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 You've got mail (libre)

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Raven Ninvenci
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Placidus


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Sam 14 Juil - 18:54

La volière. Sitôt la visite de Clever Cross s’était terminé qui tu étais venu ici. Peut-être parce que Black te manquait un peu. Tu n’étais que très rarement accompagné de tes semblables mais il te suffisait d’aller dehors pour avoir sa compagnie à défaut d’un autre animal qui vivait dans les alentours du château. C’était maintenant que tu étais loin de tout ça que tu réalisais à quel point tu t’étais habitué à leur compagnie. Du coup, lorsque durant la visite, ils avaient évoqué ses oiseaux dont l’utilité était presque vitale, tu avais eu envie d’y aller. Peut-être qu’il pourrait t’aider.

Tu avais rédigé un petit message, rien de bien consistant à vrai dire, sur un morceau de papier que tu avais roulé avant de rejoindre l’immense escalier. Tu avais commencé par regarder les marches avec une lassitude certaine, rien que de voir le début de cette spirale, tu étais déjà fatigué. Mais tu finis malgré tout par grimper les marches, une par une, gardant ton regard fixé vers le haut. Une fois arrivé, tu étais si essoufflé qu’on aurait presque pu croire que tu avais escaladé l’Everest. Ca n’était pas loin de la vérité pour toi au final. D’ailleurs, la plupart des personnes qui te connaissaient auraient été surement étonné de savoir que tu avais fournis un tel effort, toi qui te contentais de vaguement trottiner dans la séance de torture matinal quotidienne à Virtus.

Mais tu avais une bonne raison. Tu avais même une excellente raison à ta présence dans cette pièce remplie de volatile. Une lettre. Une lettre pour Kylian. Si ces oiseaux étaient si intelligents, ils le trouveraient surement. Tu nourrissais cet espoir, un parmi tant d’autre. Entrant dans la pièce le plus simplement du monde, tu t’adressas aux oiseaux avec un naturel surement des plus déconcertants pour un œil extérieur. Tu expliquas simplement la raison de ta venue et ta demande, interrogeant ton auditoire pour savoir lequel d’entre eux était pour l’aider. Après quelques roucoulements de concertation, un oiseau se posa sur ton avant bras, se laissant faire pour que tu lui attaches ton précieux message.

« Merci… »

Sitôt le message était correctement ficelé que l’oiseau s’envola à tire d’aile, bien décidé à accomplir la mission qui lui avait confié. Restant à le regarder s’éloigner jusqu’à ce que tes yeux n’arrivent plus à le distinguer, tu finis par t’assoir dans un coin. A présent, chaque seconde sonnerait surement comme une lente agonie, une goutte d’espoir, un soupçon de doute. Un mélange dangereux.

En vérité, il t’arrivait de plus en plus souvent à laisser de sombres pensées t’envahir. Tu prenais soin de ne rien laisser éclater au grand jour mais le doute t’envahissait au fil des mois qui s’écoulaient. Pourquoi n’avais-tu aucune nouvelle ? Peut-être était-il amnésique. Ou bien…

Dans un bruissement d’aile, tu fus ramené à la réalité par un léger coup de bec indolore sur ta joue. Les oiseaux de la volière t’avaient tout bonnement entouré, l’un d’entre eux ayant pris la place de choix sur ton épaule.

« J’ai l’air si misérable que ça ? »

Tu savais en réalité que tu étais égale à toi-même. Il y avait seulement que les animaux avaient ce sixième sens qui perçait à travers de ce masque figé d’impassibilité que tu portais depuis toujours. Un masque trop vieux que le temps commençait à éroder. Doucement mais surement.

Soudain, la compagnie des animaux à plumes te quitta alors que la porte de la volière s’ouvrait sur quelqu’un. A croire que tu n’étais pas le seul fou qui avait eu le courage (ou l’inconscience) de gravir cet interminable escalier.

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May Bastide
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Sam 14 Juil - 20:08

Des fois, notre directeur a franchement des idées de merde. Non mais sans rire ! Je me tape toute mon année en internat, je ne rentre même pas chez moi pour les week-end, et encore, il faut qu’ils nous sucrent nos vacances d’été pour accueillir un troupeau d’allemands à l’accent russe. Quoi, c’est pas ça ? Ah, y’en a des russes ET des allemands ? Encore plus galère, l’horreur. Pas que j’aime pas les étrangers, au contraire, j’aime bien les gens, mais là, eux ils tombent mal. Vraiment mal, si vous voyez ce que je veux dire ! Mais je leur pardonne parce qu’il y a de beaux garçons, et qu’à Clever Cross, le tour est vite fait : mis à part Léo, j’ai pas grand chose à me mettre sous la dent. Et vous savez quoi : il y a une fille aux cheveux verts ! Il faut absolument que je la rencontre, on est obligés de bien s’entendre, et au pire, on sera copine de couleurs, oui, on sera au moins ça !

Si Boris était là, j’en aurais, des choses à lui dire, mais il est pas là, du coup, je m’ennuie. D’ailleurs, là tout de suite, je n’ai rien à faire. C’est nul d’avoir rien à faire. Léo doit être en train de traquer sa future proie des deux prochains mois, et du coup, moi je me fais chier. Le retrouver, ça serait trop long, et trop fatiguant, aussi ! C’est bien beau de rester plantée devant le portail pour espionner les nouveaux, mais maintenant qu’ils sont tous partis, je fais quoi ? Autant faire un truc que je fais jamais, parce que j’ai jamais eu le temps de le faire à cause des cours. Qu’est ce que j’ai pas ou peu visiter dans cette école ?
Pas que mon cerveau fume, mais presque. J’ai pas beaucoup de souvenirs, juste des flash de moments sympas dont je me souviens, rien de précis. Alors pour savoir où je n’ai pas été, c’est un peu compliqué ! Boris il s’en souviendrait lui, c’est con qu’il puisse pas parler. Vraiment con.

Une idée lumineuse me traverse les terminaisons nerveuses, MAIS OUI, c’est évident ! Je détale, passe de couloirs en couloirs en slalomant entre les touristes allemands : Clever Cross, je connais comme ma poche, et ma poche, je la connais super bien. Je freine comme une dingue en dérapant un peu devant l’escalier. Non mais, y’a combien de marches, sérieux ? Je soupire lourdement, je me penche, je rattache les lacets de mes converses usées, je remonte mon short jusqu’au dessus de mon nombril, et rejette mes cheveux en arrières. Je souffle un grand coup… ET GO ! C’est pas trois pauvres marches qui vont me faire changer d’avis, ah ça non. Je ne suis plus May, je suis Usain Bolt, et je vais battre le record de marches montées en trente secondes, accrochez vous, les gars.

Quand j’arrive en haut, je suis la fille la plus hideuse au monde, mais je suis certaine d’avoir battu un Random recors du monde en rapport avec les escaliers, faudra que je le raconte à Boris. Ou à Léo. Je dégouline, je sue comme un bœuf, je respire beaucoup trop fort, et je peux aller me racheter des mollets. Mais je m’en fiche, je suis là où je voulais être. Je pousse la porte en m’attendant à entendre milles et un roucoulement délicieux et au lieu de ça, tombe nez à nez avec un type. Couvert de plumes.

J’explose de rire, il en a vraiment partout ! A croire que tous les piafs de cette cage se sont posés sur lui en même temps. Il a l’air étonné de me voir là. Il a l’air sympa, mais tout le monde a l’air sympa à mes yeux. Disons qu’il n’a pas l’air méchant ! Sans hésiter une seconde, je m’approche de lui comme si je le connaissais depuis cent ans :


« Hé ben alors, t’as voulu en manger un ou quoi ? »

Je lui époussette les épaules, me retourne, éternue : trop de plumes ici, pouah. Je sors de ma poche un morceau de pain de ce matin : d’habitude je le donne au poisson de la rivière d’à côté, mais bon, aujourd’hui je n’irais pas nager, aujourd’hui, c’est OISEAU ! Je balance quelques miettes, ça roucoule, ça se secoue dans les cages, je rigole encore plus fort, je me retourne vers le nouveau, et je lui demande :

« Bon alors, russe ou allemand ? »
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Raven Ninvenci
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Placidus


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Sam 14 Juil - 20:52

Elle entré et la première chose qui te frappe, ce sont ses cheveux. Bleu. Ou vert, tu ne sais pas trop. En tout cas, c’est assez tape à l’œil comme couleur. C’est peut-être naturel. Si c’est le cas, une petite partie de toi à pitié d’elle. Mais maintenant que tu y penses, ce n’est pas la première couleur excentrique que tu croises. Dans les couloirs de Virtus, tu es presque sûr d’avoir vu des cheveux bleus et des cheveux verts. Mais eux n’oscillaient pas de façon indécise entre les deux couleurs. Et puis, il y avait quelques albinos. D’ailleurs, maintenant que tu y pensais, c’était assez extraordinaire de penser qu’une mutation génétique si rare soit si présente parmi les Misayas. Mais ce n’était peut-être pas si étonnant si on prenait en compte le fait que vous n’étiez pas des personnes particulièrement normales.

Rapidement, elle s’approcha, te retirant les plumes de duvet qui s’étaient accroché à tes cheveux et des habits, sans que tu t’en préoccupes plus que ça. Tu n’aurais pas été adossé à un mur, tu aurais amorcé un mouvement de recul, juste au cas où. Les filles qui s’approchent trop rapidement de toi, tu avais donné une fois. Avec une rousse. Rien qu’à cette pensée, tu passas ta manche sur tes lèvres alors que l’inconnue éternuait en te tournant le dos, surement pour être polie. Puis, le plus simplement du monde, elle commença à répandre des miettes, réveillant les paresseux encore dans leur cage. Ecoutant sa question d’une oreille, tu allas libérer les volatiles prisonniers. Ces derniers piaillèrent joyeusement pour te remercier, t’arrachant un « pas d’quoi » à mi-voix alors que tu les laissais foncer sur les gourmandises qu’avait la jeune fille.

« Anglais. » finis-tu par répondre à sa question.

Par définition, tu savais que tu aurais du répondre allemand, parce qu’elle te demandait surement de quelle école tu venais. Mais tu ne pouvais te résoudre à résumé les choses à ça. Retournant t’assoir à ta place d’origine après un léger coup d’œil vers la fenêtre d’où s’était envolé ton messager, tu décidas quand même de lui donner un complément d’information.

« Mais je suis à Virtus Insania. »

Il fallait être honnête, tu n’étais pas très à l’aise. C’était souvent le cas quand tu te retrouvais seul avec une fille depuis quelques temps. C’était surement passager mais, une compagnie qui te laissait jusqu’à maintenant indifférent, était à présent une source d’anxiété pour toi. Tu avais tout de même l’espoir qu’elle ne serait pas du genre à Sidonie. Et surtout, qu’elle avait conscience que tu étais bien un garçon contrairement à ce que les apparences pouvaient laisser comme doute. Quoique, au final, ce n’était même pas une source de soulagement.

Le fil de tes pensées t’arracha un profond soupir alors que tu observais les oiseaux se battre entre eux pour la moindre micro miette de pain. Tu finis par le remarquer, sur le coté, un oiseau plus chétif que le reste, qui se faisait éjecter avant d’atteindre quoique se soit. Doucement, tu tendis la main vers l’oiseau dont le chant laissait d’avantage penser à une plainte qu’un gazouillis.

« Viens. »

Après quelques bouts, l’oiseau s’installa sur ton index, continuant ses plaintes malheureuses en regardant les miettes disparaitre sous les assauts sans pitié des autres emplumés. Après lui avoir dit que ce n'était plus la peine de se plaindre ce qui fit cesser les cris désespéré du petit volatile, tu levas ton regard vers la jeune fille en lui tendant ta main libre.

« Tu peux m’en donner un peu ? »

Même s’il était difficile de savoir que c’était une question, ca en était bien une. Quelques miettes ferait surement l’affaire pour le petit esseulé qui serait sans doute bien plus tranquille pour picoré avec toi qu’au milieu des autres brutes.

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May Bastide
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Dim 15 Juil - 17:08

De ma vie, je n'ai jamais voyagé. Enfin, mis à part le trajet Montpellier-Paris puis quelques heures de bus pour arriver à Clever Cross, on va dire que je n'ai rien vu d'autres que les contrées françaises. Les autres pays, ce sont mes frères qui m'en ont parlé, parce que l'un est un globetrotteur, et les deux autres partent aux Etats-unis de temps en temps. Pour gaspiller leur argent en touchant du doigt l'american dream. Ils m'envoient des photos sur ma messagerie, ils saturent la boîte aux lettres de cartes postales, et me racontent avec un ton enjoué comment on vit, là-bas. Un jour, et je m'en souviens très bien pour une fois, l'un deux est partie au Royaume-Uni. Juste pour une semaine. Ça lui a suffit à nous inonder de coups de téléphone pour s'épancher sur le fait que tous les anglais étaient soit très blonds, soit très blancs, soit très gros. À cause du fish and chips, il parait. Mais ce type, devant moi, d'abord il était même pas allemand, il ne venait sûrement pas de Moscou, il avait les cheveux bruns, et il était désespérément maigre.

D'abord, j'ai cru qu'il se foutait un peu de moi, et qu'il me mentait genre… BEAUCOUP ! Mais il avait pas la tête à ça, enfin, vous voyez, pas une tête de mythomane, juste une tête de garçon qui ne parle à personne. D'ailleurs on aurait dit que ça lui écorcherait les lèvres de prononcer plus de mots qu'il en fallait, mais c'est pas grave, c'est bien aussi, le silence, l'essentiel, tout ça. Je n'essaie pas de savoir pourquoi il est à Virtus Insachépakoi, ça ne me regarde pas, et puis ça a l'air d'être une longue histoire. Sûrement très intéressante. Mais je ne compte pas lui tirer les vers du nez, et encore moins faire de vieux os dans ce poulailler. Les pigeons c'est sympa…dix minutes. Moi je préfère les chats. Moi, je préfère Boris !
Je continue d'effriter mon pain entre mes doigts et de le balancer aux volatiles complètement déchainés à la vue de potentielle "NOURRITURE". Des fois j'aimerai bien être un oiseau. Passer ma journée à voler, manger, harceler des vieilles dames et chier sur les pare-brises des belles voitures. La belle vie ! Pendant que j'imagine la tête que je pourrais avoir si je me transformais subitement en piaf, je perçois un "Viens."
Persuadée que c'est pour moi, je m'approche et prends le vent le plus mémorable de ma vie : non, May, le pigeon boiteux est plus intéressant que toi. Mes joues rosissent un peu, de honte, du coup je les frotte. Tellement fort, que je les décape en fait. Une ponceuse aurait fait le même travail. Et puis finalement, il lève les yeux sur moi pour me quémander un morceau de pain. Ma réaction ne se fait pas attendre à la vue de sa frimousse :

"MAIS !"

Je m''accroupis, saisis ses épaules entre mes doigts et m'écries :

"Ce que tu es mignon ! Pourtant tu es anglais, tu étais sensé être obèse et plein de tâches de rousseurs tu sais. Tu es sûr d'être anglais ? Tu n'aimes pas les frites et la malbouffe alors ? Tiens, prends autant de pain que tu veux, ne te gène pas ! Pas de manière avec moi. "

Je lui colle des miettes dans la main, toute contente de rencontrer un si beau visage : ses traits sont si fins qu'on les croirait presque féminins. Mais on ne me la fait pas, à moi, j'ai un radar à phéromones intégré dans mon métabolisme. En observant le pigeon mal en point qui s'avance, je recule un petit peu pour ne pas l'effrayer, et le laisser manger en paix, puis comprends subitement :

"Nooooon ! Tu parles aux animaux ? Il est super chouette ton don, tu en as de la chance ! Tu peux parler aux poissons aussi ?"

Je dis ça, parce qu'il y en a un, dans la Loire, qui essaye de faire péter sa loi et de me virer de son coin. Je l'ai déjà menacé de l'attraper et de le faire cuire, mais rien n'y fait, alors je préférerais trouver une solution diplomatique, du coup ce serait cool, si je pouvais lui parler. Mais moi je me contente juste de lui effleurer les nageoires, et d'obstruer sa vue de poisson.
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Raven Ninvenci
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Dim 15 Juil - 17:38

Tu aurais été quelqu’un de plus loquace, de spontané et de moins réservé, la seule chose que tu aurais été capable de dire à cet instant précis était sans doute « Oh my god ». Elle t’avait soudain saisit par les épaules et commencer de parler sans s’arrêter. Tu ne comprenais même pas ce qu’il lui prenait. Non, vraiment, tu ne comprenais pas les êtres humains. Les filles encore plus. Elle te parlait soudain de tellement de chose qui t’échappait que tu ne savais pas quoi dire. Pour le moment, c’était surtout son geste qui t’avait fait régir, tu t’étais légèrement crispé. Les française étaient, parait-ils, des femmes chaleureuses et tactiles. Et bien, au moins, ces rumeurs à lui était fondé. Obèse ? Des taches de rousseurs ? De la malbouffe ? Tu ne comprenais strictement rien à ce qu’elle pouvait déblatérer.

L’oiseau, qui s’était presque planqué dans les mèches de tes cheveux revenait doucement vers ta main à présent chargé de miette. Mais il ne se risqua à manger que lorsqu’elle s’éloigna, piaillant d’un air inquiet. A demi-mot, tu te contentas de lui dire que ca allait avant de te saisir quand elle reprit la parole à nouveau. Tu espérais que ca allait aller, mais à vrai dire, tu n’en savais rien. Elle te faisait un peu penser à Yugito, pour son dynamisme. Sauf que c’était une fille. Et que Yugito ne te faisait pas frôler l’arrêt cardiaque à chaque fois qu’il prenait la parole.

« Seulement les animaux sauvages en fait… »

Ca t’avait d’ailleurs surpris de comprendre les oiseaux de la volière et qu’ils te comprennent. Peut-être qu’ils étaient plus indépendant que pouvait l’être un animal domestique quelconque. Surement.

« Mais c’est plus une question de communication. »

Tu ne parlais pas aux animaux, tu arrivais simplement à communiquer. Tu n’avais pas besoin de hénir, aboyer ou quoique se soit. Il te comprenait tout comme tu les comprenais. Tu savais quel gazouillis était de la peur, quel aboiement était de la joie. Tu faisais d’avantage de l’interprétation que de la traduction du langage animal. Et d’ailleurs, c’était encore plus vrai quand il s’agissait des végétaux.

« Pourquoi les poissons ? »

Tu préférais poser une question, histoire de prévoir quand elle allait à nouveau parler. Histoire de l’occuper le temps que ton protégé du moment puisse tranquillement manger. Tu avais hésiter avec une question à propos de ce qu’elle appelait la « malbouffe ». Quelle était cette drôle d’image que les étrangers avaient des anglais ? Kylian, Alyssa et toi étiez brun, plutôt fin et sans tache de rousseur. Et c’était d’ailleurs le cas de la majorité de ta famille en fait. Alors tu ne comprenais pas.

Mais en fait, il n’y avait surement rien à comprendre.

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May Bastide
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Lun 16 Juil - 12:43

Oh. Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice ! Apparemment, mon accolade était de trop. Pourtant mon frère m’avait pas dit que les anglais avaient la phobie du contact physique, c’est peut-être juste lui, il est peut-être juste associable par les bords. Ce n’est pas très grave, je l’aime bien quand même, ce petit. J’ai l’impression d’avoir à faire à un chaton farouche qui me souffle à la gueule quand je veux le caresser : C’EST TROP CRAQUANT. Un chaton qui mange pas les pigeons, du moins. Du coup, je décolle mes mains de ses épaules, et je lui laisse son périmètre de sécurité en m’éloignant d’un petit mètre : ça devrait suffire pour l’instant. Je me contorsionne pour essuyer grossièrement le sol, constate qu’il est très sale, n’en fais qu’à ma tête, et m’y assois quand même en tailleur. J’écoute le petit anglais qui me décrit son don : c’est fascinant, il en a de la chance, vraiment ! J’aimerai trop parler à Boris ! Ou peut-être pas, vous imaginez s’il me disait qu’en fait, il peut pas me voir, et qu’il ne reste à la maison que pour dévorer des montagnes de pâtées gratuites ? Oh le flippe, non merci. Mais Boris il est domestique, enfin j’crois, alors du coup, le petit anglais, il peut pas lui parler.

« Oh c’est con, tu pourrais pas parler à Boris ! Boris c’est mon chat, il est super cool, vous vous entendriez bien tout les deux ! Mais en fait tout le monde aime Boris. Parce que Boris est cool. »

Consciente de raconter n’importe quoi, je finis de balancer mes miettes aux espèces les plus stupides foulant le sol de cette Terre –soit, les pigeons- et essuie mon front encore dégoulinant de mon exploit des escaliers. Je m’étonne de l’entendre poser une question : NON. Il s’intéresse aux gens ? Ou c’est juste de la politesse. Ou n’importe quoi d’autre. Bon vu qu’il l’a demandé, je vais pas me gêner pour lui raconter mon altercation avec le poisson :

« PARCE QUE. Y’en a un, dans la Loire, qui est mais… Insupportable, tu vois ! Il veut pas me foutre la paix quand je nage, et il essaye tout le temps de me faire sortir de l’eau. Il me pince avec sa bouche : ça fait suuuuper mal ! »

Et puis je me rends compte que j’omets un détail : le petit anglais doit sûrement se demander ce que je fais dans la Loire, assez de temps pour m’attirer les foudres d’un poisson au hasard. Je me tourne vers lui, me penche juste assez pour qu’il ait une bonne vue sur mon cou, mais trop peu pour qu’il prenne peur. Toute fière, je balance mes cheveux derrière ma nuque, et fait apparaître mes branchies : les trois fentes s’ouvrent, et j’y passe mon doigt pour lui montrer qu’elles servent bien à respirer.

« Ah oui ! Ça doit te paraître bizarre vu comme ça. Mais si je suis tout le temps dans la Loire, c’est parce que j’adore nager ! Et j’ai des branchies ! Tu peux toucher si tu veux ! On sent l’inspiration, c’est marrant. Mais bon, je comprends que tu trouves ça dégueulasse, c ‘est plutôt moche en plus. Du coup je suis obligée de les cacher quand je sors dans le vrai monde. Sinon les gens me prennent pour un monstre et cherche à me mettre dans des bocaux. »

Voyant que ma petite blague ne le fait absolument pas rire, je juge intelligent d’ajouter :

« Non je rigole. »

Je me rassois à ma place, loin de lui, en espérant qu’il ne parte pas en courant. D’ailleurs comment il s’appelle ? C’est dingue, je suis tellement tête en l’air que j’en ai même oublié de me présenter et de lui demander son prénom. Quand on était petit c’était la première chose qu’on faisait vous savez ? « Salut comment tu t’appelles ? ». Et voilà, on était copain. Moi aussi je veux être copine avec le petit anglais ! Alors je vais lui demander son prénom.

« J’oubliais ! Moi, c’est May ! Comme le moi de mai en anglais, justement. Et toi ? Comment tu t’appelles ? »

Il paraît que c’est poli de tendre la main et de se la serrer lorsqu’on se présente. Alors que c’est plutôt nul, comme ça on peut refiler une grippe ou une gastro, hein. Mais bon, je suis jamais malade moi, alors je lui tends ma main, bien décidée, et lui décoche le plus brillant des sourires que j’avais en réserve. Sois mon copain, toi le petit anglais !

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Raven Ninvenci
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Lun 16 Juil - 14:00

Tu la regardes. Elle parle beaucoup. C’est un peu épuisant mais au moins, ca t’évite de parler. Les gens n’aiment pas le silence quand ils sont avec quelqu’un. Etrangement, toi, ca ne te gênait pas. Mais du coup, faire la conversation, ca n’était pas vraiment ton truc. Tu n’avais rien à raconter. Pas de chat qui s’appelait Boris. Pas d’anecdote amusante pour faire rire. Non, tout ce que tu avais en souvenir étaient de choses dont tu ne parlais jamais. Parce que tu les gardais jalousement. C’était tes souvenirs à toi, et à Kylian. C’était une chose aussi personnelle qu’un journal. Personne n’avait à savoir.

Ta question sembla l’étonner avant qu’elle ne reprenne, bruyamment, la parole. Décidément, même quand tu savais qu’elle allait à nouveau parlé, son volume sonore te saisissait. Visiblement, elle avait eu un problème de territoire avec un écailleux. D’une certaine façon, tu aurais aimé voir la tête qu’elle aurait faite si quelqu’un venait régulièrement se balader dans sa chambre, sans même demandé l’avis ou prendre en compte les personnes déjà présente. Peu de personne y pensait en fait. Mais tu comprenais parfaitement qu’elle se fasse chasser par le poisson.

Mais quand même… Elle devait aller relativement profond et surtout, y rester un long moment pour que poisson en vienne à de tel extrémité. Peut-être son don. Et comme si elle l’avait lu dans ton esprit, ou simplement parce qu’elle aimait parler, elle t’expliqua qu’elle pouvait respirer sous l’eau, relevant ses cheveux pour découvrir des branchies. Ca expliquait beaucoup de chose. Pour une fille, ca devait être plutôt contraignant d’avoir ce genre de fente dans le cou. D’ailleurs, elle s’empressa de te le signaler, après t’avoir proposé l’idée étrange de les toucher, idée que tu avais refusé en silence sans pour autant afficher un air dégouté. A vrai dire, tu t’en moquais. Mais ca te faisait réfléchir. Il y avait beaucoup de don qui altérait le physique de leur possesseur. Kylian avait perdu la vue, elle avait des branchies, il y avait aussi ce garçon dont l’apparence changeait quand il ne faisait pas attention. Tu étais donc plutôt content d’avoir un don discret qui ne s’affichait pas sur ton visage. Au pire, on te trouvait juste bizarre de parler à des animaux et on te fichait la paix, ce qui t’arrangeait.

Et pour finir, après une plaisanterie qui avait eu autant d’effet sur toi qu’un battement de papillon, elle tendit la main vers toi, daignant finalement se présenter. Tu regardas tes mains, occupées, un bref instant avant de tendre brièvement celle qui servait de perchoir au pigeon qui était simplement remonté sur ton poignet. Après un contact aussi bref que possible, tu récupéras ta main pour répondre, égale à toi-même.

« Raven. »

Tu présentais déjà une exclamation quelconque. Les gens pensaient souvent que tu te moquais d’eux quand tu leur disais ton nom. Raven. Pourtant, tu l’aimais ce prénom. Elle te souriait de toutes ses dents et tu te sentais mal. Avec Yugito, tu avais finis par t’y faire et ce dernier, à force de te côtoyer, avait finit par comprendre que sourire n’était pas une chose que tu faisais. Qu’il est pensé que c’était parce que tu n’en avais pas envie ou autre, ca ne t’importait pas vraiment. Mais en fait, tu ne savais juste plus comment sourire. C’était partit par l’absence de raison de sourire jusqu’à, qu’un jour, tu te réveilles en réalisant que tu ne savais simplement plus comment faire.

Rapidement, tu remis tes idées en place. En fait, tu te moquais de lui plaire, de sourire, de te montrer aimable. Pourquoi est-ce que tu te soucierais des autres ? Virtus, contre toute attente, t’avait bien trop adouci à ton sens. Tu ne devais pas oublier ton objectif. Et comme pour te le rappeler, tu fixas pendant plusieurs secondes l’ouverture par laquelle s’était envolé ton message.

Ton message qui devait à tout prix trouvé son destinataire. Il le fallait parce que sinon, tu ne savais pas où tu allais… à part droit dans le mur.


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May Bastide
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Lun 16 Juil - 17:41

Raven, hein ? C’est super joli ! Bon, normalement, c’est pour les filles, enfin je crois. Y’avait pas une série, sur Disney Chanel, avec une adolescente qui avait des visions, et qui s’appelait comme ça ? Oh, je sais plus, je ne regardais pas trop la télé, à Montpellier, je préférais aller me baigner avec mes frères. Je me demande ce qu’il faisait, Raven quand il était petit ! Peut-être qu’il la connaissait, cette émission, ou peut-être pas : il n’avait pas l’air d’aimer beaucoup de choses. Il m’intrigue, c’est dingue ! Sa poignée de main courte et légère m’emplit malgré tout de bonheur, le sourire jusqu’aux oreilles –et je vous assure que c’est possible-, j’ajoute :


« Raven ! C’est joli, c’est très joli même. Ça te va à merveille, tu sais, enfin, même si je ne te connais pas beaucoup, pas du tout même, je trouve quand même que ça te va bien. »

D’habitude, les gens disent ça par politesse, mais quand même, on doit bien se douter parfois que lorsqu’on s’appelle « Mauricette » et qu’on nous dit que c’est beau, ce n’est pas très sincère, si ? Bref, moi je le pensais, je vous assure ! Je pense toujours tout ce que je dis, je n’aime pas trop mentir, c’est pas gentil, alors je le fais pas. Je suis sûre que Raven ne ment pas, lui non plus : il doit sûrement se contenter de se taire.
D’un bond, je me relève agilement, mais pas gracieusement : mon corps, tout ça, je contrôle pas trop, je suis pas trop dans l’esthétisme, si vous voyez ce que je veux dire. Je m’approche de quelques volatiles qui n’ont absolument pas l’air effrayé et me penche pour leur effleurer les plumes. Ils doivent être domestiques ou dressés à merveille : moi qui pensais me faire picorer, rien ne vient, et j’ai même droit à un roucoulement. J’explose de rire, les plus timides volettent un peu plus loin et je me retourne vers Raven, bien décidée à sortir moins bête de cette rencontre :


« Dis, Raven, est-ce que les oiseaux rient ? »

C’est une question qui me turlupine, je suis sûre et certaine que les chiens rigolent, avec leurs langues pendantes et leurs têtes d’imbéciles heureux ; je pense aussi que les chats méprisent et que les lapins ont peur, mais est-ce que les oiseaux rient ? Boris, lui, il fait tout, mais il dort, surtout. Et il mange. Et il ronronne. Des fois j’aimerai bien avoir sa vie. Mais par contre je ne mangerais pas ses croquettes : ça pue, c’est horrible.
Je pars m’asseoir à nouveau à ses côtés, toujours à une distance convenable, qui ne l’obligera pas à sursauter à chacun de mes mouvements, de peur que j’entre en nouveau en contact physique avec lui. Je frotte mes genoux poussiéreux et refais mes lacets : ils tombent tout le temps, c’est ennuyeux. Je râle un petit peu en les faisant, je suis pas très douée avec les nœuds, il m’a fallu bien trois heures pour apprendre à faire mes lacets, et les hurlements de mon père dans le couloir. Les pigeons s’agglutinent autour du petit anglais, et le couvrent à nouveau de duvet : c’est marrant de voir à quel point il apprécie leur compagnie, alors qu’il m’ignore royalement depuis quelques minutes. C’est peut-être pas pour tous les humains qu’il fait ça, juste pour moi, parce qu’il ne m’aime pas.
Aïe, je viens de m’auto-blesser. Mais c’est pas grave, non, ce n’est pas grave de ne pas être aimé par tout le monde, moi je l’aime bien quand même, d’ailleurs. Juste parce qu’il est mignon. Et intéressant aussi ! Il est tout sauvage, c’est rigolo.

« Hé ! Tu peux leur dire qu’il ne faut pas qu’ils aient peur de moi ? Parce que de toutes façons, je n’aime pas le pigeon. Y’a des gens qui en mange, mais pas moi. Je me dis : HAN si ça se trouve, celui qui est dans mon assiette, c’est celui que j’ai croisé hier ! Et du coup ça me fait un blocage. Et je les mange pas. Alors dis leur. Dis leur que je les aime bien ! Enfin si tu peux. Et si tu veux aussi. »

J’espère quand même que je ne le mets pas trop mal à l’aise. En fait je crois que je vais me taire, parce qu’il a l’air de bien aimer le calme qui régnait dans cette volière avant que je chamboule tout. Oh, je sais que je suis chiante, alors pour lui, peut-être, un petit peu, j’essaierais de l’être un peu moins. Mais quand il aura répondu à ma question !

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Raven Ninvenci
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Mar 17 Juil - 10:14

Elle était la deuxième, peut-être la troisième personne à avoir cette réaction. Tu ne te souvenais pas si Yugito avait réagit comme ça mais tu étais sur d’une chose : Kylian adorait ton prénom. Alors tu l’avais aimé à ton tour. Elle semblait sincère dans ce qu’elle disait, même si on aurait pu en douter avec toutes les justifications qu’elle y ajoutait mais tu avais finis par comprendre que c’était simplement sa façon de parler. Là où toi, tu te contentais d’aligner un maximum de trois mot, elle se sentait le besoin ou le désir de faire un paragraphe. Ca devait être épuisant. A moins que ca ne vienne naturellement. Tu ravalais la plupart de tes mots pour ne pas te fatiguer à les balancer à la face du monde mais elle les laissait faire comme bon leur semblait. Sans faire de tris. Surement une façon simplement différente d’aborder le problème au final.

Les réactions physiques que tu avais eu à son contact avait eu le mérite de t’accorder de sa part un peu d’espace personnel. Même si tu avais bien compris qu’elle ne serait pas comme Sidonie, à te sauter dessus comme la pauvreté sur le monde, tu restais plus à l’aise d’avoir un peu d’air. Enfin, un peu d’air s’était vite dit. Parce que doucement et surement, les oiseaux s’agglutinaient autours de toi, sur toi-même. Ils n’étaient pas spécialement lourd alors ca te laissait indifférent. Ils te parlaient aussi, de tout, de rien. De leur voyage. De leur travail. De leur affection magnanime envers le genre humain, si primitif. Tu n’écoutais pas vraiment. C’était un peu comme être dans une pièce avec beaucoup de personne qui discute entre elle. Sans prendre par aux différentes conversations, tu entendais tout et n’écoutais rien. Enfin, rien sauf peut-être la jeune fille qui arrivait à surplomber ce bruit de fond fait de bruissement d’aile et de roucoulement.

Tu affichas un air surpris, aussi expressif que tu étais capable de l’être (soit pas grand-chose), à sa question.

« Pourquoi ils ne riraient pas ? »

Tu ne voulais pas être méchant, en fait, tu te moquais un peu de l’être ou pas mais sa question t’avait paru tellement étrange. Comme si les émotions étaient l’apanage des humains. Et pourtant, elle n’avait pas idée de la simplicité des choses quand il s’agissait des animaux. Il y avait le blanc, le noir et le gris. Pas de nuance ou de demi-mesure. Les choses étaient juste ce qu’elles étaient avec eux. Pas de sous-entendu, de non-dits. C’était tellement plus simple.

Elle s’inquiéta soudain de savoir s’ils avaient peur d’elle, peur de finir dans son assiette. Et la voilà qui commençait par faire quelque chose qui t’agaçait un peu. Te reléguer au rang d’interprète. D’un léger geste de la main, tu chassas deux oiseaux qui s’étaient perché dans tes cheveux et dont les serres commençaient à te faire mal avant de répondre.

« Communiquer ne veut pas dire qu’ils m’écoutent. »

Tu regardas à nouveau vers la fenêtre. Tu savais que si l’oiseau avait trouvé son objectif, il n’allait pas revenir de suite. Pourtant, tu avais l’impression que les choses étaient trop longues. Toujours trop longues. Beaucoup trop longues.
Tu finis par redescendre ton regard vers la demoiselle avant de détourner tes yeux vers les volatiles qui semblaient faire leur toilette.

« Leur instinct leur donne de meilleur conseil que moi à leurs yeux. Mais ces oiseaux n’ont pas peur des humains. »

Elle aurait tout de suite compris la différence si elle avait rencontré Blacky. Ce corbeau ne te tolérait que toi. Comme ces humains qui aiment leur rat domestique et chasse les rats d’égouts. Il t’avait adopté en tant que familier et se montrait agressif envers les autres humains un peu trop familiers. D’ailleurs, il lui arrivait même te de blesser, quand il était de mauvaise humeur. Des fois, tu le trouvais presque aussi compliqué que les humains tant il était susceptible. Pour sûr, les corbeaux étaient des animaux très intelligents.

« C’est un peu comme parler une autre langue… Ce n’est pas parce que tu assures quelque chose à un étranger qu’il t’écoutera aveuglement. »

Tu avais l’impression de commencer à être fatiguer. Tu parlais bien trop à ton gout. Mais cette manie. Tu avais tellement de fille qui étaient venue, hystérique, te demander de dire à l’araignée au dessus de leur lit d’aller faire sa toile ailleurs. Pourquoi est-ce que tu irais dire à ce pauvre animal d’aller ailleurs ?

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May Bastide
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Mar 17 Juil - 12:42

Pourquoi ils ne riraient pas ? Mais pourquoi ils riraient ? Est-ce que les pigeons se font des blagues sur les Belges et sur les blondes, entre eux ? Est-ce qu’ils ont le rigolo de service, qui fait marrer tout le monde quand ils partent délivrer les lettres ? Parce que s’il y en a un, moi j’aimerai bien le connaître, et j’aimerai bien discuter avec, aussi ! On ne prête pas assez attention aux pigeons, je crois. Ce n’est pas bien de les réduire à une carcasse sans cervelle qui occupe leurs vies à picorer des miettes de pains, dans les jardins publics : si ça se trouve, eux aussi, ils ont leur Nietzsche de la volaille, on en sait rien du tout en fait. On devrait monter une association pour la défense de la culture des volatiles, oui, on devrait faire ça. Mais j’en serais pas présidente. Parce que les roucoulements et les yeux vitreux, au bout d’un moment ça doit saouler, j’en suis certaine !
Ce qui me paraît certain, aussi, c’est que les pigeons n’explosent jamais de rire, ou alors pas devant nous, et qu’ils ne sourient pas de toutes leurs dents. Enfin, est-ce que ça a des dents, un oiseau ? J’en sais rien du tout. Peut-être que Raven il le sait, lui, mais je veux pas trop l’embêter, avec mes questions stupides, alors je me contente de répondre brièvement à sa question à lui :


« Ben je sais pas, tu crois qu’ils ont l’air heureux ? »

Je le regarde du coin de l’œil : maintenant il ressemble à une montagne de plumes mobile, ça a un côté effrayant, genre monstre des forêts japonais, vous voyez le genre ? Mais moi ça me fait encore plus rire, mais je voudrais pas le vexer, alors je contiens mes ricanements et me pinces les lèvres en l’observant se débarrasser des deux volatiles qui squattaient ses cheveux.
Et puis il se lance dans un discours que je crois pouvoir qualifier de long. J’aime bien sa voix, alors je m’allonge un peu n’importe comment sur le dos, les mains derrière les genoux, la tête penchée vers lui, et la bouche entrouverte béatement. Je l’écoute bien parce qu’il est intéressant, c’est rare les gens intéressants, de nos jours ! Lui, il l’est, je vous l’assure ! Je le sens, j’ai un odorat-à-gens-intéressants. Au moins.
Mais je suis pas trop d’accord avec sa dernière phrase : lui c’est un étranger, il m’affirme des choses, et je le crois aveuglément. Je ne le contredis pas, parce qu’il doit avoir raison et moi tort. Je dois probablement être stupide. Ou naïve. Mes frères me le disent souvent, alors ils doivent avoir raison. Je bois ses paroles, enregistre tout, et puis je me tais pendant quelques minutes.

T’as raison, Raven, de ne pas parler. Le silence n’existe pas, y’a toujours une saloperie pour venir le troubler : ici ce sont des froissements d’ailes, des piaillements et gazouillis à répétition et puis ta faible respiration. Si on n’y faisait pas attention, on ne te remarquerait pas ! Je suis sûre que ça résume bien ton parcours, ta petite vie : si on ne fait pas attention, on ne te voit pas. Et pourtant, ils ne devraient pas ne pas faire attention, tout ces gens ! Parce que moi, je te connais pas, et pourtant je t’aime déjà. Mais ça je te le dis pas, pas tout de suite. Sinon tu vas encore plus me prendre pour une timbrée, et ça m’arrangerait pas que tu prennes tes jambes à ton coup pour t’enfuir : j’aurais peur que tu tombes dans les escaliers, tu vois.
Comme je veux pas te faire peur je me tais, et je profite. Il fait chaud dans cette foutue volière, heureusement qu’il y a tous ces oiseaux pour vous ventiler à chaque battement d’aile : c’est agréable, je vous jure. Après dix minutes à ne rien dire, et à somnoler sur les carreaux brûlants, je me redresse en tailleur, et le dévisage d’un air interrogateur : j’avais complètement oublié. Complètement oublié de lui demander ce qu’il faisait là. Moi j’étais juste désoeuvrée et dérangée mentalement, mais lui, pourquoi il est venu là ? S’il veut pas répondre c’est pas grave. J’aurais juste à me taire et à le regarder le sourire aux lèvres :

« Dis, Raven, pourquoi tu es venu dans la volière ? »

J’espère que c’est pas une question qui fâche, parce que je voudrais pas qu’il se mette en colère, ça serait dommage de tirer sur ses jolis traits. Mais parmi tous les endroits de cette école, entre les jardins de princesse, les salles d’accueil dignes de celles de palais royal et le plus beau des fleuves, pourquoi la volière ? Raven, tu es bizarre, vraiment, mais ça me dérange pas, parce que moi je suis pareil !

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Raven Ninvenci
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Mar 17 Juil - 16:00

Elle a l’air plutôt perplexe, quand tu lui dis que les pigeons rient. Ils rient comme ils parlent. D’une façon différente des humains mais ca ne les empêche pas de le faire. C’était vraiment une idée étrange, de penser que les gens et les êtres vivants font les choses tous de la même manière. Mais ce qui était encore plus étrange pour toi, c’était de voir à quel point elle pouvait boire tes paroles. Tes rares paroles. Tu aurais pu lui dire que les pigeons volaient à l’envers quand ils sont contrariés, tu étais presque sûr qu’elle t’aurait cru. Et d’un coup, sa surprise de te savoir anglais alors que tu n’étais pas obèse ou couvert de tache de rousseur te semblait moins… étrange. Si on pouvait dire.

Le silence finit par revenir. Avec minutie, tu commenças de te dégager du duvet des oiseaux, les chassant sans trop de violence les derniers squatteurs. Le seul que tu continuais de tolérer était le petit chétif qui était posé sagement sur ton genou et semblait s’être endormis. Dans un silence presque religieux, tu retirais tes plumes une à une. Ce calme soudain te reposait. Comme si tu en avais besoin pour te remettre d’avoir autant parler. Et ton regard qui se fixait par instant vers l’extérieur.

Soudain, ton attention est ramenée vers elle. Pourquoi tu es ici ?

« J’avais un message à envoyer. »

Tu n’as pas de problème avec ce sujet. Parce que c’est tout ce que tu as. Et maintenant qu’elle t’en parle, tu prends doucement le pigeon endormis sur ton genou, le pose sur le coté avant de te lever pour mieux voir dehors. Comme si tu pouvais mieux voir si l’oiseau revenait ?
Tu te tournas vers May, et reprit la parole, aussi surprenant que ça pouvait être.

« Combien de temps est-ce qu’ils mettent à trouver leur destinataire en générale ? »

Attendre. Il n’y avait rien de pire. Tu avais l’impression que tu ne faisais que ça. Et après tant d’année, tu avais l’impression que tu n’y arrivais plus. Tu te fatiguais à force. Epuisé, tu étais épuisé en vérité.

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May Bastide
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Mer 18 Juil - 22:31

Ça n’arrive pas souvent, je crois. Ça ne se produit jamais, en fait. Pourtant aujourd’hui, si. Vous pensez que c’est à cause de lui ? Est-ce que c’est parce qu’il est d’un calme à la limite du déroutant ? J’en sais rien du tout, j’en sais vraiment rien du tout. Mais en fait, pour une fois dans ma vie, je n’avais ni blague tordue à sortir, ni pensées instables et délirantes à faire part, et je me tenais à carreaux. Est-ce que tous les Anglais ont ce genre d’aura apaisante ? Parce que si c’est ça, peut-être qu’il faudrait que j’aille y faire un séjour ! Comme ça, je serais peut-être moins chiante pour mon entourage. Pour ma famille. Pour Léo. Et pour Boris surtout !
Si les Anglais avaient tous la même bouille que Raven, je crois que malgré la pluie et le ciel gris, j’y déménagerai pour de bon : ça devrait être illégal d’être aussi chou. C’est trop bête qu’il soit allergique aux humains, sinon je lui ferais des câlins tout le temps ! Jusqu’à l’étouffer dans mon 85C ! Enfin non, je veux pas qu’il meurt, Raven, pas quand il est si mignon avec du duvet sur les épaules. Je l’aiderai bien à s’en débarrasser, mais je veux pas lui faire peur, et comme je semble être une menace potentielle, et ben je me tiens tranquille, et je bouge pas, mais j’aime pas rester assise, je déteste ça.

Un message à envoyer ? Faut pas rester si vague ! Les questions me brûlent les lèvres, maintenant ! J’ai toujours été trop curieuse, et là, j’ai envie de tout savoir : du poids qu’il faisait à sa naissance, en passant par le récit de son arrivée en Allemagne jusqu’au contenu de cette foutue lettre. Surtout ce qu’il a écrit, en fait. A qui ? Pourquoi faire ? J’aimerais bien qu’il me raconte, j’aimerais bien qu’il parle plus, qu’il me berce de sa voix. Mais si c’était indiscret ? Je suis du genre à mettre les pieds dans le plat. Dans le plat de merde, les trois quarts du temps en fait. Mais là je voudrais pas, parce que j’ai l’impression qu’il s’ouvre un petit peu. COMME UNE HUITRE. Ou une moule ! Un coquillage compliqué à ouvrir, du moins. Vous croyez qu’il a une perle à l’intérieur ? OH MON DIEU. Même mes pensées sont cul-cul. Je devrais écrire un roman à l’eau de rose, un roman de gare. Oui, je devrais faire ça.
Le temps qu’ils mettent pour trouver leur destinataire ? J’en sais rien, quand je viens ici, soit c’est pour combler les fantasmes bizarres de Léo, soit c’est pour prendre un peu l’air, quand je déprime. En gros c’est pas souvent. Et les pigeons, je les connais pas bien, au début je les trouvais stupides, mais Raven m’a ouvert les yeux sur leur extrême intelligence. Ou pas. Alors le temps qu’ils mettent ? Hum, ça doit dépendre de là où se trouve le destinataire. Mais ça il doit déjà le savoir.

« Tu sais Raven, moi mon domaine, c’est les chats et les poissons. Un peu les algues aussi. Mais aucun des trois n’apportent de messages ! »

Je ne regarde pas s’il rigole, de toutes manières, ça m’étonnerait ! Et puis ce n’était pas très drôle, ç’aurait été un bide international devant n’importe qui. Mais avec lui, je peux bien m’y risquer : je peux mettre l’absence de rire sur le compte de son inexpressivité ! Mais même si c’était quelqu’un d’autre, j’aurais dit cette blague moisie quand même.

« Alors les pigeons, j’y connais rien, désolée. Mais, dis ! Il habite loin, celui à qui tu l’envois ? C’est qui ? TON AMOUREUSE ? T’es romantique en fait ! »

Raven serait-il le cliché du brun ténébreux qui attend sa bien aimée au coin de sa rue sous des torrents de pluies juste pour lui dire « Bonsoir », avec une voix grave et mielleuse qui les font tomber comme des mouches ? Si ça se trouve, c’est le genre poète maudit qui se taille au compas l’initial de sa chère et tendre sur le poignet ! Du coup, la lettre et le pigeon, ça lui irait à merveille ! Je m’attends à tout avec lui. D’un côté j’espère que j’ai tapé dans le mile. Mais de l’autre, j’espère vraiment que je n’ai pas dit quelque chose qui fallait pas.
Ah parce que ça, je sais bien faire.

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Raven Ninvenci
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Lun 23 Juil - 16:23

Elle est plus calme. Ca te rassure d’une certaine façon, et te repose aussi. Mais tu réfléchis aussi. Toujours trop. C’est pour ça que tu préfères dormir à vrai dire. Lorsque tu dors, tu ne penses à rien. Et d’ailleurs, la plupart du temps, tu ne te souviens même pas de tes rêves. Non, vraiment, être éveillé ne t’apporte rien de très positif en générale. Enfin, presque rien. Même si elle est bruyante et un peu stressante, tu as appris grâce à Yugito, à apprécier la compagnie de ce genre de personne, qui parle pour toi, voir pour trois.

Tu ne savais pas si elle répondrait à ta question. Sa blague, d’un gout un peu douteux, te laissa de marbre. Non pas que tu aurais éclaté de rire si elle avait été meilleure mais c’était que, malgré toi, le sujet n’était pas du tout le bon pour plaisanter. Un jour peut-être, dans dix ou vingt ans, tu te souviendrais de cette scène et de cette blague et tu en souriais à défaut d’en rire. Tu la raconterais à Kylian qui trouverait le moyen de relever que le chat et les poissons pourraient bien apporter des messages mais qu’il n’y aurait vraiment que toi pour écouter une algue.

Et finalement, elle enchaina par un chapelet de question. Qui ne t’apportait à toi, aucune réponse. Tu restas silencieux un moment. Tu étais contrarié. Tu avais besoin de cette réponse, pas de répondre à des questions indiscrètes qui ne regardait personne d’autre que toi. Des questions auxquelles elle prenait même la peine de répondre elle-même, dans cette frénésie soudaine d’enchainement de mots, d’idées et d’ineptie. Une amoureuse ? Quelle drôle d’idée. Comme si tu étais le genre de personne à avoir une amoureuse.

« Non. »

Tu fixais l’extérieur par une ouverture. Le ciel se couvrait un peu de quelques nuages oscillant entre le blanc laiteux et le gris pâle. Tu n’avais pas eu envie de développer. Pas pour le destinataire. Tu finis par te contenter de te lever en te dégageant des plumes qui s’étaient accroché avec zèle à tous tes vêtements, avant d’ajouter au moins une précision sur la destination.

« Surement en Russie. »

Levant les yeux vers une mèche transpercée d’une plume, tu louchas un bref instant sur ce blanc perdu dans le noir de tes cheveux, le retirant dans un soupir. En Russie. Surement. A moins qu’il ne soit en route pour rejoindre Virtus en ce moment même. Ou peut-être qu’il rentrait à la maison. Tu n’avais pas parlé à Alyssa, sa sœur, depuis qu’elle était venue vous annoncer ce qu’il s’était passé à Synchronicity. Tu refusais de lui parler. Pas tant que tu n’aurais pas de preuve. La preuve qu’elle avait tord. Qu’ils se trompaient tous.

Parce que tu savais que c’était toi qui avait raison. Parce que sinon, ce monde n’aurait plus aucun sens.

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May Bastide
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Lun 30 Juil - 20:24

En Russie ? Je voulais pas être méchante, alors j’ai rien dit. Mais sérieusement, il peut l’attendre longtemps, son pigeon. Très longtemps même ! En supposant qu’il ne meurt pas à cause du froid, qu’il vole non-stop jusqu’à Moscou, qu’il ne se fasse pas bouffer par un aigle, qu’il ne se fasse pas tirer par un chasseur, il mettrait quoi… Quelques semaines. Enfin, j’imagine, j’en sais rien, c’est pas moi qui parle aux oiseaux, c’est Raven.
Je me demande s’il faudrait que je lui dise. S’il faut que je le prévienne, que si ça se trouve, le destinataire ne recevra jamais de lettre. S’il faut que je lui explique qu’il n’aura peut-être pas de réponse parce que c’est trop loin, s’il faut que je le raisonne parce qu’il surestime trop les oiseaux. Mais comme j’en sais rien, je le regarde, pleine d’inquiétude, et je me tais. Je gratte la semelle de mes chaussures, je trifouille mes lacets, les entremêles entre mes doigts et je ne dis rien. Je commence à me sentir mal à l’aise, en fait. Cet espoir silencieux m’écrase, il n’y a pas de place pour moi ici, et tout l’amour que Raven porte à son destinataire m’étouffe. Et moi quand j’ai plus d’air, je dégage.

Ne me demandez pas pourquoi, la grandeur de mes poches m’autorise à transporter un bazar limité, et aujourd’hui, j’ai la chance d’en sortir un papier de bonbon à la fraise et un mini stylo bille. Je gribouille une spirale sur mon genou pour que l’encre dessèche et inscris sur l’emballage, un peu collant ouais, c’est crade, mon numéro de portable. Pleine d’enthousiasme, j’attrape doucement la main de Raven et lui dépose le papier au creux de sa paume, histoire qu’il ne fasse pas un bond de trois mètre quand je débarque dans son périmètre de sécurité. Je me penche un peu, exprès pour qu’il croise mon regard, pour qu’il comprenne ce que je veux, et qu’avec un peu de chance, il le fasse. Je voudrais qu’il ne m’oublie pas, je voudrais qu’il m’appelle ou m’envoie un texto, je voudrais qu’on se revoit pendant son séjour, et même après, peut-être. Je voudrais qu’on soit amis, en fait.


« Alors voilà ! C’est mon numéro de portable ! Enfin tu dois t’en douter, vu que ça a dix numéros et que ça commence par 06… bref ! Parce que là, je vais filer, mais je voudrais qu’on se reparle. Parce que je t’aime bien, Raven ! »

Les mains dans le dos, j’en rougirai presque de lui dire des bêtises pareilles. J’aurais pu déblatérer ce genre de discours à n’importe qui, à Léo, à Erika, à qui je veux, et je n’aurais pas ciller. Mais Raven, je sais pas comment il réagit à ce genre de choses, et j’ai pas envie qu’il me froisse le papier que je viens de lui donner au nez, non, surtout pas, ça me rendrait malheureuse, je crois. Alors je souris bêtement, un peu gênée, et comme pour me protéger d’une quelconque réaction de sa part, j’active mon départ sans vraiment lui demander son avis.

« Alors, attention, je vais te dire au revoir, ce qui implique une bise, ce qui implique un contact entre ta peau, et mes lèvres. Mais ce sera bref, promis ! Troiiiiiis….Deuuuux…. UN ! »

Je presse mes lèvres contre sa tempe, une bise toute douce, la plus loin possible de sa bouche à lui, légère et brève, pour qu’il ne prenne pas peur. Mes cheveux s’échappent de derrière mes épaules et viennent chatouiller ses joues, je les rattrape vivement pour ne pas incommoder le petit anglais, et pars en trottinant vers la sortie. J’époussette mes genoux et mes vêtements pleins de duvet, et lui lance un dernier regard taquin avant de dévaler les escaliers en chantonnant un air de Liquido.

I don’t mind.
I think so.
I will let you go.

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Raven Ninvenci
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Mar 31 Juil - 22:14

Etourdis par tes propres pensées, tu ne remarquas même pas le malaise que tu avais laissé s’insinuer dans la pièce. Peut-être que si tu avais remarqué que ton regard fixé sur l’horizon te rendait froid et distant, tu te serais excusé. Ou peut-être pas. Ton espoir, tes certitudes, tu avais finalement l’impression que tu les avais envoyé, bien enfermé dans ce message roulé qui était partit dieu sait où. Ce message qui allait peut-être mourir quelque part. Et d’un coup, tu avais envie de simplement dévaler l’escalier pour courir. Courir pour rattraper cet oiseau. Courir pour sauver ce qu’il restait de tes croyances.

Ton estomac commençait à se nouer alors que tu restais là, incapable de bouger. Tétaniser. Un état qui n’était pas si éloigné de ta léthargie habituelle. Un peu comme ces malaises que l’on fait consciemment. Tes oreilles sifflaient presque et ton environnement ne te parvenait que par écho lointain et décalé. Tu ne remarquas pas ce qu’elle faisait avant que le contact de sa main sur la tienne ne te ramène à la réalité avec brusquerie. Ton corps se tendit sur l’instant avant que ca passe lorsque son regard croisa le sien. Après avoir regardé ce qu’elle a déposé dans ta main, tu relèves les yeux vers elle, l’écoutant parlé.

Les numéros n’étaient pas comme ça en Angleterre mais tu ne dis rien. Tu te contentas de regarder à nouveau le papier avant de relever un regard vaguement surpris à la fin de sa phrase. Elle était la deuxième personne à t’apprécier malgré ton caractère. Tu étais un peu perplexe. Tu ne savais pas trop quoi répondre. Yugito avait eu le privilège de se faire envoyé paitre mais, là, tu n’avais le cœur à rien d’autre. Tu commençais à étouffer ici à vrai dire. Tu te sentais de plus en plus mal dans cette tourelle chargé d’un sentiment de frustration qui te donnait envie de trop de chose.

Et à nouveau, alors que tu dérives, elle te ramène au sol, ses lèvres se posant sur ta tempe, t’arrachant un sursaut car tu n’as pas du tout entendu son laïus d’introduction à ce geste. L’œil le plus proche de ses lèvres se ferme légèrement, ton nez te gratte un peu à cause de ses cheveux qui le chatouille. Et puis, comme un courant d’air, elle s’éloigne, elle s’en va, elle disparait. Sans te laisser le temps de comprendre, de réagir.

Et tu regardes à nouveau le papier avant de le mettre au fond de ta poche pour t’appuyer à l’ouverture, tentant de respirer de l’air plus frais, ton regard se figeant vers l’horizon à nouveau. Tu étouffais. Vraiment. De l’air, tu avais besoin d’air. Tu aperçu le bois plus loin. Tu irais surement quand la respiration deviendrait trop dur ici, quand tu seras à la limite de la suffocation. Parce que tu cherchais le battement des ailes de cet oiseau, désespérement. Parce que tu l’attendais avec plus de désir que tu n’en avais pour vivre au final.

Tu restas plusieurs minutes ainsi avant de te redresser pour te tourner vers la porte, sortant à nouveau le papier de ta poche.

« …. Mais je n’ai pas de téléphone. »

~ Sujet terminé ~

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I know because I tried, start to feel the emptiness
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