouilla son sac de cuir à la recherche de son cahier de dessin et de ses crayons, dégagea la table et s’y installa, reprenant un croquis qu’il avait débuté la veille. C’était lui son modèle préféré. Depuis toujours. Nikolaï à la fenêtre, cigarette entre les doigts, le regard perdu vers l’extérieur. De profil, comme il l’avait réellement vu faire. Reproduction exacte du moment, sans la moindre modification. La mine caressa le papier; on retravaille la courbe de l’épaule, l’ombre délicate de sa mâchoire et son menton sur son cou, la fine boucle effleurant sa tempe, l’éclat légèrement vitreux mais heureux dans ses yeux. Il n’aurait pas su dire combien de temps il était resté penché sur le dessin. Ses mouvements étaient fiévreux.

Il n’aurait peut-être pas dû lever les yeux. Il le remarqua tout de suite. Sa main contre celle d’un autre. Tendre, rassurante. Les sourcils d’Aurelian se froncèrent, presque imperceptiblement. Puis sa mâchoire se serra, juste un peu, lorsqu’il aperçut une tête prendre appui sur le torse de Nikolaï. Son crayon s’arrêta, suspendu au-dessus du papier, comme s’il attendait une suite. What’s next? What’s the next step? Le bois tomba sur la table, et sans même avoir rangé son matériel, le jeune homme se leva de son siège. Vas-tu vraiment attendre qu’il se passe autre chose? Il ne te filera plus jamais entre les doigts. Don’t… Get off him. Stop, right now. I don’t even want to know, just stop. Le rythme de son cœur s’était accéléré, légèrement paniqué. Ce n’était qu’une étreinte. L’autre type pleurait, s’accrochait à lui. Qui était-il? Il se souvenait pertinemment d’avoir vu son visage, mais il ne savait rien de lui. Breathe. It’s probably nothing. Or not. Maybe he’s getting you back for leaving. L’Allemand inspira doucement, s’approchant toujours du duo.

Et sans un mot, il arriva à leurs côtés. S’adossa au mur près d’eux, les bras bien fermement croisés sur son torse. Et ses yeux. Interrogateurs, inquisiteurs, voyageant entre Niko et l’autre mec. C’est qui, lui? Qu’est-ce qui se passe? Il était tendu, et cela se voyait. Ses épaules n’étaient pas aussi dégagées que d’habitude, elles s’étaient voûtées. Ses doigts serraient juste un peu plus fort ses bras croisés. Son visage était impassible, sa mâchoire ferme et immobile. Mais il n’osait pas faire de suppositions. La jalousie n’avait peut-être pas sa place ici. Il fallait attendre. Être patient. Se retenir. Pour lui. Pas un mot. Il avait beaucoup trop peur de déraper. Juste ce regard qui disait tout, qui posait toutes les questions à sa place. À la fois sévère et inquiet.



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Nikolai L. Valdick
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Jeu 2 Aoû - 12:28

« It's alarming truly how disarming you can be. »
C'est drôle comme les choses peuvent évoluer étrangement, comment le lien qui existe entre les gens, imperceptible, peut changer, se défaire, et se renouer. Avec Clyde, ça a toujours été d'une certaine manière un petit peu étrange. Depuis cette rencontre, où il m'a suivi dans l'ombre, où il a confessé son crime, où il a voulu qu'on devienne quelque chose l'un pour l'autre. Moi, j'en étais bien incapable. Aujourd'hui, je comprends ce qui m'a poussé à m'enfuir de cette chambre et à l'éviter : j'avais honte. Pas de lui bien évidemment, mais de moi. Honteux, parce que dans ma tête et mon cœur, c'était comme si je commettais une infidélité à Aurelian. Et ça, j'en étais bien incapable. La nuit que j'ai passé avec Clyde m'a remémoré tout les moments passés avec lui, et j'ai réalisé que je ne pouvais pas me lier à quelqu'un d'autre sans que je ressente de la culpabilité. Alors je me suis enfui, car je savais au fond de moi qu'il ne fallait pas que je m'attache à Clyde. Je ne voulais pas lui donner de faux espoir. Et quand j'ai appris qu'il me cherchait désespérement, j'ai compris qu'il était trop tard, et que j'avais commis une erreur avec lui. J'ai été un monstre, une bête qui s'est jeté sur lui. Mais j'aime trop Aurelian. Je suis totalement dépendant de lui, et ça fait mal parfois quand je vois les autres qui le regardent et le dévorent du regard. Je ne peux retenir mes regards de biais lorsque quelqu'un le touche. C'est ridicule, mais j'ai tellement peur qu'on me l'enlève. Tellement peur qu'il me laisse de nouveau. Cette passion dévorante pour lui.

Je me souviens, quand il entrait dans une pièce, les regards se tournaient sur lui. Moi, je m'accrochais à son bras, naïvement. Tellement charismatique, magnétique, électrique. Et j'ai toujours eu la sensation qu'il était promis à quelque chose de grand. J'ai toujours su qu'il n'était pas qu'un homme parmi tant d'autres. J'ai appris à le connaître, et je me suis fondu à son ombre, pour ne faire qu'un avec lui. On était connu comme les inséparables, le couple terrible. Deux hommes qui se sont unis dans l'enfer, et ont décidé de livrer bataille contre le monde. C'était nous deux contre eux. Je n'ai jamais douté de lui et de ces paroles, car il m'inspire l'honnêteté et la vérité. Il parle peu, mais il le fait bien. Et moi je l'attise, je lui montre mon monde, et lorsqu'il se sent aguiché, il me montre le sien. Notre monde, celui à la croisée du sien et du mien.

Je n'aurais pas dû me comporter comme ça avec Clyde. J'aurais dû mettre des barrières et des limites là où il n'y en avait pas. J'aurais pu devenir son ami plus tôt, voire même peut être un confident, si j'avais su jusqu'où cette folie irait. Mais les larmes ont assez coulé, et les cris se sont perdus au loin. Je crois qu'il est temps de faire table rase, de repartir sur de nouvelles bases. Je crois qu'il commence à comprendre, à me comprendre. Et il semble très ému par cette décision nouvelle. Je ne sais pas trop s'il se sent triste ou heureux, mais dans les histoires comme celle ci, il y a toujours un gagnant et un perdant, malheureusement. J'ai envie de me repentir aurpès de lui, et de devenir quelqu'un de mieux. Je ne veux plus être ce Nikolaï toxique qui lui empoisonne la vie. Je préfère l'aider, être là pour lui, et le soutenir s'il en a besoin. Devenir un protecteur, un confident. Je le laisse contre moi un instant, le temps qu'il se reprenne puis il s'écarte de moi, un peu plus calme et ressaisi. Je lui adresse un petit sourire tendre, quelque peu hésitant et fragile, et mon regard attendri se pose sur lui. Je sais qu'il s'en sortira, il deviendra fort un jour, je l'ai bien vu lors de notre altercation dans la salle de bal. J'ai foi en lui, et je veux aussi l'aider à être plus fort. C'est fait pour ça les amis, ça se serre les coudes au final.

Evidemment, cette séquence émotion ne pouvait pas durer, et subitement, Aurelian vient s'adosser près de nous, et nous jette un regard sévère et froid. Ne l'ayant pas entendu arrivé, je ne peux me retenir de sursauter en le voyant, comme un gamin pris en flagrant délit de faire une bêtise. Je crois que c'est une des pires choses qui pouvait m'arriver à ce moment là à dire vrai. Aurelian semble contrarié, je crois que ce rapprochement, un peu trop physique, ne lui a pas beaucoup plu. Je le sais, je le connais bien. Il est si territorial, si possessif. Et je sais qu'à cet instant il se contient pour ne pas déraper, pour ne pas commettre d'erreurs, et j'ai presque envie de souligner ses efforts, sauf qu'il n'a pas réussi à rester en place, c'est à dire en arrière et discret. Je lui fais les gros yeux, lui montrant que sa présence m'incommode légèrement et qu'il aurait pu se passer de cette petite intervention plus étrange qu'autre chose. Car il reste là, à nous dévisager, sans dire un mot. Comme si son regard disait tout pour lui, et en même temps, c'est vrai qu'il en disait long, ce regard. Embarrassé, j'ouvre la bouche, mais rien ne sort. Je ne sais que dire, que faire. Je reste là, pris entre le marteau et l'enclume, et bien désarmé. Ce n'est pas comme si j'avais fais quelque chose de mal, pourtant, je ne peux m'empêcher d'être nerveux. Je me retourne sur Clyde avec un sourire un peu hypocrite et gêné, qui ne sert simplement qu'à me donner consistance face à cette situation imprévue.

    « Eh bien, Clyde, je crois que je peux te présenter Aurelian. »


Je n'ose pas dire la simple phrase : « C'est mon petit ami ». Pourquoi ? Premièrement, parce que ça ne servirait qu'à mettre Clyde un peu plus mal à l'aise et à enfoncer le couteau dans la plaie. Je n'ai vraiment pas besoin de ça, alors que j'essaye de réparer ce qui a été brisé avec lui. L'arrivée d'Aurelian est déjà assez embarrassante comme ça en plus. Et deuxièmement, je ne veux pas obliger Aurelian à être mon petit ami. Il m'a dit qu'il m'aimait toujours et qu'il voulait être avec moi, mais est-ce que ça signifiait qu'on était de nouveau officiellement en couple ? Dans ma tête, on l'a toujours été plus ou moins. Mais c'est assez compliqué. Je suis assez pudique avec mes sentiments, et je n'ose pas parler trop intimement de ce que je ressens, surtout pour Aurelian. Alors je n'ai jamais osé lui demander si on était réellement de nouveau ensemble ou non, bien que cela semble plutôt évident a priori, non ? Alors je préfère ne rien dire. C'est Aurelian, tout simplement. Le reste se trouve dans les non-dits. Je me retourne sur Aurelian, et lui attrape le bras afin qu'il se décontracte un peu en décroisant ses bras, et je l'attire vers moi, face à Clyde, comme pour l'inviter à discuter avec nous. Ce sera toujours mieux que de le voir immobile et silencieux à un demi-mètre de nous. Je regarde Aurelian en levant un peu la tête.

    « C'est Clyde, un de mes amis. Il était à Synchronicity avec moi, et on s'est rencontré à Virtus. »


Je relâche son bras, en espérant qu'il ne soit pas trop énervé contre Clyde ou moi, et je lui fais signe de lui dire bonjour, comme l'homme poli et aimable qu'il est bien évidemment. Mais je n'aime pas le savoir contrarié, et là, c'était plutôt évident. Et en temps normal, je l'aurais rassuré comme il se doit, mais devant Clyde, il vaut mieux faire bonne figure, sourire et essayer de faire en sorte que ces présentations soient constructives et plaisantes, en supposant qu'elles peuvent l'être … De mon côté, c'était particulièrement étrange et embarrassant de voir l'homme qui m'aime en secret, et celui qui m'aime publiquement face à face. Je n'avais qu'une envie, c'était de me cacher ou de m'enfuir, car pour le moment, c'était vraiment, mais alors vraiment étrange. Mais je me m'étais également à la place de Clyde, et je me suis dis que cela devait être particulièrement désagréable pour lui aussi. Remarque, pour Aurelian non plus ça n'avait pas l'air agréable. Et au fond, je priais très fort pour que ça se passe bien malgré tout, et qu'au final, ils s'apprécient un petit peu. Juste assez pour ne pas se taper dessus au moins.

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UNTIL DEATH DO US PART.
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Clyde Jaggerjack
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Jeu 2 Aoû - 22:03

Comme une ombre oppressante qui plane au-dessus de vos têtes, le regard noir de ce garçon te donnait la chaire de poule. Tu ne l’avais vraiment remarqué qu’après avoir relâché Nikolaï et chassé les dernières larmes de tes joues. En même temps, difficile de faire semblant de ne pas voir un bonhomme qui te dépassait d’une tête, au moins, et qui vous fixait intensément depuis apparemment plus de quelques minutes. Grand, insistant, imposant, charismatique, magnétique, mystérieux, ténébreux, charmant, déroutant, inquiétant, glacial, anormal, envoûtant, impressionnant mais surtout, et plus que tout effrayant. Ses profonds yeux verts te glaçaient d’effroi, comme s’ils te jugeaient, te condamnaient, et t’accusaient de faire quelque chose de mal. Adossé au mur, à quelques mètres de toi, tes tremblements reprirent de plus bel, écrasé par sa présence si puissante et ce foutu regard qui te transperçait l’âme. Comme s’il savait tout, comme s’il avait tout compris, rien qu’en observant ton comportement avec Nikolaï. Peut-être était-ce un élève fermé d’esprit qui posait sur toi ses yeux dégoûtés, et se servirait de ce qu’il avait vu pour vous faire chanter ? Peut-être était-ce une ex conquête de Nikolaï qui râlait en te voyant trop près ? Pour être franc, tu t’en contrefichais, tu attendais juste qu’il déguerpisse, et qu’il te laisse profiter de Nikolaï une dernière fois, en paix.

Mais l’inconnu semblait bien loin de tourner les talons, on aurait même dit qu’il prenait racine, et qu’il ne se déciderait pas à bouger de là avant d’avoir une explication digne de ce nom, une justification. Un peu inquiet, tu lances un regard débordant de questions à Nikolaï, n’osant toutefois élever la voix, de peur de commettre une erreur, de parler de choses qui fâchent. Mais les réponses ne tardent pas à venir. Tu les aurais même attendues un peu plus, histoire de te préparer mentalement au choc qu’elles causeraient.
Aurelian. Rien que sa façon de prononcer ce putain de prénom transpirait la passion et débordait d’amour. Et toi, bouche bée, les mains froides et tremblantes, tu dévisages cet homme qui a tout su faire mieux que toi. Tu sentais que c’était lui, ça te paraissait évident. Tellement évident que ça te rendait malade : il t’avait suffi d’un regard pour comprendre. Une demie seconde pour t’apercevoir qu’il n’y avait eu que lui, et personne d’autre, que tu n’avais jamais occupé même qu’un millième de sa place. Depuis le début, tu n’avais eu aucune chance. Absolument aucune. Le malaise te scie le ventre, c’est le coup de grâce, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et ton corps s’amuse à te rappeler que tu es un faible. Le cœur au bord des lèvres, le front collant, la sueur froide sur tes tempes, tu t’empêches tant bien que mal de courir vers les toilettes pour aller y vomir ton angoisse et y étouffer tes pleurs. Tu restes planté là, à écouter les présentations maladroites de Nikolaï, d’un homme que tu n’aurais jamais voulu connaître.

« C'est Clyde, un de mes amis. Il était à Synchronicity avec moi, et on s'est rencontré à Virtus »


Comme si ça ne suffisait pas, on remue le couteau dans la plaie, sans y faire attention, en remettant une couche d’ « ami » : du sel sur une coupure. Tu serres les dents, te retiens de fuir, calmes tes nerfs et ton cœur qui s’emballe. Ça ne sert plus à rien de se faire du mal, tu pourras te mettre dans tous tes états, la situation n’en changera pas. Et lorsque cette idée percute ton esprit, tu te dis que tu pourras bien faire ta crise tout seul dans ton coin : Nikolaï est là, autant ne pas lui donner une encore plus mauvaise image de toi. Par contre, c’est Aurelian, tu n’en as rien à cirer.
Plus jeune, ta sœur, mécontente de découvrir ton caractère si plat, te donna des leçons pour te faire respecter. En fait, ça ressemblait plus au guide de la garce suprême, mais ça t’avait tiré de biens des mauvaises situations : et aujourd’hui en était une. Ce type débarquait et piquait la place que tu avais toujours convoité, du moins, c’est ce que tu soupçonnais fortement, il méritait bien qu’on le fasse rager un petit peu. Un tout petit peu. Oh non rien de grave. Et puis, c’est juste pour être sûr. Pour être certain que tu ne te trompes pas. Ce serait trop bête que tu te sois mépris sur la nature de la relation, n’est-ce pas ? Et au pire du pire, tu te ferais tapé dessus, mais ça, tu en avais l’habitude. Ça n’allait pas tuer cet Aurelian, que tu titilles un peu de sa jalousie, non ?
Comme un gamin qui se cache dans les jupons de sa mère, tu recules d’un pas derrière Nikolaï et courbe ta carcasse pour te fondre derrière son épaule. Tu agrippes ses vêtements d’une main tremblotante et serres la sienne de l’autre. Même si tu cherches à appuyer là où ça fait mal, même si tu tentes le diable, tu es loin de faire le malin devant le monstre de charisme qui se dresse devant toi. Tu le détestes déjà. Parce qu’il a tout ce que tu veux. Si tu l’avais rencontré avant Nikolaï, tu l’aurais très certainement admiré du plus profond de ton être, mais là, tu ne parvenais à ressentir qu’un seul sentiment à son égard : la plus ardente des jalousies. Collé au dos de Nikolaï, tu reprends ton souffle pour éviter que ta voix ne se brise, et murmures fébrilement, en t’apprêtant à recevoir des coups :

« Bonjour… »


Tu ne tends pas de main accueillante, de peur qu’il te la broie, et reste plaqué derrière Nikolaï. Sachant pertinemment que tu profitais de sa gentillesse excessive à ton égard, tu te justifiais en te disant que c’était la dernière fois que tu l’aurais contre fois, et l’unique occasion où tu pourrais faire criser ce cher Aurelian. Serrant la main de Nikolaï, tu attends que tes suppositions se confirment, que tu aies bien une preuve, plus fiable que le ton d’une voix, que ces deux-là sont ensemble, et que toi tu es bien à part. Une raison de te faire lâcher le morceau, une raison pour que tu fiches le camp, une raison pour avancer, ou reculer, tu ne sais pas encore. Mais il te faut une raison. Alors qu’on te la donne et vite. Il faut que tu saches.

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Aurelian L. Kieser
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Ven 3 Aoû - 5:33


I am not your expectations


Aurelian croisa un instant le regard de saphir de son amant. Encaissa ses sourcils froncés, n’y répondit pas. Il n’était pas désolé, pas du tout même. Il le fixa quelques secondes, le visage toujours aussi neutre. Pas de rudesse, ni de douceur. Parce qu’il ne lui en voulait pas, mais il ne s’en voulait pas non plus. N’avait-il pas le droit de se demander ce qui se passait? Il voyait l’homme qu’il aimait être enlacé par quelqu’un qu’il ne connaissait pas. Et en deux ans, tant de choses auraient pu se passer. Un ancien amant? Un ami trop insistant? Seulement une âme en peine, comme ils l’avaient tous les deux déjà été? L’Allemand était peut-être du genre à supposer, mais il ne l’exprimerait pas aujourd’hui. Il verrait, de toute façon. Si on ne lui donnait pas de réponses, il poserait des questions, c’était bien simple. Comme Niko l’aurait fait s’il l’avait vu dans une position semblable. Peut-être. Il ne savait pas trop ce qu’il aurait fait. S’il se serait fâché, s’il serait venu le gifler, s’il se serait approché doucement, l’air soucieux, ou s’il aurait quitté la pièce sans un mot, d’humeur boudeuse. Mais ça ne risquait pas de se produire. Avec le grand ténébreux, très peu de choses restaient sous-entendues. On se contentait de l’épier de loin.

Ç’aurait été absolument impossible pour Aurelian de passer les deux dernières années dans l’abstinence. Il ne s’était jamais retenu, au contraire, même. Il s’était déchaîné. Il avait emmené des hommes et des femmes à faire des choses qui n’avaient rien de glorieux. Presque sales, honteuses. Il en avait profité, leur avait fait perdre de leur dignité. Because I just didn’t care. Because you were nothing to me but toys I could dispose of. Because you were only there for my pleasure. Because I could make you do anything. On n’osait jamais revenir le voir. On n’osait même pas le regarder dans les yeux. On n’en parlait même pas. Les gens gardaient cela pour eux. L’ivresse de n’avoir été qu’un objet. Il ne pouvait pas se montrer tendre, ne voulait pas surtout. Une seule personne méritait qu’il prenne son temps, qu’il s’arrête à ses besoins et qu’il fasse tout ce qu’il pouvait pour le faire trembler, jouir. Un seul homme valait des mots doux à l’oreille, des caresses amoureuses, des mouvements plus lents et profonds. Intensité et amour. Nikolaï. Son nom voulait tout dire pour lui. C’était tout. Sa joie, sa vie. Les autres n’existaient plus, s’ils avaient un jour réellement existés pour lui. Le célibat libertin ne l’intéressait pas. Ça avait été un moyen de calmer ses envies hormonales et sa frustration, sa colère. Il voulait lui être fidèle, ne voir que lui. Et cela allait être le cas.

Le regard de jade de l’Allemand fouilla sans gêne celui de l’inconnu qui se tenait devant lui. Ça puait la jalousie. Son malaise, sa peine, son envie de se sauver, tout cela se voyait. Ses doigts qui tremblaient, son cœur au bord de ses lèvres. Il avait aimé Nikolaï. L’aimait probablement encore. Il en avait presque pitié. Même qu’il n’était pas fâché. Il savait combien c’était déstabilisant, être amoureux du jeune homme aux cheveux bleus. Il savait comment Niko était follement attachant, adorable, intéressant. Il savait ce que c’était, d’avoir mal à tellement l’aimer. Mais il y avait quelque chose dont il était certain, c’était que jamais il ne l’aimait, l’avait aimé ou l’aimerai autant que lui. Il en était convaincu. Certitude inébranlable. Clyde. Un ami de Synchro, il avait donc aussi un don. Aurelian ne se demanda qu’une seconde ce que ce don pouvait être; ça n’était pas important pour l’instant. Un jour, peut-être, le saurait-il. Le ténébreux ne le quitta pas des yeux, hochant légèrement la tête, pour signaler qu’il avait compris. Now I know who you are, and believe me, I won’t forget.

Il resta de marbre. Même si une partie de lui avait envie de se lâcher complètement, de le prendre par le collet et de lui casser la figure sur le mur. Aurelian observa la scène, absolument impassible. Sauf peut-être si on s’était attardé à sa mâchoire qui elle s’était raffermie un peu plus. Il avait bien du culot, ce petit, fallait le souligner tout de même. Mais cela le rendait peut-être aussi un peu idiot. Ça n’était pas une bonne idée, de le provoquer. L’Allemand connaissait la violence, en avait usé, s’en était nourrie, même, pour élever son corps au rang de machine humaine. S’il avait réellement voulu faire souffrir Clyde, il l’aurait fait. Seulement, pour lui, répondre à une provocation aussi futile et enfantine aurait été une perte de temps. Il n’avait rien à envier à Clyde, ne se sentait nullement menacé. Pas qu’il doutait nécessairement de sa valeur. Il avait sans aucun doute des qualités, des particularités qui le rendait intéressant. Il était beau garçon, aussi. Pas tout à fait son genre mais il avait du charme.

Ce fut donc un sourire un peu arrogant qui vint étreindre le coin de ses lèvres, plutôt qu’une moue de dégoût. Il restait appuyé sur le mur encore un court moment, une main à sa hanche et l’autre bras reposant sur le côté de son corps, puis dégagea finalement son épaule de la pierre froide. Un pas, deux pas dans leur direction. Il regarde Nikolaï dans les yeux, lui assurant d’un air plus doux qu’il allait rester sage, puis se mit vis-à-vis Clyde. Sa main quitta lentement sa hanche, s’éleva jusqu’à la nuque du jeune homme dont il ne connaissait presque rien et vint la serrer fermement entre ses doigts. Pas violemment, pas doucement. Une fermeté constante, claire sans être douloureuse. Pour le faire frissonner un peu. Puis il se pencha dans sa direction, à son oreille, et se mit à lui parler tout bas. Pour qu’il l’écoute. Sa voix était comme sa poigne.


    « Je te ne donnerai pas la satisfaction de te frapper, Clyde, puisque ça me semble être ce que tu cherches. Et peut-être que tu chercheras à me blesser aussi, mais laisse-moi t’inviter à ne pas le faire. Que l’on règle cela comme des adultes. Je suis là depuis beaucoup plus longtemps que toi. Je ne suis jamais vraiment parti. Et je n’ai pas l’intention de m’en aller non plus. Tu comptes sans doute beaucoup aux yeux de Niko, mais tu ne prendras jamais ma place. Je suis à lui, et il est à moi. You can’t even start to imagine how much I love him. How I could die for him. Je ne suis pas cruel – pas aujourd’hui. Alors apprends à te satisfaire de son amitié. Et sache que je n’oublie pas ce que je vois, ce que j’entends. Jamais.»


Aurelian s’éloigna lentement, de quelques pas, sa main quittant dans le même mouvement la nuque de Clyde. Il soutint son regard encore un moment avant de s’arrêter devant Nikolaï. À qui il sourit tendrement. Sa main trouvant sa place sur sa joue, la caressant chaleureusement. Le bout de ses doigts effleurant ses cheveux avant qu’il ne s’arrête. Un pas vers l’arrière, puis deux. Niko lui ferait bien vite comprendre ce qu’il voulait qu’il fasse. Partir, rester.


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Nikolai L. Valdick
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Ven 3 Aoû - 19:15

« There is love in your body but you can't hold it in. »
Je crois qu'il y a quelque chose de foncièrement étrange dans cette scène, voire carrément malsain. La tension était palpable, et les étincelles allaient certainement finir par éclater à un moment. Cinglantes et mesurées. J'avais la sensation d'être pris entre deux feux ardents, au bord de l'impuissance face à cette situation qui semble m'échapper des mains. Au fond, je savais que c'était dangereux de prendre le risque d'aller parler à Clyde aujourd'hui, devant Aurelian. Je commence à regretter mon geste, d'une certaine manière, et je me dis que j'aurais peut être pu faire preuve de patience. Comment ai-je pu pensé qu'il allait rester en arrière, et se taire ? Je n'avais surtout pas prévu de contact physique ambigu. Et au fond, je sais ce qui motive les actes d'Aurelian à cet instant, car ses craintes sont les mêmes que les miennes. Le temps a passé, et de l'eau a coulé sous les ponts. Je sais pertinemment que celui que j'aime n'est pas resté seul pendant deux longues années. Je sais qu'il a touché d'autres garçons, peut être d'autres filles. Moi même je l'ai fais, et pourtant, son absence me meurtrissait profondément, alors pourquoi pas lui aussi ? Bien que c'était toujours la même souffrance lorsque je me laissais aller avec d'autres personnes que lui. Un douloureux arrachement, une tâche. Je me sentais sale et désarmé. Et il n'était pas rare que je fonde en larmes juste après, déçu de moi, dégoûté de la vie. Ce goût amer qui reste, qui nous rappelle que ce n'est qu'un substitut fade, sans aucun désir et aucune passion. On pallie l'absence et le manque, et au final, on reste toujours aussi seul et malheureux. Je me demande si Aurelian a déjà ressenti ça.

A un moment , Clyde se réfugie derrière moi, et envoie un discret bonjour, derrière le rempart que je fais. Je ne sais pas à quoi il joue, ce nouveau rapprochement physique est dangereux. Et je panique intérieurement, tout s'emballe. Je remarque la mâchoire d'Aurelian, si contractée, qui traduit son agacement intérieur. Et Clyde qui reste perché sur moi. Je crois qu'il craint Aurelian, en même temps, je le comprenais aisément. Plus je le regardais, plus ma crainte se faisait grande. Je sais qu'Aurelian est incapable de me faire du mal, mais je crains sa colère. Ses yeux verts qui se froncent, et son visage tendu. Je l'ai rarement vu énervé, seulement quelques fois, en soirée, quand certains garçons s'approchaient trop de moi. Et je garde une profonde crainte de sa colère, n'y étant pas véritablement habitué. Je détestais cette sensation, celle de l'échec, quand je constate avec impuissance l'insatisfaction d'Aurelian. Je veux le satisfaire à tout moment, c'est plus qu'une envie, c'est un besoin personnel. Et finalement, Aurelian, certainement las de ce jeu de regard, j'approche de Clyde, je recule d'un pas sur le côté, et l'attrape par la nuque afin de lui parler en face à face. Et la tirade qu'il est en train d'énoncer me laisse sur le cul, désarmé et complètement abasourdi. Comment a-t-il pu faire ça devant moi ? Je reste choqué, et silencieux, et je regarde les deux garçons face à face, tandis qu'Aurelian termine. Immédiatement, mes joues deviennent pivoine, et malgré son sourire tendre et sa main réconfortante, je reste pétrifié, entre la crainte, l'exaspération et la surprise. Mais c'est quoi leur problème à ces deux là. Mon regard s'assombrit et se fait noir, tandis que ma mâchoire se resserre également en même temps que mes poings. Ne surtout pas s'énerver. Je me retourne sur Clyde dans un premier temps.

    « Clyde, qu'est-ce qui te prends tout d'un coup ? T'es pas sérieux là, à te cacher derrière moi comme ça ? »


Non mais sérieusement, il cherche à se faire frapper ou quoi ? A croire qu'il y prend goût. C'était pourtant évident, mais j'aurais peut être dû préciser la nature de ma relation avec Aurelian, j'ai été bête sur ce coup là. Mais en parallèle, la réaction de Clyde m'échappait. J'en venais à me demander si ce rapprochement qu'il a fait était réellement involontaire, ou si cela était totalement prémédité. C'est vrai qu'Aurelian faisait un peu peur, et que Clyde est du genre craintif, mais le fait qu'il se cache comme ça derrière moi était plutôt suspect. Mais en absence de véritables preuves, je ne pouvais faire que de vagues suppositions sur les motivations de Clyde. Tout ce que je savais, c'était que cela pouvait être dangereux pour lui. Et je n'ai vraiment pas envie que ça dérape à vrai dire. Surtout pas après que je me sois enfin réconcilié avec lui. Surtout que le protéger serait un acte compliqué également, du fait que je ne veuille pas offenser Aurelian en prenant la défense de Clyde devant lui. Je me sentais vraiment pris au piège, et ça, ça m'énervait réellement. Je me retourne ensuite vers Aurelian, avec le même regard et ton exaspéré.

    « Et toi, Aurelian, tu n'as pas besoin d'être si offensif avec lui, il a rien fait de méchant. »


Je secoue un peu la tête, et je lève les yeux au ciel. Et malgré une apparente assurance face à Aurelian, je suis au fond terrifié. De quoi j'ai peur ? Qu'il m'en veuille. J'ai constamment peur de le décevoir, et de ne pas être à la hauteur. Je me dis que si je n'arrive plus à le satisfaire, il finira par s'en aller, comme il l'a déjà fait. De plus, je n'ai pas l'habitude de tenir tête à Aurelian. Vraiment. Pourtant, il n'est pas du genre directif. Je veux dire par là qu'il ne m'impose pas ma ligne de conduite, et qu'il ne m'oblige pas à faire des choses quand je n'en ai pas envie. Il a même tendance à m'écouter un peu trop, quitte à faire quelques uns de mes caprices. Cependant, comme il se met rarement en colère, je sais que ça n'annonce rien de bon lorsqu'il est fâché. C'est pourquoi je le respecte profondément dans ces moments là. A cet instant, je n'ai qu'une envie : m'enfuir et laisser tomber cette conversation stérile. Je me dis que c'est tout simplement une mauvaise idée.

    « J'sais pas à quoi vous jouez, mais si je vous dérange, n'hésitez pas. J'peux m'en aller, et vous laissez vous chamailler tous les deux. Je reviendrai vous voir quand vous en aurez marre et que vous aurez terminez ... »


Sur ces mots, j'attrape la main d'Aurelian, et je glisse mes doigts entre les siens, puis je tourne la tête d'un air boudeur et exaspéré. Je me dis finalement, foutu pour foutu, autant prendre le taureau par les cornes et leur montré à quel point ils sont ridicules. A quoi bon faire semblant de rien, et cacher la vérité ? Ces deux là se détestent profondément, à peine ont-ils échangé un regard. C'est épidermique très certainement. Mais je déteste cette sensation d'être le premier prix d'une loterie, avec ces deux là qui se prennent le bec devant moi. Je comprends aisément qu'Aurelian veuille marquer son territoire et imposer quelques limites. Mais ce qui m'énerve, c'est que je peux très bien les mettre moi-même ces foutus limites. Et après tout, il s'en fichait pas mal des limites quand il n'était pas là. Il s'en foutait pas mal à ce moment là. Clyde, quand à lui, il joue avec le feu, et j'aurais aimé le mettre en garde un peu avant, mais comme un idiot, il s'est jeté à pied joint dans la gueule du loup. Lui aussi il est fautif, il ne veut jamais rien comprendre. Il n'en fait toujours qu'à sa tête, et il s'en moque bien de ce que les autres peuvent ressentir autour de lui. Il s'en fiche également des barrières, il les brise sans soucis. Je reste droit et froid, tâchant de ne pas laisser transparaitre le bordel intérieur de mes réflexions. Ma jambe s'agite nerveusement, et je ne peux retenir un soupir. Je me retourne de nouveau sur les deux garçons, avec cet air exaspéré et las qui leur supplie de faire un effort l'espace de cinq minutes. Je ne leur demande pas la lune, juste de se tenir cinq minutes. Le temps qu'on termine de discuter et qu'on puisse s'en aller sans problème. Mais visiblement, les choses ne sont pas aussi faciles, et la réaction des deux hommes me semblent désormais bien imprévisibles ...

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UNTIL DEATH DO US PART.
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Clyde Jaggerjack
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Sam 4 Aoû - 23:53

Il ne te fallut pas plus de dix minuscules secondes pour te rendre compte de ton erreur monumentale. On ne provoque pas ce genre de garçon, on ne lui adresse même pas de regard, de peur qu’il le prenne mal. Et pourtant, toi et tes bonnes idées, vous vous étiez alliées pour créer la pire des ambiances n’ayant jamais existé, en titillant à peine du bout des doigts ce cher Aurelian. Chaque pas qu’il faisait vers toi t’emplissait un peu plus de terreur, et le pire fut sûrement lorsque ses doigts serrèrent sévèrement ta nuque, trop peu pour te faire mal, assez pour te terroriser et te faire passer le message : dégage de là. Tétanisé, tu retins ton souffle, ton corps tout entier écrasé par Aurelian. La gorge nouée, les mains moites de peur, la bouche sèche d’effroi, les jambes vacillantes et l’instinct animal qui te crie de choisir entre faire le mort ou prendre tes jambes à ton coup, tu attends , figé, que cette main accablante te libères le cou.
Ne bougeant pas d’un millimètre, tu sens que quelque chose cloche, qu’une certaine main que tu aurais tendance à oublier active les reflex automatiques : on t’attaque, il te faut te défendre. Sous ta peau si fine, chacun de tes muscles se contractent pour retenir l’électricité qui s’enfuit se charger dans ta main, ultime moyen de défense. Non, pas maintenant, il faut que tu coures, que tu sortes de cette cafeteria, de cette ambiance qui t’écrase, il faut que tu plantes tes doigts dans un jardin au hasard, comme tu avais su le faire la dernière fois, il faut que tu te vides, pour n’être plus que l’insecte qu’on piétine et qui ne risque de faire de mal à personne. Redevenir juste un faible, parce que c’est plus facile que d’être fort. La poigne d’Aurelian toujours plus ferme, ses lèvres s’approchent doucement du creux de tes oreilles pour t’y déposer la plus rabaissante des menaces :

    « Je te ne donnerai pas la satisfaction de te frapper, Clyde, puisque ça me semble être ce que tu cherches. Et peut-être que tu chercheras à me blesser aussi, mais laisse-moi t’inviter à ne pas le faire. Que l’on règle cela comme des adultes. Je suis là depuis beaucoup plus longtemps que toi. Je ne suis jamais vraiment parti. Et je n’ai pas l’intention de m’en aller non plus. Tu comptes sans doute beaucoup aux yeux de Niko, mais tu ne prendras jamais ma place. Je suis à lui, et il est à moi. You can’t even start to imagine how much I love him. How I could die for him. Je ne suis pas cruel – pas aujourd’hui. Alors apprends à te satisfaire de son amitié. Et sache que je n’oublie pas ce que je vois, ce que j’entends. Jamais.»


Sa main se détache lentement de ta nuque, et son ombre oppressante quitte doucement ta peau. Tu t’empêches difficilement de flancher, de t’étaler sur les carreaux du réfectoire bondé, aux yeux de tous ces élèves friands de bonnes histoires à raconter à leurs copains et contiens autant que tu le peux les frissons qui te dévorent. L’intention de le blesser ? Pas vraiment, c’était plutôt un moyen de t’assurer de la situation. Tous ces mots te révoltent, te donnent envie de vomir, de lui cracher à la figure : comment ose-t-il clamer son amour pour Nikolaï ? En une minute tu avais compris toute la situation, pas besoin de plus à tes yeux : Aurelian avait abandonné Nikolaï, un jour, pour une raison qui t’étais encore inconnue, et aujourd’hui, le revoilà, réclamant ce qui lui était du. Mais les hommes ne sont pas des objets, et l’on « appartient » pas à quelqu’un. S’il aimait tant que ça Nikolaï, ce dernier n’aurait jamais du se retrouver dans ton lit, n’aurait jamais du verser une seule larme de solitude, n’aurait jamais du être malheureux.
Tu serres contre toi ta main qui te démange, et dévisages cet homme que tu détestes tant. Tes jolies pensées bien polies qui auraient voulu de toi que tu lui trouves des qualités, que tu te forces à l’apprécier au grand plaisir de Nikolaï, tu n’étais pas capable de les appliquer. C’était trop dur. Bien trop dur, de faire bonne figure devant quelqu’un qui vous écrase du talon en vous arrachant ce que vous chérissez le plus. Ce type avait tout. Et toi, le tiers personnage, il se plaisait à te remettre à ta place. En dehors de tout. Loin de Nikolaï. Le simple ami.

    « Clyde, qu'est-ce qui te prends tout d'un coup ? T'es pas sérieux là, à te cacher derrière moi comme ça ? »


La réflexion de Nikolaï t’arrache à tes pensées : tu sursautes un peu en entendant sa voix, et constates qu’il s’est écarté de toi de quelques pas. Tu hausses des épaules, vexé qu’il ne te protège pas, c’est pourtant normal, après tout. Toi tu es l’ami, celui qui se la ferme, qui reste bien gentiment à ses côtés pour lancer deux trois conseils quand on lui demande, et qui console quand ça ne va pas. Pas celui qui bénéficie d’une quelconque protection. Tu masses ta paume pour en évaluer la charge, tu sais qu’on n’inverse pas le processus : si tu veux te débarrasser de tout ce courant, il faudra que tu ailles te vider quelque part. Mais pour l’instant, tu étais coincé ici, fait comme un rat, pris au piège entre eux deux. Tu ne voulais pas quitter Nikolaï, pas alors que tu venais tout juste de le retrouver, et tu ne voulais pas faire le plaisir à Aurelian de déguerpir et de lui laisser le champ libre. Nikolaï avait beau lui appartenir, il t’avait néanmoins choisi pour continuer à faire partir de sa vie, et ça, il ne te l’enlèverait pas. Ce n’était pas le moment de passer pour un lâche, encore moins celui de décevoir Nikolaï avec des réactions stupides et immatures.

    « J'sais pas à quoi vous jouez, mais si je vous dérange, n'hésitez pas. J'peux m'en aller, et vous laissez vous chamailler tous les deux. Je reviendrai vous voir quand vous en aurez marre et que vous aurez terminez ... »


Comme si ça ne suffisait pas, les voilà comme des adolescents amoureux, se tenant par la main, et toi, devant, tout seul, comme un con. Comme un gros con. En un dernier effort, tu chasses les derniers flots de terreur qui ébranlent ton corps, et refoule un rictus mauvais à la vue de ce couple qui pue l’amour à trois kilomètres à la ronde. Ça te rend malade. Malade de jalousie. Tu te contenteras de ce que Nikolaï voudra te donner, tu feras bonne figure pour lui, tu seras bon confident, donneras de sages conseils, offriras une épaule solide pour qu’il s’y repose, mais jamais tu ne te laisseras vulgairement écrasé par Aurelian.
Ton calme revenant petit à petit, tu inspires une grande bouffée d’air, fais taire tes derniers frissons et déclares d’une voix claire, qui pour une fois, ne déraille pas :

« Enchanté, Aurelian. Pas la peine de me rappeler quelle est ma place, je la connais. Tu peux garder tes menaces pour toi. »

Lançant un coup d’œil à Nikolaï dont la gène explose sur ses joues, tu tentes de le rassurer vainement en lui souriant timidement. Il ne veut pas de cette ambiance. Il ne veut pas de ces conflits ridicules, de tes caprices d’enfants jaloux et de ces menaces silencieuses. Tu soupires, et te dis que tu lui dois bien ça. A lui qui t’as accepté comme tu étais, à lui qui est revenu te chercher, tu peux bien te montrer bienveillant. Tu dois bien pouvoir faire ça.

« Désolé Nikolaï, excuse moi. J’ai pas l’intention de faire de vagues. . »

Du moins, pas tant qu’il est là. Parce que sinon, cette main à demi chargée irait bien chercher la joue de ce cher Aurelian. Juste pour le faire descendre de ses grands chevaux.

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Aurelian L. Kieser
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Dim 5 Aoû - 4:58

« Go ahead, make my day. »


L’Allemand n’eut pas besoin de quitter son amant des yeux qu’il apercevait à la frontière de son champ de vision les poings de ce dernier se crisper. En même temps que naissait sur son visage un air vivement désapprobateur, une moue presque dégoûtée, outrée. Ça ne lui plaisait pas. Et à bien y repense, il n’y avait aucune raison pour qu’il soit d’accord. Aurelian faisait souvent dans la subtilité, avec ses mots. Dans les tournures de phrases agréables. Pour que les gens prennent le temps de l’écouter, de se demander ce qu’il voulait dire, qu’ils se laissent bercer par sa voix et son habileté, ce talent qu’il avait pour emmener les gens où ils voulaient qu’ils soient. Et là, il avait voulu lui faire peur. Il avait voulu que Clyde comprenne, sans qu’il ne le dise clairement, qu’il n’aimait pas sa proximité avec Niko, qu’il n’aimait pas la façon dont il le regardait, qu’il n’aimait pas savoir que son cœur battait pour la même personne et que même s’il n’avait rien contre le fait qu’ils soient amis, – évidemment, le ténébreux n’était pas complètement idiot non plus - les futurs égarements ne seraient pas pardonnés aussi rapidement, aussi facilement. I can be ruthless, determined, and dangerous. Don’t test me, you’ll get what you’re looking for.

Peu de choses lui faisaient perdre son sang-froid, en réalité. Souvent, on l’avait provoqué avec l’intention de le voir perdre la tête. Voir la légende céder à ses pulsions destructrices. Les insultes ne fonctionnaient généralement pas, les poussées non plus, les injures; les provocations futiles, en fait. Il n’y répondait pas. Se contentait d’être là, patient, inébranlable. Mais c’est lorsqu’il perdait sa retenue, lorsque l’animal en lui s’éveillait qu’il devenait effrayant. Certaines choses ne se font pas. Sans quoi, on écope. On n’est pas trop insistant avec Niko. On ne veut pas de mal à ma mère. On ne me provoque plus sérieusement après mes avertissements. Les quelques garçons trop entreprenants qui avaient agrippés la manche de Nikolaï devant ses yeux, qui s’étaient approchés pour un baiser, qui s’étaient frottés à lui en boîte pour danser, qui avait passés leurs bras à sa taille s’était tous retrouvés ensanglantés. À quel point, cela dépendait de ce qu’ils avaient fait. De ce que lui avait dans le sang, niveau drogue. S’enchaînaient les coups de genoux dans le ventre, les coups de pied dans le dos ou au visage, le visage dans le mur. Serrements du cou, nez cassé. Il s’en souvenait bien, évidemment. Au moins, à chaque fois, il avait eu l’obligeance de sortir du lieu public, d’emmener ça loin des autres. Loin de celui qu’il aimait surtout. Aurelian savait qu’il n’aimait pas le voir comme ça. C’était arrivé une fois, que son homme avait été témoin de la scène en entier. Il n’avait rien fait, pétrifié. Ce soir-là, Niko avait eu peur. Même s’ils savaient tous les deux qu’Auré ne poserait jamais un doigt sur lui avec l’intention de lui faire du mal. C’était la seule fois qu’il avait eu droit à un tel spectacle. Il en avait entrevu les résultats, avait apaisé son cœur battant d’adrénaline avec sa tendresse et ses mains douces. La violence était devenue sa dernière option, au fil du temps. Mais elle restait la plus puissante. Il n’en userait pas aujourd’hui.

Pas besoin d’être si offensif. Il n’avait rien fait de méchant. L’Allemand aurait soupiré, exprimé son désaccord si la situation avait été différente. Ne voyait-il pas que Clyde l’avait totalement fait exprès? C’était une tentative de provocation, rien de moins. Tentative échouée, mais l’intention était bien là. Le grand homme se mordit l’intérieur de la joue, son nez se plissant presque imperceptiblement de désaccord, mais il n’exprima pas mot. Ça n’était pas sa place. Il n’avait rien à dire, vraiment, sauf qu’il était reconnaissant que Nikolaï le veuille toujours dans sa vie. Rien ne lui était dû, à lui, et il le savait. Il était parti sans un mot, était revenu de la même façon. Et les choses avaient pu – presque miraculeusement – reprendre où elles s’étaient laissées. La passion était toujours là, et encore plus forte. Comme l’amour, comme la dévotion. Mais il fallait bien s’attendre à des accrochages du genre, à devoir se justifier. Un jour, peut-être aurait-il à exprimer pourquoi il était parti. Et peut-être que les gens ne comprendraient pas, non plus. Pour le moment, il n’était pas en droit de demander à ce qu’on respecte sa volonté. Il se pliait à celle de Niko avec une passion et une détermination que peu pouvaient connaître. Celle de leur donner un vrai espoir. Qui leur permettrait peut-être de passer des années ensemble. Des décennies. Pour toujours.

Ses doigts larges se refermèrent doucement contre ceux du jeune homme. Son pouce trouva le dessus de sa main, l’effleura avec tendresse. Aurelian ne savait pas quoi faire. Il n’avait pas envie de se chamailler. Il avait envie de passer à autre chose. Que le nuage se dissipe. What a shitty situation. Nikolaï attendait quelque chose. Qu’ils interagissent, discutent. Il ne savait pas quoi dire à ce type. Il n’avait rien à lui dire, vraiment. Ce n’est pas comme s’il y a avait un quelconque espoir de relation positive entre eux, avec un départ comme ça. Mais cela pouvait encore s’améliorer, ça c’était certain. Il remarqua la jambe nerveuse de son amant. C’est bon, j’vais dire quelque chose, donne-moi le temps. Clyde utilisa ces quelques secondes à son avantage pour parler. Une phrase, puis deux, puis trois. Il le laissa finir, écouta même ses excuses faites auprès de son copain. Lui répondre sans être trop agressif. Ouf.


    « Tout le plaisir est pour moi, Clyde. Et j’ai confiance que tu ne me feras pas répéter. »


Ça va pour l’effort, mais on repassera. Aurelian se mordit légèrement la lèvre, s’excusant d’un regard autour de Niko alors qu’il serrait tendrement sa main dans la sienne, la chaleur de sa paume s’étendant dans la sienne. Il reporta ensuite son attention sur Clyde. What do I do now? I’ve never been good with small talk. Even worse in this situation. Les joues de l’Allemand se rosirent légèrement, un peu malgré lui. Fallait faire des efforts pour Nikolaï. S’il n’avait pas été là, il serait sans doute juste parti, sans regarder derrière lui. Mais là, il fallait être intéressé. Ou sembler l’être.

    « Tu as un don, j’imagine, puisque tu es ici. Il s’agit de quoi? »


Il marqua une pause. Non, il n’était pas du tout doué pour ce genre de conversation. Le jeune homme jeta un regard en coin à son amant, lui exprimant des yeux qu’il avait besoin de son aide, puis ajouta, le ton légèrement contrit :

    « On peut… Aller discuter à la table, si vous voulez. Je n’ai pas encore rangé mes trucs de dessin, mais ça s’arrange en une minute à peine. »


Il espérait se récolter au moins un baiser pour l’effort.


Spoiler:
 
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Nikolai L. Valdick
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Dim 5 Aoû - 14:33

« It's quiet company but I won't follow you into the rabbit hole. »
Je n'ai pas l'habitude d'être un emmerdeur. Je ne demande rien aux autres la plupart du temps, et je vis ma vie de façon indépendante, sans me soucier de ce que font les autres autour de moi. Donnez moi en plus une bouteille, de la coke, et du bon son, et vous serez certain de ne plus entendre parler de moi, quoiqu'il arrive. Je resterais à danser, jusqu'à n'en plus pouvoir, seul et libre. Alors je ne suis pas du genre à exiger des choses des autres et je n'ai pas la prétention de pouvoir changer le monde, je ne cherche donc pas à interférer chez les autres. Mais là, avec Aurelian et Clyde, ce n'était pas possible autrement. Sincèrement, je m'en fiche complètement qu'ils s'apprécient ou se détestent, ça ne fait aucune différence pour moi. Je veux juste qu'ils ne s'engueulent pas devant moi, comme des chiens qui protègent leur territoire, ou qu'ils se fassent violence dès que j'ai le dos tourné. Je ne leur demande pas de se cotoyer, et d'ailleurs, s'ils ne se revoient plus jamais après cette discussion, ça ne me dérangera pas outre mesure. Alors, pour une fois, je réclame de leur part un minimum d'effort pour que cette première et éventuellement dernière rencontre se passe plus ou moins bien. Sans accrocs et sans soucis. Je n'étais pas vraiment fâché contre eux, loin de là, même si c'était ce qui semblait transparaître extérieurement. J'étais juste un peu inquiet, d'une certaine manière.

Et comme si rien ne s'était passé juste avant, j'entends Clyde et Aurelian s'échangeaient des politesses, comme les hommes civilisés qu'ils sont censés être. Et limite, je suis presque surpris de les entendre se parler comme ça. Au final, ça rend la scène encore plus ridicule et caucasse je crois, mais bon, au moins, l'ambiance électrique et palpable semble se détendre lentement, à mesure que les deux hommes prennent sur eux pour se contenir. Moi, je peine à me retenir de lâcher un soupir de soulagement. Clyde se tourne vers moi et s'excuse. Je lui adresse un sourire attendri : je leur reconnais bien dans cette attitude, ça lui va bien. D'un côté, bien qu'il vient d'avoir un accrochage avec Aurelian, j'étais quand même un peu fier de lui d'une certaine manière. Pourquoi ? Car il n'a pas accepté la domination d'Aurelian, sachant qu'il comptait pour moi. Il ne s'est pas enfui devant lui, et il m'a prouvé qu'il tenait à moi, même s'il doit pour cela affronter Aurelian. Chose bien difficile à vrai dire quand on voit Aurelian. J'ai l'espoir que Clyde devienne plus fort un jour. J'ai foi en la capacité des gens à se sortir des situations délicates, et à se transcender, alors je crois que Clyde finira par devenir un garçon plus courageux, plus fort. Il en a les capacités en vérité, et c'est quelqu'un de bien au fond. Et pour être sincère, je préfère le voir comme ça, plutôt que comme un garçon craintif et fragile.

    « T'en fais pas Clyde, c'est déjà oublié. »


Aurelian, juste après, reprend et commence à faire la conversation à Clyde, ce qui au passage semblait être la chose la moins naturelle qui puisse exister à cet instant, après la coloration de mes cheveux bien évidemment. Je me fais violence pour retenir un facepalm face à cette situation, et cette tentative désespérée d'Aurelian pour avoir l'air ne serait-ce qu'un peu sympathique devant Clyde. Cependant, je souligne l'effort, et je sais qu'Aurelian se fait violence intérieurement afin d'être moins offensif et de se montrer plus calme. De plus, je sais très bien que cette situation le plonge dans un embarras terrible, un peu près égal à celui que j'ai enduré au début de cette rencontre. Je le trouve adorable d'essayer de faire un effort, comme ça, même si ça sonne un peu mal quand même. A travers ça, je voyais clairement la volonté d'Aurelian de recoller les morceaux entre nous, après deux ans d'absence. Je ne le pensais pas capable de faire ça pour être sincère. Je pensais qu'il allait juste revenir dans ma vie, et reprendre ce qui lui était dû, au détriment des autres et de ce que j'étais devenu entre temps. Mais rien de tout ça. Effectivement, il est revenu dans ma vie, mais il a accepté le nouvel ordre des choses. Et j'ai envie de le remercier pour ça. D'ailleurs, si je m'écoutais à cet instant, je me jetterais à son cou et je l'embrasserais. Car il se montre véritablement adorable, bien que maladroit. Finalement, il nous invite à retourner vers la table du déjeuner.

Je fais signe de la tête à Clyde, pour lui indiquer de nous suivre jusqu'à la table. Dans un sens, je me sentais soulagé que l'ambiance se soit légèrement détendu. Mais loin de crier victoire trop vite, je reste sur mes gardes, car je sais que cet équilibre est bien instable, et qu'un faux pas de l'un ou de l'autre pourrait tout faire voler en éclats. Pour moi, c'était déjà bien suffisant à vrai dire. Pas besoin qu'ils soient amis, et qu'ils se mettent à déconner tous les deux comme deux vieux copains. Ce n'est pas là mon but, et encore heureux, car je ne serais pas près de l'atteindre à l'heure qu'il est. Juste de la politesse, de la tolérance et un peu de respect l'un envers l'autre. Moi je me chargerais du reste. Je ferais en sorte de ne pas être trop expanssif avec Aurelian, et de ne pas le dévorer du regard en la présence de Clyde. Et inversement, je ferais en sorte de ne pas être trop ambigu avec Clyde, pour ne pas agacer Aurelian. De toute manière, je crois que chacun a compris qu'il allait falloir faire avec. Je ne quitterais pas Aurelian pour Clyde, bien évidemment, surtout que la distance et la temps n'y sont même pas parvenus, et je n'abandonnerais pas Clyde pour Aurelian, car il fait partie des personnes qui ont été présentes pour moi, quand j'en avais besoin, alors que lui n'était pas là pour le faire. C'est l'ordre établi, et je ne le changerais pas. Je me demande si ce n'est pas un peu égoïste tout de même, bien que cela semble naturel dans ma tête.

Arrivé à la table, je m'assoie, en laissant une place à Clyde au cas où il voudrait s'assoire, tout en la lui indiquant. Je reprends mon plat de fruits, et termine les quelques fraises, raisins et morceaux de pommes qu'il me reste. Aurelian, lui, rassemble ses affaires de dessin, et je remarque d'un œil distrait le portait qu'il faisait de moi. Un portrait incroyablement réaliste, très précis malgré le fait qu'il soit visiblement fait de mémoire, car je n'ai jamais posé pour Aurelian. Rien d'étonnant avec son don en même temps. J'imagine qu'il a dû me voir dans cette position un jour, et qu'il a photographié intérieurement cette image. Je reste un peu troublé quand même mais je fais semblant de rien, et je me mets à rougir, tout en détournant le regard ailleurs, et en reprenant frénétiquement quelques raisins. Quelle idée de faire des dessins comme ça. Je regarde ma montre, et je remarque qu'il allait bientôt falloir y aller. Aurelian et moi avions prévu d'aller à l'atelier, pour dessiner et peindre un peu à deux, puis nous irons certainement nous promener également. C'est assez agréable les vacances à Clever Cross. Je regarde autour de moi, et constate que la cafétéria se désemplie petit à petit et que chacun retourne vaquer à ses occupations estivales, surtout qu'il fait plutôt beau aujourd'hui. Je me retourne sur Clyde et Aurelian, et un air attendri arbore mon visage un peu plus détendu et serein. Ils représentent à eux deux mon nouveau départ, mélange entre passé et futur. Je sais que je peux compter sur eux, et qu'ils seront présents pour moi, et cette sensation est incomparable à vrai dire. Se savoir entouré. Longtemps j'ai crû être seul et délaissé, mais en réalité, je ne l'ai pas été si souvent : j'ai simplement refusé de voir que certaines personnes me soutenaient dans l'ombre, et m'aidaient sans cesse à me relever d'une certaine manière. Clyde, bien que ce fut très particulier, a participé à ça. C'est pourquoi je garde une profonde gratitude pour lui malgré tout ce qui s'est passé. Je ne vous demande pas d'être amis tous les deux. Je vous demande juste d'accepter la présence l'un de l'autre dans ma vie. C'est tout ce que je souhaite au final.

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UNTIL DEATH DO US PART.
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Clyde Jaggerjack
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Faithbee


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Ven 10 Aoû - 14:43

« Tout le plaisir est pour moi »
Tu retiens un rire ironique, amer, et grimaces à la fin de sa phrase. Ce type te sortait par les yeux, rien que de le regarder plus de cinq minutes, lui, son regard satisfait et sa main logée dans celle de Nikolaï, te filait des frissons et l’envie de vomir. Tu ne lui accordas qu’une chose : son amour évident pour Nikolaï. La seule raison qui t’empêchait de t’écrouler en pleurs, de t’enfuir fissa, de t’énerver comme un gamin de six ans qui n’obtient pas ce qu’il veut, et de le frapper tout en sachant pertinemment que tu te prendrais la raclé de ta vie, c’était parce que tu avais compris qu’il l’aimait plus que toi. Aussi difficile que ce soit à admettre, Aurelian paraissait mille fois plus apte à chérir Nikolaï que toi. Toi qui n’a rien vu, rien connu, rien fait, toi qui n’est qu’un outsider, toi qui n’a rien à faire aux côtés de Nikolaï, si une personne aussi imposante et manifestement merveilleuse qu’Aurelian s’y donne corps et âme, alors tu es juste bon à jeter à la poubelle.
Le sourire crispé, les yeux plissés de douleur, de devoir faire semblant d’être amical, tu masses ton poignet gauche, histoire qu’il ne s’emballe pas et qu’il n’y ait pas de malheureux accident. Sa question te fait sourire, et tu hésites même à y répondre. Il n’a qu’à le demander à Nikolaï s’il a vraiment envie de le savoir, il lui en parlera bien, toi tu n’avais pas la moindre envie de lui faire la conversation, les politesses auraient du suffire, alors qu’est ce qui lui prenait à t’adresser la parole pour plus de trois mots ? Ton don à toi, tu ne voulais pas qu’on le connaisse, surtout maintenant que tu te retrouvais sans gant, ça serait trop dangereux. Tu gardais ça jalousement pour toi, espérant que personne ne découvre tes crimes, et la raison de ces derniers. Mais aux côtés d’un Aurelian curieux, il y avait un Nikolaï contrarié, et si pour satisfaire l’un il faudrait répondre à l’autre.

« Tu imagines bien, dis donc. Il s’agit de ça. »

Sortant la main de ta poche, tu l’agites au nez du grand brun, le visage neutre et froid, essayant désespérément de garder la face devant Aurelian, alors que tu étales devant lui les indices des plus sombres recoins de ta vie. La main chargée à bloc, le courant te chatouille les doigts et s’échappe du bout de tes ongles en minuscules éclairs bleutés en crépitant doucement. Une fois que tu fus bien sûr qu’il ait saisi ce que cette image aussi effrayante que jolie voulait dire, tu plonges ton poing dans ta poche, le bras crispé, contracté par ta surcharge. Tu ne lui retournes pas la question, car tu as déjà compris. On ne dit pas à quelqu’un qu’on « n’oublie jamais ce que l’on voit, ce que l’on entend », à moins d’avoir un don altérant la mémoire ou de sortir d’un mauvais film d’action américain. Tu préférais croire à la première proposition. Que son don ne soit pas de nature physique te rassuras quelque peu : au moins, il ne serait pas comme Lyria, à te casser les os en t’envoyant des objets dessus ou en te faisant trébucher dans tous les escaliers de Virtus.

Sans un mot, tu les suis jusqu’à leur table, ton plateau vide entre les mains, de toutes façons tu n’as plus faim. Ton visage s’illumine quand tu t’aperçois que Nikolaï te cède une place, puis s’assombrit instantanément en remarquant la nature des dessins d’Aurelian. Tant que ça. Il l’aime tant que ça. Au point de connaitre ses traits par cœur, de le dessiner aussi parfaitement. Tu veux t’en aller, tu veux fuir, tu veux t’éloigner de ce couple qui t’écrase, de cet amour qui t’étouffe mais tes jambes ne te portent plus, alors au lieu de prendre tes jambes à ton cou et d’aller pleurer toutes les larmes de ton corps dans des toilettes au hasard, tu t’écroules lamentablement sur ta chaise, gardant sur les lèvres, quelque chose de crispé qu’on n’appellerait même pas un « sourire ». Tu te mords l’intérieur des joues, le visage déformé par la tristesse et la jalousie, et tu les contemples, tous les deux. Beaux comme des anges, noyés dans un bonheur qui t’es inconnu. Tu baisses les yeux, honteux de ne pas être capable de les laisser en paix, dégouté de toi-même, de ton inaptitude à leur déclarer, débordant d’enthousiasme : « je suis heureux pour vous ! ». Non, aucun sentiment de ce genre en réserve.
Et tu te tais, triturant tes doigts sous la table, ne sachant comment t’assoir pour te faire le plus petit possible, en attendant que tes jambes reprennent de leurs services et en savourant le regard attendri de Nikolaï. Comment allais-tu t’en sortir cette fois ci ? Comment t’y prendrais- tu pour le laisser partir sans plonger et couler inexorablement dans la plus ridicule des tristesses ? Celle des chagrins d’amour. Celle que tout le monde qualifie d’éphémère. Celle dont les autres se remémorent un sourire aux lèvres, en plaisantant avec ironie en racontant à quel point ils étaient pathétiques. Et toi, est-ce que tu seras capable d’en rire ? De dire à Aniela, entre deux éclats de rire, que tu es tombé amoureux d’un garçon, et qu’un mois plus tard, il te brisait le cœur en s’accrochant au bras d’un autre, tu pourras le faire ? Tu t’en sens capable ?
Les larmes montent, et aptes à te porter ou pas, tu décolles de ta chaise, faisant violence à tes jambes chancelantes. Tu te retournes vers Nikolaï, un masque de politesse recomposé au visage, lui adresses le plus faux des sourires et déclares en agitant ta main pour un au-revoir :

« Je suis désolé, je vais devoir y aller. Ça… ça m’a fait vraiment plaisir de te revoir. »

Tu abandonnes ton plateau à leur table, tournes les talons, et marches avec hâte vers la sortie du réfectoire. Sans un regard au dessus de l’épaule, tu attends de ne plus être visible pour te mettre à courir. Courir comme un dingue, pour n’avoir plus que la course à l’esprit. Pour ne plus penser qu’à respirer correctement, qu’à garder une cadence trop rapide. Tu ne t’arrêtes pas, te perds dans les couloirs, dérapes une ou deux fois, tombes à genoux, te relèves, reprends ton parcours idiot, mais tu ne pleures pas, non tu ne pleures pas. Tu sors de ta poche ta ventoline, inspires trop de fois, sors de Clever Cross le rouge aux joues et la gorge sifflante, ton cœur bat trop fort, tes yeux n’y voient plus grand-chose, floutés par un miroir de larmes qui ne veut pas couler, tu t’arrêtes au coin d’un chemin, craches tout ce que tu as dans le ventre, vomis toute ta jalousie, et puis tu te redresses, et tu cours. Tu cours pour ne pas pleurer. Tu cours sans t’arrêter. Aussi vite que tu peux. Aussi loin que tu peux. Parce qu’il n’y a rien d’autre à faire de toutes façons.

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Aurelian L. Kieser
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Lun 13 Aoû - 2:39


And I’ll find strength in pain and I will change my ways.

I’ll know my name as it’s called again.


L’envie de lui foutre son poing en pleine gueule heurta une dernière fois son esprit. Violemment, avec insistance. Il le cherchait, et pas qu’à moitié. Tout de ce type appelait Aurelian à lui faire mal, à cet instant-là. Pas forcément lui foutre la raclée de sa vie – il était chiant, pas absolument détestable – mais l’impulsion lui démangeait l’avant-bras. Ses yeux. La façon qu’ils avaient de supplier Nikolaï, de le caresser du regard, cette lueur d’affection trop brillante dansant dans ses iris. La façon qu’ils avaient de le fusiller, de l’accuser, de l’haïr, de lui en vouloir, sans même qu’il n’aille à ouvrir la bouche. Ses yeux parlaient pour lui. Et sa bouche se permettait quelques brusqueries aussi. « Tu imagines bien » ? Le petit salaud… Au moins, il avait le mérite de ne pas être totalement flasque et mou, ça avait ça de bien. Que l’autre mec qui osait même penser être à la hauteur de Niko soit une larve l’aurait enragé. Plus encore que l’air complètement charmé qu’il avait au visage lorsqu’il le regardait. Aurelian laissa ses dents creuser une énième fois l’intérieur de la joue, se faisant littéralement violence pour ne pas céder. Il fronça tout légèrement le nez puis, finalement, sentit le volcan se calmer. You’ve got this, don’t worry. Il ne fallait pas lui donner raison. Il pensait probablement qu’il n’était qu’une brute sans cervelle, tiens. C’est donc l’air impassible et les épaules relaxées que l’Allemand suivit calmement la trajectoire de la main de Clyde jusqu’à ce qu’elle arrive juste devant son nez. L’énergie en irradiait, plutôt impressionnante. Puis les minuscules éclairs bleutés qui craquelaient contre la peau du jeune homme, l’un d’eux venant même lui érafler le nez. C’était vachement dangereux. Il aurait pu le mettre K.O. d’une poigne solide, s’il l’avait vraiment voulu. Ne dissimulant pas totalement sa surprise, Aurelian haussa un sourcil, fixant toujours la main chargée puis porta son regard olive sur le jeune homme qui se tenait devant lui. Et sans qu’il ne puisse le contrôler, son cerveau puissamment entraîné entra en mode de défense. Il réfléchit, analysa, élabora des stratégies de défense en cas d’attaque, des offensives sécuritaires. Il demanderait à Niko plus tard s’il s’agissait seulement de sa main ou de plusieurs endroits de son corps. Valait mieux se préparer adéquatement. Le grand homme inspira profondément, expira. Not today.

Nikolaï les guida à la table, comme il l’avait suggéré un peu plus tôt. Ses choses étaient éparpillées un peu partout, les assiettes de nourriture éloignées pour prioriser l’art et la création. Ou la reproduction, dans ce cas spécifique. Cela avait pris des mois de pratique à l’Allemand pour qu’il arrive à créer. Les souvenirs étaient une valeur sûre, sécuritaire. Il ne se trompait pas, quand il se fiait à sa mémoire. Ses reproductions étaient toujours absolument parfaites, effrayantes, même. Longtemps, c’est tout ce qu’il faisait. Et on félicitait son talent, et il en avait envie de vomir. Ce n’est pas du talent, qu’il disait, c’est une putain de malédiction. C’est Niko, qui le lui avait montré. À se concentrer sur le vide, à laisser ses mains aller, à se créer des images nouvelles, fraîches, authentiques. Il lui avait donné cela, entre deux baisers, entre deux comprimés qu’il était venu glisser entre ses lèvres alors qu’il était pressé tout contre lui. Câlin et espiègle. Depuis, il limitait les copies conformes de ses souvenirs. Sauf pour cette image spécifique, qu’il chérissait comme aucune autre. Il l’avait faite et refaite. Au plomb, à l’aquarelle, au pastel gras, sec, à l’huile, à l’acrylique. C’était donc sans honte qu’il détaillait le dessin des yeux alors que les deux autres prenaient place à la table. Aurelian ne broncha pas lorsque Clyde pris place à côté de son amant; c’était lui qui l’avait invité là. Et ça ne voulait rien dire, bon. Il s’assied à son tour, face à Nikolaï, et échangea un bref regard avec lui avant de ramasser les choses qui occupaient toute la place de la table. Il ordonna les feuilles calmement, les glissa dans son sac puis rangea ses crayons dans leur étui. Et à peine avait-il bouclé les attaches de son sac que l’autre se levait, presque en panique. Le brun retint de peine un soupir d’exaspération, son regard sévère se posant sur lui, sans gêne. Really? Do you really want to start a scene right here, right now? Ça allait bien, là, viens pas tout foutre en l’air, connard. Il annonça son départ. Cela n’avait rien de spécialement surprenant. Mais il pensait plus tenace que ça, franchement. Peut-être s’était-il fait des attentes trop élevées en le voyant lui tenir un peu tête plus tôt? C’était sans doute cela.

Aurelian observa silencieusement l’échange bref entre Clyde et Niko, retenant difficilement quelque remarque sarcastique particulièrement cinglante en glissant une fraise puis deux raisins dans sa bouche. On aurait dit qu’il était sur le point de fondre en larmes. Il n’allait certainement pas le retenir. Mais pour une fois, il ne le défiait pas du regard. Il restait neutre, calme, attentif, attendant simplement la suite des évènements. Observateur, comme d’habitude. Et lorsque Clyde quitta, le pas visiblement pressé et frénétique, il ne le regarda plus. Niko serait déçu, il le savait, il le voyait. L’air était tendu, légèrement alourdi. Le ténébreux agrippa sa tasse de café et en vola une gorgée. Cela lui donnait bien quelques secondes pour penser à ce qu’il pouvait dire. Mais rien ne lui vint. La tasse se posa sur la table, sa main la quittant pour venir enlacer celle de Nikolai. Il la caressa de son pouce, la réchauffa de sa paume.


    « Je suis désolé. J’aurais peut-être dû rester assis à ma place bien sagement. »


Le sourire affiché sur ses lèvres était sincère; doux, soucieux. Il ne savait pas quoi dire pour le réconforter, quoi proposer, quoi faire. Il voulait seulement être là pour lui. S’il avait besoin de quelqu’un à gifler, d’une épaule contre laquelle se nicher, des lèvres pour l’embrasser.

    « T’as le droit de m’en vouloir, j’ai été limite gros lourd à un moment, je sais. »


Il était prêt. Anything for him.


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Nikolai L. Valdick
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Ven 17 Aoû - 17:30

« I heard your heart beating : you were in the darkness too. So I stayed in the darkness with you. »
Je ne voulais pas lui jeter la pierre, et faire comme si son départ précipité était quelque chose de grave en soi. Après tout, il a dû affronter en face à face Aurelian. Il a été menacé, et il s'est montrer étonnamment fort et tenace face à lui. Mais je crois que son endurance et son courage ont eux aussi leurs limites, et qu'il venait de les atteindre. Au point qu'il ne pouvait plus rester une seconde de plus parmi nous. Il a tourné les talons, et après une brève phrase lancée comme ça, il s'est mis à courir, emportant quelque chose avec lui. Je ne saurais dire quoi, à l'heure actuelle. Je n'ai même pas réussi à lui dire au revoir, et je suis resté aussi, la bouche entrouverte, à le regarder s'enfuir sans même un regard en arrière. J'avais tellement de choses à lui dire, et pourtant les mots restaient bel et bien bloqués dans ma gorge. J'ai manqué de temps. L'arrivée d'Aurelian avait largement écourté ces retrouvailles, et finalement, j'ai plutôt la sensation d'avoir fais pire que mieux en allant lui parler aujourd'hui. Je ne sais même pas s'il m'a pardonné véritablement, ou s'il a dit ça juste pour flatter mon ego. Mais j'ai été égoïste et trop prétentieux de croire que les choses seraient si faciles. Forcément, moi j'occupe la place confortable. Celle de celui qui décide. Et en demandant à Clyde d'être mon ami, je sais que je l'ai fais souffrir. Mais que pouvais-je faire d'autre ? On ne contrôle pas ses sentiments. Et les miens sont bel et bien entièrement dédiés à Aurelian, et rien qu'à lui.

Je n'arrive pas à retenir une mine déçu et un peu boudeuse juste après son départ. Je m'en veux en fait, et la sensation d'échec laisse un arrière goût amer en réalité. J'ai la triste impression d'avoir tout gâché avec Clyde, et de n'avoir rien fais de bien pour lui. Je ne lui ai fais que du mal depuis notre rencontre, et j'en ai bien conscience. Et moi, prétentieux et égoïste que je suis, je veux encore être son ami. Pour quoi faire ? Pour continuer à le faire souffrir ? Peut être que j'aurais dû couper totalement les ponts avec lui. Peut être que cela aurait été bénéfique pour lui. Mais qui sait ? Et si ça aurait été pire ? Parfois il est plus difficile de s'arracher à quelque chose, même si cela nous fait souffrir. Alors finalement, je me retrouve en prise avec moi même, ne sachant quoi faire pour lui venir en aide. Je veux juste être quelqu'un de bien pour lui. Après tout, il m'admirait autrefois, quand il m'a rencontré. J'imagine que cela doit être révolu aujourd'hui. Mais avant je représentais quelque chose pour lui. J'aurais voulu être quelqu'un de mieux pour lui, mais je n'ai pas su m'y prendre correctement, et je n'ai fais qu'enchaîner les erreurs à chaque fois.

Au bout d'un moment, Aurelian pose sa main sur la mienne, se voulant certainement réconfortant au vue de mon visage déçu. Je relève la tête, et plonge mes yeux azurs dans son regard olive. Je ne pouvais pas lui en vouloir au fond. Je comprenais que trop bien son désir de protéger ce qu'il lui appartient, surtout après deux ans d'absence. Les doutes nous hantent tous les deux, et les fantômes ne cessent de réapparaître. J'ai peur des gens qui l'ont touché. De ceux qui ont effleuré sa peau, et qui on profitait de sa personne alors que moi je l'attendais. J'imagine que c'est la même chose pour lui. J'imagine qu'il craint terriblement ces personnes qui ont fait ma vie pendant deux ans, là où lui n'était pas là. Un petit sourire triste se dessine sur mes lèvres en pensant à tout ça. J'ai envie de crever l'abcès, d'en parler. Mais ce n'est pas le moment. Pourtant, il faudra bien qu'on se décide à parler. Il faudra bien qu'on se force à soulever nos problèmes. Car après tout, on ne peut pas reprendre notre histoire comme si rien ne s'était passé. Comme si ces deux années n'avaient jamais existé. Je refuse de nier cette période. Je refuse qu'il vienne écraser deux ans de ma vie de façon arbitraire, comme moi je ne viendrais pas supprimer ses deux années. Mais je n'avais pas envie de m'exprimer là dessus pour le moment, le coeur n'y était pas.

    « T'aurais pas dû t'interposer, c'est clair. Mais bon, pour maintenant, c'est fait de toute manière. J'irais lui parler la prochaine fois, t'en fais pas ... »


J'attrape le dernier grain de raisin dans l'assiette, et je le coince entre mes lèvres. Puis je m'approche d'Aurelian, lui tendant le grain de raisin, qu'il saisit avec ses lèvres aussi, avant de mordre dedans. Je me recule, et mange le demi-grain de raisin en le regardant avec un sourire espiègle et une lueur de taquinerie dans les yeux. Encore une fois, je fuyais le problème, parce que j'ai tout le temps peur. J'ai peur de le saouler avec mes conneries d'adolescent amoureux. J'ai peur qu'il se fâche contre moi, et qu'il s'en va de nouveau. Je ne veux plus revivre ce qui s'est passé. Je veux qu'il reste avec moi. Alors je fuis désespérément les problèmes qui peuvent survivre entre nous, pour que jamais il ne ressente l'envie de partir. C'est un peu bête, n'est-ce pas ? Parfois, j'en viens à me demander si l'harmonie retrouvée ne serait pas factice. Mais je suis certain d'une chose : c'est que mon amour pour Aurelian est sincère et immense, et que rien ne peut altérer ce sentiment pour le moment. L'amour m'aveugle, et le désir étreint mon esprit.

Je reste un instant songeur, perdu à moitié entre mes rêveries et mes pensées négatives. Et je sens son regard se poser sur moi. A chaque fois, cette même sensation de picotements au creux du ventre, comme une myriade de papillons en plein envol. Je croise ses yeux dans le coin des miens, et un sourire se trace sur mes lèvres, sans que j'ai besoin de tourner la tête. Avec Aurelian, c'est un jeu de sensation. Un éveil aux perceptions permanent. Avec un besoin insatiable de sentir l'autre. Il faut toujours qu'il frôle ma peau. J'ai besoin de croiser son regard régulièrement. Il veut toujours attraper mes hanches. J'ai toujours envie de lui prendre la main et de l'embrasser. Il me fait goûter son assiette, et je lui arrache des lèvres sa nourriture. Quand il me chatouille, je le laisse faire, et quand je suis à deux doigts de l'asphyxie, il s'allonge sur moi, et mon souffle se coupe un instant. Pour reprendre de plus bel au rythme des battements de son coeur sur ma poitrine. Je lui fais une mine inquisitrice, puis je me penche sur la table pour saisir son sac. Je fouille rapidement le contenu, et je sors le fameux carnet qui avait attiré mon attention un peu plus tôt. Je l'ouvre et fait ressortir le dessin de moi qu'il faisait pendant que je parlais à Clyde. Avec mon regard inquisiteur, je lui tends du bout des doigts le carnet, en lui mettant en évidence le dessin sous le nez.

    « C'est à ça que tu t'amuses pendant que j'ai le dos tourné ? Remarque, c'est un très joli portrait. Le modèle est plutôt pas mal non plus ... »


Je lui lance un regard malicieux, avec un sourire de gamin, en me mordant la lèvre inférieure. C'était flatteur dans un sens. J'aimais beaucoup ce dessin en fait. Pas parce qu'il flatte mon ego et mon amour narcissique. Mais plutôt parce qu'il a été fait par Aurelian. Ses mains ont dessiné chaque courbe de mon corps, chaque trait de mon visage, chaque ligne de mes cheveux, avec une précision alarmante et extraordinaire. Je pose le carnet entre nous, et je me penche en prenant appui sur mes coudes, pour l'embrasser sur la joue. Ma plus grande chance, c'est d'avoir un garçon comme lui à mes côtés.

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Aurelian L. Kieser
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Dim 19 Aoû - 3:17


Your beauty ripped my world apart; Now I’m coming back to settle up and take your heart.


Peu à peu, cette première incertitude qu’il avait ressentie en enlaçant la main de Nikolaï de ses doigts prenait en force. Elle lui traversait le ventre, le torse et le cœur. Elle lui faisait serrer les dents, elle lui nouait la gorge, elle lui tendait la nuque et les épaules. Mais il n’y cèderait pas. Peut-être que ce contact n’était pas tout à fait approprié, pour l’instant. Il aurait dû attendre, ou pousser la discussion. Mais la discussion, ça n’était pas spécialement son fort. Et l’attente non plus, d’ailleurs. Il préférait lorsqu’ils se comprenaient, sans avoir à dire un mot. Lorsqu’un sourire voulait tout dire. Trop de temps avait passé. Trop de jours loin l’un de l’autre. Trop de doutes, trop de peurs, trop de regrets. Il détestait cela. Il se détestait pour cela. Ils étaient là, l’un devant l’autre. Se fixant, se cherchant du regard. Et même s’ils s’aimaient plus que les mots ne pouvaient le décrire, même s’ils étaient tout l’un pour l’autre, quelque chose manquait. Quelque chose d’important. Ils leur manquaient la confiance, la vraie, celle qu’ils ne pourraient retrouver qu’en se disant les vraies choses. En parlant de ces deux années. Parce que le pire, ce n’était pas tant ce qui s’était passé. C’était de supposer, de s’imaginer. S’ils se le disaient, il n’y aurait plus cette incertitude. Que la vérité. Et la force de grandir de celle-ci. We can make it baby, I know. Trust me. We can be happy again, we can live again and not be so scared.

C’était inévitable, ils allaient devoir en discuter sérieusement. Mais pas aujourd’hui. Peut-être pas demain. Mais bientôt, sans quoi ils allaient se perdre pour toujours. Cette idée était inconcevable. Pour l’instant, le regard de son amant suffisait à le rassurer. Même si Niko ne lui disait pas toujours tout le fond de sa pensée, ses yeux parlaient pour lui. Aurelian le savait déçu. Et il savait que ce n’était pas sa place, de s’interposer entre lui et les gens qui avaient fait partie de sa vie depuis tout ce temps. Mais il pouvait également lire entre les délicates vagues de bleu qui ornaient ses pupilles qu’il ne lui en voulait pas. Qu’il l’aimait autant qu’au premier jour, et plus encore. Le grand brun entendait les reproches de celui qu’il aimait. Les acceptait. Il n’aurait pas dû, mais c’était fait. Il fallait s'y attendre de toute façon. Il se connaissait suffisamment bien pour savoir que sa possessivité serait, à un certain moment, trop vive, trop forte pour qu’il ne puisse la contrôler correctement. Mais il savait aussi que cela aurait pu être pire que ça l’avait été. Dans son cœur, Aurelian croyait que ce n’était pas pour rien, qu’ils s’étaient retrouvés malgré le déchirement que son propre départ leur avait causé. It was meant to be. On est inséparables, sugar, et rien n’y changera quoique ce soit. Je te le jure.

C’est l’esprit confus que le ténébreux remarqua, du coin de l’œil, les doigts de Nikolaï s’étirer vers le dernier raisin qui reposait dans l’assiette. Un sourire étreint le visage du jeune homme lorsqu’il remarqua le fruit fixé dans la bouche de celui qu’il aimait. Il le lui tendait, joueur et heureux. Et sans se faire prier, Aurelian se pencha vers la table, retint le raisin entre ses lèvres à son tour, et profita un instant des délicats frôlements de leur peau avant de mordre, rompant le fruit en deux. Il ponctua le geste d’un clin d’œil puis retrouva sa posture normale, avalant la moitié du grain après l’avoir mâché. Un silence s’installe, un silence qu’ils comprennent tous les deux. Mais ils ne s’y attardent pas. Ils allaient y revenir. Comme pour combler le vide, le jeune homme rassembla les couverts et les rangea sur le côté de la table, avant de reporter son attention sur Niko. Il se demandait parfois comment il avait fait pour le quitter. Il serait incapable de le refaire une seconde fois. N’en avait aucunement l’intention, non plus. Les dents de l’Allemand s’accrochèrent un instant à sa lèvre du bas, au même moment où son amant se retournait vers lui pour le regarder. C’était suffisant pour lui donner chaud, pour que son corps s’éveille à lui et à ses envies, pour qu’il aille envie de serrer sa peau sous ses ongles. Il étira sa main vers lui une seconde fois, laissa ses doigts effleurer son poignet, sa paume, traça les lignes au creux de sa main. Sans le quitter des yeux. I see you, I feel you. I’m not letting you go.

La tendresse fit vite place au jeu; une lueur joueuse brilla dans les yeux bleus de l’étudiant avant qu’il ne se penche pour agripper le cuir de son sac. Interloqué, le brun n’eut pas le temps de l’attraper au vol que Niko fouillait déjà dedans. Il fronça légèrement les sourcils, sans qu’il ne cesse de sourire, puis se sentit rougir en voyant qu’il en sortait son carnet de dessin. Et, inévitablement, il tournait les pages de celui-ci, rapidement, jusqu’à arriver à la page du portrait qu’il avait fait de lui durant sa discussion. Il avait un peu envie de disparaître. Il avait peur que ça ne lui plaise pas. Il avait peur qu’il se souvienne de cette scène spécifique, de ce qu’elle représentait vraiment. Mais heureusement, il n’en est rien. Nikolaï sourit, le taquine de quelques mots, le couve de son regard. Il le lui dira, quand viendra le moment de la discussion. Pourquoi il avait reproduit ce moment, encore et encore. Le regard verdâtre d’Aurelian retraça les traits du plomb de son crayon alors que son homme lui montrait le dessin.


    « Le modèle va avoir la grosse tête s’il continue comme ça. Et une grosse tête, c’est pas joli sur papier. »


L’Allemand ponctua sa phrase d’une petite grimace et d’un rire puis, à son tour, appuya ses coudes sur le bois de la table pour rejoindre Niko à mi-chemin. Il lui sourit tendrement puis le laissa embrasser sa joue, profitant de sa proximité pour respirer son odeur, juste sous son oreille. Mais cela ne lui suffit pas. Lui aussi était gourmand. La main gauche d’Aurelian vint doucement s’accrocher au menton de Nikolaï et lui fit tourner la tête dans sa direction. Leurs nez s’effleurèrent puis leurs lèvres, avant qu’elles ne s’accrochent plus fermement les unes aux autres. Son pouce traçant la courbe de la mâchoire de l’étudiant, le ténébreux ne tarda pas à approfondir le baiser, la pointe de sa langue s’imposant d’abord contre celle de son amant. Il aimait tant l’embrasser, le sentir, le goûter. Le baiser dura un moment, avant qu’il ne se recule, aspirant entre ses dents la lèvre inférieure de Niko puis la relâchant. Un autre clin d’œil, équivoque.

    « Alors… Tu veux toujours aller à l’atelier? J’peux te servir de modèle à mon tour, si tu veux. »


Aurelian embrassa son aimé une autre fois, au coin de la bouche, puis reprit possession de son sac et de son carnet, rangea le tout et accrocha la bande de cuir à son épaule avant de se lever. Quelques pas, puis il tendit la main vers Niko, attendant qu’il y presse la sienne.

I love you so much. Please… Never leave my side.


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Nikolai L. Valdick
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Dim 19 Aoû - 22:33

« Dearly Beloved. »
Je n'aurais jamais crû pouvoir trouver mon salut dans l'attente. Le retrouver ? C'était insensé. Personne n'y aurait crû bien évidemment, sauf moi. Le coeur plein d'espoirs, et la tête remplie de rêves, j'avais la sensation qu'il reviendrait tôt ou tard. Alors je l'ai attendu, seul et désespéré. Comme un naufragé perdu en plein océan, je me suis assis au bord de l'eau, et j'ai laissé le temps filer. Ce ne fut pas si facile. J'ai bien failli me détourner de mon objectif à plusieurs reprises. Après autant de temps, comment pouvais-je avoir la certitude que je le reverrais ? Je ne savais même pas s'il était encore vivant. Ce n'était qu'un souvenir et un rêve pour moi. Un être persistant dont l'existence se trouvait à mi-chemin entre la réalité et le fantasme. Il représentait un passé qui n'existait plus, mais aussi un futur qui pourrait être. Ce rêve persistant, de celui qui me prendrait la main. C'était plus une torture qu'un bienfait. Entre les cauchemars de l'explosion, et des vies qu'on arrachait terriblement, je voyais son visage, et je sentais presque son odeur et la chaleur de sa peau. Et dans un sursaut, je me réveillais, et ma main cherchait à mes côtés sa présence. Je cherchais juste à donner du sens à tout ça. Je voulais juste que les rêves cessent, et qu'il revienne chasser mes peurs, lui qui autrefois se faisait gardien de mon sommeil. Car pendant tout ce temps, il était cet espace vide dans mon lit. Ce creux permanent dans les plus sombres nuits, dans lequel je cherchais désespérément une présence. Quelque chose qui viendrait briser l'absence.

Quand il est revenu, il a changé la mise. Au milieu des ténèbres dans lesquelles je m'étais enfoncé, il est venu, et m'a sorti de là. Aujourd'hui, j'ai la sensation de renaître. D'être quelqu'un de différent, tout en restant le même de façon paradoxale. Je crois qu'il a achevé une lente transformation. Une métamorphose de deux ans. Je me sens plus fort. Fort des blessures qui ont cicatrisé. Mais j'ai encore beaucoup de choses à apprendre, et je sais que le chemin sera encore long. Je dois encore dissiper les ténèbres qui entourent ma relation avec Aurelian. Il nous faut comprendre ce qui nous ronge en secret, dans l'ombre de nos coeurs un peu trop brillants. Pour finalement devenir plus fort et plus grand encore. J'ai foi en lui désormais, même après son départ. Et j'ai véritablement envie de construire quelque chose avec lui. Pas de délires comme une grande maison, un chien, une belle voiture et tout. Je n'ai aucune idée de ce que sera ma vie auprès de lui. Mais tout ce que je sais, c'est que je veux passer ma vie à lui tenir la main, et à être à ses côtés. Je sais que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre de lui. Car quand je crois le connaître par coeur, il me montre que je fais fausse route, et qu'il est toujours capable de me surprendre encore. Aujourd'hui, j'ai le désir ardent de rattraper le temps perdu, et de l'aimer comme jamais.

J'ai presque les larmes aux yeux en pensant à tout ça. Mais c'est toutes ces pensées qui me viennent en tête quand je le regarde, et que je me perds dans son regard de jade. C'est dans ces moments là que je prends conscience que ma vie est là, à ses cotés. Que je saurais le protéger de tout ce qui pourra le blesser. Je prendrais soin de lui, et c'est par là que je trouverais mon bonheur. Il se lève, après avoir rangé ses affaires, et il me tire de ma rêverie passagère, en me tendant une main afin de m'emmener à l'atelier comme nous l'avions prévu initialement. Un drôle de sourire, partagé entre la tristesse et l'euphorie, décore mon visage paisible. Je prends mon sac que je jette sur mon épaule, et j'attrape sa main. Et d'un bond je me lève, tout en réarrangeant mes vêtements en les époussetant d'un geste de la main. Je relève la tête, et en un regard, une sensation étrange monte en moi. J'ai envie de lui dire de ne jamais s'en aller. De ne plus jamais partir. Comme ça, sans véritable raison. Mais mon coeur est lourd, et mon esprit est constamment assombri par cette crainte muette qui ronge mon âme chaque jour un peu plus, depuis que je l'ai retrouvé. Spontanément, je lâche sa main, et mes bras viennent l'enlacer au niveau de la taille, et ma tête se colle sur son torse un instant, juste pour le sentir tout contre moi. On reste ainsi, quelques secondes, puis je m'écarte de lui, et lui arrache un baiser, alors que je remarque la surprise sur son visage.

    « Allons-y. J'ai bien envie de te dessiner, ça fait longtemps, tu crois pas ? »


J'attrape de nouveau sa main, et de l'autre, je maintiens la lanière de mon sac. Et je l'entraîne avec moi, doucement, main dans la main. J'ai parfois un peu peur qu'il la lâche. Mais au fond, je sais que nos coeurs sont liés de façon étroite et secrète. Alors je fais taire mes craintes, et le doute se cache de nouveau en moi. Prêt à resurgir plus tard. Encore plus grand, encore plus sombre et effrayant. Mais peu importe. Pour le moment, je veux juste profiter d'Aurelian, et du temps qu'on m'accorde avec lui.

Cet après-midi là, nous sommes donc allés à l'atelier. Nous étions assis près d'une grande fenêtre, face à face. Il me parle de tout et de rien, et moi je le dessine, caché derrière mon carnet, avec mon crayon gris qui griffonne frénétiquement le papier à grain. Je lui jette de bref coups d'oeil par dessus ma feuille. Lui, il s'amuse à me taquiner. Parfois, il essaye de voir son portrait avant qu'il ne soit terminé. Et moi je le repousse d'un geste de la main, en le poussant sur le front. Pour se venger, il se jette sur moi, et m'assaille de chatouilles. Moi, impuissant, je ne peux que me tordre de rire, en laissant tomber mon crayon et mon carnet de dessin, alors que lui m'écrase de tout son poids et de tout son amour. Il s'arrête finalement, et il me regarde. Je me sens fondre sous son regard, tandis que mes yeux azurs se fixent sur chaque détails de son visage. Je me redresse, et reprend mon carnet de dessin afin de terminer son portrait. Il a l'air si mauvais comparé au sien, pourtant, je n'ai jamais eu à rougir de mon coup de crayon que je trouve assez bon dans l'ensemble, surtout pour les portraits. Mais son portrait de moi était si précis, si détaillé. C'était outrageusement réussi, et j'avais presque honte de lui présenter mon dessin, tant j'ai peur qu'il me trouve ridicule. Finalement, il saisit le carnet, et le regarde, le scrute des yeux. Il le tourne vers moi, et met sa tête à côté en prenant la même pose que le dessin. Je rigole, et je me penche sur lui pour lui voler un énième baiser.

Et l'après-midi s'écoula comme ça, tranquillement, au rythme de nos rires et de nos jeux. Tout aussi nombreux que les minutes qui se sont écoulées cet après-midi là. Aurelian m'a finalement emmené dans les jardins pour voir le coucher de soleil sur la Loire. C'était absolument magnifique. De toute manière, tout ce que je fais avec lui semble plus magnifique. Il sublime ma vie, à chaque instant, et il illumine les moments les plus importants de ma vie. C'est comme ça, je ne saurais l'expliquer. Tout ce que je sais c'est que ce coucher de soleil n'aurait pas été aussi magnifique s'il n'avait pas été là. Tout ce que je sais, c'est que je l'aime terriblement. Plus que de raison. Pourtant, malgré mes rires et mes sourires, je ne pouvais m'empêcher de penser à Clyde, et à ce qui s'était passé le midi, à la cafétéria. Il reste encore du chemin à faire pour m'en sortir encore. Un jour, je sais que tout finira pas s'arranger. Tout finira par briller dans la lumière. Je suis plein d'espoir, et j'ai foi en l'avenir aujourd'hui.

Sujet terminé.

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UNTIL DEATH DO US PART.
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BREATHLESS - Clyde J. & Aurelian K. -

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