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 Un point bleu sur tableau bleu [PV May] - Terminé

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William Lawford
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Autonomia


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Jeu 19 Juil - 19:03

Pas de cours aujourd’hui. Dimanche sonne comme un jour béni pour les élèves de l’école. Je n’ai qu’à poser un pas hors de ma chambre pour les voir déambuler un peu partout joyeusement. Peu ont la force mentale de sacrifier ce jour pour s’enfermer à la bibliothèque et bosser leurs cours. Moi-même, je viens d’en sortir. Non, je suis pas un de ces premiers de la classe qui s’acharnent à flinguer tous leurs devoirs de la semaine, comme s’ils avaient le feu aux fesses. En fait, quand j’y vais, je me pose sur une chaise dans un coin, à côté d’une fenêtre… Et voilà. Bah quitte à s’emmerder, autant le faire dans le silence, non ? La bibliothèque, c’est parfait.

Pas de bol, aujourd’hui, j’avais une espèce de troupe de groupies derrière moi, qui passait plus de temps à se retourner pour glousser que finir leur prétendu devoir. Au bout d’un moment, je me suis retourné pour leur faire mon regard de pirate. C’est comme ça que je l’appelle quand je fronce les sourcils, genre regard trop dark, parce que ça le fait vachement avec mon cache-œil. Testé et approuvé, ça fait peur aux enfants. Mais je crois que ça a un effet bizarre sur les filles… Elles se sont transformées en véritables dindes après ça. J’ai pas compris en quoi c’était sexy de foudroyer des gens d’un œil, mais soit. Je suis parti, un peu sur les nerfs. Y a rien de pire pour commencer une journée que de constater que même quand on y met de la volonté, y a pas moyen d’être tranquille.

Mes pas me conduisent à l’extérieur. Il fait chaud et ça, les élèves l’ont bien compris. On dirait un rassemblement pour la fête du 14 juillet. J’esquive les attroupements pour m’éloigner vers des lieux plus calmes. Sacrée marche pour réaliser ça, mais peu importe, je peux aller m’enfoncer dans des forêts s’il le faut.
Heureusement, je n’ai pas à en arriver jusque là. Les rives du fleuve sont souvent calmes, si on marche assez loin du château. Je trouve un petit coin bien tranquille entre des roseaux. J’enlève mes chaussures et m’assieds sur le sol. Quand l’eau entre en contact avec ma peau, un soupir de bien-être m’échappe. Je commence à jouer en balançant mes pieds dans l’eau.

Bim.

Gnm… ? C’est quoi ce truc que je viens de percuter ? Et c’est normal que l’eau soit si bleue, juste sous mes pieds ?

Je me redresse sur l’herbe, à quatre pattes et penche la tête vers la tâche bleue qui s’étend sous la surface de l’eau, sourcils froncés. Qu’est-ce que… ?

« Oula. Je crois qu’il y a un homme à la mer… »


Dernière édition par William Lawford le Jeu 30 Aoû - 21:29, édité 1 fois
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May Bastide
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Ven 20 Juil - 16:06

Moi, je suis de Montpellier, vous savez, alors les étés, je ne les passe pas dans une maison avec climatisation ou dans un appartement surchauffé au milieu d’une grande ville. Non. Mes étés, je les passe A LA MER. C’est non négociable, si je ne peux pas me baigner à ma guise pendant juillet et août, alors je pète un câble et fait exploser la facture de consommation d’eau en prenant bain sur bain. Je demande pas grand chose ! En fait, une flaque ferait l’affaire, je crois, enfin peut-être pas, je pourrais pas y mettre ma tête entière : ouais, j’ai une grosse tête. Ou alors c’est juste que la flaque est petite. Bref.
A Clever Cross, à défaut d’avoir la mer et son immensité azurée, on a un truc –pas ridicule, bon d’accord, mais par rapport à la mer : QUAND MEME- qui s’appelle la Loire ! Mais, oh malheur, ne vous y baignez pas à cinq mètres de l’école, pas l’été. Sinon vous aurez droit à un défilé de poufs en tout genre, avec bikinis taille quatorze ans roses fushia qui poussent des « oh ! » en rentrant dans l’eau et gloussent parce qu’elle est trop froide. En plus c’est même pas vrai. C’est même pas trop froid. Bien sûr je n’omets pas la gente masculine, qui reste persuadée que le meilleur moyen de séduire une fille en maillot de bain, c’est de sortir un short hawaïen immonde et des lunettes de mouches en les sifflant avec une délicatesse infinie. Non vraiment, c’est pas pour moi.

Du coup, pas que je n’aime pas les gens, au contraire, mais je m’isole. Juste pour avoir assez de bleu à moi toute seule. Au pire, tous ces gens, je les verrais en cours, dans les couloirs, à la cafétaria : mais là, je veux juste qu’on me foute la paix. Vu qu’on a eu droit à une invasion d’allemands soviétiques, l’école est bondée, et même si je suis loin d’être agoraphobe, c’est un peu… étouffant. Oui. Quelque chose comme ça, je crois.
Après avoir marché quelques centaines de mètres avec mes converses totalement trempées et déchirées, j’arrive à destination : le CALME. Enfin non, parce que le courant de la rivière et le bruissement des feuilles, ça fout un bordel, je vous raconte pas. Mais ça représente la notion de la plénitude aux yeux de beaucoup de monde, alors je dois pas être normale en fait. J’enlève mon short en jean troué, je le balance dans un coin de la forêt, je fais de même avec mon t-shirt, mais comme je vise mal eh ben, à mon avis il sera plus difficile à retrouver, mais c’est pas grave : on est en vacances ! Je dénoue mes lacets en quatrième vitesse, ne prends même pas le temps de voir si « elle est bonne » et plonge tête la première, branchies dehors.

Salut. Salut. Salut les gars ! Oui, vous m’excuserez, je suis populaire avec les poissons. Bon, je leur parle pas comme Raven le pourrait, mais je suis sûre qu’ils m’aiment bien, d’ailleurs leur idée révolutionnaire de faire bouffer des peaux mortes aux petits poissons : c’est totalement has been, moi je connais depuis des lustres.
Je nage de caillou en caillou, fais l’inspection des lieux, constate que tel galet a changé de place –non je blague, je m’en balance complet. Je me rafraîchis tout simplement, je me laisse couler et je somnole presque. Presque.
Oui jusqu’à ce que ma tête rencontre un pieds. Et j’aime pas les pieds, vraiment pas. Ni une, ni deux, je remonte à la surface pour voir à qui appartiennent ses orteils qui ont osé venir se loger dans ma chevelure bleue. Et là, au lieu de me mettre en furie pour engueuler un mec en short hawaïen, SURPRISE. J’ai le capitaine Jack Sparrow. Je dis ça, parce qu’il a un bandeau devant l’œil, ça fait pirate, ça fait badass, wouh.

Tout sourire, je réajuste mon haut de maillot rayé, m’éclaircis la voix, saisis son poignet et déclare :

« Que ce jour reste à jamais dans vos mémoires, comme celui où vous avez failli capturer le capitaine Jack Sparrow ! »

Bon, en fait, je suis pas sûre qu’il ait les mêmes références que moi, et si ça se trouve, ça le fera pas rire du tout, et si ça ce trouve, je viens de lui donner une bonne raison de me haïr pour le restant de ses jours. Mais moi je veux pas ! Je veux pas qu’il me déteste ! Alors je rattrape le coup, enfin rattraper le coup, c’est un bien grand mot, disons que j’essaye de lui faire croire que je n’ai jamais fait cette blague stupide en me mettant à parler le plus vite possible, sur n’importe quoi :

« Salut ! Moi je m’appelle May ! Et toi tu t’appelles comment ? Dis, ils étaient à toi, ces orteils ? Non parce que, je sais pas toi, mais moi je trouve que les pieds, c’est effrayant. Mais c’est peut-être parce que je suis folle ! Bref, je suis en 4ième année, et toi ? T’es pas russe toi, si ? Il me semble que je t’ai déjà vu… Tu passes pas partout, avec ton… »

Aïe, on y revient finalement..

« …cache-œil. »

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William Lawford
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Sam 21 Juil - 0:13

La tête sort aussitôt de l’eau, si vite que j’ai à peine le temps de reculer pour ne pas me la prendre en plein face. Je recule encore plus, instinctivement, quand je vois que c’est une fille. Une fille… assez mignonne. Mais surtout bien bizarre. Je sais pas trop quoi penser des branchies qui lui traversent le cou, des cheveux bleus qui se bousculent sur ses épaules et de la tête d’abrutie heureuse qu’elle fait. J’ai pas le temps de penser, en fait. Elle m’attrape le poignet sans rien demander et me lance une phrase dont je me souviendrai sans doute toute ma vie.

… WTF ?

J’ai compris la référence cinématographique, ça serait difficile de la louper, quand on sait qu’un gamin de 5 ans a cru que j’allais jouer dans le film en me voyant entrer dans la salle de cinéma, genre j’allais rentrer dans l’écran ou j’sais pas ce qu’il s’est imaginé, simplement parce que j’avais un cache-œil. Mais… C’est normal d’aborder les gens en leur lançant une réplique de film venue de nulle part ?

Sur le coup, je suis plus surpris qu’autre chose. Mais la fille a du croire qu’elle m’avait vexé, sans doute, parce qu’elle a immédiatement noyé sa réplique dans un long discours dont j’ai retenu peu de choses. J’ai cependant noté son prénom dans un coin de ma tête. May. Pour l’instant, je sais pas trop si je vais la classer dans la catégorie des gens sympas ou des tarés à éviter. Actuellement, elle flotte entre les deux.

En fait, elle est mignonne. Enfin, attendrissante, je veux dire. C’est drôle comme elle a l’air d’éviter de prononcer « cache-œil », comme s’il s’agissait d’un handicap dont j’avais honte. Mais je préfère ça. Je le prends comme une marque de délicatesse. J’en ai un peu ras-le-bol des gens qui me bombardent de questions indiscrètes, genre « Wah trop la classe de se cacher les yeux ! ». S’ils savaient ce que je donnerai pour le retirer…

Bref, la surprise passée, je finis par reprendre l’usage de la parole :

« Mmh… Je te propose de prendre dans l’ordre ? »


Moi me moquer d’elle ? Mais pas du tout.

« ‘m’appelle William. Les orteils étaient en effet à moi, d’ailleurs je m’excuse s’ils t’ont surpris. Sinon, je suis en cinquième année et à mille lieux d’être russe, même si je suis pas plus français, si on parle de mon sang. Moi ça m’étonne d’avoir raté de tels cheveux bleus et une telle suractivité de la parole pendant quatre ans, même si j’ai pas très bonne mémoire à ce niveau-là. »


Je sais pas c’est quoi son secret, mais elle a réussi à me faire parler plus longtemps que si on m’avait demandé de faire un discours de fin d’année, que j’aurai sans doute bâclé, me connaissant. Je ramène un peu plus mes jambes à moi pour m’éloigner, machinalement.

« Mon cache-œil n’est pas super discret, ouais. Mais je pourrai en dire autant de ce que t’as, là… Des branchies ? »


Je la regarde du coin de l’œil, sans aucune expression sur le visage. C’est sûrement lié à son don, des humains avec des branchies, ça court pas les rues. Ajouté à sa chevelure surnaturelle, ça donne un truc assez spécial.

« C’est plutôt une espèce de sirène que j’ai failli capturer, non ? »


Le capitaine Jack Sparrow… C’est moi. Ouais, j’ai toujours trouvé qu’il avait une certaine classe.

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May Bastide
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Dim 22 Juil - 15:42

Prendre dans l’ordre, oui, prendre dans l’ordre. Une chose parmi une centaine d’autre que je ne sais pas faire, comme cuisiner des nems ou repérer la Grande Ourse. Rien à faire, ces foutues casseroles, je ne les vois pas ! William, hein ? Ce type transpire l’ironie, ça me plaît pas du tout, il va falloir y remédier : je déteste qu’on me prenne pour une idiote, même si j’avoue que parfois c’est bien mérité, peut-être même tout de suite en fait. Oui, il a raison, après tout, je me suis bien jetée sur lui en lui balançant une réplique de Pirates des Caraïbes, ce qui fait de moi une personne qui n’a pas le droit de l’insulter ou de le remettre à sa place dans les dix prochaines phrases : règles de conversation établies par moi-même. Ah, je me disais bien que je l’avais déjà aperçu dans cette école ! En cinquième année ? Oui, ça doit être pour ça que je ne le connais guère plus, moi je suis qu’en quatrième. Pfeuh.

« William ? C’est trop long. Tu t’appelleras WILL ! »

Tu peux aller faire changer ta carte d’identité, ton passeport et tes papiers : je viens de te rebaptiser. Et ça te va bien, Will. Je ne sais pas pourquoi, William c’est trop long, Will c’est parfait. Parce que j’ai le sentiment que je t’appellerais souvent. Je voudrais bien savoir s’il l’a aussi, ce sentiment, mais je veux pas le conforter dans son idée à savoir « Cette fille est une folle. ». S’il ne m’a pas remarqué ? Oh, c’est normal. Je suis bruyante, mais pas omniprésente. Je dors durant les soixante-cinq pour cent de ma journée, et le reste du temps, soit je suis avec Léo, soit je nage, dans n’importe quel endroit où on trouve plus d’un mètre cube d’eau.
Œil pour œil, dent pour dent : je me fous de sa gueule avec son œil bandé, il se fiche de moi avec mes branchies. Je les avais oubliées, celles-là. Ces trois garces qui me pourrissent le semblant d’esthétisme et le minimum de beauté que j’essaye de me coller sur la tronche. A ses mots, je tourne au rouge vif. Les joues couleur tomate, salut, c’est moi, ketchupy. Je plaque ma main contre mon cou, pousse un grognement à en faire trembler les sols pleureurs et me martèle les branchies pour qu’elles s’enfouissent sous ma peau : mais rien à faire. Elles me font suer, ces saloperies !

« PUTAIN DE MERDE ! »

Oui, la classe, la grâce, l’élégance en personne. Je me redresse d’un coup, panique en ne trouvant aucun moyen de les cacher, jette un œil vers la supposée direction où j’ai envoyé valser mon t-shirt et regrette profondément de ne pas l’avoir sous la main à présent. Je pique une crise toute seule dans mon coin, crache quelques jurons, ajoute quelques mots vulgaires à mon caprice, et consciente d’être coincée, retourne m’asseoir en tailleur en face de lui. Toujours plus rouge, de colère ou de honte, j’évite ses yeux et me mords les lèvres.

« Pardon, ça…m’énerve… »

Ma rage s’efface soudainement quand il dit pêcher une sirène. MOI ? Une sirène ? Je pars dans un fou rire énormissime, qui me blesse les côtes et m’essouffle en un instant. Une sirène a au moins la chance d’avoir des branchies intégrées à leur système respiratoire. En plus, elles sont toujours super canons, avec mensurations de mannequins et queue de poisson qui brille comme des éclats de lunes. Moi, j’ai juste trois fentes qui s’ouvrent et se ferment toutes seules, bonnes à ranger des tickets de métro ou à effrayer les garçons que je tente misérablement de conquérir. Si on peut dire que j’ai mes chances à la conquête de la gente masculine. Oui, y’a que Léo qui veut bien de moi. Une main sur les branchies, l’autre ramenant mes genoux à mon buste, je lui rétorque joyeusement :

« Oh, rien de si beau ! Sur un marché aux poissons, je ne donnerai pas chère de ma peau, t’en tirerais pas plus de deux euros ! Et puis d’où tu as failli me capturer ? T’es encore bien loin de ça, très très, TRES loin ! »

Le sourire aux lèvres, je peigne ma chevelure de mes doigts et la positionne de manière à dissimuler mes branchies. J’ai bien de la chance, qu’elle soit si longue ! En fait c’est pratique des cheveux, quand ça sert pas à boucher le lavabo.
Je sais pas trop pourquoi, mais je reste assise là. En face d’un type que je ne connais pas, et qui en plus de ça, se fiche de moi. A croire que j’ai envie de me faire capturer, finalement.

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William Lawford
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Jeu 26 Juil - 1:47



Will ? As you want. On m'appelle déjà comme ça. Ah bah tiens, ça me fait un point commun avec Pirates des Caraïbes, maintenant. Will Turner, tout ça... Bref. C'est beaucoup plus intéressant de la voir péter un câble pour deux petites crottes sur son cou, que s'épancher sur mes homonymes.

J'assiste donc d'un oeil un peu surpris à ses gesticulations dans tous les sens, sans queue ni tête. Tout ça parce que j'ai évoqué ses branchies ? Voyons, ma belle, ne me dis pas que tu viens de les remarquer ? Ca doit être comique de la voir se lever, le matin. Si ça se trouve, elle casse des miroirs, à force de coups de panique.

« Pardon, ça…m’énerve… »

Oui, j'ai bien cru voir. Je reste silencieux, assis en tailleur comme elle, mains sur les chevilles. On se retrouve face à face, au moment où elle se met à rire. Elle a l'air d'avoir trouvé à son goût ma petite blague sur la sirène. Mais son commentaire est tout aussi drôle. 'scusez-moi, Mam'selle l'insaisissable. Un petit sourire en coin se glisse entre mes lèvres, tandis que j'attrape brusquement ses poignets tout près de ses cheveux, puisqu'elle se coiffe encore.

"Et là ? Je t'ai capturée, non ?"


J'aime jouer les imbéciles qui prennent les gens au mot, oui.

J'amène ses poignets vers moi, en les écartant légèrement, sans la quitter des yeux. Sa longue chevelure ondulée reste sauvagement lâchée sur ses épaules, sans mains pour les ordonner. De toute façon, elle aurait eu du mal à la faire, avec l'eau, ils ont pris des noeuds. Mais je me doute que les éliminer n'était pas le premier de ses soucis.

"T'as pas besoin de cacher tes branchies. Je les ai vues, de toute façon."


Aha, eh ouais, trop tard. Je le prends sur le ton de la plaisanterie (enfin... le ton de la plaisanterie chez moi, c'est plus du cynisme qu'autre chose) mais j'aurai pu dire tout simplement que les voir ne me choquait pas. Y a des choses plus laides, dans ce monde. A vrai dire, c'est pas ce qui me fait peur. Je m'en fiche pas mal, en fait.

"Elles ne disparaissent pas comme tu veux, j'imagine ?"


Mon sourcil levé suggère un "sinon, t'aurais pas fait une crise d'hystérie pareille". En vérité, il m'intrigue, son pouvoir. Elle est peut-être mi-femme, mi-poisson ? Peut-être que les branchies ne sont qu'une étape de transformation ? Je n'ai encore jamais croisé de type avec un pouvoir de métamorphose, ici.

Je me rends compte que je n'ai toujours pas lâché ses poignets. Je baisse les yeux pour mieux les observer. Je ne sais pas à quoi m'attendre. Voir des nageoires ou des espèces de palmes entre ses doigts, peut-être, quelque chose qui confirme mon hypothèse... Mais ce n'est pas le cas. Et pourtant, je retourne ses mains, de paume à dos, dos à paume, mais rien. Des mains parfaitement normales.

J'abandonne vite mon petit manège, après m'être fait la réflexion que ce n'était pas très correct. Encore un peu et je jouais les polices qui faisaient une fouille d'un suspect. Super classe, Will.

"Hum... Désolé."


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May Bastide
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Lun 30 Juil - 22:48

En temps normal, je lui aurais arraché mes poignets de ses mains, et je l’aurais gratifié d’un « Crève ! » aussi délicat que gracieux. Allez savoir pourquoi, là je me contentais d’un « pff… », sans même retirer mes mains de là où elles étaient. Peut-être que se faire pêcher par un pirate, ça ne me déplaisait pas tant que ça, ou peut-être que c’était juste le pirate qui me plaisait, en fait j’en sais rien, mais dans tout les cas, je restais là, comme une idiote. J’essayais tant bien que mal d’enfoncer ma tête dans mes épaules, histoire de planquer mes branchies, parce que même s’il les avait vu, ça m’arrangerait qu’il ne les revoit plus. Alors je râle encore, et puis je lui râle dessus aussi, parce qu’il l’a bien cherché, quand même :

« Capturée, capturée, c’est un bien grand mot ! Qui aurait envie de tomber dans les filets d’un type pareil ? »

Bon ok, moi peut-être, mais ça, du moment qu’il ne le sait pas, ça devrait aller. Et il m’agace, à se la jouer, comme ça ! D’où il débarque avec son bocal énorme et ses chevilles qui enflent ? Son attitude m’énerve, sa façon de parler m’énerve, tout, tout m’énerve ! Alors pourquoi je reste là ? Malgré mon agacement grandissant, je daigne répondre à sa question, mais là encore, je sais pas pourquoi je gaspille ma salive à discuter avec lui. Je dois pas tourner bien rond.

« Bravo, tu imagines bien ! C’est chiant parce que c’est franchement laid, d’habitude j’ai de quoi les planquer, mais il se trouve que là, tu m’empêches un peu de le faire. »

Traduction : si tu pouvais me lâcher, ce serait cool. Mais apparemment, Will préfère en profiter de m’avoir sous la main pour vérifier si je ne suis pas difforme ou si je ne me ronge pas les ongles plutôt que de me libérer. La liste des actions énervantes accomplies par notre cher pirate s’allonge de seconde en seconde, et moi je m’impatiente à sécher sur les cailloux du bord de la Loire.

« Hm… Will ? Je suis encore humaine, tu sais ? »

Je m’étonne des brèves excuses qui sortent de sa bouche. Tellement, que tous les mauvais sentiments que j’avais contre lui fondent comme un glaçon au soleil. L’image vous parle, n’est-ce pas ? ça va vite hein ? Eh ben voilà, dans ma tête, c’est pareil. Mes poignet retrouvés, j’en profite pour replacer mes cheveux contre mes branchies malgré tout : une fois, mais pas deux. On peut regarder le monstre juste un soir, on trouvera ça fascinant, au deuxième, ça dégoûte. Et je veux pas que Will me regarde avec un regard écoeuré, alors je cache ce qui me rend plus hideuse qu’étonnante, et j’éclate de rire devant sa tête qui témoignerait presque de la gêne. Je me tiens les côtes, tant je ris fort, et puis je me dis que je pourrais me venger.
Ni une, ni deux, je le tire de son caillou, l’oblige à se lever, et me jette sur lui en criant un « BANZAI ! » digne du plus grand guerrier asiatique de tous les temps. Comme je ne pèse pas vingt cinq kilos, on bascule et on s’écrase lamentablement dans l’eau, moi j’explose de rire en regardant sa tête d’ahuri tout trempé, et puis je me dis que j’ai peut-être fait une grosse bêtise si ses fringues coûtaient cher. Mais en fait, j’en ai franchement rien à foutre.
J’attrape ses poignets, je rigole encore, et puis je finis de me venger :

« Alors ? C’est qui, qui s’est fait capturer maintenant ? »

C’est toi, Will.

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William Lawford
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Dim 12 Aoû - 13:31

« Hm… Will ? Je suis encore humaine, tu sais ? »

Oui, bon, c’était peut-être un peu stupide de ma part. Mais je voulais juste savoir.
Elle s’empresse de remettre ses cheveux sur ses branchies, dès que je la lâche. Je soupire. Je lui ai dit que ça me dérangeait pas, mais ça lui est passé au-dessus de la tête, apparemment. M’enfin, je suis pas vraiment bien placé pour la juger, avec mon cache-œil.

Elle réagit à mes excuses de façon assez étonnante. Normal d’éclater de rire quand on vous dit qu’on est désolé ? Pour elle, oui, visiblement. Je lève un sourcil, incrédule. Elle est de plus en plus bizarre, cette fille. Mais je me surprends à trouver son rire… comment dire… Mignon ? Je n’en rate pas une miette, silencieux. D’un point de vue extérieur, j’ai sûrement une tête de mec blasé, mais mon regard fixe ne tromperait pas une personne observatrice. Oui, je suis bien en train de la mater.

Ce moment d’inattention me coûte cher. Elle en profite pour me sauter dessus de tout son poids, qui finit bien entendu par nous faire basculer tous les deux dans l’eau dans un grand plouf. Je sors ma tête de l’eau en inspirant un grand coup, sous le choc. J’aurais pu me fâcher mais elle rit toujours. Un rire qui agit comme un calmant sur moi. Cette stupide action me paraît alors pas si grave.

Pas si grave. Ca aurait été quelqu’un d’autre, je l’aurai sans doute trucidé.

« Toi alors… T’es vraiment tarée » je soupire, en ramenant en arrière les mèches mouillées qui obstruent mon champ de vision.

Sans prévenir, May saisit mes poignets, sans que j’ai eu le temps de prévoir son geste. Elle a toujours cet immense sourire sur les lèvres quand elle déclare :

« Alors ? C’est qui, qui s’est fait capturer maintenant ? »

C’est bibi.

Un micro-sourire en coin s’immisce sur mes lèvres. Pas si vite, ma grande. On ne se venge pas de moi impunément.

« Ok, j’avoue, tu m’as eu… Mais puisque tu veux jouer à ça… »

Mes poignets sont peut-être emprisonnés, mais mes mains sont toujours libres. Et elles sont assez grandes pour se rabattre sur les poignets de May, et d’un coup de force, renverser la situation. Je tiens pour la deuxième fois ses poignets, et en deux temps trois mouvements, les rattrape d’une seule main dans son dos, comme une prisonnière menottée. Elle n’a rien pu faire. Mon sourire s’est agrandi, mais elle ne peut pas le voir, de sa position, cependant je pense qu’elle l’a compris dans ma voix malicieuse qui chuchote à son oreille :

« La loi du plus fort est toujours la meilleure. Tu ne gagneras pas contre moi. »


Je tiens toujours fermement ses mains dans son dos, et m’exclame, d’un ton faussement contrarié :

« Ah, c’est bête ! Je pourrai en profiter pour te vendre mais deux euros, c’est pas grand-chose… Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? »


Et vlan, retour à l’envoyeur. Will-May : 2-1


_______

Sorry for late, j'espère que ça te convient silent
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May Bastide
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Sam 18 Aoû - 15:07

« Puisque tu veux jouer à ça »

A chaque fois que j’entends cette phrase, c’est un prélude aux gros ennuis, un avant goût de toutes les crasses qui se pointent à grands pas, bref, rien de bon pour moi ! Je commençais déjà à ouvrir de grands yeux et basculer de son bassin pour fuir branchies dehors au beau milieu du lit de la Loire qu’il m’agrippa les poignets et fit valoir sa force de mâle. En une microseconde, le pirate et ses muscles m’avaient agilement noué les bras dans le dos et flanqué le nez dans l’eau. Youpi. Et qu’est ce que je fais maintenant ?
Le voilà qui me cite du La Fontaine en plus. Quoi ? Lui le loup, moi l’agneau ? Il rêve, j’ai de plus grands crocs que lui, et je les lui planterai bien dans le flanc s’il me lâchait du leste. Mais rien à faire, j’ai beau m’agiter, me débattre dans tous les sens et gigoter comme une anguille, il a de la poigne, ce petit. Un peu vexée de devoir accepter de force ma condition de jeune fille qui n’a pas assez de muscle pour retourner un gros William façon catch, je râle un peu plus –pour changer et réponds de la manière la plus mature qu’il soit :

« Et nianiania… »

J’ai envie de lui faire remarquer que c’est la « raison du plus fort » et non pas la « loi », mais je le fais pas, de peur de me faire tordre le poignet un peu plus. Du coup je me contente de grogner en faisant de l’écume, et de remuer mes doigts que les fourmis commencent à engourdir. C’est sûr que gagner face à un ado en pleine croissance qui fait trois têtes de plus que moi me paraît un peu être une chose plus ou moins…compromise. Voir impossible. Irréalisable. Bref, c’est la merde. Et j’ai pas envie de barboter là pendant deux heures, si j’ai pas assez de muscles pour me sortir de là, il me faudra de l’esprit ! Misère, ça non plus, j’en ai pas beaucoup. J’ai déjà la flemme de tenter quoi que ce soit, en fait je crois que je vais misérablement me résigner, et m’avouer vaincue. Pour aujourd’hui. Parce que je me vengerai plus tard, disons ! Peut-être même dès qu’il m’aura lâché.
Je l’écoute faire son petit speech sarcastique en boudant un petit peu, et fini par hisser un faux drapeau blanc, en me dévissant le cou pour lui sortir les yeux de cocker :


« Pas grand chose, de toutes évidences. Alors ça va, je capitule ! »

Comme la réaction tarde à se faire sentir, je secoue mes épaules pour desserrer son étreinte, mais rien n’y fait. C’est lent, un homme, quand même. Mais je lui en veux pas, parce que c’est moi qui l’ai cherché. Il faudra que je soigne mes habitudes, que j’arrête de faire n’importe quoi, un jour. Que je me tienne tranquille, que je m’habille comme une fille, que je me coiffe, que mes cheveux retrouvent une couleur normale, que je range ma chambre, que je sois polie, que je ne saute pas sur les gens que je viens juste de rencontrer, que je devienne sérieuse, que je fasse tout un tas de choses qui a l’air chiant et ennuyeux, mais il paraît que notre vie est mieux, quand on le fait. Des choses que je n’aurais pas du faire, la liste est longue, et s’ajoute à cette dernière le fait de provoquer un parfait inconnu qui ressemble à un pirate : quand on y pense, ça ne pouvais pas se finir bien, et je ne pouvais pas m’en tirer indemne. Il est bizarre, ce garçon, quand même.
Il a une tête de type qui parle peu, et pourtant il s’amuse bien à me couvrir de vannes plus sympathiques les unes que les autres. Il a l’air un peu méchant, et pourtant il ne s’est pas mis en colère quand je l’ai poussé dans l’eau. Il semble ennuyé par le reste du monde, un peu comme s’il n’aimait pas les gens, et pourtant il reste là, au-dessus de moi, à dire des plaisanteries et à étreindre mes poignets. Mais pas trop fort. Will est drôle, en tout cas, moi je le trouve hilarant, mais il commence à peser sur mon dos. Je me dis que si quelqu’un débarque, il se demanderait bien ce qu’on est en train de faire, j’imagine la tête que ce quelqu’un pourrait faire, et je ris encore plus. Et puis mes côtes commencent à me blesser, parce que Will m’écrase sur un caillou, alors je le regarde, toujours à moitié morte de rire, et je lui dis un peu n’importe quoi, du moment qu’il dégage de mon dos :


« Wiiiiill ! Allez ! J’serais sage, j’ferai ce que tu veux, mais barre toi ! »





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William Lawford
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Sam 25 Aoû - 10:55


Elle se débat, elle râle, elle boude comme une gamine de dix ans qu’on nargue en l’empêchant de prendre sa sucette préférée trop haut perchée. C’est presque mignon. Mais elle finit par s’avouer vaincue par ma force en me regardant avec ses yeux de… Vous savez, comme si c’était un pauvre petit chat mouillé sous la pluie.

Correction. C’est mignon.

Je suis déstabilisé quelques secondes. Je vous vois tout de suite venir. « Haha, t’es pas si froid que t’en as l’air », « Elle commence à te plaire ou quoi ? » et ragnagna… Et je réponds : non. Je refuse. Je sais pas comment administrer une fille, moi. Ca bouge trop partout, ça crie, ça fait des remarques inutiles, ça use de son charme à tout va et…. Et ça rigole sans raison et ça me fait dire des mots que je sors une fois toutes les années bissextiles, genre « mignon ». Regard mignon. Rire mignon. Je viens de remplir mon quota sur seize ans, là.

« Wiiiiill ! Allez ! J’serais sage, j’ferai ce que tu veux, mais barre toi ! »


Je la lâche brusquement, comme si sa peau m’avait brûlée. Je respire à une cadence différente, j’ai l’impression. Mais je finis par me calmer. Les excès d’émotions, c’est pas pour moi.

« Tu feras ce que je veux ? Alors arrête de rire autant, c’est… »


Je ne finis pas ma phrase. Agaçant ? Troublant ? Mignon ? Rien ne sort mais je crois que je rougis là. Oh merde. Non, faut jamais rougir devant une fille, Will. Ca s’imagine des trucs après. Qu’est-ce que je disais sur les excès d’émotions déjà ?

Avec un soupir, je sors de l’eau, en me hissant sur la terre ferme. Mes vêtements me retiennent à moitié par leur poids décuplé avec l’eau. Une fois debout, je me retourne, vers May, les bras légèrement écartés et un peu frissonnant. Avec toute cette eau, mes habits me collent partout au corps, c’est assez ragoûtant pour moi. Il fait chaud, je meurs d’envie de retirer mon haut et attendre de sécher au soleil mais je suis pas fou pour faire ça devant une fille… Le premier qui dit que je suis timide, je le frappe contre un mur.

J’ai un peu d’eau sous mon cache-œil, j’ai du me faire éclabousser dans la bataille. Machinalement, je glisse mes doigts dessous pour effacer toutes les gouttes d’eau. Là, c’est mieux. Croyez-le ou non, mais c’est assez pénible de porter un cache-œil en été, ça fait que j’ai plus chaud à un œil qu’à un autre. Oui, c’est bizarre, je sais. Mais je peux pas me permettre de le retirer, donc je fais avec.

« Tu comptes sortir un jour, p’tite sirène ? »


Cette fille est vraiment comme poisson dans l’eau. Certes, ça facilite la tâche quand on a des branchies, mais quand même… Je l’ai surprise sous l’eau tout à l’heure. Qui sait depuis combien de temps elle y était plongée ? Si ça se trouve, elle dort là-dessous.

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May Bastide
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Lun 27 Aoû - 14:10

Comme si j’avais fait une bêtise, comme si je lui avais fait peur, il me libère d’un coup, comme s’il était allergique, allergique à moi. Et croyez-moi, ça a quelque chose de particulièrement vexant. Je reste un peu dans l’eau, à me demander si je dois lui en vouloir ou non, pour me traiter comme un monstre ; ça y est, je vous l’avais dit, mes branchies font leur petit effet ! Je me redresse sur mes genoux et me masse les poignets en chassant les fourmis de mes doigts. D’un coup de main bien placé, je ramène mes cheveux contre mes branchies et je l’écoute. Et je l’entends.
J’entends son souffle qui s’emballe, sa respiration qui dérape et sa phrase qui meurt en un murmure. Je me retourne, silencieuse, attendant la suite, une explication. Je voudrais savoir. Savoir qu’est-ce qu’il a, mon rire, s’il faut que j’aille m’en racheter un autre, s’il fait trop pétasse, ou trop greluche, s’il est jaune ou gras, mais surtout, pourquoi faut-il que je l’arrête ? Quel genre de personne demande aux autres de s’arrêter de rire ? Qu’est ce qui lui prend, à Will ? Qu’est-ce qu’il a, à respirer si fort ? Il est malade ? Je risque une petite question, l’incitant à terminer sa phrase, les yeux comme des billes, avides de réactions, de renseignements :


« …c’est ? »

Mais j’ai trop peu de voix, enrouée à force d’exploser de rire, brisée à m’être énervée contre mon propre don et elle ne lui parvient pas, ou peut-être bien que ça l’arrange de feindre d’être sourd. Si je n’insiste pas, c’est parce que je suis trop occupée à le reluquer, mais chut, ça il ne faut pas le dire ! Moulé dans son froque noir, le t-shirt lui collant les côtes, laissant parfaitement deviner ce qui s’y cache derrière, le rose aux joues et les gouttes qui lui dégoulinent sur la nuque... Will est la personnification de l’atteinte à l’abstinence, là, tout de suite, maintenant. De quoi vous diaboliser un couvent, au moins !
Sans un mot, je le laisse reprendre la contenance qu’il semblait avoir perdu, pour quelques secondes tout au plus, et je ne peux m’empêcher de pouffer à nouveau, en entendant sa question qui n’a pour but que de m’éloigner de la mienne. Je me roule dans l’eau et me relève abruptement ; d’un pas décidé, je m’avance jusqu’à lui et me plante sous son nez, curieuse de savoir ce qu’il lui arrive, à souffler trop fort, rougir et s’emmêler les pinceaux. Si ça se trouve il est malade, c’est une petite nature et il supporte mal les changements de température ! Si ça se trouve, c’est de ma faute, à l’avoir balancer dans l’eau glacée contre son gré, je lui ai filé la crève ou une méchante fièvre ! Paniquée à l’idée de faire travailler son système immunitaire par ma faute, je m’approche d’un pas, et colle ma main sur son front, juste pour m’assurer qu’il n’est pas trop chaud :


« Eh, Will, t’es malade ? T’es tout bizarre, là. »

Sans le quitter des yeux, je le vois essuyer le dessous de son cache-œil, ça doit être gênant, terriblement agaçant, en été. Peut-être que c’est le contact avec l’eau qui l’a rendu étrange ? Oh non, pourquoi je fais toujours des gaffes ! Je ne veux pas qu’il aille mal, Will, je veux pas qu’il se fâche non plus. D’ailleurs, peut-être que je l’énerve, à poser mes mains là où ça ne me regarde pas.
En une seconde, je libère son front de ma paume, embarrassée par ma propre absence de courtoisie quelconque : et s’il ne supportait pas qu’on le touche ? Comme Raven, par exemple. Je baisse la tête et me mords la lèvre : ah, je fais moins ma maligne ! C’est vachement moins facile quand on ne sait pas ce que pense l’autre. Jusque là, c’était les doigts dans le nez : on jouait, s’amusait gentiment. Mais ce n’est plus drôle quand l’autre parti se met à réagir étrangement. Plus drôle du tout.

« Si t’as chaud tu peux enlever ton haut, tu sais ! J’en ai vu d’autre ! Et ton cache-œil aussi, je me retournerai si tu veux, d’accord ? »

A le voir tout trempé et fiévreux, la culpabilité me ronge. Trépignant un petit peu, attendant désespérément qu’il me dise qu’il va bien, je me fais du souci, un peu, c’est vrai. Alors que je le détestais cinq minutes auparavant, me voilà inquiète pour un gars qui me plaquait le nez dans l’eau. Mais il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis !

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William Lawford
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Mer 29 Aoû - 0:05

Et elle finit par sortir, la petite sirène. D’un pas étrange d’ailleurs, un peu trop ferme. Vous savez, comme ces soldats qui vous foncent dessus à pas cadencés un peu effrayants. Bah là, pareil. J’appréhende ce que va faire May, parce que je la vois s’approcher de moi à grands pas, tellement grands qu’elle arrive à quelques centimètres de moi en quelques secondes, même pas le temps de m’y préparer. Je retiens mon souffle, instinctivement.

Bon sang. Depuis quand j’ai autant peur d’une fille ?

Je sais pas trop à quoi je m’attendais à vrai dire. Elle aurait pu me gifler pour une raison obscure que je n’aurai pas prévue, me rouler une pelle sans prévenir, me secouer comme un bananier mûr ou me… Hé attendez. C’est moi où je viens de parler de rouler une pelle, là ?
Je deviens livide à vue d’œil. Merde. Mes pensées dérivent vers des chemins dangereux. C’est sûrement de sa faute, elle est toute proche de moi, et qui dit visage proche, dit lèvres proches, dit tentation, dit plein d’autres choses niaises que, même si une femme totalement nue s’était présentée à moi, j’aurais pas sorties, parce que j’ai toujours eu cette fierté de savoir me contrôler face à une femme, enfin, jusqu’à aujourd’hui, parce que là, j’ai l’impression qu’un geste ridicule de cette folle aux cheveux bleus a totalement détruit tout mon passé de mec au cœur et au visage de pierre… Et je pense à une vitesse démentielle, moi qui prend toujours mon temps. Moi, tout bizarre ? Elle a pas idée.

Mais je peux pas lui ressortir ce discours, ça a été déjà tellement fatiguant à penser, je m’imagine pas le reformuler avec des mots. Et je tiens pas particulièrement à passer pour un fou. Donc je n’ose rien dire. Heureusement, May libère mon front, visiblement gênée. Je sais pas trop ce qui lui est passé par la tête, mais je suis tellement soulagé que je ne cherche même pas à chercher le pourquoi du comment. Ma langue se délie un peu :

« Je… »


Mauvais début. Je me racle la gorge, en reprenant contenance :

« Non, ça va. La chaleur, c’est tout. »


D’ailleurs, elle a anticipé la même (fausse) excuse. Chouette, on est sur la même longueur d’onde, on s’est entendus sur la question, c’est bon, passons à autre chose… Eh bien non. Il a fallu que cette tête bleue me propose de me déshabiller à moitié. Avec un air totalement innocent en plus de ça. A mille lieux des scenarii qui me traversent l’esprit en à peine trois secondes. Je ne raconterai pas en détail, j’ai une fierté et une intimité à protéger.

Intérieurement, je m’inflige une baffe mentale pour me remettre les idées en place. Ma raison semble revenir peu à peu et me présente enfin des arguments recevables. C’est vrai que le soleil tape, on est en plein mois d’août, et on vient de se baigner tout habillés. Il serait plus simple et plus rapide de faire sécher nos vêtements en les étendant sur l’herbe qu’en les laissant sur soi. De plus, la logique eut voulu qu’on se dévêtît un peu avant de se mouiller, après tout, sur les plages et les piscines, ces messieurs courent bien le torse à l’air et ces demoiselles, ventre et jambes à l’air. Oui, voilà, on aura qu’à dire que c’est comme à la plage.

« D’accord. » je dis, sur un ton neutre.

Parfait, la raison a pris une décision logique et sans équivoque. Ca, c’est ce que j’aimerais me dire. Sauf que je ne peux m’empêcher de ressentir une sorte d’envie de… provocation pas raisonnable du tout. Je fais monstrueusement exprès de retirer lentement mon haut, histoire d’étirer mes muscles au soleil le plus possible, et une fois mon habit retiré, je glisse une main sur mon nombril, l’air de rien, pour y chasser quelques gouttes d’eau. Le tout, savamment calculé bien évidemment, histoire que ça ne paraisse pas grotesque ou volontaire. Bon sang. Je me sens horrible.

J’étends mon T-shirt sur une grosse pierre à mes pieds et me redresse, en me rappelant du cache-œil qu’elle a évoqué. Mon cerveau s’était bloqué à « tu peux enlever ton haut », il vient juste de me retransmettre la suite. Là, je soupire un peu. C’est un sujet récurrent avec moi, même s’il est pénible, il faut bien que je m’y fasse.

« Mon cache-œil… J’suis pas sûr que ça te plairait que je l’enlève. »

Pas sûr qu’elle aimerait le sentiment bizarre qui me retourne l’estomac depuis quelques minutes. Pour une fois, c’est pas de la déprime… Mais c’est pire.*

Je pose mes fesses sur un coin d’herbe qui me paraît propre, puis m’étend complètement, sur le dos, mains derrière la tête. C’est le moment propice pour une petite sieste mais je ne suis pas du tout fatigué. Plein de choses me tracassent l’esprit. Et la première est une envie curieuse de me confier à May. Je parle rarement de mon pouvoir, d’habitude. Bah… Disons que c’est parce qu’elle m’a parlé de ses branchies dont elle a tellement honte, ça a dû lui coûter des efforts. En tout cas, j’essaye de m’en convaincre.

« Je pourrais te manipuler à ma guise, si je l’enlevais. »

Certes, y a moins flippant, comme explication.


________

*je rappelle au cas où que le pouvoir de Will est activé en permanence, et si quelqu’un soulève son cache-œil, il ressent « par défaut » la même émotion que Will à cet instant-là. Voilà, c’était juste pour être sûre que tu comprennes bien cette phrase ^^
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May Bastide
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Mer 29 Aoû - 10:38

Plus ça va, et plus j’ai l’horrible impression de méchamment l’incommoder. Je me connais insupportable, chiante, bruyante et agaçante mais je ne me savais pas si indésirable, gênante et désagréable. Et pourtant des réactions de Will plus étonnantes les unes que les autres, c’est bien ce que j’ai l’impression d’être ! Plantée comme une gourde devant lui, j’attends qu’il me décroche une syllabe, qu’il glisse un indice, un petit quelque chose qui m’indiquerait si je ferais mieux de déguerpir et plus vite que ça, ou si je serais autorisée à rester un peu plus longtemps. Mes mains sur les hanches, sourcils froncés et regard tracassé, je fixe sa figure qui blanchie, et sa bouche qui retient ses souffles ; perplexe, moi je n’y connais rien en éthologie, je suis juste bonne à vous dire qu’un humain qui rit est un humain heureux. Mais Will, qu’est ce que tu es ? Embêté, agacé, malheureux, grincheux, blasé, fiévreux, dégouté, étonné ? Dis quelque chose, parce que moi je n’en sais rien.
Le plus douloureux fut surement cette expression d’intense soulagement lorsque je libérai son front de ma paume : j’étais donc si dégoûtante que ça ? Vexée, lèvres pincées, je ne prête qu’à peine attention aux excuses qu’il me balance et que je sais parfaitement bidon. La chaleur ? Elle a bon dos, la chaleur ! Même si, à la base, c’est vrai, c’est moi qui y avais pensé la première, peut-être un peu pour me persuader que ce n’était pas de ma faute, pour me déculpabiliser un minimum. J’avoue, ça fait un peu mal, un tout petit peu, de se rendre compte que je l’écœure tant que ça. Au point de lui arracher un soupir de délivrance, au point de lui rendre ses couleurs lorsque je m’écarte d’un mètre. BEN VAS-Y, J’T’EN PRIE ! Dis le si je suis si dégueulasse que ça !

Boudeuse, je pars écraser mon postérieur sur un rocher brûlant au hasard, croise mes bras sur ma poitrine et mordille rageusement l’intérieur de ma joue en ruminant mon humiliation imaginaire. Mais cette dernière est bien vite effacée par le petit jeu de gros vicieux de Monsieur Turner, à s’éplucher comme un strip teaser avec un air blasé genre « Non, non, je le fais pas exprès. ». On me l’a fait pas, à moi ! Il assène le coup de grâce, lui et ses doigts sur son nombril et mon degré de rougeur sur mes pommettes atteint son maximum : c’est illégal. C’est pas juste de secouer une fraise au nez des jeunes filles qui crèvent de faim.
Ramenant mes genoux contre ma poitrine, j’en profite pour cacher mon visage façon ketchupy dans mes coudes, terriblement chamboulée par un t-shirt qui aurait mieux fait de rester à sa place et je l’observe étaler son corps de rêve un peu plus loin, au milieu de la chlorophylle et pollens en tout genre.


«  Mon cache-œil… J’suis pas sûr que ça te plairait si je l’enlève.  »


Ha oui ? Ma curiosité attisée, je mets de côté le stock d’émotions stupides m’ayant submergé pas plus tard qu’il y a deux minutes et trottine, bras dans le dos, jusqu’à la grande carcasse de Will. Intriguée, je me laisse dégringoler dans l’herbe, et roule maladroitement jusqu’à son ventre pour y poser ma tête. Le menton sur ses côtes, bras croisés sur son torse, yeux grands ouverts et rivés vers les siens, je balance mes jambes de haut en bas, comme une gamine qui attend une longue histoire, un joli conte de fée. Mais Will a dit que ça ne me plairait pas, c’est ça ?


«  Je pourrais te manipuler à ma guise, si je l’enlevais.  »


Sans bouger d’un pouce, je hausse un sourcil : quel genre de manipulation ? J’imagine toute sorte de chose plus effrayante et délirante les unes que les autres ; et s’il pouvait nous faire danser comme des marionnettes ? Nous faire manger de l’herbe ? Nous faire sautiller sur des rails ? En fait j’en sais rien, mais je crève d’envie de savoir. Au moins histoire de sauver ma peau si je tombe contre lui au Mortuus Game, eh oui, nulle conversation n’est sans intérêt !
Je rampe un peu plus vers son visage, comme si ça allait me permettre de mieux l’entendre, peut-être que c’est pour mieux le voir, et je fixe ce bandeau noir qui me préserve de quelque chose qui ne me plairait pas. Pour être franche, ça ne me fait pas vraiment peur, sûrement parce que je suis idiote et que je ne comprends pas tout ce que ça met en jeu. Alors je pousse l’idiotie un peu plus loin, et je me permets de balayer de mon index une goutte qui se promenait sous son cache-œil. Comment on dit déjà ?
Tenter le diable. Oui, ça doit être ça.

« Ah bon ? Et me manipuler comment ? Est-ce que ça fait mal ? On peut essayer ? »

A croire que j’aime bien me brûler les doigts et m’écorcher les genoux, mais je voulais voir ce que ça faisait, pour pas longtemps, pour quelques secondes. Et puis ça ne doit pas être si désagréable que ça, de se faire manipuler par un garçon comme Will. Et je lui souris bêtement, lui accordant une confiance qu’il n’avait même pas cherché à gagner, en fait, je voulais juste jouer.

Une gamine qui trouve un pistolet.


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William Lawford
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Mer 29 Aoû - 18:13


Bon Dieu. Donnez-moi la force.

Cette fille est-elle toujours aussi insouciante ? Non mais c’est vrai quoi, je pourrai être un dangereux psychopathe ou une espèce de violeur en série, elle en sait rien, on vient de se rencontrer… Pourquoi elle s’allonge à moitié sur moi comme ça sans rien savoir ? S’il suffit de quelques moments de rigolade pour s’attirer son entière confiance, c’est une proie facile pour ce genre de tarés. Cette pensée me fait serrer les dents.

Si je m’énerve contre elle, c’est sans doute pour ne pas le faire contre moi. Pour oublier ma part de culpabilité dans l’histoire. Pour oublier que je suis clairement en train d’apprécier le fait qu’elle soit tout contre moi. Un frisson court sur ma peau quand ses vêtements me frôlent, au moment où elle glisse vers mon visage. Frissons à cause de ces tissus mouillés ou autre chose, j’en sais rien et je veux pas savoir. Y a beaucoup plus urgent, là. Elle est beaucoup trop proche de mon visage. Elle me touche, même, avec son doigt qu’elle passe sous mon cache-œil, sans la moindre permission de ma part. Si elle l’avait enlevé, elle m’aurait mis en colère. Là, je suis simplement perturbé par ce contact entre ses mains et mon visage. J’aurais encore préféré être en colère.

Je saisis aussitôt son poignet pour l’arrêter. A cet instant, je la regarde droit dans les yeux, sans ciller. Je me contrôle. Tant bien que mal, mais je me contrôle. Je ne réponds pas tout de suite à sa question. A la place, je lui donne une pichenette sur le nez, en réussissant par miracle à conserver mon impassibilité :

« Dis-moi, t’es toujours aussi inconsciente avec les gens ? A force d’être aussi tactile avec n’importe qui, tu vas finir par t’attirer des ennuis. »


Je me rends compte que ça doit pas être très efficace, mon semblant de maîtrise, étant donné qu’elle a ses mains collées sur mon torse, elle peut tout à fait sentir mon rythme cardiaque anormalement élevé. En m’en apercevant, mon expression faciale se déstabilise. Je ne veux pas qu’elle me voit rougir, alors je décolle un de mes bras de derrière ma tête, pour le passer autour des épaules de May et plaquer son visage sur le côté droit de ma poitrine. Je prie silencieusement pour qu’elle n’ait rien vu, rien entendu.

Je reviens rapidement au sujet de base, presque plus simple à traiter, bien que toujours épineux :

« Bref. Ca fait mal, oui, en quelque sorte… Mais ça peut aussi faire du bien, sur le coup. Même si ça finit toujours mal, de toute façon. »


Je pense à toutes mes expériences passées avec mon pouvoir, mais je me rends compte que May n’en a aucune idée, donc elle a pas du comprendre grand-chose à ce que je viens de raconter. Je rectifie donc le tir, en soupirant :

« Oublie ce que je viens de dire. Mon don est chiant à mourir, je préfère pas le montrer. »


Je viens de prendre la décision de ne jamais utiliser mon pouvoir contre elle. L’idée de manipuler ses sentiments me révulse, comme elle ne m’a jamais révulsée pour personne d’autre. Le meilleur des cas de figure serait même qu’elle n’apprenne jamais la nature de mon don. Si elle se trouve déjà monstrueuse avec des ridicules machins sur le cou, je n’ose imaginer ce qu’elle pensera de moi en apprenant que je peux jouer avec sa vie personnelle.


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May Bastide
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Mer 29 Aoû - 20:04

« Aïe ! »

Et l’index de Will rencontra la narine de May. Et ça fait mal, bordel ! Je l’écoute s’apitoyer sur mon absence de bon sens et ma désespérante stupidité maladive en râlant à coup de « nianiania » et puis un mot me fait tiquer : inconsciente ? Jamais on ne m’avait décrit comme ça auparavant. Pas que je sois franchement prudente ou démesurément réfléchie –ah non, ça c’est sûr, mais au point d’être inconsciente… Pour toute réponse à sa question quelque peu froissante, je me contente de lui refiler un coup de crocs digne de ce nom, en plantant mes dents autour de sa clavicule : tiens, tu l’auras pas volé celle-là ! Et puis disons que c’est ma petite vengeance pour le menottage de toute à l’heure. Je relâche sa peau et observe toute contente le petit arc de cercle dessiné sur son torse : tu ne me feras pas croire que tu es une mauvaise personne, Will, même si tu y mets toute ta bonne volonté.
Je crois en la bonté de tout être et espère plus que tout que toute naissance offre son lot de qualités : on ne naît pas mauvais, c’est ce monde qui nous corrompt. De tous les humains que j’ai rencontré, de tous les hommes dont j’ai croisé la route lors de ma maigre vie, chacun avait une bonne raison de ne pas être bon. Un événement qui les a détruits, démontés, pour les rendre mauvais. Et il est bien facile, parmi nous, les misayas, de devenir fous, ou méchants. Alors inconsciente, je ne crois pas, j’ose juste penser que Will fait partie de ceux qui sont restés justes et vertueux.

MINUTE PHILOSOPHIE TERMINEE !

Non mais pour qui il se prend, lui, à me traiter comme la dernière des idiotes ? Il veut mon poing dans sa belle figure de beau gosse ? Me frottant le nez d’une main pour en dissiper la douleur, je balance d’un ton presque enjouée :

« J’en ai rien à foutre, dans une autre vie j’étais ninja, j’ai peur de rien ! »

Bon oké. Sauf de l’orage, du cinnamon challenge, des insectes volants et des gens qui portent des capes. Mais ça, ça reste entre nous. J’imite un ou deux cris suraigus nippons en sentant un énorme « boum » sous ma poitrine, je me dis que mon cœur fait encore des siennes parce que je m’agite un peu trop et je m’étale à nouveau sur son ventre, morte de rire comme jamais. Mais ma grande rigolade s’éteint bien vite contre ses côtes quand il se met à me causer de son don : finalement je ne suis pas plus avancée, je sais juste que c’est particulièrement effrayant et dangereux. Comme je ne sais pas vraiment si je veux en savoir plus, je me tais, cherchant quelque chose à dire, peut-être une phrase rassurante, pour lui faire comprendre qu’il ne me fait pas peur.
Mais quand on annonce qu’on est ninja, ça va de soit qu’on a pas peur des pirates.

« Comme tu voudras, Turner. Mais tu sais, j’en ai vu des vertes et des pas mûres, et je suis persuadée que tu n’es pas si effrayant que ce que tu laisses entendre ! Et puis merde, j’ai des branchies, je te rappelle ! »

En fait j’en sais rien du tout, j’en ai pas la moindre idée, mais je voudrais juste qu’il me fasse un peu confiance, et qu’il ne craigne pas mes réactions comme je craignais les siennes dix minutes plus tôt. Alors j’use d’un ton taquin, je rigole entre deux mots, et j’étale mes cheveux sur son ventre pour le chatouiller. Je me calme un petit peu à la chaleur de sa peau et ronronne presque de bonheur en séchant lentement sous un soleil accueillant. Un peu fatiguée par nos chahutements, je m’autorise à bailler en cachant maladroitement mes lèvres et je clos mes paupières en pensant que je me sens bien, là où je suis.
Un peu plus tard peut-être, je lui proposerais un job d’oreiller ambulant, et j’espère qu’il l’acceptera, parce que je le sens bien, ce garçon, je crois que je l’aime bien. J’ai hâte d’en parler à Léo, de lui raconter comme il est drôle, Will, et comme il est beau aussi ! J’espère qu’il ne voudra pas me le piquer. Ah parce que j’avais mes vues dessus ? Première nouvelle pour moi-même. Comme on est bête, quand on somnole. Je me redresse un peu, me hisse au dessus de son visage, et je détaille ses traits, comme pour ne pas l’oublier, comme pour bien l’enregistrer. Je lui souris un peu, sans éclat de rire qui viendrait briser le silence, juste lui et moi et un rideau de cheveux bleus.

« Je t’aime bien, Will. »

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William Lawford
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Mer 29 Aoû - 23:20

Arrrh. Mon Dieu, un vampire. Mais elle est tarée. Elle est consciente que cette trace de dents va rester plusieurs jours sur ma peau, et qu’accessoirement, ça m’a fait mal ? S'ils voient cette trace, les gens vont avoir des pensées louches, après.

« T’étais pas un ninja, t’étais un vampire. Avant de devenir une petite sirène. Ou après, je sais pas et je m’en fous. » je grommelle en boudant.

Et elle repart dans un de ses rires fantasmagoriques. Tellement dingues qu’ils relèvent du fantasme. Contre mon ventre en plus, histoire de bien me communiquer sa poilade, alors que je lui ai demandé quelques minutes plus tôt d’arrêter ses rires d’enfant gâtée et…tellement mignonne. May, la fille qui n’en fait qu’à sa tête. William, le mec qui perd toute son autorité pourtant célèbre face à elle.

Elle se calme un peu au sujet plus sérieux de mon don. Forcément, vu comment j’ai amené la chose… Je pensais l’avoir dissuadée de continuer à aborder le sujet, d’habitude, les gens se taisent aussitôt quand ils me voient faire une grimace à propos de mon cache-œil, mais faut croire que May ne fait pas partie des gens normaux. Au lieu de se taire ou changer de sujet, elle s’enfonce encore un peu plus. Elle se jette dans le tas tête baissée, avec son franc-parler. Bref, une belle secousse mentale. Paradoxalement, quelque part… Je crois que ça me fait plaisir. Non, je ne suis pas maso. Juste reconnaissant de l’attention qu’elle m’accorde. Elle est sûrement comme ça avec tout le monde, mais je préfère penser qu’elle ne l’est qu’avec moi.
Je ne réponds pas tout de suite, et elle en profite pour s’affaler encore sur moi, me reléguant à nouveau le rôle du canapé, de l’oreiller bien confortable, du doudou ou ce que vous voulez. Il va falloir que cette fille arrête de faire ce qu’elle veut de moi, arrête de promener sa chevelure irréelle sur mon nombril, parce que je vais vraiment finir par rire, par la prendre dans mes bras aussi, bref, la laisser déteindre sur moi. Jamais été aussi influençable de ma vie.

« Je t’aime bien, Will. »

Que… Quoi ?

Tiens, jamais subi de retour à la réalité aussi violent, non plus. Pourtant, elle y a été tout en douceur, je l’ai même pas vue se rapprocher de moi, et son ton a été tellement calme, comparé à ses grosses crises de fou rires ou ses exclamations bruyantes de tout à l’heure. Une douceur violente. Comme un unique rayon de soleil qui vient s’immiscer dans votre chambre plongée dans le noir, où vous dormiez encore. Je t’aime bien. Ca fait combien de temps qu’on me l’a pas sortie celle-là ? Nan parce que « T’es chiant, Will », « Je te trouve bizarre, Will », « Bouge-toi un peu, Will », ça, je connais bien. Elle aurait pas pu me dire ce genre de phrases tellement entendues que je connais déjà ma réaction par cœur ? Là, je suis sensé dire quoi, maintenant ?

« Ah… »

Et sa proximité n’arrange rien. Ma réflexion est encore plus ralentie. Et je rougis, et je rougis…

« Je… »

Sors un truc, Will, n’importe quoi.

« Tes branchies ont réapparu. »

Ses cheveux se sont légèrement décalés quand elle s’est approchée de moi, je viens de le voir. Je me sens, comment dire… Sauvé par un intervenant inattendu ?

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May Bastide
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Autonomia


Messages : 159
Date d'inscription : 06/07/2012

Jeu 30 Aoû - 20:58

Réfléchir ? Ng. Pas mon truc. Je ne suis pas de ces adolescentes perturbées qui s’affolent pour un ou deux mots de travers et rougissent pour un léger compliment, encore moins de celles qui tergiversent éternellement sur le sens de la vie, la raison de nos naissances et s’habillent de sombres robes noires en invoquant Satan. Simple, pas simplette, je balance tout ce qui me passe par la tête, même ce qui ferait mieux d’y rester et sautille joyeusement sur un autre terrain de discussion sans me soucier des conséquences. Je me fous de beaucoup de choses, surtout de ce que les autres pensent de moi, beaucoup moins de comment ils se sentent, s’ils vont bien, mal, ça m’intéresse, ça m’intrigue, ça m’attire !
Turner, comme un autre, je n’en ai rien à carrer de ce qu’il pense de ma petite personne. Si je rougis, si je balbutie, ce n’est pas par crainte que je lui paraisse désagréable, mais par peur de le gêner, de le mettre mal à l’aise. Vous saisissez la nuance ? Non ? Eh bien on va dire que oui, et puis t’façon je vous emmerde, c’est un rp avec mon point de vue alors vous vous la fermez et vous adhérez.
Que je lui dise que je l’aime bien, une bêtise, peut-être, vu la réaction déclenchée ! Sous mes mains son cœur s’agite, s’agace et se donne en spectacle à coup de grands bruits sourds et saccadés ; j’y plaquerai bien mon oreille pour l’écouter battre la chamade et profiter d’une perturbation qui semble si rare, mais son visage aussi, présente un sacré chantier. De ses lèvres s’échappent son souffle entrecoupé qui vient chatouiller mes tempes et réchauffer mon front, ses joues rosissent un peu, comme celles des jeunes vierges en chaleur et ses yeux qui veulent tout dire. Tout.

Débile, bon, je suis d’accord. Nulle en sociologie et en étude du comportement humain, aussi, c’est vrai. Mais bon quand même, il faudrait être une gourde puissance dix mille pour ne pas s’apercevoir que là, Turner…chauffe, disons. Moi qui me pensais répugnante et bonne à séduire les pires laiderons de l’école pour avoir un semblant de vie sexuelle étrangère aux actions de Léo, voilà que mon égo est regonflé à bloc ! Je prendrais bien le temps de titiller les hormones de Will encore quelques secondes, mais les mots qui sortent de sa bouche sont loin de me plaire. Très loin.
« Branchie » ou signal d’alarme pour « tous aux abris, et plante ta tête dans le sable !». Je tourne au rouge vif, retient un cri suraigu et bondis sur mes pieds. Les deux mains sur les trois fentes de malheur, je crise intérieurement en me relevant brusquement, enfonçant une côte de Turner au passage et m’enfuis à toute jambes entre les arbres et les buissons.

Trois mètres plus tard, un caillou dans le pied et toujours à moitié à poil, je réalise un léger détail : ah mais oui, j’ai pas de fringues. Hahan. Comme si de rien n’était, je repasse devant Will, la mine haute, feignant qu’il ne s’est rien passé, m’éloigne un peu, repêche mes vêtements derrière un rocher, enfile mon t-shirt, noue les lacets de mes converse et abandonne mon short à la guerre. La culotte, ça suffira ! Les doigts toujours collés aux branchies, et toujours comme s’il ne s’était rien passé, je reprends ma course, en gueulant deux trois « putain de merde » et quelques « la vie, cette pute », jurant contre ma stupidité et ruminant l’humiliation. Bon, eh bien pour ce qui est de feindre d’être une personne avec un minimum de style et de tenue, c’est rapé ! Voilà ce que je me dis, en galopant sur le chemin, loin des yeux de Will, et en regrettant tout de même un peu de ne pas lui avoir demandé son numéro de portable…

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