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 RENEGADE - Aurelian L. Kieser - *

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Nikolai L. Valdick
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Jeu 19 Juil - 11:30

Aurelian K. & Nikolaï V. ♥


« I've loved & I've lost. »

Une soirée ordinaire. Tout ce qu'il y a de plus banal. La nuit tombait de façon paresseuse sur la campagne française, avec une lenteur plutôt déconcertante. Les derniers rayons perçaient l'obscurité qui se faisait de plus en plus épaisse. Mais pour moi ça n'a pas d'importance : cet endroit est aussi magnifique la nuit que le jour. Pourtant, cette beauté qui habituellement me transcende et me laisse rêveur n'a plus la même magie. Depuis que je suis arrivé à Clever Cross, rien ne semble aller comme je veux. Tout semble parfait ici. Tout est beau et brillant. Et moi je fais terriblement tâche au milieu de ce magnifique tableau de lumière et d'euphorie. Je suis un personnage monochrome et fade qui déambule dans un univers coloré et lumineux. Alors je reste là, allongé en caleçon sur mon lit, à attendre que le temps passe. Et mon Dieu, qu'est-ce qu'il est lent. Je reste immobile, à scruter le plafond en détails, et à réfléchir. Il n'est jamais bon de réfléchir trop, c'est bien connu. Me voilà donc à déprimer, seul dans ma chambre, alors que tout le monde est parti faire la fête. Une soirée d'accueil des élèves de Clever Cross, pour célébrer la venue de Virtus et de Synchronicity. Moi, je n'ai juste pas le cœur à m'amuser aujourd'hui. J'ai tout juste le cœur à vivre, alors que pouvais-je espérer de plus dans ces conditions là ?

Je repense à plein de choses. Je repense à Aniela que j'ai déçu profondément en jouant au con avec elle. Je repense aussi à Cassandre, la belle Cassandre, qui a péri dans le plus tragique accident de ma vie. Je repense à Clyde avec qui je me suis comporté comme un gros con, et que j'ai finalement frappé dans un élan de folie. Je repense à mes parents qui n'ont jamais été capable d'aimer leur seul et unique fils. Et finalement, je repense à Aurelian, le seul homme que j'ai aimé et que j'aimerais dans ma vie, mais qui aujourd'hui a disparu. Mon cœur se serre dans ma poitrine. Comment j'ai fais pour en arriver là ? Je me lève d'un bond, et je me dirige vers ma valise. J'en sors une veste épaisse de couleur rouge que j'enfile directement sans t-shirt en dessus. Je mets un slim noir troué, et mes sneakers rouge et noire Nike. Autour de mon coup, je met un bandana rouge, attaché en foulard. J'ébouriffe un peu mes cheveux, j'attrape mon portable, ma coke, et une bouteille de tequila dans mon sac, et je pars à la soirée. Les idées noires, et le cœur bien lourd.

Je traverse les couloirs qui s'assombrissent de plus en plus. La lune se lève, pleine, et commence à éclairer le château de Clever Cross de son éclat argenté. La lumière entre timidement par les grandes vitres du bâtiment, invitant à la rejoindre à mesure que les aiguilles poursuivent leur folle course sur le cadran. Je passe devant la salle de bal, et je m'y arrête un instant. La lumière lunaire est toujours aussi magnifique, et se reflète de façon kaléidoscopique dans le lustre au centre la pièce. Je foule le parquet quelques secondes, et dans un triste sourire, je reprends ma course jusqu'à la soirée. Ce soir, je veux juste oublier. Je n'ai pas besoin de me souvenir de tout ça. Je n'ai pas besoin de pleurer et d'avoir mal tout seul dans mon coin. Ce soir c'est aussi ma soirée, quoiqu'il arrive. Quoiqu'il se passe, je serais le roi de cette nuit. Je serais le grand combattant de ce combat perdu d'avance face à la nuit. Ce combat dans lequel nos corps s'enchaînent et se déchaînent, et dans lequel nos esprits se diluent à l'infini. J'arrive au lieu du rendez-vous, et je rentre dans la soirée où la chaleur se met déjà à monter d'un cran. Ce soir, ce sera ma soirée.

    « Allez, c'est parti ... »


A trop boire en soirée, on finit par perdre pied. On ne sait plus ce qui est réel et ce qui est faux. Nos paroles dépassent amplement nos pensées, à tel point qu'on oublie tout ce que l'on dit. Et si seulement on oubliait que nos paroles. La soirée est énorme en vrai : j'arrive à peine à réalise le nombre de personnes. Tout le monde dansent, s'enlacent et se rapprochent. D'autres boivent sur le côté, et s'amusent. Moi je me la joue solo, comme d'habitude. Je m'incruste de groupe en groupe, on m'offre un verre, je remercie. Et ça va vite. Trop vite. Je prends un rail, pour me sentir bien. Et je reprends un coup de whisky, d'une bouteille random qu'on m'a tendu juste avant. Je passe la bouteille à une fille pour qu'elle arrête de me coller. Elle n'arrêtait pas de me toucher. Plus le temps passe, plus je sens ma vision se refermait. Les lumières explosent en éclats difformes, et un kaléidoscope coloré envahit l'endroit. Tout semble disparaître dans le flou. Comme si chaque personne n'était pas réel, comme si je n'avais aucune emprise sur ce monde. C'est comme si j'étais dans le monde de la chance. Les lumières semblent flotter dans les airs, de façon lente, tandis que les lasers brisent ce lent équilibre, coupant l'air. Le brouillard dévore les gens, absorbe leurs visages, et il ne reste que des pantins désarticulés qui se mouvent dans l'obscurité, parfois tranchés par les lasers colorés. La musique semble un peu lointaine, comme un cri dans l'espace infini des corps et de la lumière. Mon cœur ne bat plus régulièrement, et calque son rythme sur les pulsations de la musique. Des pulsations si rapides et intenses que je pourrais bien mourir maintenant, dans une explosion fatale de mes organes. Je me sens halluciner, et au milieu de visages dilués et irréels, j'aperçois un visage familier. Une vieille connaissance, un ancien amant. Ce garçon ressemble étrangement à Aurelian, et je ne peux m'empêcher de le fixer. Mais le mouvement et le flou sont autant d'obstacles à ma vision. Je le vois plus ou moins clairement, peut être que je le réinvente, mais ses traits semblent précis. Presque identiques à mes souvenirs. Plus matures, mais identiques dans le fond. La lumière continue de briller fort. Tout se redéfinit. J'ai besoin de fuir cet endroit, car un sentiment de malaise m'habite en un instant. Un sentiment d’oppression. Comme un passé qui nous écrase. Un futur qu'on entrevoit et qui nous fait mal. Je tourne le dos à ce garçon qui ressemble à celui que j'ai aimé, et je m'enfuie. Je me fraye un passage dans la foule. Je suffoque de nouveau, à la lumière des projecteurs et dans un brouillard épais et dense. Finalement, un courant d'air. Je suis enfin dehors. Titubant, et haletant.

Je m'accroupis un instant, pour reprendre mon souffle. Je remarque tardivement que j'ai toujours ma bouteille de tequila à moitié vide dans la main. J'en bois une gorgée avant de me relever, et je m'écarte de la soirée. J'ai besoin de respirer un instant, de prendre l'air, de retrouver la réalité. Voir le visage de personne disparue n'est jamais bon signe en réalité. J'avance d'un pas las jusqu'aux jardins, les plus beaux jardins que j'ai jamais vu. Je me dis que Aniela serait aux anges ici, tant les parterres et les buissons sont bien entretenus. Le silence est précieux en ces lieux. Rien ne bouge, et tout vit. La musique résonne au loin. L'hymne de la nuit me crie et m'appelle, et je n'y réponds pas. Je reste immobile, au milieu des fleurs, regardant la Loire qui s'écoule au loin tout en brillant timidement. Ce soir c'est ma nuit. Alors pourquoi ton visage m'est apparu aussi clairement ? J'ai froid. Je tiens ma veste contre moi. J'allume une cigarette, et je me dis que je vais rester ici encore quelques minutes. Juste quelques minutes. Et j'y retournerais. Les rayons lunaires subliment chaque élément du décor. Tout est beau la nuit, tout est pur. Mon regard se perd, mes pensées se consument au rythme de ma cigarette. Je me sens fort, et à la fois si désarmé. Une frisson glaciale me parcoure l'échine, et je serre mes bras un peu plus fort contre moi. Mais ma propre chaleur n'est pas suffisante, je reste gelé. Désespérément gelé. Et une drôle de pensée me traverse la tête : peut être que quelqu'un pense à moi à cet instant. Peut être que quelqu'un ici bas m'aime encore un peu. Si c'est le cas, que cette personne se manifeste. Il fait si froid ce soir, que mon cœur commence à durcir, enveloppé d'une couche de givre.






* Sujet contenant des scènes à caractère sexuel de classe NC-15.


Spoiler:
 

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UNTIL DEATH DO US PART.


Dernière édition par Nikolai L. Valdick le Mer 25 Juil - 14:48, édité 4 fois
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Aurelian L. Kieser
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Jeu 19 Juil - 23:39

Open up your loving arms, watch out here I come


Let’s do this again. Tonight, I’ll feel better for sure.

Une nuit comme les autres, une soirée dans une multitude. On ne pouvait pas dire qu’Aurelian était du genre blasé. La quantité non-négligeable de drogues qui circulait presque constamment dans ses veines rendait cela impossible. Cela faisait bien cinq ans que ses émotions étaient régulées par le chimique. Hyperactif? Une cuillère au-dessus d’un briquet, une ceinture autour du bras et une seringue plus tard, le problème était réglé. Amorphe et déprimé? Trois rails de coke et deux comprimés d’MDMA, le tour était joué. Sans oublier le joint au réveil, celui au coucher et tous les autres entre les deux. Dire qu’il avait été clean pendant presque un an et demi. Failed attempt at being normal. Il avait voulu croire en un futur paisible et idéal. Et il avait saboté la seule chose qui lui avait un jour donné envie de changer de rythme. Junkie plus qu’il ne l’avait jamais été. Don’t try to save me.

La douche avait été rapide, routinière. Dix minutes sous le jet brûlant, cheveux et corps lavés, passage rapide d’un rasoir sur les joues, la mâchoire et le cou. Essuie-main lâchement noué à la taille, il fouilla ses valises pour en sortir le nécessaire. Classique Aurelian, rien de plus, rien de moins. Une fois séché, il enfila son boxer noir, puis son jean ajusté et un peu délavé aux cuisses avant de sortir son sac magique de sa cachette. L’Allemand en estima le contenu d’un regard; il en restait pour quatre lignes. Gourmandise, quand tu nous tiens… Il sourit en coin à sa propre dépendance et entreprit l’habituel rituel. Miroir, carte de plastique, sans paille. Putain, comment c’est bon… Les rails sniffés, il s’essuya machinalement le nez du revers de la main et reprit où il s’était arrêté, les mains déjà nerveuses. Le ténébreux s’aspergea le cou et les poignets de son parfum fétiche puis passa sa chemise noire sur ses épaules, la boutonnant près de son corps. Il garda les trois premiers boutons de celle-ci défaits, redressa les manches du vêtement à ses coudes pour dégager ses avant-bras puis en ajusta mécaniquement le bas. Un tour devant la glace, un peu de pommade dans les cheveux et il était prêt. Aurelian enfouit son éternel étui de métal dans ses poches, avec son portable, puis quitta une fois ses chaussures noires aux pieds.

Un pied dans la salle de bal. Take these three shots. L’Allemand ne disait jamais non aux cadeaux qu’on lui faisait. Vodka, first ecstasy pill of the night, stolen kiss from some girl. Ça le surprenait toujours un peu, comment certaines femmes étaient dépravées. Et autant une partie de lui en était dégoûtée, il en avait profité. Souvent. Le temps d’en prendre une sans douceur entre deux murs d’une ruelle, une poigne ferme autour du cou. Et elles aimaient ça. Whores. Elles étaient faciles à reconnaître. Avec leurs décolletés plongeants, le string aux hanches, saoules, qui viennent se frotter en suggérant quelques body shots. Il était capable de respecter certaines femmes, mais pas ces sacs à foutre. On l’attirait vers le plancher de danse, il ne broncha pas. Danse ardente, lascive. Frottements, caresses. La fille tirait sur le tissu de sa chemise, son regard planté dans le sien, regard qu’il ne lui rendait qu’à moitié. Les lèvres de la blonde effleurèrent les siennes avant que ses dents ne s’agrippent à l’inférieure. Elle le mordilla fermement, à la recherche d’une réaction. Mais il ne pouvait pas la lui donner. Son regard verdâtre était vrillé ailleurs, à l’autre bout de la pièce. Tignasse bleue, avec une nuque reconnaissable d’entre mille. Ça ne pouvait pas être quelqu’un d’autre. Mais qu’est-ce qu’il…


    « What the fuck… »
    « What’s the matter baby, did ya see a ghost or something? »
    « … Yeah, I did. »


Sans s’excuser, sans même offrir un deuxième regard à la blondasse, il se dégagea et traversa la pièce d’un pas rapide. Il ne lui échapperait pas. Il l’avait laissé aller une fois, pas question qu’il refasse la même erreur. Il fuyait. Niko, non… Reste, s’te plait. Tu es là, je suis là, tu me manques. Laisse-moi juste te toucher. Mais il marchait vite, ce petit… Peut-être qu’il l’avait vu aussi, qu’il ne voulait pas lui parler. Peut-être qu’il lui avait fait trop mal. Chose compréhensible. Mais il lui fallait savoir. Ce qu’il faisait là. Pourquoi il était toujours aussi beau. Il lui suivit jusqu’à l’extérieur, retenant un soupir de soulagement à sortir de l’étreinte trop serrée de l’air chaud à l’intérieur du château. Il faisait beau, frais. Il aurait pu passer des heures à regarder les étoiles, à rêvasser, à penser. Mais il avait quelque chose de beaucoup plus important à faire. Nikolaï s’était arrêté, lui tournant toujours le dos. Et pour une fois, le brun agit sans trop penser. Ça ne servait à rien, de toute façon. Au point où il était, le cœur défonçant presque sa cage thoracique tant il battait furieusement, les mains tremblantes de vouloir le toucher, prévoir quoique ce soit aurait été inutile, voire malvenu. Leur relation en entier avait été basée sur le feeling, sur l’envie. Et là, il avait envie de le serrer contre lui. Il méritait la baffe qu’on voudrait peut-être lui coller.

Ses pas silencieux, il s’approcha encore du jeune homme jusqu’à être juste derrière lui. Une dernière hésitation lui traversa l’âme avant qu’il ne cède, ses deux mains puissantes passant à la taille du jeune homme, s’arrêtant sur son ventre pour le tirer un peu contre lui. Tu es là, dans mes bras. Je n’en pouvais plus. Son dos toucha à son torse, ses fesses à son bassin. Les épaules d’Aurelian se voûtèrent légèrement, comme pour l’encadrer, puis il se pencha vers lui. Son nez effleurant ses cheveux, l’arrière de ses oreilles, s’arrêtant au creux de son cou où ses lèvres, presque timides, caressèrent sa peau.


    « Hey faggot…Tu sors de mes rêves pour me hanter, maintenant?», murmura-t-il, sa voix basse et chaude.


Et il se faisait violence pour ne pas passer ses doigts sous le tissu de sa veste.


Dernière édition par Aurelian L. Kieser le Mer 1 Aoû - 3:25, édité 2 fois
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Nikolai L. Valdick
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Ven 20 Juil - 11:50


« But I think I'm ready, as long as you're with me. »
Il y a des sensations qu'on peut qualifier de complètement grisantes. Des perceptions qui nous électrisent au plus profond de nous. C'est comme un souffle d'air frais sur sa peau nue, lors d'une belle nuit. C'est aussi regarder les étoiles dans le ciel, qui parsèment par myriades le voile sombre de la nuit. C'est entendre le plus parfait des silences, entrecoupé de sons cristallins et subtiles. C'est parfois avoir le goût de la peau brûlante de la personne qu'on aime. Dans le même registre, c'est sentir son odeur, celle de sa peau et de ses cheveux, qui nous envoute, et nous submerge d'un flot d'émotions. Et tant d'autres sensations encore. Toujours aussi intense, toujours aussi sublime. Ce sont des choses qu'on n'oublie pas. Le temps n'y fera rien, et c'est inaltérable. Elles restent en nous, comme des réminiscences du passé, des bonheurs éphémères, car il n'existe pas de futur au instant. Ils vivent en nous, nous transcendent à un moment donné, et meurt lentement, laissant une subtile trace dans notre esprit, encore transit de plaisir. Ce soir, le silence est merveilleux. Les étoiles et la lune explosent dans le ciel, et illuminent mon regard d'un millier de lueurs. Le souffle de la nuit caresse mon ventre dénudé, et mon torse frissonnant. Et des mains puissantes se promènent sur mes hanches, remontent sur mon ventre, et m'attirent contre un corps chaud. Bien plus grand que moi. Je me raidis, comme si je vivais la plus grisante des hallucinations. Son souffle chaud inonde mon cou, alors que ses lèvres brûlantes enflamment ma peau. Je suis contracté, prisonnier du désir et de la peur. Et cette odeur familière me laisse entrevoir de vieux souvenirs. Certainement les plus beaux souvenirs. Un autre genre de frisson me donne la chair de poule, tremblant de froid et de passion. Je n'ose pas me retourner. J'ai peur de ce qu'il y aura derrière moi. J'ai peur que ce ne soit qu'un rêve. Que ce ne soit qu'un simple inconnu, un pauvre fou tout aussi paumé de moi. Mais n'était-il pas lui même un pauvre fou paumé ? Et dans le plus beau des silences, sa voix me transperce. Chaude, puissante, basse, et envoutante. C'en est assez. Je me retourne vivement, en repoussant celui qui m'encercle d'un coup d'épaule. Et l'impossible s'offre à moi. Grand, beau, et irréel.

Aurelian. Le doute n'est pas permis, et pourtant je reste septique. J'ai à peine écouter sa phrase, tant ma concentration s'est porté sur sa voix. Ma gorge est serré si fort, et mon cœur bat à tout rompre. Je tremble légèrement. Toujours de froid, et de peur. C'est celui que j'ai aimé. Toujours le même. Beau comme un dieu. Je serre fort ma veste contre moi. Mon regard paniqué le scrute en détails, et analyse chaque partie de son corps. Et chaque partie de son corps me ramène son lot de souvenirs. Ses mains que j'ai tenu de longues heures, et qui ont parcouru mon corps tant de fois. Ses bras dans lesquels je me suis perdu. Son torse sur lequel je me suis reposé, et sur lequel j'ai trouvé le plus magnifique des refuges. Son ventre que j'ai embrassé et caressé. Et il y a aussi ce visage inoubliable. Comment pourrais-je oublier son visage ? Chaque élément de son visage me revient, précisément, sans faille. J'ai envie de le toucher, de le caresser. De constater qu'il est bien réel, et qu'il ne disparaitra pas d'une seconde à l'autre. Mais j'ai si peur. Tellement peur. J'ai l'impression d'avoir attendu ce moment toute ma vie, alors que cela ne fait que deux ans. J'ai espéré si fort le revoir, et versé tant de larmes que je ne sais plus si je peux encore pleurer. J'approche d'un pas, et j'ose avancer ma main droite vers son visage. Prudemment, j'avance ma main, que je pose sur sa joue. Je sens sa chaleur, et la sensation de sa peau sur la mienne. Cet électricité qui traverse nos corps. Je crois qu'il est bien réel. Alors c'est comme ça que tu reviens, Aurelian.

Aussitôt mon regard se durcit, et laisse transparaître ma rancune. Ma main se décolle de sa joue, prend son élan un peu plus loin, et s'abat sur son visage dans une gifle monumentale qui lui fait pivoter la tête d'un quart de tour. Je mords mes lèvres de toute mes forces, et je m'efforce de tout mon cœur pour ne pas pleurer. Pour ne pas lui montrer ma faiblesse. J'ai beaucoup de fierté, et je ne veux pas qu'il me prenne pour le pauvre gars qui a passé son temps à l'attendre. Je ne veux pas être le pigeon qui s'est fait avoir comme un idiot pendant deux ans. Je le déteste tellement. Presque autant que je l'aime. Et cette gifle semble bien peu de choses. Immédiatement je me jette sur son torse, la tête baissé en avant. Et je commence à le tambouriner. Je veux qu'il comprenne. Je veux juste qu'il me voit, et qu'il se dise qu'il a été un gros con avec moi. Je veux qu'il se souvienne que je ne suis pas le gars qu'on laisse derrière. Je veux qu'il m'aime, putain.

    « C'est quoi ton problème Aurelian ?! T'es vraiment qu'un enfoiré de revenir comme ça, après deux ans. Tu crois que c'est si facile ? Tu crois vraiment que tu peux me lâcher comme ça et revenir, comme si de rien n'était ? Si c'est le cas, t'es plus con que je ne le pensais. Mais putain, Aurelian, pourquoi t'es parti ?! »


Et soudain je m'arrête. La haine se dissipe comme un nuage de fumée. Et je reste collé contre son torse, désarmé et démuni au possible. Mes poings tapent encore son torse, lentement, faiblement. Et je fonds en larmes. Parce que la colère est trop forte, et le bonheur de le retrouver aussi. Je tremble de tout mon corps, tant la bataille de sentiments qui s'opère dans ma tête est forte. Et comme je ne suis qu'un gamin dans l'âme, je n'arrive pas à faire face à ça, et je m'effondre, comme à chaque fois. Mais Aurelian a toujours su sécher mes larmes. Je serre sa chemise entre mes poings, et seulement mes sanglots résonnent à présent. Je sens tout : je sens son cœur qui bat, son ventre qui se gonfle et se dégonfle, son souffle dans mes cheveux. Je sais qu'il est là et que c'est lui. J'ai envie de crier, de lui dire que c'est le plus beau des enfoirés, et qu'il ne me mérite pas. Qu'il ne mérite pas mon attente, ni l'amour infini que je lui porte. Je devrais m'enfuir en courant, le laisser là, comme un abruti, mais j'en suis incapable. J'ai trop peur de le perdre de nouveau. J'ai trop peur qu'il s'en aille encore. Alors je serre sa putain de chemise, comme si ça allait pouvoir le garder auprès de moi. Et je sanglote comme un enfant contre lui. Je ne sens plus le froid : je ne ressens que la chaleur d'Aurelian qui me dévore complètement. Qui me submerge tout entier. A cet instant, j'avais vraiment envie de lui en vouloir, de lui montrer ma rancune et ma colère. Mais je ne pouvais m'y résoudre. Impossible. La joie de le retrouver, et le soulagement de deux années de galère me tombent dessus comme une douche froide. Je relâche lentement ma prise, et mes bras s'étendent autour de lui, afin de le serre fort contre moi. J'ai besoin de lui, j'ai besoin de son étreinte. Et dans un bonheur incommensurable, je retrouve le plaisir de me blottir dans ses bras. Je retrouve son odeur enivrante qui m'a obsédé, et sa peau brûlante. Si c'est un rêve, alors ne me réveillez plus. Je préfère demeurer ici à jamais. Car le monde n'a plus d'importance. Plus rien n'a d'importance. Même moi j'ai perdu tout intérêt.

    « Tu m'as manqué, espèce de con. Tu m'as tellement manqué que j'ai crû que j'allais crever ... »


Je ne relève pas la tête, et je reste blotti contre lui. J'ai trouvé la force de contenir mes larmes et mes sanglots le temps de lui dire ça. C'était la stricte vérité. Plus d'une fois j'ai crû que son absence finirait par me tuer. Je sens que la chance se presse contre moi, comme pour célébrer la plus merveilleuse des retrouvailles. Je sens l'énergie qui traverse mon corps, et m'électrise. Ce soir, ce n'était pas simplement ma soirée : c'était tout simplement notre soirée. Aurelian & Nikolaï.


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Aurelian L. Kieser
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Ven 20 Juil - 23:53

My Sweet Surrender


Le temps s’était arrêté. Stoppé, figé. Il n’existait rien d’autre que ce moment. Rien d’autre de pertinent. Moment immortel, à jamais gravé dans sa mémoire déjà indélébile. Il se promit silencieusement, alors qu’il n’arrivait tout simplement pas à calmer l’élan de ses lèvres contre les muscles du cou de Nikolaï, de les dessiner ou de les peindre, comme ça, vulnérables. C’était trop beau pour ne rester que dans leur tête. Mais ça ne resterait qu’à eux. C’était trop beau pour le partager. Le monde entier en était indigne. La voûte étoilée, la lune miroitante sur l’eau ondulée de petites vagues… La brise fraîche qui caressait sa joue, qui filait entre ses cheveux sombres. Et lui. Visiblement choqué, il ne bougeait pas. Sa respiration s’était freinée. Mais sa peau était brûlante, furieusement envoûtante, attirante. Et son cœur battait à tout rompre, autant que le sien. Tambours désordonnés, résonnant à l’unisson contre leurs cages thoraciques. Ses doigts cédèrent, dégageant avec délicatesse l’étoffe de la veste de Niko pour caresser son ventre nu de sa paume ardente, ses ongles effleurant la courbe définie de son os iliaque.

L’ecstasy faisait son effet; tout ce qu’Aurelian pouvait sentir, c’était le garçon qu’il tenait fiévreusement contre lui. L’odeur apaisante de sa peau, de ses cheveux. C’était les frissons qui naissaient sous ses doigts et ceux sur sa propre nuque. Mais le portrait était condamné à être brisé. Cela ne se faisait pas, partant sans un mot et s’attendre à être accueilli en héros. Et il ne s’y attendait pas, non plus. Il devinait ce qui allait venir ensuite, l’assumant totalement. Mais il était tout simplement trop captivé par le velours du moment pour penser à ses regrets. Encore quelques secondes… Quelques poussières de pur bonheur. You feel so good in my arms. Un mouvement brusque, le grand Allemand n’y résista pas. Il était prêt. Ses mains s’éloignèrent malgré lui du corps qu’il avait déjà tant exploré, l’une d’elle s’enfouissant timidement dans la poche de son jean alors que son autre bras reposait le long de son corps. Ne tremble pas. Stay strong. Il se laissa observer, et fit de même. Nikolaï n’avait presque pas changé. Il aurait pu fermer les yeux, dessiner chacun des traits de son corps avec exactitude tant il le connaissait. La courbe de ses sourcils, la texture de ses lèvres, les lignes de ses muscles, la chute de ses reins, l’arrondi de ses épaules, le galbe léger de ses fesses. Son visage souriant ou encore tordu de plaisir. Fuck, you’re beautiful…

Il s’approcha, premier avertissement. Il n’allait certainement pas se jeter à son cou pour l’embrasser. L’azur des yeux de son ancien amant se planta dans son propre regard, qu’il soutint sans broncher. So close yet so far. Brève caresse sur la joue, caresse qui lui fait fermer les paupières. Aurelian n’eut pas le temps d’y penser deux fois que la main de Niko heurta violemment sa mâchoire. Sa tête suivi le mouvement, ses sourcils se froncèrent et il lâcha une légère plainte, basse et rauque. C’était tout à fait légitime, mérité. Il aurait même en faire plus qu’il ne lui en aurait pas voulu. Un mince filet au goût ferreux étreint sa langue, l’intérieur de sa joue s’était écorché. Le jeune homme aspira un peu d’hémoglobine, sa tête retrouvant sa position initiale. Y allait-il en avoir une seconde? Non, pas cette fois. Nikolai brisa la distance entre eux, frappa son torse de ses poings. Puis il parla. Sa voix lui avait tellement manqué… Même s’il était fâché, même si elle tremblait de fureur, même si les mots prononcés lui faisaient mal. C’était l’ultime preuve qu’il était là, devant lui. Leurs chemins s’étaient recroisés spontanément… Peut-être qu’il n’aurait jamais dû partir. Peut-être que leurs cœurs meurtris auraient été épargnés. Mais aujourd’hui, il l’aimait plus que jamais avant. Et encore moins que demain.


    « Enfoiré, je te l’accorde. Con aussi. Mais ça n’a jamais été facile. Ni de partir, ni de te suivre ici. »


Sa voix était douce, brisée d’émotions, de cette masse qu’il avait au creux du torse qui ne cessait de croître, de s’élargir, de prendre de la place. Pourquoi était-il parti? Pour nous sauver. Pour nous donner une vraie chance, à la vraie vie. Pour que tu trouves un prince charmant digne de ta presque perfection irrésistible. C’est ce qu’il lui aurait dit, si Nikolaï ne s’était pas mis à pleurer contre son torse. Les yeux du Vis s’embrumèrent un instant, une larme exilée venant rejoindre sur sa chemise celles du garçon qui était toujours collé contre lui. Il détestait le voir pleurer, plus encore lorsque c’était de sa faute. Ça ne s’était pas produit souvent. Quelques fois, quand les sentiments sont trop forts et que la drogue est trop puissante. Quand on ne s’appartient plus. Aurelian passa ses deux bras autour des épaules de l’Allemand, étreignant son corps secoué de sanglots. Il pencha la tête, permis à son nez de se blottir dans sa chevelure, posant un baiser sur sa tête. Calmer la tempête. Sa grande main trouva sa place sur la nuque du jeune homme, la massa tendrement, alors qu’il semblait s’apaiser sous ses caresses, sous sa présence. I’m here for you. Les bras de son amant de refermèrent contre lui dans le bas de son dos. C’était ainsi que ça devait être. Pourquoi s’être obstiné à vouloir croire le contraire? À tenter de se raisonner que c’était peut-être mieux pour eux deux s’ils étaient chacun de leur côté? En quelques secondes, il envoya promener les dernières parcelles de réticence qui lui restait.

    « Tu… Tu m’as manqué aussi. J’ai merdé, je suis… vraiment désolé, Niko. Je n’aurais jamais dû partir. Pas comme ça. Pas du tout, en fait. C’est comme ça que je me sens bien. Quand tu es là, près de moi. Quand je peux te regarder dans les yeux. »


Will you ever forgive me? Les doigts d’une de ses mains se refermèrent délicatement contre le menton de Nikolai, la paume de l’autre toujours ardemment appuyée sur sa nuque et le côté de son cou. Et son regard, toujours plongé dans le sien, vitreux d’envie, de désir viscéral et de larmes refoulées. Don’t push me away, I won't let you.

    « C’est arrogant de ma part. Odieux, même. Mais j’ai envie qu’on se taise, un moment. Je pense qu’on a peut-être mieux à faire. », chuchota-t-il alors que la pointe de son nez effleura le sien, ses paupières s’entrefermant à chaque respiration profonde et saccadée.


I want to taste your lips again. I’m addicted.


Dernière édition par Aurelian L. Kieser le Sam 21 Juil - 13:57, édité 1 fois
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Nikolai L. Valdick
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Sam 21 Juil - 12:32

« The Story of the Impossible. »
Si on me demandait pourquoi ce garçon, je dirais simplement parce qu'il est lui, et que je suis moi. Il me complète de toute son être. Son ventre complète toujours le creux de mon dos. Ses bras, mon plus beau refuge, m'enveloppent tout entier, jusqu'à ce que je ne fasse plus qu'un avec lui. Rien n'est explicable, rien n'est raisonnable. De toute façon, nous n'avons jamais été raisonnables. J'aimerais pouvoir lui résister, fuir son magnétisme, et m’émanciper de son attraction. Mais tout me ramène à lui. Chaque chemin que je prends, chaque voie que je suis convergent toujours sur lui. J'ai essayé par tant de fois d'abandonner, et ce fut peine perdu à chaque fois. Alors que faire à présent ? Rien du tout. Rester contre lui, c'est tout ce que je veux. Je l'écoute s'excuser, et j'ai envie de le croire, même si je le déteste pour ce qu'il a fait. Je ne comprends toujours pas pourquoi il est parti, je ne comprends pas pourquoi il revient aujourd'hui. Je ne sais plus quoi en penser. Je ne sais même pas s'il est possible de réfléchir et de raisonner correctement dans cette situation. Partagé entre la colère que j'éprouve pour son geste, et le bonheur de retrouver celui que j'ai toujours aimé. Pris entre deux feux. Et sa proximité ne m'aide pas à y voir plus clair. Je sens son front contre le mien, son nez qui effleure le mien, et nos souffles qui s'entrecroisent. Je me décolle de lui, de seulement quelques centimètres. Mon regard se penche sur ses lèvres, et c'est comme un appel au désir. Pourquoi hésiter ? Je n'ai plus rien à perdre, sauf lui à présent. Alors autant se jeter à l'eau tout entier.

    « Alors tais toi en premier, et laisse faire. »


Lentement, mes lèvres, attirées par Aurelian, se rapprochent. Hésitantes et tremblantes. Je m'arrête à quelques millimètres de sa bouche. Je respire son souffle chaud. Même mes rêves n'ont jamais été aussi beaux. Je brise la dernière barrière entre lui et moi, et mes lèvres se posent sur les siennes. Comme un coup de foudre, je suis foudroyé, électrisé. Ce n'est pas qu'un baiser, c'était bien plus que ça. Je ne pouvais décrire la sensation. Un goût sans pareil. Une odeur qui m'a manqué. Tout est strictement identique à mes souvenirs. Rien ne manque. Je m'étonne même de l'exactitude des sensations résiduelles que j'avais conservé en moi. Auto-protection désespérée d'un garçon qu'on a abandonné un peu trop tôt. L'instant se suspend dans le temps, se dilue et se file de façon infinie. Les secondes deviennent minutes, alors que nos cœurs battent à tout rompre dans nos poitrines brûlantes. La fusion la plus parfaite s'opère entre nous, à tel point que chaque centimètre carré de ma peau transpire de désir et de passion. A tel point que je ne veux faire plus qu'un avec lui. Je veux que nos corps s'enchaînent, comme ils avaient l'habitude de le faire. Je veux oublier, tout oublier. Oublier son absence, mes sanglots, et ma peine. Et renaître de mes cendres, dans le plus beau des incendies. Celui qui consumera mon cœur brûlant.

J'écarte ma bouche de la sienne, et un sentiment d'inachevé, au goût amer, règne sur mes lèvres encore chaudes et imprégnées de lui. C'est comme une porte entrouverte qui laisse passer la plus éclatante et merveilleuse des lumières dans une pièce sombre. On sait que ce qui se cache derrière est fabuleux, et qu'il nous faut sortir de ces ténèbres, pour renaître à la lumière. Maintenant que j'entrevois la lumière, je n'ai plus qu'à ouvrir grand la porte, et m'abandonner. J'attrape sa main, mes doigts entre les siens, je ramasse ma bouteille de tequila et je l'emmène avec moi. Deux princes de la nuit, au milieu de leur terrain de jeu. C'était ce que nous avions l'habitude d'être avant. Un sourire espiègle se dessine sur mon visage, certainement d'où à l'ivresse de l'alcool et surtout du moment. Parfois je me retourne en courant, pour m'arrêter et l'embrasser. Je caresse son dos et son ventre un instant, et je reprends ma course folle. Je veux qu'on aille au plus, au bout du monde si cela est possible. Sa main dans la mienne, et nos cœurs à l'unisson. Est-ce qu'il sent mon cœur battre pour lui ? Parfois, je pose sa main contre ma poitrine, pour qu'il comprenne. Et à courir comme deux fous que nous sommes, nous arrivons à la limite des jardins, la Loire presque à nos pieds. Derrière une haie, sur le gazon, je fais assoir Aurelian, et je m'assois sur lui, à califourchon. J'avale une gorgée de tequila, et je lui tends la bouteille. C'est ce qu'il préfère je crois. Et je l'embrasse de nouveau, fougueusement. Je déboutonne sa chemise d'une main, et j'enlève son haut. Mes mains caresse son dos, et dessine le superbe tatouage qu'il a dans le dos, et que j'ai toujours beaucoup aimé. J'embrasse son cou, je respire son odeur. Et je laisse tomber ma veste en arrière, glissant sur mes bras jusqu'au sol. De toute façon, je n'en ai plus besoin : je n'ai plus du tout froid.

Je repousse Aurelian en arrière, dévorant de baisers son torse nu. Et tout s'enchaîna vite, peut être un peu trop vite. Mais je retrouvais tout dans un sourire non dissimulé. L'alcool me fait tourner la tête, et mon front est brûlant. Ses caresses me font perdre la raison, et le désir habite mon esprit et s'empare de mon corps. Je le sens à présent : il est à moi. Il n'a pas changé, il est resté le même. Et je l'aime si fort. Je retrouve les sensations des premières fois, et je me retrouve aussi intimidé qu'un adolescent. J'ai l'impression de ne plus savoir comment m'y prendre, mais il me guide et me fait entrer dans la danse. La lune éclaire nos corps, la nature est la seule témoin de nos ébats. Rien ne vient troubler ce décor magique, si ce n'est le bruit de nos respirations saccadées. J'ai presque mal au ventre tant le plaisir me saisit de l'intérieur. C'est fort, c'est parfois même un peu brusque. Mais je me tais, je tiens la cadence, et je le suis. Parce que je sais qu'il est complémentaire de mon corps et de mon être. Je sais qu'il ne me fera pas de mal. Alors je place toute ma confiance en lui, et j'embrasse ses lèvres, pour taire ma voix et mes souffles. Ce moment semble éternel, et le monde semble ne plus exister. J'ai l'impression qu'il s'est penché sur nous, s'est refermé. Car dans cet univers argenté et sombre, rien ne bouge, tout est calme et serein. Même nous, nous sommes redevenus immobiles. Silencieux, et encore essoufflés.

Je ramasse quelques affaires, juste mon boxer et ma veste, que j'enfile immédiatement. Et je m'allonge dans l'herbe avec lui, et je pose ma tête contre son torse. L'air frais caresse nos corps encore incandescents.

    « Tu étais où pendant tout ce temps ? Et qu'est ce que tu fais là ? »


Je lui parlais à voix basse, comme pour ne pas troubler le silence qui était retombé sur les jardins sombres. Maintenant, il était temps de parler un peu. Je voulais tout savoir de lui. Qu'est-il devenu ? Est-ce qu'il a pensé à moi pendant tout ce temps ? Est-ce qu'il m'aime encore ? J'ai des milliers de questions dans la tête, mais je ne veux pas le harceler inutilement. Alors je lui demande l'essentiel. Des choses qui le concernent lui, et non pas nous. Avait-il un don tout comme moi ? Très certainement, sinon il ne serait pas ici. Quel est ce don au juste ? Mes doigts se promènent sur son torse et son ventre, dessinant chaque courbe de sa peau et de ses muscles.

    « Parle moi de toi . »


J'ai l'impression de le redécouvrir. Il est toujours le même, pourtant, il a tellement changé paradoxalement. Son corps aussi a changé, ce n'est plus celui d'un adolescent. C'est celui d'un jeune homme. J'ai envie de savoir qui il est aujourd'hui. J'ai envie de savoir quel genre de vie il mène, et ce qu'il fait. Les gens qu'il a rencontré, et ceux qui partagent sa vie aujourd'hui. Je veux juste savoir s'il reste un peu de place pour moi dans sa vie. Car dans la mienne, il a toujours eu autant de place.


Spoiler:
 

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Aurelian L. Kieser
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Sam 21 Juil - 23:41

They say that the world was built for two


Un sourire étreint le coin de ses lèvres en entendant la voix fébrile et douce de celui qui faisait battre son cœur. Sourire satisfait, joueur, charmeur, et juste un peu vainqueur. Le souffle de Nikolaï lui colle à la peau, semblant presque pénétrer ses pores pour rejoindre son sang, son cœur, son ventre et son âme, enflammant son être tout entier. C’est ainsi qu’on se retrouve, comme au premier soir. Comme après cette danse beaucoup trop sensuelle pour être ignorée. C’était la même pulsion presque animale, qui tonnait dans toutes les fibres de son corps. C’était ce même désir incontrôlable, violent, presque effrayant. Est-il possible de ressentir un tel besoin pour une personne sans risquer de s’y blesser? C’était une tempête. Une tempête qui lui rongeait les reins et les doigts d’une avidité qu’il avait oubliée. Jamais il n’avait désiré quelqu’un autant que Niko. Il y avait ce désir purement physique, celui qui s’assouvit de mouvements du poignet ou d’une personne sans nom, soumise et offerte. Sans valeur. Et il y avait celui qu’il ressentait en croisant le regard de l’Allemand. Celui qui porte à vouloir connaître chaque point faible de la personne, à vouloir passer ses mains sur chaque centimètre de sa peau brûlante, à vouloir savoir exactement quoi faire pour qu’il tremble, pour qu’il se brise, pour qu’il crie. Ce désir de fusion physique mais aussi spirituelle, émotionnelle. Je ne fais pas que te vouloir, Niko. J’ai besoin de toi.

Aurelian expira un faible soupir au contact du satin des lèvres de Nikolaï sur les siennes. Rien n’avait changé. Ils se complétaient aussi bien qu’avant sa fuite, et mieux encore. Doigts contre peau, bouches entrouvertes, langues passant la barrière de leurs dents pour se rejoindre, se taquiner, se titiller. Comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Mais ce goût aigre-doux de retrouvailles se joignait au baiser. Le bonheur d’être ensemble à nouveau, la frustration de l’absence passée, les questions, l’euphorie. Le brun n’aurait pas pu dire si cela rendait le baiser meilleur – il ne pensait à rien d’autre, pour une fois - mais il savait que ce moment était incomparable, unique, magique. Un soulagement qu’il n’avait jamais connu avant. Finalement, je peux te toucher, t’embrasser, te serrer contre moi. Tu n’es pas qu’un rêve, cette fois… L’une des mains du jeune homme glissa de la nuque de l’Allemand jusqu’au bas de son dos, passant sous sa veste une nouvelle fois, alors que l’autre restait tendrement accrochée à sa mâchoire. Il avait envie de la lui enlever, sa fichue veste… Envie de le voir, de l’embrasser partout, de redécouvrir son corps qu’il n’avait jamais vraiment oublié. Qu’il ne pourrait jamais oublier.

Le baiser se brise, ou presque. Un instant, à peine, Aurelian aspire délicatement la lèvre inférieure de Niko entre les siennes, l’effleurant de ses dents avant de la laisser s’échapper. Un autre soupir, presque une plainte, cette fois. Déjà?... But I want more, I want so much more. Les doigts du jeune Allemand se referment contre les siens. Il le regarda dans les yeux, son pouce caressant le dessus de sa main, et remarqua au creux de ses prunelles azures une lueur taquine. Puis un sourire sur ses lèvres. C’était bel et bien lui, celui qu’il aimait. Souriant, heureux. Le ténébreux le suivit dans sa course, ses soucis s’envolant avec les pas qu’il prenait, les baisers posés sur ses lèvres, le vent qui sifflait à leurs oreilles et cette envie qui lui rongeait le ventre plus que jamais. Parsemant leur trajet de tendresses, de caresses, ils arrivent bien vite derrière une grande haie. Il n’a pas le temps d’y penser deux fois, les mains de Nikolaï pesant sur ses épaules l’invitent à s’asseoir sur l’herbe. Ce qu’il fait, s’asseyant donc et se laissant même un peu basculer vers l’arrière, ses coudes plantés dans le sol lui servant d’appui. Il regarde son amant s’installer sur lui avec une gourmandise qu’il ne cache pas, se mordillant légèrement la lèvre du bas. L’un de ses bras quitte le sol, sa main caressant sans gêne le haut de sa cuisse et le côté de sa fesse. De la téquila? Aurelian sourit et prit quelques bonnes gorgées du liquide légèrement doré, sans quitter Nikolaï des yeux. Bouteille refermée, s’égarant sur le sol.

Vêtements tirés, déboutonnés, enlevés. Sa peau est alléchante, la forme de son corps à présent à moitié nu définie par les rayons lunaires; Il était beau à en mourir... Il l’avait toujours été, mais là, c’était spécial. Les mains d’Aurelian se posèrent sur ses hanches, les caressant avidement alors que ses lèvres retrouvaient le creux de son cou offert. Leurs torses se frottent, s’attirent, leurs cœurs se retrouvent et s’aiment. Le désir était trop fort à contenir. Cela faisait tout simplement trop longtemps pour qu’ils s’arrêtent. Les vêtements disparaissent, trouvent leur place sur le sol ou autour d’une cheville. Et les corps sont si proches qu’ils se fusionnent. Régulièrement, tendrement, ardemment. Les doigts se crispent, les voix se brisent, les respirations se saccadent, s’accélèrent, quelques mots hachés de plaisir tout de même soufflés aux oreilles. I missed you… This feels so good… Puis l’extase prend sa place, secoue les amants, leur arrache des cris sourds, rauques. Le feu s’était calmé, mais les braises étaient toujours brûlantes. Il lui aurait fait l’amour toute la nuit, si une discussion ne s’imposait pas.

Son boxer et son jean remontés à ses hanches, Aurelian s’étendit dans l’herbe, sa chemise pliée lui servant d’oreiller. Il profita de sa distance temporaire de son amant pour fouiller dans sa poche, en ressortant son étui métallique. Il l’ouvrit, y piqua un joint et l’humidifia d’un passage dans sa bouche alors que ses yeux s’attardaient une seconde sur les fesses de Nikolaï, bien vite recouverte de son boxer. Le joint posé au coin de ses lèvres, il l’alluma, son bras libre enlaçant avec satisfaction les épaules du jeune homme qui vint se coller contre lui. Moment de répit, moment de perfection. Il tira longuement sur le pilon, garda la fumée en le tendant à Niko.


    « J’étais perdu. Vivant une vie qui ne me plaisait pas, suivant des convictions qui, visiblement, ne sont pas les miennes. Je suis ici pour la même raison que toi, je suppose. Parce que je ne suis pas normal, j’ai un don, qu’ils disent. J’te dirai que parfois c’est une malédiction, mais voilà, c’est comme ça. On s’y fait, et puis on le contrôle. Je suis incapable d’oublier. Même du temps qu’on était ensemble, ça se manifestait, avec mes migraines. Et même si je me souviens toujours de tout, j’ai des techniques maintenant qui m’aident à garder toute ma tête, ou presque. J’ai essayé de lâcher la drogue, ça n’a pas fonctionné. Enfin, presque. Un an et demi que sur l’alcool comme consolation, c’est pas mal. Mais ça me manquait. Le nightlife me manquait. Et tu me manquais aussi. Je n’ai jamais vraiment abandonné l’espoir de te revoir. »


Le ténébreux pencha légèrement la tête, rencontrant le regard de Nikolaï, à qui il sourit. Il glissa un baiser sur ses lèvres, chaud, doux, puis ajouta :

    « Mes efforts n’ont pas été vains… Et toi? Quoi de neuf depuis le temps? Tu dois bien avoir un don toi aussi. Autre que celui de me rendre dingue. »


Il lui décocha un clin d’œil malicieux et un sourire joueur. Les choses n’étaient pas si différentes.
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Dim 22 Juil - 20:07

« 50 ways to say Goodbye. »
Il y a de nombreuses façons de dire au revoir à quelqu'un. Tellement, qu'il serait presque impossible de se décider si l'on prenait le temps de choisir. Le problème, c'est que les gens choisissent systématiquement la façon la plus facile pour dire au revoir à quelqu'un. Par exemple, en envoyant un pauvre et lâche SMS, disant que c'est terminé, et qu'il faut se dire au revoir. Comment peut-on dire à quelqu'un que c'est terminé, comme ça, par SMS ? C'est bien lâche. Aurelian a le mérite d'avoir fait dans l'originalité : il n'a pas envoyé de SMS. Encore moins de messages vocaux, de lettres, notes, brouillons, mails, messagers, post-it. Rien du tout. En fait, Aurelian a tout simplement choisi de ne pas me dire au revoir. Et c'est bien ce que je lui reproche aujourd'hui. Je lui reproche de ne pas avoir eu le courage de me dire que c'était terminé, et qu'il fallait en rester là. Cet absence d'adieu m'a laissé suspendu dans le temps. Prisonnier entre un passé qui n'existe plus, et un futur qui pourrait exister, au milieu d'un présent qui existe et qui file. Je lui reproche l'attente qu'il m'a infligé. Et les sentiments persistants qu'il a laissé derrière lui. Comme des marques au fer rouge sur mon âme. Il y a des dizaines de façon de s'y prendre pour dire au revoir à quelqu'un, des façons plus ou moins classes et distingués. Et lui n'a pas su en choisir une seule.

Cela semblait si égoïste les raisons pour lesquelles il est parti. Qu'est-ce qui n'allait pas dans son ancienne vie ? N'ai-je pas réussi à le combler ? Et il ajoute qu'il est un Misaya, tout comme moi. Impliquant ainsi qu'il ait un don. Cette annonce me provoque un frisson. Je m'y attendais en réalité, mais l'entendre de sa bouche me rendait étrangement anxieux. Il est toujours le même, mais cette nouvelle facette de sa personnalité ajoute un détail non négligeable. Quel est donc son pouvoir ? D'après ce qu'il me dit, il retient tout. Absolument tout. Je fronce les sourcils un instant, faisant une petite moue de scepticisme. Alors ça veut dire qu'il se souvient de tout ce que l'on a vécu en détails ? Sa mémoire serait-elle véritablement sans faille ? Je me demande si il se souvient de la façon dont il me prenait par les hanches en soirée, tout en embrassant dans le cou, pour montrer à la foule que j'étais le sien. Et je me demande si il se souvient de la façon dont il me regardait dans les yeux, avant de se jeter sur moi, pour me faire l'amour sur la première banquette miteuse à notre disposition. Est-ce qu'il se souvient de tout les endroits où nous avons fait l'amour ? Combien de vêtements il m'a ôté avec hâte ? Je souris à cette idée un peu idiote. Et je me dis qu'avec un peu de chance, il n'a pas oublié non plus les sentiments qu'il éprouvait pour moi avant son départ. Son torse est chaud et réconfortant, j'ose à peine parler tant je me sens bien comme ça. J'ai peur de tout gâcher en ouvrant la bouche. Mais j'attrape le joint qu'il me tend, tire un coup dessus, et recrache un vaste nuage épais de fumée.

    « Tu te souviens d'absolument tout ? C'est dingue comme don ça … Enfin, à part pour les maux de tête. »


Je lui tends à son tour le joint. Et il reprend la parole, alors que mon regard se fronce de nouveau, avec une mine boudeuse et agacée. « Quoi de neuf » ? Non mais il me prend pour qui là ? Il croit que je suis son pote, un mec random qu'il n'a pas revu depuis des mois ? Je me redresse et me retourne sur lui, avant de lui donner un coup de poing dans le ventre, pour lui montrer mon mécontentement. Pas trop fort, mais suffisamment pour le faire réagir. Je n'aime pas quand il se comporte de façon si légère, à croire que rien n'a d'importance à ses yeux. Comme si je ne comptais pas pour lui. Je ne suis pas un simple gars. Je ne l'ai pas attendu sagement pendant deux années pour rien. Je ne l'ai pas attendu pour qu'il me fasse l'amour et me claque un « Quoi de neuf » pourri pour prendre de mes nouvelles, comme s'il ne s'était rien passé entre temps.

    « J'suis pas ton pote, Aurelian ... »


Je secoue la tête, avec un air blasé, et je m'allonge de nouveau sur lui, un peu plus recroquevillé. Je n'ai pas envie de lui avouer que je l'ai attendu avec plein d'espoirs. Je ne veux pas qu'il me prenne pour un pauvre type. Et si il ne m'aimait plus, et que j'ai l'air ridicule ? Peut être qu'il ne m'a jamais attendu, lui. Peut être qu'il s'est bien amusé en mon absence, et je n'en doute pas. Aurelian ne peut pas se passer de la sensation de la chair. Il ne peut pas résister à tous ces beaux garçons, et ces belles filles qui lui tournent régulièrement autour. Il ne sait se tenir fidèlement que quand il était avec moi. Je joue avec mes mèches de devant, puis je caresse son ventre de nouveau. J'adore laisser glisser mes doigts dessus. C'est doux, et tiède. Je dépose un baiser sur son torse avant de reprendre la parole, tout en essayant d'adopter une voix naturelle et un air détaché.

    « Moi je maîtrise la chance. J'arrive à percevoir la chance, comme de l'énergie, et je peux gérer les flux entre les personnes et les objets. Mais c'est compliqué, et pas toujours très utile. Mais c'est mon don … J'étais à Synchronicity, et j'ai atterri à Virtus, après … Enfin, tu vois de quoi je parle. »


Je me recroqueville un peu plus contre lui, comme pour me protéger d'un danger inexistant. La chance se frotte allègrement autour de nous, je le sens. En effet, l'avoir retrouvé ce soir est une véritable chance. Je n'ai pas envie d'évoquer ce qui s'est passé à Synchronicity. Je n'en ai jamais parlé. Je ne veux pas évoquer tout ce que j'ai vu. Tout ce qui m'est arrivé. Toute l'horreur de la scène. Je ne veux pas évoquer Cassandre, et son fantôme qui hante mes pensées. C'en est assez. Mes cauchemars incessants n'ont pas besoin d'être réalimenté de souvenirs douloureux. Je sors un peu mon visage, qui était enfoui dans le torse d'Aurelian, et je regarde au loin la Loire qui s'écoule dans un délicieux miroitement argenté.

    « J'ai essayé de décrocher, mais ça a raté. J'aurais jamais réussi à tenir sans ça. Ah oui, et accessoirement, je t'ai attendu. Mais ça, ça n'a duré que deux ans donc bon. »


Cette phrase était le reflet de la rancune que j'avais à l'égard d'Aurelian, que je lui jetais au visage par petits coups, tel un venin. Mon regard se perd au loin, et le bilan de ses deux dernières années défilent dans ma tête. Ça n'a pas été facile tous les jours, mais j'ai aussi rencontré des gens fabuleux. J'ai découvert tant de choses, et appris tellement ces deux dernières années. J'ai grandi et je me sens plus fort aujourd'hui, même si je perds encore pied par moment. Je me redresse de nouveau, et je m'approche de son visage. Je regarde ses magnifiques yeux verts, sublimés par l'éclat de la lune et des étoiles qui brillent par centaines à l'intérieur. Je monte à califourchon sur lui, saisit son visage entre mes deux mains afin de l'embrasser de nouveau, tout en caressant son visage et ses cheveux. Puis je me recule, et reste un peu assis sur le bas de son ventre, sans m'appuyer de tout mon poids, mais en prenant appui sur mes genoux au sol. Ma veste tombe mollement sur mes épaules, de façon négligée, mais je ne prends pas la peine de la remonter. Je saisis le joint, tire de nouveau dessus, et je me penche de nouveau sur lui, à quelques millimètres de sa bouche. Je place mes mains autour de nos bouches, et j'expire la fumée jusqu'à sa bouche. On avait l'habitude de faire comme ça. C'était un peu comme si on s'embrassait pour nous. Je me recule, tire une nouvelle fois, avant de lui rendre son joint. Je saisis la bouteille de tequila, en avale une bonne gorgée, avant de refermer la bouteille et de la laisser sur le côté, à notre portée. Je l'aime toujours autant, c'est maladif, presque toxique. Mais je suis fou de lui. Quand je le regarde, je me vois bien crever avec lui, avec le sourire, tout simplement.

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Aurelian L. Kieser
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Mar 24 Juil - 3:50

I should’ve never said goodbye


Combien de fois s’était-il ressassé les évènements de son départ dans sa tête? Il se souvenait de tout. Il se souvenait de comment l’idée lui était arrivé tout juste deux jours avant qu’il ne s’exile. Il se souvenait de la profonde peine, de la douleur, de la peur paralysante, des doutes. Il se souvenait de cette voix persistante qui lui disait sans cesse que c’était mieux pour Nikolaï s’il partait, que celui qu’il aimait aurait une vraie chance à la vie et au bonheur s’il n’était pas là pour l’intoxiquer. Il se souvenait du matin où il était parti. Cinq heures du matin, après deux heures de sommeil à peine. Encore à moitié saoul, la speed dans le sang, confus, terrifié. Il l’avait laissé dormir. Peut-être qu’il ne serait pas parti, si l’Allemand avait été réveillé. Le ténébreux avait ramassé ses choses en silence, avait passé son sac sur son dos et s’était penché une dernière fois pour embrasser les lèvres du garçon qu’il aimait plus que tout au monde. Plus que sa propre existence. Il se souvenait de s’être écroulé dans la rue, après quelques mètres à peine. La tête dans les mains, rugissant presque de cette douleur qui lui torturait les tripes. Il se souvenait de l’overdose qu’il avait fait le soir même. Sa soirée à l’hôpital, ses yeux tellement secs de larmes refoulées. Combien de nuits avait-il passé sans fermer l’œil, à regretter, à s’en vouloir? Il ne les comptait plus. Elles étaient tout simplement trop nombreuses. Insupportables.

Il s’en rappelait encore aujourd’hui, en reprenant le joint entre ses doigts, les yeux fixés sur le ciel étoilé. Les remords lui rongeaient encore le ventre. Plus encore qu’avant. Parce qu’il était juste là dans ses bras, parce qu’il l’aimait encore avec une force incroyable. Et si cette fois non plus, il n’était pas capable d’être à la hauteur de ses propres attentes? Et s’il échouait encore? Sa gorge se noua violemment. Ça ne servait à rien. Stop hurting yourself. C’est en entrant dans ces cycles tortueux qu’il sabotait ses efforts. C’est bien pour cela qu’il s’était cru indigne de ce qu’il avait avec Nikolaï. De cette attirance indéniable, de tout l’amour que le garçon lui portait, de ses baisers et de ses caresses. S’il voulait réussir, cette fois, il devait se laisser aller. Calmer la roue qui tournait sans arrêt dans sa tête et vivre au lieu de penser. Il y était arrivé au début de sa relation avec Niko. Il devait retrouver cette insouciance. Et il lui semblait, cette nuit, que c’était faisable. Les cheveux bleus tombant lâchement sur son torse nu lui donnaient espoir.

Aurelian remarqua tout de suite l’air qu’on lui lançait, alors qu’il rejetait d’épaisses volutes de fumée grise de ses narines. Il regardait le jeune homme droit dans les yeux, un sourcil légèrement haussé. Avait-il dit quelque chose de déplacé…? Le coup dans le ventre lui coupa le souffle momentanément. L’Allemand toussa légèrement, s’apprêtant à lui demander ce qui lui prenait. Mais Nikolaï fut plus rapide. J’suis pas ton pote. Le ténébreux n’eut même pas la force de protester. Sans quitter le jeune homme des yeux, il se mordit légèrement la lèvre du bas, lui offrant un air sincèrement désolé. Si quelque chose était capable de lui faire perdre son habituel talent avec les mots et sa capacité à se sauver d’une situation avec son seul charisme, c’était sa nervosité. C’était connu; Aurelian avait cette facilité à choisir les bons mots, à convaincre les gens de suivre ses idées. S’il le voulait vraiment, il pouvait faire faire à peu près tout ce dont il avait envie à ceux qu’il côtoyait. Mais quand son niveau de stress augmentait – ce qui arrivait très peu souvent – il devenait maladroit. Et il tenait beaucoup trop à Niko pour être nonchalant face à ce qu’il pouvait bien penser de lui ou à son opinion sur des actions qu’il prenait. C’était tout de même peu fréquent, son charme et son sang-froid lui venaient avec un naturel déconcertant, mais considérant l’étendue de la situation, c’était normal. Il n’était qu’humain, après tout.


    « Je sais, Niko. Pardon, ce n’est pas le message que je voulais te faire passer. », ajouta-t-il d’un ton doux avant de se pencher pour poser un baiser sur le dessus de la tête du jeune Allemand.


Le garçon enchaîna bien vite avec autre chose. Et il avait raison, il ne fallait pas s’y attarder trop longtemps – les choses se replaceraient d’elles-mêmes, il le sentait. Rien ne disait que ça allait être facile, mais il avait confiance. Il osait rêver. Il tira un deuxième coup sur le joint, toujours très attentif à ce que Nikolaï disait. Maîtriser la chance? C’était intéressant. Et lui pouvait s’en servir pour aider – ou pas – les gens autour de lui. Le don d’Aurelian se concentrait uniquement sur lui-même, il n’était d’aucune utilité à personne d’autre. Si ce n’était qu’on lui demandait parfois de se souvenir de quelque chose, au cas où les autres oubliaient. Les pensées de l’Allemand n’eurent pas le temps de s’éloigner davantage. Il parlait de Synchronicity. C’est là qu’il était, tout ce temps. Il était parti loin. À cause de lui. Nouvelle vague de remords, qui ne dura pas longtemps. Il était bien au courant de tout ce qui s’était passé à l’école russe. Il se souvenait de ça aussi. Les arrivées d’étudiants en pleurs, surtout. L’étreinte d’Aurelian se resserra doucement contre son amant, ses doigts trouvant quelques parcelles de peau nue pour y étendre sa chaleur. Il voulait le réconforter autant qu’il le pouvait, même si les évènements étaient passés depuis un moment. Même si lui-même lui avait déjà fait mal. Il l’avait fait attendre deux ans, non?


    « Merci de me rappeler que je suis un imbécile. »


Un autre sourire éclaire son visage. Un sourire typique Aurelian. Juste au coin de ses lèvres, les yeux brillants. Un sourire tendre et espiègle à la fois. Nikolai ne lui tint pas rigueur, réagit comme il le voulait, d’ailleurs. L’une des mains du ténébreux glisse des hanches de son amant jusqu’au bas de son dos, ses doigts s’étirant jusqu’à sa fesse droite pour la masser tout légèrement. Il est tellement beau. Encore plus qu’il ne l’était avant. Il n’a pas vraiment changé, juste muri. Ses traits sont plus définis, plus masculins encore. Si la perfection existe, c’est lui, sans aucun doute. On lui pique le joint. Sa main maintenant libre, il la glisse sur le côté de son cou, descendant contre le creux de son épaule et s’accroche doucement à sa nuque. Une soufflette. L’Allemand lâche un petit rire, tout bas, et se laisse faire, aspirant la fumée au même rythme que Nikolaï la lui souffle. C’était la meilleure façon de fumer. Tout près de l’homme qu’il aime, sa peau contre la sienne, son souffle se mêlant au sien.

    « Niko..? »


Sa voix brisa l’air. Douce, chaude, légèrement fébrile. Il ne cessait de le caresser, de le toucher, de fixer ses beaux yeux bleus. C’est si bon de t’avoir près de moi. Je ne veux pas que ce moment se termine… Il faut que je te le dise. Depuis toute ces années. Même si tu le sais, je ne te l’ai jamais dit. Je veux te le dire, je veux que tu l’entendes.

    « Je t’aime. Je t’aime, Nikolaï et je ne peux pas me passer de toi. »


Je suis fou de toi.

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Nikolai L. Valdick
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« Look at you smoking in them Neon Lights.
Under the thunder, you like so nice. »
Je me suis toujours demandé si on pouvait vraiment éprouver de la rancune pour quelqu'un déjà rongé par le remord. N'est-ce pas la plus cruelle et froide des tortures que celle que nous inflige les remords à notre âme déjà bien en peine ? C'est un bourreau sans cœur. Froid, impartial et minutieux. Il vous broie l'âme, sans préavis, et à petit feu, pour que vous puissiez déguster votre châtiment. Et toujours, quelque part, à un moment donné, vous vous souviendrez de vos remords, et de vos regrets. Quoiqu'il arrive. Fuir, se cacher, essayer de les étouffer. C'est bien vain a priori. Alors pourquoi devrait-on torturer en plus quelqu'un qui souffre déjà de sa propre faiblesse intérieure ? Certainement pour se laver de la colère, de la déception, de la peine qu'on a accumulé. Peut être que c'est un moyen de s'exorciser. Car ce sont des démons, des entités mauvaises qui rongent l'âme et nous pourrissent de l'intérieur, à tel point qu'on ne se reconnaît même plus à travers ce visage déforme par la colère, ou creusé par les larmes et la fatigue. C'est peut être un mal nécessaire. Même si on dit qu'il faut blâmer le pêché et non pas le pêcheur, comment celui qui a été offensé peut retrouver la paix ? Comment puis-je blâmer l'absence d'Aurelian, sans pour autant le blâmer par la même occasion ?

Je sentais dans sa voix qu'il était désolé, j'en étais quasiment convaincu à l'intérieur de mieux. IL se perdait en excuses, et pourtant, Dieu sait si ce n'est pas son genre de faire ça. Aurelian a de la fierté aussi. Le fait qu'il demande pardon est déjà un exploit en soi. Mais c'est comme si ce n'était pas suffisamment. Comme si j'essayais encore de retenir le sable entre mes mains. C'est là que réside mon problème : j'ai peur de le perdre. Constamment. Par de temps en temps, quand je me pose la question et lors des questions existentielles qu'on se pose sous la douche au lieu de se laver. Non, c'est plus présent que ça. Je sais que c'est un homme libre, et c'est ce que j'aime chez lui. Un libre penseur, un artiste qui a réussi à briser ses chaînes. C'est un homme qui n'a pas d'attache dans ce monde. Et j'ai peur qu'il reproduise son absence. Car après tout, qu'est-ce qui peut le retenir à moi ? Je n'ai jamais vraiment su ce qu'il pensait de moi, même si je sais qu'il a de l'affection pour moi. Mais il a bien plus d'attirance pour mon corps. Il doit certainement m'aimer d'une certaine façon. Mais qu'est-ce que je suis à ses yeux, aujourd'hui ? Je n'ai aucune preuve de son honnêteté. Je ne peux pas savoir s'il m'abandonnera encore. Si ça se trouve, demain, il sera de nouveau loin de moi. Il n'a jamais prétendu avoir besoin de moi. Mais moi j'ai besoin de lui. C'est compulsif, ça me ronge de l'intérieur et ça me pourrit la chair. C'est le mythe des hermaphrodites : Aurelian est mon exact moitié. J'ai l'intime conviction que nous sommes faits pour être à deux. J'ai presque envie de le supplier de me croire, mais comme dans un abandon général, je me tais et je le regarde. Allongé dans l'herbe, mes deux mains appuyées légèrement sur son torse. Je baisse un peu la tête. Et je me dis que je suis bien idiot d'essayer de retenir un homme aussi libre que lui, que rien ne semble pouvoir entraver.

Puis il m’interpelle. Quand il dit mon prénom, mon cœur s'arrête l'espace d'une seconde, et un sourire en coin s'esquisse sur mon visage obscurci d'ombres et de lumière blafarde. Et comme s'il avait lu dans mes pensées, il me dit qu'il m'aime. Et je relève la tête, surpris et décontenancé. Cela semblait inhabituel, et tous les non-dits semblent s'évanouir. Des mots, des vrais. Il a l'air impassible, quasiment déterminé. Et mon regard se plonge dans le sien, et je retrouve une sensation ancienne. Celle de nos premiers regards échangés. Nos premiers contacts. J’entrouvre la bouche, et je voudrais bien lui répondre quelque chose, mais le son ne sort pas. Les mots restent bien prisonniers devant lui. J'ai envie d'y croire, de lui faire confiance. Tout ce que je veux, c'est qu'il m'aime. Et la rancune semble se dissipait, comme un nuage de fumée noir. Je me sens léger, et deux larmes naissent aux coins de mes yeux. Immédiatement, je me penche sur lui, bloquant ses poignets au dessus de sa tête avec mes mains, et je l'embrasse passionnément. Ce baiser qui veut dire « Je crois que je partage les mêmes sentiments que toi. Mais j'arrive pas à te le dire ». Une larme arrive à glisser le long de ma joue au passage, tandis que la deuxième s'écrase sur la joue d'Aurelian. Je me recule un peu, et je reste à quelques centimètres de sa bouche, mes cheveux tombant en cascade autour de nos visages collés.

    « Et t'as attendu tout ce temps pour me le dire ? »


Comment lui dire que je l'ai toujours aimé ? Je me souviens encore, le soir où il m'a abordé. Moi, j'étais trop défoncé, et je dansais comme jamais. Fou et transcendé. Il a voulu m'attirer, je l'ai repoussé, et il a persisté, malgré mes réticences. Il m'a plaqué contre un mur, m'a embrassé, et quand mon regard a croisé le sien, j'ai su qu'il serait tout pour moi. Audacieux, brillant, fougueux, sauvage, libre. Un animal au milieu des hommes. Et j'en étais tombé follement amoureux. Je n'ai trouvé mon salut qu'au creux de ses bras, et depuis ce jour, mon sanctuaire s'est érigé sur son torse et son ventre, ses bras refermant l'ensemble.

    « T'es pas mon pote Aurelian, t'es bien plus que ça. Tu n'es pas tout, mais presque. Tu es ce qui me va le mieux. J'sais pas comment l'expliquer, ni comment l'exprimer, mais j'ai toujours su que c'était toi. »


Je m'écarte plus, pour apprécier davantage la vue de son visage au milieu de l'herbe. Je relâche ses poignets, et ma main droite caresse sa joue, et joue machinalement avec ses cheveux. Un sourire attendri sur mon visage, le regard empli d'étoiles et de lumière, malgré les lueurs pales et froides de la lune. Je sens sa chaleur, son souffle et son odeur. Mon ventre est légèrement contre le sien. Et je me dis qu'il est parfait à mes yeux. Il a des défauts, mais je les accepte tout entier. Même ses pires défauts trouvent grâce à mes yeux. Avec moi, il n'a jamais été comme avec les autres. Suis-je une sorte d'élu ou un privilégié ? Je n'en sais rien. Mais je n'aimerais que ça ne change pour rien au monde. Tous les deux, nous ne sommes plus les mêmes.

    « J'crois que je t'ai toujours aimé. Même quand tu n'étais pas là, je t'aimais. Et là maintenant, je t'aime bien plus encore. »


Je me laisse glisser sur le côté, et je m'allonge de nouveau près de lui. Je pose ma tête sur son torse, tout en caressant son ventre. Et j'entends son cœur battre dans sa poitrine. Je le sens cogner. Et j'ai l'idée folle que peut être nos battements de cœurs pourraient résonner à l'unisson, ensemble, de façon synchronisée, même si cela ne semble pas possible. Une autre idée folle me traverse la tête : et si Aurelian restait avec moi maintenant ? Et s'il ne disparaissait plus jamais de ma vie ? C'était en effet fou, mais je continue de caresser l'espoir un peu démesuré de l'avoir contre moi encore longtemps. Si ce n'est éternellement.


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Aurelian L. Kieser
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I’m lost as can be, then you look at me…
And I am not lost anymore

Il ne pouvait pas dire qu’il l’avait toujours aimé. Aurelian ne s’emportait pas souvent, et cela incluait son cœur et pour qui il battait. Il aimait sa mère, et c’était tout. L’amour était quelque chose de trop abstrait et de trop précieux pour être donné à n’importe qui. Il n’avait vraiment envisagé cette possibilité, d’ailleurs. Devenir amoureux. C’était pour les autres, c’était dans les films et les chansons. Il ne s’était pas cru capable d’un tel abandon, d’un tel don de soi. Ça n’était tout simplement pas lui. Même s’il arrivait souvent qu’il s’abandonne à quelques fantaisies d’un monde meilleur, cela ne concernait pas sa vie émotionnelle. Il n’y avait jamais songé. Pas besoin. Ça ne servait à rien de se prendre la tête avec cela. Il prenait pitié des gens qui le faisaient. C’était bien simple, ça n’avait jamais été important pour lui. Sa mère le lui avait déjà demandé, même. Quelles filles il trouvait mignonnes à l’école, avec qui il voulait se marier lorsqu’il serait grand. Il n’y avait pas répondu. On ne se pose pas de questions, à neuf ans. Il ne s’en était pas plus posé à quinze.

Sauf lorsqu’il l’avait vu, ce soir-là. Là, il s’était posé des questions. Il était entré dans cette soirée clandestinement, comme d’habitude. Il connaissait l’un des organisateurs, qui lui avait permis d’entrer à la suite d’un échange de service; Auré lui avait trouvé de la coke pas chère pour ses DJs, lui l’avait laissé entrer et lui avait offert tout ce qu’il allait boire. Ça lui convenait totalement. Il l’avait vu de loin, avec ses cheveux violets. Incroyablement beau, totalement défoncé. Insouciant, dansant aux rythmes profonds de la basse de la chanson. Il ne pouvait pas le laisser comme ça, sans aller le voir. Il fallait au moins qu’il tente un truc. Il s’était donc approché, confiant, shot de vodka à la main. L’avait attrapé par la taille, l’avait collé contre lui, lui avait présenté le verre. Et bien entendu, Niko l’avait bu. Mais il l’avait repoussé. He was playing hard-to-get. Il ne savait pas encore qu’Aurelian ne laissait jamais tomber lorsqu’il se décidait à persister. L’échange avait duré quelques minutes. À l’attirer, l’embrasser au creux du cou, vouloir danser avec lui. Jusqu’à ce qu’il en aille assez de jouer. Il l’avait pris par le poignet, l’avait plaqué sur un mur, l’avait regardé droit dans les yeux. You’re mine now. Ce baiser au goût de désir si ardent qu’il était presque violent, ces souffles lourds, emmêlés et avides. Ils étaient allés dans les toilettes publiques, avaient chassé les gens qui y étaient, avaient verrouillé la porte, ne sortant que quelques dizaines de minutes plus tard. Heureux, souillés, numéros de portable échangés. Les questions avaient commencé là et ne s’était jamais arrêtées. Même s’ils se voyaient à tous les jours, même si Niko s’était teint en bleu.

Jusqu’à ce qu’il le réalise un matin où il s’était réveillé avant son amant. Le soleil passait légèrement à travers les rideaux du loft douteux où ils habitaient, éclairait le visage de Nikolaï de sa lueur rassurante. Aurelian l’avait regardé dormir, ses mains ne pouvant s’empêcher de le toucher, de l’effleurer, de le caresser. Il était resté étendu à côté de lui sur le matelas qui leur servait de lit, à même le sol. Puis il s’était penché, avait embrassé sa mâchoire, son menton, ses lèvres. L’avait regardé une nouvelle fois. Puis finalement, il fut frappé. Je l’aime. Ce sont ça, les battements incontrôlables de mon cœur, cette envie brutale de l’avoir contre moi, ces images de lui qui hantent mes jours, mes nuits. Il est partout, il est tout pour moi. Et pour la première fois, il lui disait avec des mots. Je t’aime. Le ténébreux ne résista pas à la poigne du jeune homme sur ses poignets, même qu’il s’en vit réjoui. C’était bon de le voir s’accrocher, c’était rassurant. Ses lèvres trouvèrent les sienne, ses dents capturèrent un instant sa lèvre du bas, leurs langues s’effleurèrent. Le baiser rompu, il put apercevoir une larme perler le long de la joue de Nikolaï. Il la fit disparaître d’une caresse du bout de son nez. Oui, après tout ce temps. La remarque le fit sourire. Il n’y répondait pas, appréciait la proximité de l’Allemand. Il savait qu’il avait autre chose à dire. Les mots coulèrent, les doigts de Niko relâchèrent leur étreinte. Tendresse. Les doigts d’Aurelian se faufilèrent entre quelques mèches de la chevelure azure du jeune homme, alors que sa joue se pressait délicatement contre la paume chaude qui le caressait.


    « Pour moi, tu es tout. Tout ce qui compte, en fait. Je ne ferais pas deux fois la même erreur. D’être parti, ça m’aura appris que ma place est avoir toi, nulle part ailleurs. Le reste ne veut rien dire, si je ne t’ai pas toi. Je ne sais pas où la vie nous mènera, je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve. Mais je sais que tout ce qui vaut la peine d’être vécu, c’est avec toi que je veux le vivre. »


C’est là qu’est sa place. Au creux de mon bras, sa tête sur mon torse, sa main sur mon ventre.
Le ténébreux ferma les yeux, se laissa bercer par la brise et par leurs respirations synchronisées. Aurelian passa sa main le long du dos du jeune homme, suivit les ondulations de ses vertèbres sous sa veste et sa peau puis enlaça sa taille, l’attirant encore davantage contre lui. I’ll be here forever. Le calme l’envahissait peu à peu, caressait son âme. Il aurait pu s’endormir comme cela. Il allait s’endormir comme ça. Sortant à peine de sa torpeur, l’Allemand étira son bras libre vers l’extérieur et attrapa sa chemise du bout de ses doigts. Il l’étira, la plaça sur les épaules de Nikolai – recouvrant un peu son torse par la même occasion - puis vint doucement lever le menton de celui-ci pour le regarder dans les yeux. Un sourire d’une tendresse infinie. Un baiser, puis quelques mots.


    « Demain, je serai là. Et après-demain aussi. Puis tous les jours ensuite. Alors dormons en paix, et demain, voyons ce qui nous attend. »


Ses paupières se fermèrent à nouveau. Ce serait sa première nuit paisible depuis fort longtemps.



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Nikolai L. Valdick
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« Now I am strong, you gave me all. You gave all you had & now I am whole. »
Comment faire pour y voir un peu plus clair alors que les ombres nous entourent ? C'est l'assaut du doute, avec pour seule arme nos espoirs. Je le regarde, le décrit de toutes les manières possibles et inimaginables. J'apprécie son visage et ses traits, un par un. Et je me pose des centaines de questions. Je me demande s'il sera toujours là demain, et s'il restera avec moi. Au fait, pour combien de temps ? Je me demande également s'il aime toujours les mêmes choses, ou s'il aime de nouvelles choses. J'ai envie qu'il reste avec moi. C'est puéril, mais j'ai envie de me promener dans les couloirs, accroché à son bras. L'embrasser dans la foulée, et lui raconter ma journée. On se ferait un rail dans un coin, on rigolera comme des gamins, avant de s'embrasser. Il m'emmènerait en soirée, et je danserais contre lui, un peu trop même. Il dirait mon nom, et moi je lui sourirais bêtement. Les autres pourront en penser ce qu'ils veulent. Je pourrais même le présenter à Aniela. Est-ce qu'elle l'aimera bien ? Je reste pensif, un sourire débile sur le visage, en pensant à toutes ces choses en vrac dans ma tête.

Et il me dit que je suis tout pour lui, et c'est comme si mon cœur s'était arrêté un instant. Le temps s'est suspendu, et s'étire. Il touche mes cheveux, et je le laisse faire. Lui seul a le droit de faire ça je crois. Car quand je suis avec lui, je ne suis pas le même. Je ne suis plus le Nikolaï que tout le monde connait. Je suis entier, et changé. Et lui, il n'est plus le même non plus. Tendre et attentionné. Doux et sensuel. Il devient l'amant parfait, et se joint à moi dans la plus belle des unions. Il me suit dans les pires moments, comme dans les plus magnifiques. Et on se tient la main, naïvement, comme si cela pouvait nous empêcher de tomber en morceaux. Quand il me faisait avaler un cachet, ou quand il m'enfonçait la seringue dans le bras, je m'écroulais dans les siens, et je me disais que je pouvais bien mourir là maintenant, ça ne changerait rien. J'ai reçu tout de ses mains. Le bonheur, l'espoir, et des tonnes de rêves. On a créé notre monde, rien qu'à deux, comme une seconde vie. Et on s'est échappé de la réalité. On s'est moqué de la vie et de la mort, et on a vécu intensément. C'était fort, et tellement rapide. La vitesse ne nous faisait pas peur, et même en fonçant droit dans le mur, on ne faisait que s'aimer. C'est comme ça que je l'aime. Parfois, je me dis que si les autres le connaissaient comme moi je le connais, ils seraient sûrement aussi désespérément amoureux de lui que moi je le suis. Mais ils ne voient pas ce que je vois, et ils ne le comprennent pas. Je me targue de connaître son histoire, et ses blessures. Aurelian. Son nom résonne comme un son de cloche infini et sourd dans ma tête.

Il me jure qu'il sera là à présent, et même si j'ai peur, j'ai envie d'y croire. Ma plus grande crainte désormais est de le perdre à nouveau. J'ai peur de devoir tout recommencer, et de devoir réparer les dégâts à nouveau. Malheureusement, je ne sais pas très bien le faire, la preuve avec ces deux dernières années un peu chaotiques. Mais j'ai envie qu'on prenne un nouveau départ à deux. C'est peut être un peu fou, voire trop optimiste ou idéaliste. Toutefois, je sais qu'il pense comme moi, qu'il a foi en quelque chose. C'est un utopiste, et notre utopie, on l'a fondé il y a bien longtemps de cela. Je me serre contre lui, et j'ai envie de lui dire qu'il est enfin retourné à la maison. Peut être lui susurrer qu'il n'a plus besoin de partir, et que désormais, il ne nous arrivera plus rien. On pourra être de nouveau à deux, et qui sait ce que l'avenir nous réserve ? On arrêtera peut être la drogue, on redeviendra clean. Je me teindrais sûrement les cheveux d'une autre couleur, j'espère que ça lui plaira. On restera à deux, et il sera là quand j'en aurais besoin, et réciproquement. Je soutiendrais son monde, et lui le mien, dans un enlacement indestructible. Il ferme les yeux, et je sens sa respiration ralentir. Il est temps de dormir je crois.

    « Alors, à demain dans ce cas ... »


Sur ces mots, je dépose un dernier baiser sur ses lèvres, avant de caler ma tête confortablement contre lui. Mes yeux se ferment. Je sens encore mon front brûlant, et l'ivresse de l'alcool et du désir qui me fait tourner la tête de manière folle. Son souffle chaud et sa respiration me bercent, et en un rien de temps, mon esprit se disloque, et s'éteint. Je ne sens plus les rayons de la lune. Je ne perçois plus les clapotis de l'eau. Je ne ressens plus le vent sur ma peau. Et la nuit fut paisible, tranquille. Pour une fois, les cauchemars n'avaient pas leur place. Cette nuit là, je n'ai pas souffert de son absence. Je ne me suis pas remémoré le drame de Synchronicity. Ce nuit là, j'ai dormi d'un sommeil profond et sain.

Et enfin la lumière. Des rayons pales mais chauds. Un sensation de douceur et de volupté. Une brise légère, le chant des oiseaux. J'ouvre lentement les yeux, ébloui par le soleil du matin. Le ciel est encore rose-orangé. Une légère rosée recouvre ma peau, et celle d'Aurelian. L'herbe autour de nous est verte et brillante. Mes vêtements sont humides, tout comme mes cheveux. Je me redresse doucement, prenant appui sur le sol avec mes mains. Et je tourne la tête vers Aurelian, encore assoupi. Il est tout aussi beau de cette manière, le visage entre les brins d'herbe humides. Je repousse ses cheveux, pour mieux contempler son visage, puis je regarde autour de moi. Cet endroit n'avait plus du tout le même visage aujourd'hui, avec la lumière. Il doit sûrement être encore un peu tôt, le soleil étant encore rasant. Un sourire s'illumine, éclairé des rayons orangés.

    « J'aime bien cette couleur, ce orange ... »


Je reste assis en tailleur, à côté d'Aurelian, et je contemple le paysage matinal, encore engourdi de sommeil de la nuit dernière. Frais et humide de la rosée du matin. Et l'improbabilité de cette scène me rappelle le passé. Avec Aurelian, rien n'a jamais été normal et basique. Tout était toujours extraordinairement hors du commun et insensé. Avec lui, je sortais de la réalité, et j'entrais dans un autre monde. Plus merveilleux, plus fantastique. Effectivement, il était encore là aujourd'hui. Et je me dis que peut être allait-il être là dans les jours à venir. Serait-ce le renouveau du célèbre couple terrible, rois de la nuit, Aurelian et Nikolaï ? Peut être. Tout dépend de lui. Moi, je suis déjà conquis. Je lui appartiens entièrement. Alors, il sera mon présent, et peut être mon futur, s'il le décide.


Sujet terminé.

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