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 Sweet and Low

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Charlie Clarke
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Autonomia


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Date d'inscription : 28/03/2012

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Ven 13 Avr - 13:19

Dimanche matin. Cette journée. Cette matinée. Ma préférée parmis toutes. Celle où je me prélasse, m'étires dans les draps. Cette matinée où j'entends les premiers se lever à l'aube. Mais ils sont rares. Comme moi, la majeure partie préfère rester au lit jusqu'à dix heures. Dix heures, c'est pas temps que ça. Surtout que je suis éveillée depuis que le soleil est levé. Mais j'aime ces draps. Qui m'enveloppent, m'enlacent. J'aime cette sensation, d'avoir l'avenir devant moi et de décidé de traîné, juste un peu. Chercher mon Ipod et les écouteurs au fond de mon sac, toujours à ma droite. Juste écouter des dizaines de voix me chanter des belles choses. Des centaines de voix qui me disent que tout est beau. Alors j'ai les yeux fermés. La lumière traverse mes paupières. J'aime ces journées là. Qui me donnent le sourire. Encore plus.

Mais le moment de se lever arrive. Un pied après l'autre. Je m'étire, éternue même. Je suis sûre que j'ai une tête de chat à ce moment précis. C'est pas grave. C'est mignon un chat. J'ai presque envie de miauler. Mais je préfère me retenir. Je prends quelques affaires, me dirige vers la salle de bain. En chemin, j'ai du perdre mon jupon, parce qu'une fois lavée, je n'ai plus qu'une robe, sans mes petits volants. Alors je refais le chemin en sens inverse. C'est bien. On est dimanche, j'ai le temps.

Puis je décide enfin à descendre dans le pavillon central. Je rencontre des gens. Je fond dans les bras de certains. La plus part sont allés faire un tour en ville, parfois même rentrés la veille. C'est tant mieux. J'aimerais bien, retourner voir Joshua. J'aimerais bien, partir d'ici. Mais pas beaucoup. Je me sens quand même chez moi. Je me sens quand même à ma place. C'est pas une autre famille, mais tout ces gens, à qui je saute au cou, ils comptent tous pour moi. Ils ont tous joués un rôle dans ma vie. Alors je suis bien, dans ces murs qui ont leurs histoire. Une partie de la mienne. Et quand je pense à ça, je vois Noa.

Noa.
Noa, c'est ce gentil garçon qui parle pas trop. Avec moi en tout cas. Mais qui me fait sentir un sourire. J'ai comme l'envie de le traîné partout. J'ai passé de longues minutes à monologuer, à lui expliquer des petits points en philos. Je pense même que je devais l'ennuyais, parfois. Mais il ne s'est jamais plaint. une phrase de temps en temps quand il comprenait pas mon charabia. A vrai dire, parfois je me demandais même si je me comprenais moi-même. Moi, j'aime bien ce garçon-là. Parce que Noa il est gentil. Il a presque l'air timide. Et j'ai envie de lui dire, de lui faire crier tout ce qu'il dit pas. J'ai envie de parler des heures avec lui avant d'écraser un polochon sur sa tête. Qu'il ose tout dire, à n'importe qui. Même à un livre.
Alors j'arrives par derrière. Il est là, juste devant moi, j'regarde même pas ce qu'il fait. Je veux un peu l'embêter. Pas beaucoup. Juste de quoi l'entendre, ne serait-ce que demander pourquoi j'ai fait ça. Un. Deux. Trois.

Mes bras s'enroulent autour des ses épaules. Je balance tout mon poids sur lui avant de retomber sur mes deux pieds. Je le contourne pour me planter devant lui. Avec mon grand sourire blanc. Avec mon serre tête à fleur. Je pose mes grand yeux dans les siens. Et je lui demande, avec une voix de petite fille. Avec ma voix, la vraie. A peine plus doucement. Comme si j'avais perdue deux ans, je crois. Je sais même pas, en fait.

« Tu me dis pas bonjour..? »

C'est une simple question, je sais très bien, qu'il ne va pas m'ignorer. Il est bien trop chou pour ça. J'espères qu'il me prendra dans les bras. Mais en général, y a que moi qui fait ça. Alors je reste là, plantée devant lui, immobile. Certains pourraient dire que je le dévisage avec mes grands yeux. Moi je dis juste que je l'observe avec la douceur d'une amie. Quelques secondes. Quelques secondes avant de regarder la montre qui pends autour de mon cou. « Zut, j'ai rendez-vous » Je n'écoutes plus rien, l'espace d'un instant. Et je lui prends la main, j'oublie de lui demander son avis. Il ne prendra pas peur. Je crois pas. Au pire, il s'en ira. Je l'aime bien. Je l'aime bien, alors je l’emmène avec moi, à la rencontre de ce nouvel ami. Que j’aperçois, à deux groupes de là. JE fais un signe de ma main libre. Je crie presque son nom alors que ma main se referme sur celle de mon petit protégé.

« Hé ! Sasha ! »

Sasha.
Sasha. C'est ce garçon, qui fait vibrer ma voix aux sonorités de son clavier, c'est presque devenu mon ourson de poche. Mon doudou humain. A chaque fois que je le vois, je fonds dans ses bras. Je lui lâche plus la main. Parce que lui aussi, je l'aime beaucoup. C'est mon acolyte. C'est mon Robin. Je serais toujours là pour lui. Parce qu'au final, c'est un peu ça. S'aider quand on peut, sans rien demander en retour. C'est mon Sasha à moi.

Sûrement les gens pensent que j'ai les mêmes relations avec tout le monde. Mais juste entre ces deux là, la différence est totale. Noa, je l'aime bien, le connais pas plus que ça. Je sais juste qu'il est gentil. Je sais juste que je l'aide en philo. Que je suis une sorte de prof particulier qui se perds dans ses délires de mondes utopiques avant de se racler la gorger avant de dire, euh, je disais quoi déjà ? Je le croise une fois de temps en temps, comme ce matin, sinon j'attends qu'il vienne me demander de l'aide. On est pas les meilleurs amis du monde, non. Ce serait presque, strictement professionnel, même si dit comme ça, ça sonne trop sérieux pour moi. Et tout ça à la différence de Sacha, que je dois connaitre depuis seulement deux semaines, et que j'essayes de kidnapper de longue, pour regarder les papillons, sauter dans les flaques de pluies, chanter avec lui. Je l'adores vraiment. Tellement que lorsque j'essaye de l’appeler à venir vers nous, ma voix se crispe, deviens aiguë au point qu'elle me dérange presque moi-même. Hyéstérie, tu parles.

Et nous voilà, tout les trois. Je finis par lâcher Noa, poser un baiser sur la joue de Sacha. Et je suis confuse, parce que je les ai pas présentés. Alors je deviens aussi rouge que mes bracelets. Mes doigts s’entortillent dans ma robe blanche alors que j'essaye d'articuler quelques mots qui ne sortent pas. Je fais sûrement la grimace. Puis j'y arrives enfin. C'était pas si dur, au final.

« Sasha, voici Noa ! Et Noa, voici Sasha ! Parce qu'entre ùma première phrase et celle-là, enfin, celle de juste avant que celle que je prononce là, l'a pas changer de nom. T'imagines tu changes de nom toutes les secondes, ça serait scandaleux, et. Euh. Zut. »

Je baisse les yeux, me recules un peu. Décidément, je suis pas vraiment réveillée. Peut-être une heure ou deux m"'auraient permis d'avoir les idées claires, empêcher cette gêne.

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It's a cold and it's a broken hallelujah
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Noa Lefebvre
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Ven 13 Avr - 22:06

Quand on a le don d’endormir qui que ce soit, même –le plus souvent, d’ailleurs- sa propre personne, les huit heures de sommeil ne servent plus vraiment à quelque chose. Tu les trouves longues et ennuyeuses, vu que de toutes façons, tu finis toujours par faire une sieste dans la journée après avoir dialogué avec ton miroir. T’enrouler dans tes draps, garder le lit par plaisir une ou deux heures de plus ? Pas de ça pour toi : les jours sont courts et tu manques de temps pour tout. Améliorer ta maîtrise de ton don, dévorer tous les bouquins d’histoire de la bibliothèque, étudier un peu plus la philosophie, ou encore découvrir les petits secrets compromettants de Clever Cross : tu devais boucler tout ça, avant de rentrer chez toi. Chaque matin, tu bondissais hors de tes couvertures pour enfiler hâtivement un jean qui collait à tes jambes, tu boutonnais une de tes chemises blanches et classieuse puis détalais vers la salle de bain en sautillant pour attacher tes baskets. Ton petit manège matinale en amusait plus d’un, tu étais le garçon bizarre mais classe, jamais en retard, mais toujours pressé. Et ce matin aussi tu l’étais, weekend ou pas, dimanche ou pas, un jour est un jour et il faut en tirer profit. Tu sortais de ta chambre, un livre sous le bras, en direction de la Salle Centrale. Eh oui, tu avais beau avoir un don handicapant pour tes relations, tu appréciais malgré tout la compagnie des autres jeunes, même si ce matin, il n’y avait que peu de monde, sûrement parce qu’il était trop tôt. Tu soupirais, un peu déçu de ne pas avoir ta dose de bain de foule quotidienne, puis t’asseyais aux pieds d’une fenêtre. Les rayons de soleil orangés s’étalaient sur les pages noircies d’encre et réchauffaient ta nuque, tu souriais tout seul : la vie à Clever Cross était loin d’être désagréable. Au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient, que les lignes glissaient sous tes yeux, la salle se remplissait d’élèves ébouriffés, mal réveillés mais bruyants quand même. Un brouhaha s’installait. Pas grave, ça aussi, tu aimais bien.

Tu te relèves, un peu déséquilibré par tes jambes engourdies puis sens quelqu’un sauter sur ton dos. Les bras qui s’agrippent à tes épaules sont fins, les ongles des mains sont peints, et ça sent bon la fille. Tu ne te poses même pas la question de savoir qui elle peut bien être : c’est évident. Il n’y a qu’une personne aussi mignonne et attachante dans cette école pour laisser de côté ses préjugés sur toi pour t’enlacer chaleureusement, et c’est… Charlie.

De deux ans ton aînée, elle ne te donnait pourtant pas cet air là. Tu ne te souviens même plus comment elle avait fini par te donner des cours de philosophie, mais tu ne regrettais pas d’être tombé sur elle. Au contraire même, écouter une personne déblatérer sur Nietzsche, Kant et compagnie n’avait jamais paru aussi intéressant à tes yeux. Elle était jolie, Charlie. Elle et ses cheveux rouges, elle et ses grands yeux brillants, elle et sa voix si belle. A la base, tu n’aimais même pas la philosophie : c’était juste l’esprit du groupe qui te convenait le mieux. C’est grâce à Charlie que tu excellais dans cette matière à présent, mais tu prétendais le contraire. Pour la voir encore un peu. Pour profiter un peu plus de ces fins d’après midi tranquilles, où tu posais ta tête dans tes mains, en souriant doucement quand elle se perdait dans ses propres explications. Tu avais peur de l’endormir alors tu n’ouvrais pas souvent la bouche, juste ce qu’il fallait pour qu’elle ne te déteste pas. De toutes façons, vous ne vous côtoyiez que très rarement, mais tout de même : Charlie était une fille chouette.

Tu commençais à tendre ta main vers sa joue pour la gratifier d’un « Bonjour », mais elle ne t’en laissa pas le temps. Elle t’embarquait dans sa course folle, toi tu ne résistais pas : tu ne sais pas dire non, à Charlie. Même si elle ne t’a jamais rien demandé, même pas la plus minime des faveurs, si jamais elle le faisait un jour, tu dirais oui. Parce que Charlie est trop mignonne. Alors tu trottais derrière elle, un sourire béat accroché à tes lèvres, sans même te soucier d’où elle pouvait t’emmener. A vrai dire, même quand elle t’a confusément présenté à un type au hasard, tu n’en avais que faire de ce nouveau garçon. Tu ne lui avais même pas lancé un regard, obnubilé par Charlie, rayonnante et solaire. Tu te mis à rire à la fin de ses phrases maladroites, puis tu détachais enfin tes yeux d’elle pour daigner les aventurer sur le nouveau.

Sasha, hein ? Est-il permis d’être aussi… D’être aussi quoi ? Je ne sais pas vraiment. Ce garçon dégage une aura plus que bizarre. Si mon don n’avait pas été celui d’endormir, je suis sûr que j’aurais eu celui de cerner les gens dès la première rencontre. Bon. D’accord, c’est vrai qu’il n’est pas très difficile de comprendre que Charlie est une fille sympa, dès qu’on la voit. Mais quand même, je vous dis que je sens ce genre de chose. Et avec Sasha, je ne sais pas. Il se tient devant moi comme s’il était gêné, peut être que je me trompe, ou c’est juste à cause de Charlie qu’il a l’air étrange ? Parce qu’elle est arrivée comme une furie ? C’est marrant, il a des yeux très grands, mais il est plutôt petit. Plus que moi en tout cas ! Ce garçon est… adorable, en fait, totalement adorable. Mais d’un autre côté, il a l’air… mystérieux, ça doit être ça, j’aimerais bien le voir de plus près.

« Salut, Sasha ! Excuse-moi, mais… »

Tu avançais d’un pas vers lui, et comme un scientifique qui découvre un spécimen rare, tu saisissais délicatement son petit visage dans tes mains, en coinçant ton bouquin derrière ton coude, et l’examinais minutieusement. Ta politesse légendaire et tes bonnes manières à toutes épreuves, tu les avais rangées dans un coin de ta tête pour assouvir ta curiosité. Qu’est ce que ce garçon avait de si spécial ? Tu flairais les cachoteries et les secrets bien gardés, et ça te plaisait bien. Comme si de rien n’était, tu t’emparais d’une mèche de ses cheveux, la faisais glisser entre tes doigts, puis reculais de deux pas. Avec un petit sourire satisfait, celui du malicieux sale gosse qui est parvenu à ses fins, tu déclarais gentiment :

« Ah ! ça va mieux… Tu avais une poussière dans les cheveux. »

Tu retournais aux côtés de Charlie, encore toute pimpante de provoquer une rencontre qui semblait bienheureuse, tu lui câlinais affectueusement les cheveux, comme pour la féliciter de t’avoir présenté Sasha. Bien sûr, il n’y avait jamais rien eu sur la tête de Sasha, mais quand il faut un prétexte pour s’approcher, celui là marche très bien ! Vraiment, ce garçon avait quelque chose de fascinant.

« Je suis ravi de te rencontrer. Vraiment. Totalement ravi ! »

Tu fourrais ta main dans ta poche, en guettant la réaction du nouveau. Quelle personne intéressante à étudier. Tu trouvais ça véritablement dommage d’être contraint à ne pas lui poser trop de question. Tu grognas intérieurement en pensant que ce don était vraiment encombrant quelques fois. Mais peut importe, ce n’est pas ce qui allait t’empêcher de t’immiscer dans la vie de Sasha.


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Sasha Nortan
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Fidei


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Sam 14 Avr - 12:55

Tu ne le dirais pas à voix haute mais tu étais un peu déçu de ne pas pouvoir passer du temps avec Charlie. Avoir ton héro rien que pour toi. Sans te soucier de rien d’autre. A tenir sa main, sa joue contre la sienne, à te rouler dans l’herbe fraiche ou mille et unes autre choses que tu étais persuadé que Charlie ferait avec toi. Tu n’avais rien contre Noa, après tout, il avait l’air d’être une personne étrange mais plutôt amicale. Moins bavarde que toi aussi. Pourtant, tu n’étais pas une pipelette. Quelque part, tu étais quand même rassurer d’avoir été introduit auprès de lui par Charlie.

Accrochée à ton bras, Charlie Finit par vous entrainer vers une ligne de divan confortable et libre. Tu regardes Charlie se laisser choir avant de suivre son mouvement, te callant dans les coussins moelleux. Toujours contre Charlie, tu observes un peu votre nouveau camarade. Ton nouveau camarade. Il est tout aussi passionné que toi pour cette voix, qui dans un léger murmure, fredonne un de ses airs connus. Cette voix, elle semblait dissiper l’ambiance un peu maladroite qui s’était installé entre vous. Inconsciemment, tu étais sûr que Charlie réfléchissait à cent à l’heure dans sa ravissante petite tête rousse. Surement qu’une idée aussi surprenante qu’enthousiasmante allait soudainement jaillir de ses lèvres, vous entrainant à son rythme. C’était ce que tu aimais tant chez elle.

Sans vraiment t’en rendre compte, tu avais doucement fermé les yeux, ta joue contre le bras de Charlie. Sa chaleur te rassurait et le confort des coussins commençait à être fatal pour ton manque de sommeil. Il y avait toujours cette légère période, après que tu te sois tiré du lit, où le moindre petit moment de confort rassurant t’attirait comme un démon tentateur vers les bras de Morphée à nouveau. Pourtant, tu ne voulais pas perdre un instant de ce moment précieux avec ton amie. Et ce garçon qui deviendrait peut-être un bon camarade.

Soudain, tu eu un léger sursaut quand la voix de Charlie s’éleva. L’idée qui avait lentement mijoté dans son esprit bondissant tel un diable qui sort de sa boite. Un jeu de carte. C’était amusant. Tu ris un peu. Les grands esprits se rencontraient. Parce que tu avais vaguement songé à ce que vous pourriez faire avant de te souvenir de ces jeux de société en famille que tu pratiquais avec tes parents, tout les dimanches. C’était un de ses petits rituels qu’ils avaient mis en place à ton arrivée. Surement pour te mettre à l’aise. Tu avais jouer le jeu et y avait rapidement pris gout. C’était des souvenirs précieux et d’excellent moment que tu chérissais aujourd’hui encore. Tu avais eu envie d’avoir ce genre de souvenir avec Charlie. Mais sans grand espoir tout au fond de toi. Ce n’était jamais très amusant de jouer à deux.

Cependant, ton regard se posa sur Noa dont les yeux s’étaient littéralement éclairer à la proposition de la rouquine. Maintenant, vous étiez trois. Alors le jeu en serait surement plus intéressant. D’un air déçu, le petit albinos expliqua qu’il n’avait pas de jeu de carte avant de retourner vers toi un regard plein d’espoir. Ce reflex te surpris un peu. Si bien que tu ne répondis pas sur l’instant, encore un peu dans le coton due à ta légère somnolence lorsque Charlie fredonnait. Mais avant même que tu es le temps de répondre, le philosophe s’était levé et partait en quête d’un jeu de carte. Tu ouvris la bouche en tendant un peu la main pour tenter de le rattraper dans son élan mais n’avait pas commencé l’esquisse de ton geste qu’il abordait déjà quelques personnes autours de vous.

Tu ne peux retenir un léger rire face à cet enthousiasme surprenant. Puis, tu glissas ta main dans la poche de ta veste pour en sortir un paquet de carte. Cependant, ce n’était pas le genre de jeu auquel s’attendait Charlie et Noa. Surement même. Sur la pochette cartonnée, il y avait un dessin de personnages d’un dessin animé : les 101 Dalmatiens. Un jeu des sept7 familles. Tu aimais beaucoup celui-ci parce que lorsqu’on avait une famille complète, les mettre coté à cote formait une petite fresque avec de tas de petits chiots mouchetés. Le jeu était relativement neuf malgré le fait que tu le sortes régulièrement de sa boite. Il fallait admettre que dans l’école, tu n’avais encore jamais vraiment eu l’occasion de proposer à quelqu’un de faire une partie avec toi.

Tu montras ton trésor à Charlie, sans avoir la certitude que c’était ce qu’elle avait en tête en parlant de jeu de carte.

« Je n’ai que celui là. Mais il est vraiment amusant tu sais. »

Tu glissas la pochette cartonnée qui contenait le jeu entre les mains de Charlie avant de te lever doucement pour essayer de rejoindre Noa. Il était partit tellement vite qu’il n’avait surement pas vu que tu avais déjà un jeu. Et puis, il fallait avouer que c’était plutôt rare de se balader avec un jeu de carte sur soi… non ?
Tu aurais pu l’appeler, laissant ta voix sur planer celle des autres mais tu n’en ferrais rien. Tu ne le faisais jamais. Elevé la voix. Tu y faisais bien attention. Tu restais toujours un ton en dessous des autres. Alors, il n’y avait pas trente-six solutions pour attirer l’attention du jeune garçon partit dans sa quête des cartes salvatrices pour leur petit groupe. Tendant la main, ton pouce et ton index finirent par attraper sa manche pour attirer son attention.

« Je… J’ai un jeu de carte. Un jeu des sept familles. Ca ira ? » finis-tu par dire en lâchant doucement son vêtement une fois qu’il avait remarqué ta présence. Et comme d’ordinaire, tu gardais la tête légèrement inclinée sur le coté, comme si tout ton corps mimait l’interrogation qui ponctuait ta phrase. Un de tes tics dont tu ne réalisais même pas l’existence. Une façon pour toi d’encore mieux communiquer avec les gens qui t’entourent sûrement.



nda:
 

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Dernière édition par Sasha Nortan le Dim 29 Avr - 13:01, édité 1 fois
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Charlie Clarke
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Sam 14 Avr - 23:02


And there’s fantasy. There’s fallacy.

Je me sens comme gênée. Prise entre deux feux. Sans pouvoir dire pourquoi. Je sens les doigts de Sasha envelopper les miens. Jusqu'à ce qu'il me lâche. Je me sens comme un peu abandonnée. Pas longtemps. Noa me câline même. Je trouve ça tellement bizarre. J'ai l'impression qu'ils ne s'entendent pas. Enfin, pas bien. Qu'ils n'auraient pas dûs se rencontrer. Pas comme ça. Pas avec moi au milieu. Je ne veux pas prendre parti. Parce que je ne peux pas. Parce que je suis incapable de choisir. Parce qu'à partir du moment où l'on m'adresse un sourire, ne serait-ce qu'une fois, j'ai comme cette envie d'aimer cette personne. Ne serait-ce qu'un peu. Le temps d'une étreinte. Le temps de n'importe quoi. Sans jamais les oubliés. C'est assez étrage comme sensation.
Et là, c'est pire.

C'est pire, parce que j'ai l'impression d'avoir fait cette bêtises. Alors que je regardais la scène de ces premiers contacts de la manière la plus passible imaginable, je me demandais si j'avais bien fait. Je me demandais si ça ne gênerait pas Sasha qu'on reste tout les trois. Si ça ne gênait pas Noa que je l’entraîne dans tout ça, toute ma vie, toute ma journée. Je suis pas une fille secrète. Je suis seulement de la bonne humeur. Je veux être comme une drogue, ou plutôt, comme un cadeau, un petit plaisir, que l'on se réserve le droit de prendre ou non, qui ne fait que vous rendre heureux. Et j'ai l'impression que je m'en sors mal. Je suis de plus en plus rouge. Assortie à mes chaussures. J'ai besoin de réconfort. Pas beaucoup, juste de quoi être moi. Me sortir cette idée de la tête.
Alors ma main cherche celle de Sasha.

J'effleure enfin sa peau. Et tout redeviens beau. Tout n'est que soleil, chaleur, bonne humeur. Comme si ma gêne n'avais jamais existé. Je finis par lui attraper le bras, à le rapprocher de moi. A la base, je devais consacrer ma journée à cet unique petit être. Être juste à lui, pendant deux heures. C'est jamais bien long, deux heures, parmi vos sourires. C'est jamais bien long, deux heures, parce que je finis toujours par éclater de rire. C'est jamais long deux heures avec un ami. Je me demandes même depuis combien de temps je n'ai pas eu d'aussi belle relation avec quelqu'un. Depuis combien de temps je n'ai pas partager autant d'instant.

« On fait un truc ensembles jusqu'à midi ? »

Et j'espère qu'ils diront oui. Au fond, je sais qu'ils diront oui. Ou du moins, j'en suis persuadée. C'est bête, dit comme ça, mais je suis presque sûre qu'aucun d'entre eux m'aient déjà dit non. Pas que je demande des choses extraordinaires. La plus part du temps, je demande juste de passer un peu de temps ensembles. A la limite de faire la course. Je suis pas une fille qui demande beaucoup de truc en fait. Juste de la compagnie. Sinon ça sert à rien d'aimer les gens. C'est comme s'ils n'existaient pas. Comme si on aimait un vide. Proliféré de l'amour. Chanter pour rendre les gens heureux. Alors je finis par passer mon bras derrière le dos de Sasha. Ne surtout pas le lâcher. Rester avec lui. Toujours. Parce que je le lui ai promis. Promis de passer ce court moment avec lui. Alors je restes là, à ses côtés, à le tenir. Comme si ça pouvait nous rapprocher d'avantage. Comme si je pouvais étendre le temps, nous créer notre propre univers, juste à nous, avec ce simple contact.

« Regardez ! Des canapés libres ! »

Je suis seule, au milieu de ces deux là. Je les entraînes avec moi. Par réflexe, sûrement. Puis je me vautre bien comme il faut dans l'un des sofa. Je m'enfonce dans les coussins, tout sourire. Je passe une main dans mes cheveux. J'enlève même mon serre-tête, vérifie que mon ruban est bien en place. Je joue avec l'objet jaune entre mes mains. Je m'étire un peu. Je vois pas vraiment ce que je peux leur proposer de faire. Une partie de petits chevaux, ça serait génial, mais je sais pas où et comment trouver les dès, et encore moins le plateau. Cette idée est stupide. Mais je trouve qu'elle reste bonne. Je commence e à balancer a tête. Je réfléchis à quoi faire. Ici. J'ai vraiment pas envie de bouger. C'est mon petit paradis, ce pavillon. C'est un coin à tout le monde qui n'appartiens qu'à sois, à en faire ce qu'on veut. Moi, je suis bien ici. Alors je commence à chantonner du Plain White T's, Welcome to Mystery. A vrai dire, je m'en rend pas vraiment compte. J'ai l'habitude de chanter un peu n'importe quand, particulièrement quand je réfléchis. Je me souviens d'ailleurs, une fois, quand j'étais en sixième, la surveillante du devoir de mathématiques m'avait engueulée parce que je murmurais un air que j'avais du entendre dans la voiture avant de venir, et que ça déconcentrait la classe. C'était du Kyo, je crois. Ou peut-être du U2. A vrai dire, j'en sais rien. Je me souviens juste que depuis, je sais que je chante en réfléchissant. Pas tout le temps. Quand je m'ennuie. Ou quand je fais rien d'autre.

« Vous avez pas un jeu de carte, par hasard ? »

Ma mélodie s'est interrompue, mais j'ai gardé cette voix un peu grave. Pas beaucoup plus. J'ai cette fâcheuse habitude, de ne pas penser à quelle voix je dois avoir. Du coup le retour à ma vraie voix est parfois lent. Parce que je m'en rends pas compte. Je suis un peu bête. Mais personne ne remarque. De toutes façons, ils en ont pas grand chose à faire
Enfin, moi, je veux des cartes. Je veux, je veux. C'est un bien grand mot, mais on a tant de choses à faire avec des cartes. D'ailleurs, je me demande si l'un d'eux sait les tirés. J'ai toujours aimé qu'on me dise mon avenir. Je lis mon horoscope toutes les semaines, et je suis persuadée que dans le fond, ils ont un peu raison. J'y crois pas. Enfin, qu'un peu. Mais au cartes, ça j'y crois beaucoup.






[HS : Et pardon, c'est trèèèèèès moche.]

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Noa Lefebvre
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Sam 28 Avr - 21:32

Je n’avais pas eu le temps de répondre à la question de Sasha, que Charlie s’extasiait sur des banquettes disponibles en trottinant vers elle. Tant pis, il valait mieux que j’économise mes mots et ma salive, au risque de me retrouver avec ces deux là endormis sur les bras. Pas qu’ils aient l’air lourd, bien au contraire. Et puis Sasha semblait assez futé pour déduire de mon silence qu’il avait vu juste. Alors nous nous laissions entrainer sans bruit sur les canapés, contents d’être sur les talons de la Belle, heureux d’être les petits hommes de Charlie. Nous prenions place tous les trois, moi en face d’eux, observant ce duo atypique : un soleil ambulant qui éblouit, un petit peu, une petite chose inoffensive. Enfin, c’était le genre d’impression que Sasha dégageait, mais honnêtement, je n’y croyais pas du tout. Il n’y avait pas que ça. Ses joues roses, sa taille fine et ses grands yeux feignaient de respirer l’innocence, mais on ne me la fait pas à moi : quelque chose clochait. J’aurais mis ma main à couper ou au feu que ce petit être adorable avait un côté sombre, un passé obscur, bref : quelque chose de marrant à découvrir.

Je regardais Charlie, elle tripotait son serre-tête jaune en chantonnant du Plain White T’s, et ça donnait une ambiance dérangée à la scène, mais j’aimais bien les Plain White T’s, alors je l’écoutais. Et puis sa voix… C’est à se demander si c’est permis de chanter aussi bien, c’est doux, c’est divin, c’est à tomber par terre. Elle vous ensorcelle, elle vous charme, et quand on pense qu’en fait, c’est juste deux pauvres cordes qui vibrent en nous, on se dit que ses cordes à elle, elles ont du passer un pacte avec la biologie pour devenir des machines de guerre. Mais pour des guerres gentilles.

Charlie commença à se dandiner sur sa banquette, peut-être à s’impatienter ou à penser à des choses drôles, puis finit par demander un jeu de cartes. À ces mots, tes yeux s’illuminèrent, et se mirent à brûler d’un feu nouveau. Tu tremblais d’excitation : un jeu, tu aimais ça, non pire, tu adorais ça, enfin surtout parce que tu gagnais tout le monde et laminais quiconque osait te défier. Tu te fichais pas mal de devenir colérique et de mauvaise foi devant Charlie et Sasha, on parlait de cartes, là, pas de n’importe quoi. L’amitié, quand on joue, ça ne compte plus, les pires sales coups sont permis, du moment que les règles sont plus ou moins respectées. Les alliances tu n’en fais jamais, tu feintes, tu bluffes, et tu finis par remporter la partie dans quatre vingt dix neuf pour cent des cas. Pour le un pour cent qui reste, tu deviens rouge de mécontentement, insulte parfois le vainqueur en titre et quitte les lieux en quatrième vitesse. Mais franchement, Charlie et Sasha n’avaient rien d’impressionnant et tu prévoyais d’ores et déjà une victoire flamboyante.

Enfin seulement si vous trouviez des cartes. Tu adorais les jeux mais n’en possédais aucun, les considérant comme une perte de temps et connaissant ta faiblesse à leurs égards, tu avais préféré ne même pas en acheter pour ne pas plonger dans une addiction des plus ridicules. L’addiction aux jeux, un magnifique sujet de moquerie pour les autres, alors non, pas de ça pour toi. Pleins de regrets, tu annonçais à Charlie :

« Non, désolé, je n’en ai pas… »

Tu tournais ton regard pleins d’espoir vers Sasha, priant intérieurement pour que ce petit d’homme sorte de sa poche une petite boite cartonnée bourrée de dames, rois, valets et as. Il fallait trouver un paquet de cartes à tout prix : jouer vous éviterait de parler, vous enlèverait l’appréhension du blanc et constituerait une bonne raison pour toi de ne pas ouvrir ta bouche, en prétextant une concentration appliquée. Pour rester avec eux, il vous fallait une occupation. Pour continuer à regarder Charlie balancer ses jolis cheveux dans tous les sens avec un sourire indélébile, pour continuer à étudier ce garçon étrange et mystérieux qui semblait si fasciné par la jeune file, il vous fallait des cartes.

Dans la seconde suivante, tu bondissais de ton siège, trop émoustillé et impatient pour attendre une réponse, et déclarait du ton que prenne les super héros juste avant de partir sauver l’univers-tout-entier-ouais-rien-que-ça :

« ...mais, je vais en chercher un ! »

"On a perdu Noa." C’est ce qu’ils ont du penser en te voyant sprinter vers un groupe d’adolescents bruyants pour leur soudoyer leur jeu de cartes. Tu reviendrais vite, et tu reviendrais avec des cartes !



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Sasha Nortan
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Dim 29 Avr - 13:20

Tu ne le dirais pas à voix haute mais tu étais un peu déçu de ne pas pouvoir passer du temps avec Charlie. Avoir ton héro rien que pour toi. Sans te soucier de rien d’autre. A tenir sa main, sa joue contre la sienne, à te rouler dans l’herbe fraiche ou mille et unes autre choses que tu étais persuadé que Charlie ferait avec toi. Tu n’avais rien contre Noa, après tout, il avait l’air d’être une personne étrange mais plutôt amicale. Moins bavarde que toi aussi. Pourtant, tu n’étais pas une pipelette. Quelque part, tu étais quand même rassurer d’avoir été introduit auprès de lui par Charlie.

Accrochée à ton bras, Charlie Finit par vous entrainer vers une ligne de divan confortable et libre. Tu regardes Charlie se laisser choir avant de suivre son mouvement, te callant dans les coussins moelleux. Toujours contre Charlie, tu observes un peu votre nouveau camarade. Ton nouveau camarade. Il est tout aussi passionné que toi pour cette voix, qui dans un léger murmure, fredonne un de ses airs connus. Cette voix, elle semblait dissiper l’ambiance un peu maladroite qui s’était installé entre vous. Inconsciemment, tu étais sûr que Charlie réfléchissait à cent à l’heure dans sa ravissante petite tête rousse. Surement qu’une idée aussi surprenante qu’enthousiasmante allait soudainement jaillir de ses lèvres, vous entrainant à son rythme. C’était ce que tu aimais tant chez elle.

Sans vraiment t’en rendre compte, tu avais doucement fermé les yeux, ta joue contre le bras de Charlie. Sa chaleur te rassurait et le confort des coussins commençait à être fatal pour ton manque de sommeil. Il y avait toujours cette légère période, après que tu te sois tiré du lit, où le moindre petit moment de confort rassurant t’attirait comme un démon tentateur vers les bras de Morphée à nouveau. Pourtant, tu ne voulais pas perdre un instant de ce moment précieux avec ton amie. Et ce garçon qui deviendrait peut-être un bon camarade.

Soudain, tu eu un léger sursaut quand la voix de Charlie s’éleva. L’idée qui avait lentement mijoté dans son esprit bondissant tel un diable qui sort de sa boite. Un jeu de carte. C’était amusant. Tu ris un peu. Les grands esprits se rencontraient. Parce que tu avais vaguement songé à ce que vous pourriez faire avant de te souvenir de ces jeux de société en famille que tu pratiquais avec tes parents, tout les dimanches. C’était un de ses petits rituels qu’ils avaient mis en place à ton arrivée. Surement pour te mettre à l’aise. Tu avais jouer le jeu et y avait rapidement pris gout. C’était des souvenirs précieux et d’excellent moment que tu chérissais aujourd’hui encore. Tu avais eu envie d’avoir ce genre de souvenir avec Charlie. Mais sans grand espoir tout au fond de toi. Ce n’était jamais très amusant de jouer à deux.

Cependant, ton regard se posa sur Noa dont les yeux s’étaient littéralement éclairer à la proposition de la rouquine. Maintenant, vous étiez trois. Alors le jeu en serait surement plus intéressant. D’un air déçu, le petit albinos expliqua qu’il n’avait pas de jeu de carte avant de retourner vers toi un regard plein d’espoir. Ce reflex te surpris un peu. Si bien que tu ne répondis pas sur l’instant, encore un peu dans le coton due à ta légère somnolence lorsque Charlie fredonnait. Mais avant même que tu es le temps de répondre, le philosophe s’était levé et partait en quête d’un jeu de carte. Tu ouvris la bouche en tendant un peu la main pour tenter de le rattraper dans son élan mais n’avait pas commencé l’esquisse de ton geste qu’il abordait déjà quelques personnes autours de vous.

Tu ne peux retenir un léger rire face à cet enthousiasme surprenant. Puis, tu glissas ta main dans la poche de ta veste pour en sortir un paquet de carte. Cependant, ce n’était pas le genre de jeu auquel s’attendait Charlie et Noa. Surement même. Sur la pochette cartonnée, il y avait un dessin de personnages d’un dessin animé : les 101 Dalmatiens. Un jeu des sept7 familles. Tu aimais beaucoup celui-ci parce que lorsqu’on avait une famille complète, les mettre coté à cote formait une petite fresque avec de tas de petits chiots mouchetés. Le jeu était relativement neuf malgré le fait que tu le sortes régulièrement de sa boite. Il fallait admettre que dans l’école, tu n’avais encore jamais vraiment eu l’occasion de proposer à quelqu’un de faire une partie avec toi.

Tu montras ton trésor à Charlie, sans avoir la certitude que c’était ce qu’elle avait en tête en parlant de jeu de carte.

« Je n’ai que celui là. Mais il est vraiment amusant tu sais. »

Tu glissas la pochette cartonnée qui contenait le jeu entre les mains de Charlie avant de te lever doucement pour essayer de rejoindre Noa. Il était partit tellement vite qu’il n’avait surement pas vu que tu avais déjà un jeu. Et puis, il fallait avouer que c’était plutôt rare de se balader avec un jeu de carte sur soi… non ?
Tu aurais pu l’appeler, laissant ta voix sur planer celle des autres mais tu n’en ferrais rien. Tu ne le faisais jamais. Elevé la voix. Tu y faisais bien attention. Tu restais toujours un ton en dessous des autres. Alors, il n’y avait pas trente-six solutions pour attirer l’attention du jeune garçon partit dans sa quête des cartes salvatrices pour leur petit groupe. Tendant la main, ton pouce et ton index finirent par attraper sa manche pour attirer son attention.

« Je… J’ai un jeu de carte. Un jeu des sept familles. Ca ira ? » finis-tu par dire en lâchant doucement son vêtement une fois qu’il avait remarqué ta présence. Et comme d’ordinaire, tu gardais la tête légèrement inclinée sur le coté, comme si tout ton corps mimait l’interrogation qui ponctuait ta phrase. Un de tes tics dont tu ne réalisais même pas l’existence. Une façon pour toi d’encore mieux communiquer avec les gens qui t’entourent sûrement.



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Charlie Clarke
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Dim 29 Avr - 16:43

C'est étrange, cette façon qu'ils ont de restés avec moi. Pas que je la déplore, bien au contraire, mais je ne suis pas le genre de fille auquel on prête attention. Je suis toujours dans l'ombre de quelqu'un, n'existe qu'en tant que couleurs remuant dans les couloirs. Alors j'apprécie ces quelques instants où je me sens existante. Où des gens m'écoutent, ne serait-e qu'un peu.
L'un de mes deux compère, Noa, voit moi idée brillante, alors qu'elle n'a rien d'exceptionnelle. Et le voilà qui s'élance à la recherche d'un paquet. Si seulement on était chez moi, j'aurais pu déniché deux ou trois jeu de cinquante deux cartes, un de tarot, et pet-être même un jeu de Sccopa. Enfin, je me met à bailler, comme si une lourde vague de sommeil veinant de m'envahir. Les coussins moelleux du canapé sont en train de me dévoré alors que je rattrape le bras de Sasha. Je ne le lâche pas. Même lorsqu'il sort ce jeu de cartes. Mon regard s'illumine, même si j'ai les paupières un peu lourdes. Mes bras attrapent son cou. C'est simplement merveilleux.

Quand il dévoile les cartes, je découvre que c'est un jeu de sept familles. Même si ce n'était pas ce que j'avais en tête, je ne peux m'empêcher des « génial ! génial ! » répétés en boucle. L'idée de rejoué à ce jeu qui t'as fait passé de longues soirées rire. Souvent, quand, comme pour le jeu de Sasha, les cartes étaient inspirées de choses existantes, comme de bandes dessinées, des fresques, de films, tu t’amusais à les cherchées avec ton frère, retrouver à quelle page, quel peintre ou quelle scène était reproduites. Tu en avais même avec des animaux, et vous alliez parfois même au zoo pour pouvoir faire une parte. Après avoir fait les familles, vous deviez courir devant les cages de chaque animal pour après dire son nom. C'était idiot, enfantin, mais surtout génial.

Après quoi, Sasha part à la recherche de Noa. Je me demandes si tu dois les suivre, étant donné qu'ils reviendront ici. En plus, ce coup de barre t'as complètement assommé, et le velours semble me dire de ne jamais le quitter. Je viens apposé tes mains, du bout des doigts, contre les lèvres. Un énorme bâillement s’échappe. Il me faut quelques secondes pour comprendre que je suis simplement fatiguée. Ce n'est pas vraiment normal. C'est même dérangeant. Mais je n'ai pas la force de lutter contre mes pensées. Je suis comme baignée dans du coton, dans des draps frais, je n'ai qu'une envie, fermer les yeux. Pourtant je sais très bien que si le monde s’obscurcit sous mes paupières ne serait-ce qu'une seconde, je n'émergerais pas avant midi pour le repas. Mais j'ai ce rendez-vous avec Sasha. Rendez-vous qui s'est transformé en une partie de cartes. C'est peut-être pas si mal, mais dans le fond, j'ai l'impression de pas être honnête. J'ai comme l'impression qu'en étant trop spontanée, j'arrive plus à gérer. Mais tant qu'ils ne m'en veulent pas, je crois que c'est pas grave.

Je reste tout de même avec cette impression, comme quoi il ne faut pas que je 'endorme, même si tout mon être me crie que c'est la bonne chose à faire. Je trouve quand même la force de me lever, nonchalante, pour aller les rejoindre. j'attrape alors Sasha. Pose ma tête contre son épaule et m'y blotti plus que jamais comme si son épaule était le plus confortable des oreillers de toute ma vie. J'ai les yeux mi clos, ma voix s'enraille un peu.

« Alors...? Ca te vas un jeu de sept famille ? »

Je ne peux m’empêcher de de retenir ma fatigue, mes bâillements. Une de mes mains passe dans mes cheveux roux. Puis je regarde Noa dans les yeux. Je me force à les ouvrir au plus grand que je peux, comme si je devais faire semblant d'être en pleine forme alors que l'on vient de me réveiller à quatre heures du matin.

« Ca sera chouette ! J'en suis sûre ! »

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Noa Lefebvre
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Dim 29 Avr - 22:07

Attendre ne rime à rien, alors tu t’étais levé, et plus vite que ça, pour trouver un jeu de cartes. Tu n’avais même pas adressé un regard à Charlie et Sasha : maintenant tu ne les aimais plus, ils s’étaient ajustés au rang « d’adversaire » : l’amitié quand on joue, ça ne compte plus. Les mains tremblantes d’excitation, tu t’agrippais aux épaules d’élèves que tu ne connaissais même pas de vue et demandais, les yeux brillants d’espoir, s’ils avaient des cartes, et si dans leur bonté infinie, ils accepteraient de te les prêter. À force d’insistance, tu avais fini par rencontrer une bonne âme qui t’avait cédé son paquet, tu l’avais remercié chaleureusement, mais brièvement, car ton agitation t’empêchait de contrôler correctement ton don. Tu ouvrais la boîte en carton, elle était presque neuve et sentait encore le « magasin », vous savez ? Cette odeur toute particulière que portent les objets nouveaux, qui vous fait vous sentir riche d’une nouvelle chose. Tu sortais les cartes, les comptais en un éclair et vérifiais que le jeu était complet : ce qui n’était pas le cas. Et tu détestais jouer avec un jeu défaillant. Tu soupiras et fonças aborder quelqu’un d’autre, une quinzaine d’élève plus tard, tu te retrouvais avec trois paquets de cartes normales sur les bras, et un jeu de tarot.

Tu avais pris tout ce qu’on te proposait. De plus, comme tout adolescent un peu dérangé mentalement, tu avais porté ton intérêt sur les théories de magie noire et la pratique de la prédiction. Quel serait ton avenir ? Où vivrais-tu plus tard ? Epouserais-tu la jolie fille à côté de toi en Anglais ? Deviendrais tu vieux garçon, de retour dans le chalet familial ? Tu mourrais d’envie de le savoir, et tu t’étais dit qu’essayer d’invoquer des esprits ou de lire dans une boule de cristal ne te ferait rien perdre et ne valait pas moins que d’autres méthodes. Lire l’avenir dans les cartes ? Un jeu d’enfant pour toi, la base de la base. Tu avais même appris tout seul, avec un bouquin bizarre payé quelques pauvres euros dans une boutique craignos de ton village. C’est pour ça que tu avais accepté le jeu de tarot, en pensant que peut être ça plairait à Charlie. Même si tes prédictions douteuses en faisaient rire plus d’un et que tu n’y croyais absolument pas depuis le début de ton apprentissage scientifique, si ça pouvait lui plaire à elle, c’était le principal. Ton euphorie fut stoppée nette par l’intervention timide de Sasha, qui tenait d’une main ta manche et de l’autre un paquet coloré.

Un jeu des sept familles. Est ce que ce genre de choses existait encore ? C’est comme la Nintendo soixante quatre ou la patte à prout : tout le monde en a, mais personne ne le dit. Tout le monde a, un jour dans sa vie, explosé de rire en jouant avec, mais personne n’y joue encore. À croire que Sasha si. Ça n’avait rien de ridicule, au contraire, c’était déchirant de « mignonitude », et il te fallait bien ce néologisme pour décrire parfaitement la scène. Le petit d’homme lâcha ta manche, tu le regrettas presque sans trop savoir pourquoi. Il était suivi de près par la belle rousse qui insista sur la question de Sasha, et tu te sentis un peu bête, avec tes quatre paquets sur les bras. Tu examinais d’un coup d’œil la nature des sept familles, et comme tu le craignais, le mot « Disney » écrit en gros sur la pochette en carton poussait à son apogée le charme irrésistiblement enfantin de Sasha. Tu soupiras un peu, comprenant que ton super challenge te passait sous le nez aujourd’hui, pour laisser place à la légèreté de l’enfance dans toute sa splendeur. Tu souriais du coin des lèvres, et acquiesça doucement :

« Bien sûr, que ça me va. »

Tu ponctuas ta phrase en ébouriffant les cheveux de Sasha dans tout les sens, les rendant plus électrique que jamais. Sérieusement, est-ce qu’il s’était frotté la tête contre un ballon avant de vous rejoindre ? Autant de cheveux en l’air paraissait irréel. Tu ricanas intérieurement, puis reporta ton attention sur Charlie. Sans gène aucune, tu replaças une mèche rousse derrière son oreille, et d’un mouvement de tête, les invita tout deux à reprendre place sur les canapés. Tes deux compagnons avaient l’air mort de fatigue et complètement à l’ouest, avais-tu déjà trop parlé ? Non, impossible, tu devais parler au moins trois minutes sans pause pour créer un effet, alors ils s’ennuyaient peut être déjà, ou ils étaient encore dans les nuages d’une nuit trop courte. Tu préféras zapper le problème, ne voulant pas t’avouer que tu pouvais être la cause de l’ennui. Tu déposas tous tes jeux sur la table basse devant toi, et pris gentiment le paquet Disney des mains de Sasha.

« Je mélange alors. Si vous voulez, j’aurais d’autres jeux pour plus tard. »

Tu ouvris la petite boîte et coupa les cartes agilement, à la manière des magiciens qui s’apprêtent à vous présenter un tour. Ça aussi, tu savais faire. Le coup des roses dans un mouchoir ? La pièce derrière l’oreille ? La colombe dans un chapeau ? Finger in the nose. Peut être que tu leur montrerais un jour. Un jour. Tu distribuas rapidement, et posa le restant des cartes au centre, en annonçant pour finir :

« Quand vous voulez ! »

La partie était lancée. Mais ces deux là étaient tellement mignons, que tu les laisserais bien gagner.

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Sasha Nortan
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Lun 30 Avr - 11:22

A gauche. A droite. Tu tentais de l’attraper dans sa quête frénétique mais il semblait plutôt enthousiaste. Avançant en s’accrochant à l’épaule de la moindre personne alors que tu te trouvais sur ses talons, tu avais presque du mal à le suivre. Mais finalement, tu réussis. Lui proposant ton jeu de carte, tu remarquas qu’il en avait déjà trouvé un certain nombre. Des jeux classiques fournis de dame et de roi. Même un jeu étrange bien plus allongé. Tu ne connaissais pas du tout ces cartes là. Tu observas un peu les différents paquets. Surement que ton jeu n’était pas de ceux auxquels s’attendait les deux autres.

Alors que tu te disais que tu aurais surement mieux fait de rester contre Charlie dans le divan, les bras de la demoiselle en question t’emprisonnent. Sa tête se calle contre ton épaule. Et sa voix, si douce, vient pour te soutenir. Encore. Tu étais un peu plus rassuré quand elle était avec toi. Non pas que Noa ne soit pas gentil. Mais il était un peu étrange. Cette lueur qu’il avait eu dans les yeux à l’évocation d’un jeu de carte, cette attitude quand il avait cherché un jeu. Tu ne savais pas trop comment l’expliquer, mais il y avait un peu comme une sorte de pression, une distance qu’il avait mise entre vous. Ce genre de regard que tu connaissais.

Cette impression s’envola quand il sourit pour accepter ta proposition avant de t’ébouriffer les cheveux. Sans trop le vouloir, tu te figeas un très léger instant sous ce geste avant de sourire. Bien que forcé, il donnait une illusion parfaite. Associé à tes cheveux en désordre qui faisait rire l’albinos, la diversion avait été irréprochable. Rapidement, vous retourniez aux divans que vous aviez quitté plus tôt. Tu avais gardé les bras de Charlie autour de toi. Elle avait l’air fatiguée. Peut-être qu’elle aussi n’avait pas beaucoup dormis. Tu lui aurais bien proposé que vous alliez faire une sieste dehors vu que le soleil brillait mais ca ne serait pas très gentil d’abandonner Noa. Même si toi aussi, tu étais fatigué.

Après t’être laissé tomber dans le divan, tu observas un peu Noa mélanger les cartes avec une grande habilité. Tu te demandais s’il connaissait des tours. Où s’il savait faire comme dans les films. Vous savez, ces gens dans les casinos qui retournent une ligne de carte d’un mouvement. Ou qui font des choses extraordinaires comme en sortir une de derrière votre oreille. Tu t’étais toujours demandé si c’est gens n’étaient pas comme toi, depuis que tu avais découvert ton don. Oui. Peut-être que c’était ça leur don. C’était une chose extraordinaire. Peut-être que c’était celui de Noa. Ca serait vraiment chouette.

Attrapant ton paquet de carte tout en remerciant le petit philosophe, tu observas ta main d’un air tout sérieux, rangeant soigneusement les cartes par famille dans ta main. Aucune carte de ta famille préférée. Tu fis une mine un peu boudeuse. Puis, tu regardas tes camarades. Charlie avait vraiment l’air fatigué. Peut-être qu’une seule partie serait bien suffisante. Rien ne vous empêchait d’en faire d’autre plus tard, un autre jour.

« Honneur aux dames. » dis-tu dans un sourire en regardant vers Charlie.

Tu n’avais pas vraiment la fièvre du jeu. Ce qui importait le plus, c’était de t’amuser avec Charlie et Noa. Parce que, après tout, c’était surtout l’occasion de passer un bon moment tout les trois. D’apprendre à connaitre un peu Noa. Même si parfois, son regard te faisait un peu peur, tu n’avais pas l’impression que ce soit une mauvaise personne. Peut-être que tu étais trop méfiant ou, qu’à coté de ton héro aux cheveux roux, tout le monde semblait un peu moins gentil qu’il ne devait l’être.



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Charlie Clarke
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Lun 30 Avr - 20:23

J'ai comme cette impression qu'il y a un malaise quelque part. Que j'étais au milieu de ces tensions non-dites, que je les avais peut-être même provoquées. Je ferme les yeux. Quelques secondes, avant de me sentir entraînée par le mouvement de Sasha qui retourne à notre point d'origine. Me voilà qui tombe, toujours accroché à son bras. Me voilà qui tombe, das ce confort moelleux. Je ne fais plus attention à ces-deux là. Qui mélangent, distribuent les cartes/ Je ne fais plus attention. A rien. Je cherche seulement à ne faire qu'un avec le meuble sur lequel je m'étire un peu plus. Comme un chat cherchant à se mettre en peu plus à l'aise. Continuant de frotter ma tête contre le bras de Sasha. Ca doit-être ça. Dans une autre vie, j'étais un chat. Un chat avec une écharpe rose et des fleurs dans les cheveux. Mais j'étais un chat. Je souris à cette pensée, parce que je suis donc un chat qui va jouer aux cartes. A des cartes sur lesquelles sont dessinés de nombreux chiens. Je suis donc un drôle de chat.Puis je comprends qu'il faut se mettre à jouer quand un silence semble se poser. Quand l'on m'appelle, parce qu'à priori, je suis la seule dame. J'attrape donc le jeu posé devant moi, commençant à ranger les cartes dans le désordre. Je fais toujours ça pour éviter à Joshua de deviner quelles cartes j'ai. Enfin, ce n'est pas un total désordre, je met juste les grand-mères avec les grand-mères, les papas avec les papas. Sans donner de classification à la famille. C'est plutôt au feelling pour ce point là. Enfin.

J'hésites quelques secondes, regarde la totalité de mon jeu sans savoir par laquelle commencé. J'entrouvre la bouche à plusieurs reprises avant de me lancer, presque trop timide.

« Je demande... »

Puis je m'arrête de manière complètement spontanée. Puis je claque des doigts me relevant presque du fauteuil. Je couche mon jeu, quelques secondes, comme si ma déclaration allait changer le monde. Comme si j'avais trouvé l'idée du siècle. Alors qu'une fois encore, c'est vraiment stupide. Comme un jeu à boire sans alcool.

« A chaque fois qu'on appelle une bonne carte à la bonne personne, on a le droit de poser une question à cette personne. Pas des gros trucs hein, juste. Genre. Ton film préféré ? Ca vous va ? Ah. Et quand on appelle pas la bonne, les deux autres ont le droit de te poser une question. Puis on ment pas, sinon c'est pas drôle ! Ah ! Et bonne pioche, ça fait question de groupe, on répond tous, ça vous va ? Oui, non, on fait comme ça, hein ? »

J'ai ce grand sourire qui barre mon visage. Et je suis pourtant incapable de trouver la moindre question à ce genre de jeu. Mais je me dis que ça dissipera le malaise du début de partie. Mes doigts effleurent les cartes que je redresse devant mon visage. J'espère que c'est une bonne idée. Je me lance la première.

« Dans la famille... Ah non ! Euh. Je demande le chiot numéro 2 dans la famille bleue ! Euh... Sasha ? »

A priori, tu ne sais même pas ce que tu demandes, mais ça m'a l'air d'être une bonne idée. Au pire des cas, je piocherais. Mais je joues rarement pour gagner, même si ça m'arrive de temps en temps de ne pas perdre. Je joue simplement pour passer un bon moment.

Enfin, je finis par lever les yeux sur Sasha, en profitant pour me décoller de son corps, pour ne pas tricher. Pour ne pas entrevoir son jeu. Mais je devine d'avance à son minois qu'il ne l'a pas. Je grimace avant de piocher. Mauvaise pioche. Le numéro 4 de la famille rose. Je soupire, avant de reprendre la parole, presque boudeuse, comme si je n'aimais pas mes propres règles

« Bon. Euh. Bah vas y Sasha. Pose ta question. Puis après, à Noa. »


[HS : AHAHAHAH. Réponse minable, je vous l'accorde. Avec un premier paragraphe wtf.]

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Noa Lefebvre
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Lun 30 Avr - 22:27

Sasha avait pris son petit paquet et commençait à le ranger dans l’ordre : en l’observant un petit peu, tu avais compris qu’il possédait trois débuts de familles, dont un de quatre personnages. Il avait lancé le jeu en invitant la dame du groupe à commencer, un doux sourire accroché à ses petites lèvres. Sasha te paraissait donc organisé, peut être méticuleux par les bords et galant ou bien juste aux pieds de Charlie. En fait à les voir se comporter comme un couple d’inséparables, la question de la nature de leur relation avait vaguement traversé ton esprit. Verser un tube de glue sur l’épaule d’une demoiselle et collez y un petit garçon tout frêle, et ce ne sera pas encore du même niveau que Sasha et Charlie. Ils dégoulinaient de tendresse et s’étouffaient mutuellement sous les câlins, c’était beau à voir. Cette proximité presque exagérée t’avait conduit à te demander brièvement si tu n’étais pas de trop, mais ce n’était pas le genre de chose qui te préoccupait. En effet, d’autres auraient quitté la salle en tapant des pieds, d’autres se seraient mis en colère de devoir « tenir la chandelle », certains se seraient fait tout petit et auraient fuit discrètement dès que l’occasion se présentait, mais pas toi. Ce n’est pas que tu ne savais pas lire l’atmosphère, au contraire. Ça t’amusait juste, de pouvoir les contempler, les étudier à ta guise.

Ajoutez à cela une légère touche de jalousie de devoir céder la belle rousse à un minuscule gamin et une curiosité dévorante à l’égard du garçonnet en question, et vous comprendrez pourquoi Noa reste. En se fichant éperdument de savoir s’ils formaient un couple ou non, et surtout, s’ils essayaient depuis vingt bonnes minutes de lui faire passer des messages sourds pour qu’il déguerpisse et les laisse seuls.

Cette partie de cartes prenait, à mon goût, une tournure particulièrement intéressante. Une fois que j’étais descendu de mon nuage d’excitation, c’est avec un intérêt grandissant que j’assistais attentivement au petit manège qui se déroulait sous mes yeux. L’idée de Charlie et ses questions à chaque fois que l’on perdait, c’était risqué pour mon temps de paroles, mais peu importe, j’en saurais un peu plus sur ce…

Noa fixa Sasha en face lui. Qu’est ce qu’il était au juste ? Était ce humain d’être aussi adorable ? Et puis quel âge il avait, d’abord ? Douze ans, treize à tout casser. Il ne pouvait pas avoir plus. Pas avec ce genre de visage tout rond, imberbe et ce corps si frêle, si enfantin. Peut être que ça avait rapport avec son don. Si ça se trouve c’était un Peter pan vivant, ou un truc dans le genre ! Ou un garçon dont les cellules ne vieillissent plus au bout de dix années de vie. C’était la seule explication à… l’existence de Sasha ? Non vraiment, il n’y avait que les photos de bébés chats ou la naissance d’un girafon qui avait autant l’air mignon que Sasha. Mais pas le temps de cogiter, la partie commençait.

Je triais mes cartes lentement : pas la peine de m’affoler, ces deux là n’avaient aucune envie de gagner et ça m’étonnerait qu’ils usent de stratégie ou de tricherie. Je voyais mal Charlie tendre le cou pour loucher sur mes cartes ou Sasha piocher discrètement plusieurs cartes à la place d’une. Mon jeu était nul, et je soupirai bruyamment. La mauvaise pioche de Charlie ne m’étonna pas le moins du monde, et j’attendais avec impatience d’entendre la question que lui poserait Sasha. Je dois avouer que mon respect, ou plutôt mon affection envers Charlie m’avait retenu d’aller fouiller dans son passé. Par fouiller, j’entends « m’introduire dans les locaux administratifs et piquer des dossiers de ci de là » et peut être aussi « pirater un ou deux ordinateurs de l’école et récupérer des informations sur n’importe qui ». Oui je sais, c’est pas bien, mais c’est maladif. Alors ce jeu serait un bon moyen pour moi de découvrir Charlie. Et quand j’aurais rafflé toutes les cartes de Sasha, ce serait aussi l’occasion de lui extirper les vers du nez. Parce que le passé de Sasha puait les histoires bizarroïdes à plein nez.

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Sasha Nortan
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Mar 1 Mai - 1:28

Tu étais très concentré sur tes cartes, adossé dans le divan, t’enfonçant presque dans les coussins. Tu les fixais comme si elles allaient te vendre la mèche sur celle que pouvaient détenir les autres. Charlie finit par se lever, soudain habité d’une énergie que tu pensais endormie dans les coussins, un peu comme la tienne, et proposa de rajouter un peu de piment. Tu ris. Parce que ca lui ressemblait tellement. Tellement plus que ses yeux fatigués qui t’avaient un peu inquiété. Mais finalement, Charlie était Charlie. Tu étais soulagé. Tu acquiesças d’un signe de tête. C’était quelque chose d’amusant. Et puis, avec des questions simples, ca ne risquait rien. Non, tu ne risquais rien. Mais que pouvais-tu risquer quand elle était là de toute façon ?

Elle finit par se tourner vers toi, te demandant une carte que tu n’as pas, pleine d’espoir. Tu n’eu même pas à lui dire que tu ne l’avais pas. Il fallait croire que la moue déçue que tu avais affichée, avait parlé pour toi. Ce n’était peut-être pas une bonne façon de réagir mais tu ne pouvais pas t’empêcher d’être désolé de ne pas avoir la carte qu’on te demandait. Souvent, ton grand frère se moquait de toi à cause de ça. Ce qui te faisait bouder un peu. Juste avant que tu ne lui souris, satisfait d’avoir 5 des sept familles devant toi. Cette fois encore, tu avais légèrement décroché de l’endroit où tu étais. C’était plus fort que toi. Ce n’était pas réellement que tu n’avais pas envie d’être avec eux, jamais ca ne pourrait arriver avec Charlie, mais tes souvenirs étaient tellement plus fort.

La voix boudeuse de Charlie te ramena dans le divan, te sortant de tes rêveries.

« A moi ? Une question ? Ah ! Oui. »

Tu te redressas légèrement, réfléchissant avec application. Il te fallait trouver une question intéressante. Une question très importante mais pas trop importante. Oui. Ca ne pouvait pas être autre chose que ça. C’était sans le moindre doute la question parfaite. Posant les cartes que tu avais en main face caché contre la table, tu te tournas un peu vers Charlie, l’air sérieux. Après une légère pause, tu finis par prendre à nouveau la parole.

« Charlie… Quel est ton parfum de sirop préféré ? »

En oubliant complètement les mots qui avaient composé ta question et en se fiant au simple ton que tu avais employé, on avait presque l’impression que tu lui avais demandé d’avouer un crime, de te révéler un secret d’état ou quelque chose d’au moins aussi grave. Mais ton tic revient au galop. Ta tête s’inclina légèrement vers la droite dans une petite moue interrogative.

« Tu sais, ceux qu’on mélange avec de l’eau... »

Tu avais toujours eu beaucoup de mal à boire de l’eau. C’était juste comme ça. La plupart du temps, tu préférais ne pas boire du tout plutôt que de boire l’eau sans rien. Et puis un jour, tu avais croisé la route du sirop à dilué. Grenadine. Menthe. Pêche. Ananas. C’était sans le moindre doute ce qui t’avait réconcilié avec l’eau. Grace à la personne qui avait inventé le sirop, tu avais surement été sauvé d’une mort pas déshydratation ou quelque chose comme ça. Enfin, peut-être.

Maintenant que tu avais posé ta question, tu attrapas à nouveau tes cartes pour te laisser à nouveau engloutir par le divan. Tu étais content d’avoir trouvé la question parfaite. Mais il ne fallait pas te relâcher. Après tout. Il y allait peut-être y avoir d’autre question que tu devrais trouver.

Cette partie allait surement être amusante.


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Charlie Clarke
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Mer 2 Mai - 10:55

Sa question est simple, douce. Normale. Elle m'arrache un sourire que je laisse volontiers s'échapper. Je pose mes cartes sur la table devant nous, me laissant tomber en arrière sur les coussins, ramenant mes deux indexes sous ma lèvres. J'ai les yeux tournés vers le plafond. Je me demande. Je me demande quel est mon sirop préféré. Parce que je n'y ai jamais songé. Parce que c'est quelque chose de tellement banal que tu n'est pas sûr de pouvoir y répondre. Quelque chose comme "Oh, c'est quand la dernière fois que t'as joué à tétris ?" On sait tous qu'on y a joué, on a juste du mal à se souvenir quand. Là c'est pareil. Je me souviens de la multitude de sirops que j'ai ingurgité, de out les mélanges que j'ai testé, et je réfléchis. Je réfléchis à qui que quoi dont où appliqué pour des sirops.

« Je pense pas que ce soit cassis ou orgeat. Je déteste l'orgeat. Peut-être plutôt pêche ou Ice Tea ? Je sais que j'aime bien celui à la rose, mais à petite dose. Celui au sapin est bizarre. La lavande, très peu pour moi. Ah. Citron c'est pas mal. Cintron-pamplmouse-grenadine c'est même génial ! Menthe, normal, c'est la base. Le sirop d'orange, ça vaut pas grand chose. Celui de framboise, par contre. Oh ! Non, celui à la noisette est vraiment sympas ! Pomme banane sinon ? Ou pomme kiwi ? Ouais. Ca doit-être ça. Mais le sirop de pamplemousse, enfin, pommelos, ça reste un indémodable quand même. »

Ce débat intérieur dure encore une demi-minute. Comme si je pouvais réellement trouvé Alors au final, je me lance. Mes mots se chevauchement presque, je parle d'une traite.

« Sirop pomme kiwi ou citron-framboise-pamplemousse ! C'est. Euh. C'est un mélange le second. Mais voilà. Parce que la menthe bleue et l'orgeat, c'est vraiment pas bon. C'est pas des fruits chaud, es choses d'été. Et les sirops, c'est un peu l'été. »

J'ai le sourire jusqu'aux oreilles quand je reprends mes cartes. Je joue avec le ruban dans mes cheveux de ma main libre. Puis je regarde Noa, lui faisant un signe de la tête, comme pour lui rappeler que c'est à lui de jouer. Me voilà concentrée sur les familles que j'ai en main, en espérant qui n'appellera aucun d'entre eux. Mais à priori, tout est encore à tiré.

Finalement, je m'accoude sur la table. Me demandant comment on en est arrivés à joué aux cartes, pas que ça me dérange, mais je m'imaginais plus jouer au tarot, je me voyais déjà tout faire pour récupéré le petit. Mais qu'importe. C'est peut-être mieux, de se sentir enfant, sans problèmes et sans soucis. C'est sûrement mieux, de simplement apprécié.



[HS : Oui, bon. Mes postes empirent.]

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Noa Lefebvre
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Mer 2 Mai - 21:29

Tu adorais Charlie. Vraiment. Sincèrement.
Sasha te fascinait. Réellement. Sérieusement.
Mais là, tu mourrais d’ennui. Tu aurais préféré leur tirer les cartes, même s’ils finissaient dans les vapes à force de t’écouter déblatérer sur leurs futurs enfants, les déceptions amoureuses qui les attendaient, les boulots qu’ils obtiendraient, les pays dans lesquels ils habiteraient… Toutes ces petites choses que chacun crève d’envie de savoir, surtout Charlie, tu aurais parié qu’elle adorait ces choses là : l’horoscope, les prédictions, tout ça. Des trucs de filles, un peu. Sasha se serait sûrement prêté au jeu, rien que pour confirmer qu’il ne lâcherait jamais la belle rousse dans son avenir, parce que ça se voyait gros comme une maison, qu’il était dingue d’elle.

Tu te disais que tu perdais du temps, et tu te forçais à coller tes fesses dans ces coussins, et à les y faire rester, mais juste par politesse et par sympathie. Si tu n’avais pas autant apprécié ces deux individus, tu te serais sûrement levé sans bruit, et aurais quitté la salle sans un mot, sans même te retourner, mais ce n’est pas le genre d’attitude à adopter avec des gens qu’on aime bien. Non, tu devais faire des efforts, des compromis, et là, ta mission, c’était de finir cette partie de sept familles sans t’endormir ni froisser quiconque par ton mutisme froid. Tu entendais d’une oreille la jolie rousse parler de sirop, et tu grognais un peu contre Sasha : Qu’est ce que c’était que ces questions inutiles ? Il n’y a pas de croustillant, là dedans ! Ce n’est pas à ce rythme là que tu découvrirais les milles et unes petites cachotteries des deux personnes en face de toi. Tu soupiras en pensant que tu devrais te résoudre à la bonne vieille méthode, à savoir : direction les bureaux de l’administration, les grosses caisses et cinquantaine de tiroirs bourrées de dossiers. Mais au fond, il fallait bien te l’avouer : ça te plaisait bien de flipper en entendant des pas derrière la porte, de te taper des sprints dans les couloirs et de retenir ta respiration planqué derrière un meuble. C’était ta dose d’adrénaline à toi, ton addiction à toi. Ce qui te faisait vibrer.

Tu commençais déjà à élaborer des plans pour t’introduire à la nuit tombée dans la caisse aux trésors qu’était l’administration, quand tu sentais un regard pesant s’appuyer sur toi. Ah oui, maintenant que Charlie avait évidemment raté son coup, que Sasha avait posé une question absolument adorable mais inutile et que la rouquine y avait répondu après quelques minutes de réflexions intenses : c’était ton tour. Tu eus envie de faire exprès de perdre. Parce qu’ils ressemblaient tant à des enfants là tout de suite maintenant, que tu avais peur de les faire pleurer si tu osais leur dérober une carte. Tu craignais que leurs yeux rougissent, qu’ils ouvrent les vannes à larmes et qu’ils se mettent à se rouler par terre en criant. Ben quoi ? On n’est jamais trop prudent.

Tu triais à nouveau minutieusement tes cartes, puis fixais Sasha avec un air mystérieux. Tu cachais le bas de ton visage, ta bouche, ton menton et ton nez par ton paquet en l’interpellant :

« Sasha… »

Tu levas un sourcil, et le regard perçant, tu te penchais un peu plus vers lui. Tu lui refilais la même expression désagréable que celles qu’ont les policiers dans les mauvais feuilletons américains du dimanche. Vous savez ? Ces flics qui s’appellent souvent « Bob » ou « Nick », qui ont la cinquantaine, qui sont bedonnants et empotés et qui interroge le cliché du criminel, avec un tatouage de dragon sur le bras. Ils s’appuient sur la table, sont les seuls à être baignés dans la lumière et déclarent d’un air sérieux voir méchant « Nous savons que c’est vous ». Eh oui, Noa, tu savais ce que Sasha avait, et tu allais l’éviter exprès :

« …Le fils ! Dans la famille des Dalmatiens ! »

Parce que vraiment, ces deux grandes paires d’yeux, jamais tu ne supporterais de les voir pleurer.

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Sasha Nortan
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Jeu 3 Mai - 0:03

Tu regardais ton jeu, attendant patiemment que Noa décide de demander une carte à l’un d’entre vous. Il y avait ce silence, entre chacun de vos décisions. Une ambiance un peu pesante. Tu avais déjà eu cette impression quand Charlie avait proposé ce défi de question. Ils s’ennuyaient. Ca serait normal. Après tout, ce jeu était un peu dépassé. Enfin, vous étiez un peu vieux maintenant pour y jouer. Tu n’avais pas réellement pu y jouer dans ton enfance, tu avais découvert ce jeu très tard mais eux, ils avaient du y passer de longue heures et surtout, en apprendre bien d’autre, plus amusant. Noa en avait ramené plein. Surement que Charlie et lui connaissait plein de jeu. Toi, tu ne connaissais que les sept familles, le Uno et des notions de poker. Mais tu n’étais pas trop doué pour le dernier.

L’albinos prononça soudain ton nom, d’une voix sérieuse. Si sérieuse qu’il te fit tressaillir. Toute son attitude te mettait mal à l’aise. Tu te sentais comme assis à une table, une lumière aveuglante braquée sur tes yeux. Pris en faute. Coupable d’un crime. D’être ici ? Peut-être. Tu regardais un peu penaud tes cartes. Ton crime, si tu avais du être coupable de quelque chose, serait surement de vous avoir entrainé dans cette partie qui semblait être des plus ennuyeuses. Même avec des questions. Tu avais aperçu du coin de l’œil la réaction déçu ou contrarié à ta question. C’était important le sirop, peut-être pas d’une importance capitale mais Charlie avait parler de question légère, pas trop intrusive. C’était pour ça que tu avais été en accord avec cette règle.

Il finit par te demander une carte, que tu n’avais pas. D’une façon tellement enthousiaste. Tellement. Presque trop. Beaucoup trop. Tu esquisses un sourire, tu poses tes cartes et tu regardes tes deux compagnons de jeux.

« Ce n’est pas très amusant, hein? » dis-tu d’un air désolé, toujours souriant alors que tu poses tes cartes sur la table. « C’est pas grave, on peut jouer à autre chose. Noa a trouvé plein de jeux. »

Tu regardais les paquets posés sur le coté de la table. Tu étais un peu curieux quand à la façon dont on pouvait jouer avec. L’un d’entre eux te semblait différent. Vraiment différent. Tu tendis la main, attrapant la boite cartonnée pour regarder. Un tarot de Marseille. Tu te demandais comment on pouvait jouer avec ce genre de jeu. Les images avaient l’air joli. Tu étais curieux, tu avais envie de savoir, alors tu ouvris le paquet et en tira une carte au hasard. La lune.

« Oh ! C’est joli ! Vous savez comment on joue avec ces cartes ? »

Tu étais curieux, tu regardais alternativement Charlie et Noa, leur montrant la carte que tu avais extraite de son carton. Tu ne voulais pas que l’ambiance reste aussi sombre, aussi lourde. Tu voulais que chaque instant soit amusant. Avec Charlie. Avec tout le monde. Tu voulais plein de chouette souvenir à raconter pendant les vacances. Sept familles, poker ou autre chose. Tu t’en moquais. Tu gardais une oreille attentive à la réponse à ta question tout en tirant une autre carte. Cinq de l’épée. Tu la montras à charlie, qui était la plus proche de toi. Noa aurait été assis à tes cotés, tu en aurais surement fait de même.

Tu voulais passer un bon moment. Rien de plus, rien de moins.


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Charlie Clarke
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Ven 4 Mai - 11:21

J'ai cette sensation d'avoir retiré de l'entrain à tout le monde. De leur avoir levé leur bonne humeur. Alors je comprends que ça ne leur plait pas. J'ai l'impression de n'avoir servi à rien. Les mots de Sasha me parviennent quand je commence à me lever. Je commence à partir, mais un jeu de cartes tombe sur la table. Tarot de Marseille. Alors je rigole. je rigole, parce que je crois que de out les jeux de cartes que je connaisse, je ne connais aucune règles pour jouer avec celui-là. Je sais juste qu'on fait de la cartomancie. Je sais juste quelques bases. J'ai toujours voulu jouer. Tirer les cartes, savoir dire ce que le futur nous réserve, sans jamais regarder le mien.
Je reste debout, attrapant le sept d'or. Je secoue la tête, parce qu'au final, j'y connais rien. Je me retourne vers Noa. Juste pour une confirmation. Juste pour être certaine.

« Mh. Noa ? Ce jeu là ? C'est pour lire l'avenir, non ? Comme t'as pas l'autre jeu de tarot, je pense pas qu'on puisse l'utiliser. A moins que tu connaisses un jeu ? »

Mais je sais d'ors et déjà que ce sera non. J'imagine tout du moins. Je n'ai jamais vu quelqu'un joué avec ce genre de cartes. On en a un paquet à la maison. Encore neuf. Dans l’emballage plastique. Je repose la cartes, attrapant mon serre-tête au passage. J'essaye de le repositionner, à la va vite, sans grande conviction. Une mèche, une seule, tombe devant mes yeux. Je la fixe un peu, avec ma tête de poisson, avant de secouer la tête, de souffler dessus. Je suis gênées des prochains mots. Alors je regarde mes chaussures, entortille ma jupe sur l'index.

« Je vais y aller. »

Aucune raisons. Aucunes raisons précises, si ce n'est que je ne suis pas à l'aise, que je suffoque intérieurement. Alors je me penche vers Noa, dépose un baiser sur sa joue, trop près de la commissure des lèvres, sans faire exprès, bien sûr. Puis je me retourne vers Sahsa. Je le serre dans mes bras, avant de poser un bisous sur sa tempe. De lui ébouriffé les cheveux. Et je recule, je commence à m'en aller avant de me retourner vers eux. Un grand signe de la main, pour leur dire au revoir. Je crie à Noa de me dire, s'il a encore besoin de cours. Puis je regarde le brun, sans faillir. Droit dans les yeux pendant quelques secondes. Un clin d'oeil.

J'espère qu'il comprendra. Qu'il comprendra qu'il peut venir me rejoindre pour le repars. Que je l'attendrais même. Qu'après, on pourra aller dans la salle de musique, jouer du Abandon, XX, Arcade Fire ou King of Leon. Parce que je l'écouterais improvisé.

Puis je me retourne. Je m'en vais. Sans demander mon reste. La vie est trop courte pour être fait essentiellement de politesses.


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Noa Lefebvre
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Sam 5 Mai - 23:03

« J’ai tout gâché. »

Le joli moment de complicité que tu avais pu observer entre Charlie et Sasha, les quelques minutes chaleureuses de leurs vies auxquelles tu avais pu assisté, il faudrait t’en contenter, car tu n’avais pas droit à grand chose de plus. Tout du moins, il n’y avait pas de place pour toi entre ces deux là, ou bien s’il en existait une, elle n’était pas assez grande pour t’accueillir. Tu es encombrant, Noa. Toi, ton visage pâlot comme ceux des fantômes qui font peur aux gens. Toi, ton attitude bizarre couplée d’un silence écrasant. Toi, tes yeux rouges sangs qui pénètrent les autres et les poussent au bord de l’étouffement. Tu es trop effrayant. Trop imposant. Trop trop. Ton unique présence met tout le monde mal à l’aise, dans l’embarras. Les autres élèves se demandent quel sujet de conversation adopter, si tu daigneras leur répondre, quel est ton don que personne ne connaît, des millions de choses qui, quand elles restent tues, vous empoisonnent l’ambiance, installent les pires blancs de l’histoire des blancs. Vous poussent à la catastrophe sociale. C’est ce que tu es Noa, le type qui aurait pu être sympa mais qui ne parle pas assez pour ça. Le type qui aurait pu être la tête de turc mais qui est trop impressionnant pour ça.
Un adolescent encore plus paumé que les autres.

Mais ça je m’en fiche. Je n’ai pas besoin d’une boîte, je n’ai pas besoin de leurs compagnies, ils sont intéressants, pas indispensables. Vivre seul, c’est possible. C’est même plus facile que de se coltiner les humeurs de nos prétendus « copains », moins que ça, notre « entourage ». Au pire du pire, je ne suis pas seul. Hyacinthe m’attend. Hyacinthe l’a promis.
J’avoue que je n’ai pas trop su quoi penser quand Charlie a détalé comme un lapereau mort de trouille. J’ai tout gâché. Je leur ai pourri leur matinée à coup de lourds silences assassins de joie de vivre. Je ne me croyais pas capable de culpabiliser, mais là, c’est pour Charlie… C’est de ma faute si elle s’en va, je parie qu’elle s’est sentie mal à l’aise. C’est à cause de moi, le casseur d’ambiance, comme d’hab. Elle m’avait embrassé le coin des lèvres furtivement et s’était enfuie sans demander son reste. Je voulais rattraper sa main, tendre mes bras pour la faire revenir, qu’elle se retourne, que je m’excuse, juste pour elle, juste pour une fois, mettre ma fierté maladive de côté. Mais elle était déjà loin, Charlie. Elle et ses jupons colorés qui virevoltaient dans sa course folle, ses jolies boucles rousses qui flottaient. Elle avait oublié son serre tête jaune sur la table. Rien d’étonnant : elle est tête en l’air Charlie, c’est ce qui fait partie de son charme, d’ailleurs.

J’attrapais le petit objet entre mes doigts, je le contemplais quelques secondes, je le trouvais mignon. C’était tellement Charlie, ce genre de choses. Je soupirai, regrettant son absence et l’arrêt prématuré de cette partie de cartes, puis me tournai vers Sasha et lui donnai le serre-tête en précisant :


« Tiens, tu pourras lui rendre, s’il te p… »

J’arrachai la carte des mains de Sasha : La Lune. Sur soixante dix huit cartes, il avait fallu qu’il tombe sur la pire. Même si j’ai pris de la distance par rapport aux prédictions du tarot, et que je n’y crois plus vraiment, un mauvais présage aussi énorme me filait des frissons d’horreur. Un passé qui vous hante, une dépression qui pointe le bout de son nez, les cauchemars qui dévorent vos nuits, des histoires d’amour désastreuses : c’était ça la signification de « La Lune ». Je me levai abruptement, rassemblai activement les paquets empruntés et déclarai :

« Tu sais quoi ? Jouer aux cartes à deux, ça n’est pas marrant. Et je ne crois pas que te lire ton avenir soit une bonne idée. »

Mais je n’en avais pas fini avec lui pour autant. Je me baissai à sa hauteur, lui ébouriffai ses cheveux, et lui tendis ma main libre :

« Je vais ramener tout ça. Tu veux venir ? »

Je m’attendais à ce qu’il refuse et se mette à trotter dans la direction que Charlie avait choisit. Je savais qu’il n’avait pas envie de rester avec moi. Qui voudrait, de toutes façons ? Mais ça ne m’embête pas, et je ne vais pas changer pour eux. En plus, je préfère être celui qu'on quitte plutôt que celui qui laisse tomber une personne aussi adorable que Sasha. Alors je regarde Sasha, en espérant qu’à l’heure qu’il est, mes pupilles pourpres ont l’air plus rassurant qu’inquiétant.

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Sasha Nortan
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Dim 6 Mai - 1:50

« L’avenir ? »

Tu observais la carte à la remarque de Charlie, Tu étais intrigué maintenant. Très intrigué. Tu ne savais pas que le tarot de Marseille avait ses facultés. Tu ne t’étais jamais vraiment passionné sur ce genre de choses, la superstition et la divination. Ce n’était pas des choses qui avaient déjà attiré ton attention. Tu avais toujours préféré les fictions des romans et la magie des films et dessin animé. Quelque chose d’irréel qui te faisait oublier le réel. Oh, bien sûr, depuis que tu étais entré à Clever Cross, tu n’avais plus réellement besoin de magie dans ta vie. Mais du coup, tu observais la carte. Il existait des choses extraordinaire, tu en étais temoin tout les jours. Alors peut-être que l’un pouvait réellement voir le futur avec quelques cartes.

Tu fus surpris de voir Charlie se lever pour simplement trouver le courage de dire qu’elle s’en allait. Tu n’avais pas eu de réaction particulière. Ni de déception, ni de soulagement. Tu étais resté égale, la regardant de tes grands yeux, hochant simplement la tête pour lui laisser entendre que tu avais entendue et compris. Si elle avait prit la décision de s’éclipser, elle avait ses raisons. Charlie ne faisait jamais les choses au hasard. Elle ne se forçait pas, elle avançait, droit devant elle, au gré de ses envies. Elle allait surement se reposer un peu. Ou peut-être rejoindre quelqu’un d’autre. A moins qu’elle aille aux toilettes. Autant de possibilité diverses et variées. Tu ne t’inquiétais de rien. Parce qu’au besoin, vous saviez où vous rejoindre l’un comme l’autre.

Tu te blottis dans ses bras, tu fermes un peu les yeux sous la main de Charlie. Comme un chat qui apprécie qu’on le flatte, un sourire doux se posant un peu sur tes lèvres avant que tes yeux ne se rouvrent pour voir la rouquine s’éloigner. Un signe de la main, un clin d’œil et la voilà partie. Vous voilà seul, toi et Noa. Tu joues avec la carte entre tes mains. Celle de la lune. Tu la trouve jolie. Fondue dans le soleil, surplombant deux chiens. Tu observes un peu l’illustration avant que la voix de Noa te tire de ta contemplation. L’instant d’après, la carte avait si brusquement quitter tes mains que tu t’en étais saisit avec une légère grimace quand le carton avait coupé l'un de tes doigts.

Il finit par se lever pour ranger le jeu. Tu avais été un peu surpris par son geste plutôt brusque mais tu l’aidas malgré tout à ranger, gardant ta main blessée caché dans ta manche. Tout en l’écoutant à moitié. Il ne voulait pas voir ton avenir. C’était dommage. Tu avais été curieux. Peut-être que tu pourrais trouver quelqu’un qui accepterait. Ca semblait amusant. Rangeant les cartes à l’effigie des chiots de dessin animé Disney, tu fus à nouveau saisir par sa main qui ébouriffait tes cheveux. Un léger tressaillement. La main fine de Charlie n’était pas aussi trompeuse que pouvait l’être celle des garçons. Ce geste. Cette main. Elle te rappelait tellement de chose.

Tu relevas les yeux vers l’albinos, et tu remarquas qu’il te tendait la main. Il voulait que tu viennes. Pourtant, il avait eu l’air si déçu que Charlie s’en aille. Déçu d’être coincé avec toi. Mais là, il te souriait. T’invitait à le suivre. Tu hésitas un peu. Un bref instant, avant de prendre la main qui t’était tendu en souriant.

« D’accord. »

Tu n’avais qu’à moitié écouter la question, ta réponse était donc un peu décalée mais elle était assez claire. Tu te redressas doucement, rangeant ton propre paquet de carte dans ta poche avant de bailler légèrement, te frottant un peu les yeux. La torpeur semblait t’assaillir un peu plus brutalement maintenant que tu avais quitté les coussins et la douceur du sofa. Tu frottas un peu tes yeux avec ta main dissimulée dans ta manche, ne lâchant pas celle de Noa de l’autre. Tu n’avais pas fait attention à qui le jeune philosophe avait emprunté les paquets de carte plus tôt alors le mieux à faire restait de le suivre.

Te laissant guider par la main, tu laissas quand même parler ta curiosité, malgré ta somnolence.

« Dis Noa… Comment on fait pour voir l’avenir dans des cartes ? »

Une question innocente, une question vraie. Tu te posais sincèrement la question. Celle là et puis aussi…

« La carte de la Lune, elle est mauvaise ? C’est pour ça que tu l'as vite reprise ? »

Parce que tu te demandais si c’était ça ou la simple expression de son agacement te se retrouver coincé avec toi qui lui avait fait faire ce geste un rien brutal. Parce que tu ne comprenais pas. Il était gentil tout d’un coup. Il avait peut-être un rôle à jouer. Des réactions qui changeaient. Comme toi parfois. Toi qui jouait de minauderie pour plaisanter, qui avait une humeur instable. Toi qui pouvais être aussi amicale que distant.

Toi qui étais toujours en mouvement.



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Noa Lefebvre
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Lun 7 Mai - 19:52

Quelle ne fut ta surprise quand ta peau rencontra la sienne. Persuadé qu’il ne te suivrait pas, tu t’attendais à un vent inévitable de la part de Sasha, peut être même une petite claque sur le dos de ta main, ou un court silence qui parlait mieux qu’un rejet verbal. A tout sauf à ces doigts tièdes au creux de ta paume. Ça te faisait tout drôle, parce que tu avais oublié ce qu’était la chaleur humaine. Pas que tu te sentais seul : la solitude t’arrangeait, c’était moins encombrant qu’une tribu de supposés « amis » qui finiraient par te tourner le dos, un jour ou l’autre. De toutes façons, Hyacinthe t’accompagnait quand tu le désirais, tu l’avais tout pour toi, alors tu te fichais éperdument d’avoir d’autres camarades. Même si un de plus ne te ferait pas de mal. Ton sourire s’étira de part et d’autre de ton visage, découvrant tes dents blanches éclatantes : une pub pour dentifrice ambulante. Tu souriais tant que tes yeux se plissèrent, tu étais tellement content ! Rien ne te blessait, mais peu te rendait heureux. Après lui avoir décoché la plus belle expression de ton visage, tu refermas tes doigts sur la petite menotte pâle de Sasha, et la tira doucement.

Vous marchiez hâtivement dans la salle, rencontrant dix personnes à la minute pour rendre tous les jeux. Tu ne te retournais que rarement, tu savais qu’il te suivait, c’était suffisant. Le nombre de cartes diminuait dans tes bras quand tu perçus son petit filet de voix, et la fameuse question que tu espérais qu’il ne pose pas.
Oui, Sasha, parfois de fins morceaux de cartons voient juste sur nos vies. Oui, Sasha, parfois ces rectangles colorés prédisent le pire comme le meilleur. Et non, je ne veux pas te dire ce que signifie la Lune. Et si je t’avouais que tu avais tiré la pire des cartes existantes… Aurais-tu peur ? Tremblerais-tu ? Je ne te connais que peu. Je ne te connais pas, d’ailleurs. Mais je t’aime bien. Parce que tu ne t’es pas enfui, parce que tu ne t’es pas moqué de mes silences étranges et de mon apparence effrayante, parce que tu es là, tout simplement. Mon intérêt envers toi grandit de minutes en minutes : je découvrirai qui tu es, mais je t’empêcherai de tomber. Je te rattraperai dans tes chutes et te banderai les yeux quand le monde est trop laid. Car c’est comme ça dont je m’occupe des gens que j’apprécie.

« Il faut avoir un don. »

J’osais espérer que cette réponse comblerait une partie de ses interrogations, j’avais bien trop parlé aujourd’hui, et Sasha risquait de s’endormir dans mes bras d’un moment à l’autre. Pas que ça m’embêterait, ça me donnerait une excuse pour le porter à l’infirmerie et harceler l’infirmière de questions sur lui. Les adultes m’aimaient bien dans cette école, je savais m’y prendre pour les manipuler. Adressez-leur quelques mots doux et enjôleurs et vous décrocherez leur sympathie et petites attentions. Si vous grattez plus loin, et si vous les travaillez au corps, ils se mettent même à se confier à vous en pensant que « De toutes façons, je peux bien le dire, ce n’est qu’un enfant, demain il ne s’en souviendra plus. » Mais moi, je n’ai ni huit ans, ni la mémoire d’un poisson rouge.

« La Lune ne veut rien dire de spécial… Je l’ai juste reprise parce que… »

Je n’avais pas d’excuse en réserve. D’habitude j’en ai toujours une bonne dizaine à sortir de mon sac pour expliquer un devoir en retard ou une absence à un cours, même si c’est rare. Je dirai même que sans ce don qui n’en fait qu’à sa tête, ma répartie serait sûrement un outil bien efficace. Papa politique oblige. Mais là j’étais à court, et rien ne voulu sortir de ma bouche. Alors je rendis le dernier paquet de cartes à un propriétaire au hasard, virevoltai de cent quatre vingt degrés et fis face à Sasha. Sa petite tête penchée sur le côté témoignait de son envie d’en savoir plus, il percevait très bien que je ne dévoilais pas tout. Je me mordis la lèvre d’embarras : c’est dur de mentir à quelqu’un d’aussi adorable. À la reconversion en mythomane, je préférai l’offensive bête et méchante, en changeant brusquement de sujet :

« Ce n’est pas intéressant, de toutes façons, rien de bon dans tout ça. Dis moi, tu veux aller quelque part ? »

Mais d’autres questions brûlaient mes lèvres. Je me fichais de savoir où nous irions, en fait je voulais savoir d’où il venait, qu’est ce qu’il faisait ici, comment il connaissait Charlie, quel était son don, quels étaient ses amis, à quoi ressemblait sa famille, tout, je voulais tout savoir. Englobant toutes les précédentes, je posais la question qui me torturait l’esprit :

« Sasha, qui es-tu ? »

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Sasha Nortan
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Jeu 10 Mai - 2:26

Tu le suivais, docile et dépendant, serrant légèrement sa main alors que ta démarche se faisait plus lourde. Tu l’écoutais parler de don. Un don, comme ce qui vous réunissait dans cette école ? Tu te demandais alors si c’était une si bonne chose que ce pouvoir, lire l’avenir dans quelques illustrations. Surement que non. Tu ne pensais pas que ces dons que vous aviez tous soit une bonne chose. C’était surement pour cette raison qu’on vous gardait dans cette école. Ces écoles. Après tout, il était normal que les gens vous craignent. Il y avait surement des personnes aux capacités destructrices, ayant la possibilité de s’infiltrer dans l’esprit de quelqu’un. Ca te faisait penser à un film. Tu n’arrivais plus à te souvenir lequel. Mais tu te souvenais que des gens avait des capacités spéciales, des attaques puissantes et que les gens les craignaient, les chassait. Tu comprenais pourquoi. Après tout, vous étiez tous des monstres. Mais tu t’en moquais. Après tout, tu n’avais jamais été normal et tant que tu avais ta famille, le reste n’était que secondaire. Pas inutile mais secondaire.

Il babilla vaguement quelque chose sur la raison qui avait fait qu’il t’arrache la carte des mains. Tu avais de plus en plus de mal à tenir éveillé, tu frissonnais sans avoir particulièrement froid dans ton pull. La fatigue t’engourdissait sournoisement, sans réellement s’assumer. Tu gardais un air interrogatif face à sa phrase inachevée. Finalement, il s’esquiva avec une vague pirouette qui te fit soupirer. Tu haussas les épaules à sa question. Tu n’avais pas réellement d’envie particulière pour le moment, tes yeux de piquant un peu alors que tu les frottais en baillant.

Et puis d’un coup, une question. Surprenante, qui arrivait comme un cheveu sur la soupe. Une question si vague qu’elle avait une flopée de réponse possible. Tu étais un garçon. Tu étais un élève de cette école, membre du groupe de musique. Tu étais le fils adoptif de la famille Nortan. Tu étais… Tu étais tellement de chose. Alors pourquoi cette question vague ? Pourquoi ne pas demander directement ce qu’il voulait ? Tu étais fatigué, luttant contre le poids de tes paupières, tes jambes se faisaient plus fébriles.

« Je suis… »

Tu étais un comédien. Tu étais une personne qui cachait sa main, terrifié au fond d’elle-même de voir la moindre goute de sang. Tu étais affamé. Tu étais agacé par cette question qui te mettait la tête à l’envers. Une question bizarre. Une question auquel ton esprit ankylosé ne pouvait répondre.

« Je suis… »

Tu accrochas ta main à Noa, ayant de plus en plus de mal à lutter contre cette torpeur qui prenait le pas sur ta conscience. Tu tenais en grand partie debout grâce à Noa, finissant par complètement t’appuyer contre lui, tes jambes menaçant de te faire défaut à tout instant, tes paupières ayant déjà rendue les armes.

« Je suis si fatigué… »

Tu ne comprenais pas. Tu avais pourtant l’habitude de peu dormir. Il ne t’était encore jamais arrivé de t’endormir de cette façon. Tu gardais ta main un peu serrée sur le vêtements de Noa tendit que Morphée t’emportait dans ses bras, priant pour ne pas faire de cauchemar cette fois-ci.


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Noa Lefebvre
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Dim 13 Mai - 20:53

Tu trottes sur le carrelage depuis cinq bonnes minutes à présent, et rends le dernier paquet de cartes, ce qui clôt, enfin, le début plus ou moins catastrophique de cette matinée. Sasha, derrière toi, ne répond pas à ta question, ça t’ennuie : tu as envie de savoir. Même s’il t’avait juste dit « Je suis Sasha Nortan, nul en ci, fort en ça et je viens de là-bas », ça t’aurait déjà pas mal avancé. Tu savais juste qu’il semblait aimer les Walt Disney, sûrement la musique aussi, et Charlie. Rien d’autre, c’en était frustrant.
Tu réfléchis aux milles moyens de lui extorquer des informations, de le mener à se confier, tu te perds dans tes plans machiavéliques et tordus sans même te demander si ton excitation n’a pas eu d’influence sur ta maîtrise de ton don. Tu as trop parlé aujourd’hui, et ta curiosité maladive a tout gâché. Ce moment qui aurait pu être doux, avec Charlie, avec Sasha, tu l’avais gaspillé à cause de ton obsession grandissante que représentait ce nouveau garçon. D’ailleurs il semblait faiblir. Pire que ça, il tombait. Non pire, encore : il s’endormait.

Tu virevoltes avec vitesse et rattrape Sasha en pleine chute. Tu te considères chanceux qu’il fasse moins que ta taille et qu’il pèse si peu. Sous les regards intrigués des élèves et parfois même quelques sifflements déplacés, tu soulèves le garçon, une main sous ses genoux, l’autre derrière son dos. Oui. Comme une princesse. Tu espères vaguement que cette scène ne lui reviendra pas aux oreilles, et que cette position un peu bizarre ne blessera pas son sens de la virilité, puis prends à grands pas le chemin de l’infirmerie.

« Je suis absente, je reviens dans cinq minutes, patientez dans la salle d’attente. »

Tu soupires : elle est chiante, l’infirmière, elle n’est jamais là. Ça t’énerve, parce qu’au fond, elle n’a que ça à faire, de rester dans son petit bureau à attendre des adolescents fiévreux qui vomissent leur repas, et même ça, elle ne le fait pas. Tu parles, ou du moins penses, en connaissance de cause : les adultes de Clever Cross, tu les as tous dans la poche. Il te trouve mignon, toi, tes bonnes manières et tes cheveux blancs, et tu en joues. L’infirmière ne faisait pas exception, et elle t’accueillait toujours les bras ouverts, voir même avec un chocolat chaud, quand l’hiver se faisait rude. C’est pour ça que tu déduis qu’elle ne t’en voudrait pas.
Tu pousses la porte du pied, traverses le couloir et entre dans une chambre au hasard. Personne. C’est bien ta veine. Tu déposes Sasha dans le lit, retires ses chaussures, enlèves sa veste et le couvres des draps blancs qui sentent le propre. Tu t’assois sur une chaise, puis le fixes.


Ce gamin est si beau que c’en est effrayant. Tu meurs d’envie de le toucher, de caresser sa joue, de prendre soin de lui, mais tu n’as pas le droit : tu n’es ni son ami, ni son copain, juste une connaissance qui lui a fait passer un sale quart d’heure d’embarras. Tu remarques un point rouge sur son doigt, une coupure, tu t’étonnes de ne l’avoir remarquée plus tôt, pars chercher un pansement et le colle doucement sur la peau translucide du garçon. Tu écartes les mèches de cheveux obstruant son visage, grogne contre ton don, et t’endors à ton tour, le visage contre ses bras. Pourvu qu’il ne t’en veuille pas… Pourvu qu’il ne soit pas fâché.


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Sasha Nortan
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Dim 13 Mai - 21:27

Tu t’étais sentit très lourd d’un coup avant de sombrer dans un monde noir et vide. Tu avais encore quelques vagues échos du monde réel. Tu avais la sensation d’être soudain léger et au chaud. Avant de sombrer plus profondément au pays des songes, tu avais enfouie ton visage contre cette chaleur, murmurant le prénom de ton frère. Et puis plus rien.

Plus rien ou presque. De sombres fantômes, d’étranges démons venus du passé. Après un dizaine de minute de sommeil calme et sans remous, de sommeil vide et noir, voilà que tu commences à froncer les sourcils à bouger sous les draps.

L’odeur de l’asphalte. Les rires gras et répétitif qui tournent en boucle, comme un disque rayé. Des images se superposent maladroitement, la réalité du souvenir se transformant. Humain devenant monstre, comme si le reflet de leur âme encrassé s’affichait sur leur visage. Une boule dans ta gorge commence alors à rendre ta respiration difficile. Tu paniques, tu essayes de changer. Changer cette scène que tu revois souvent, trop souvent.


Dans un reflex mué par l’habitude, tu te recroquevilles sur toi-même, pour te protéger. De ces images, de tes propres souvenirs. Sans réellement le vouloir, tu donnes un léger coup à celui qui a sombré tout comme toi alors qu’il te veillait.

Un bruit de métal, trop réel. Des rires encore plus fort, toujours plus fort. Et puis soudain, du rouge. Du sang. Comme si l’écran de cette scène filmé se laissait recouvrir jusqu’à n’être plus que rouge. Rien d’autre.


Soudain le réveil, comme toujours, en sursaut. Par reflex, tu plaques tes mains sur ta bouche, pour t’empêcher d’émettre le moindre son qui échapperait à ton contrôle, étouffant le nom de ton frère contre tes paumes. Tu recules sur le lit, ton cœur battant rapidement à tes oreilles, toujours à moitié réveillé alors que quelques larmes glissent un bref instant sur tes joues, comme une vague illusion qui s’évapore rapidement. Tes doigts restant comme une barrière devant tes lèvres, tu regardes autour de toi, incapable de te situer pour le moment, la respiration rapide. Le cauchemar ne t’a pas encore complètement quitté.

D’ordinaire, tu te réveilles seul, ce qui évite les problèmes. Tu ne reconnais pas Noa sur le coup et dès que tu te rends comptes de sa présence, ton corps fait un mouvement rapide de recul, par simple réflex, oubliant que les lits ne sont pas nécessairement suffisamment spacieux pour ça.


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Noa Lefebvre
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Mar 15 Mai - 20:35

Le vieux taxi un peu miteux coupe enfin le moteur, tu ouvres la porte, bondis hors de l’automobile et claques la portière aussitôt. Tu poses ta valise bien remplie par terre, soupires bruyamment et te chuchotes à toi même, le sourire jusqu’aux oreilles : « Ça y est, je suis rentré ».
Le petit chalet bien planté au sommet de la montagne, les boutons d’or qui poussent au pied de la boîte aux lettres, un ciel qui n’en finit jamais de bleuir, et les bourrasques violentes qui dessinent dans l’herbe les plus belles arabesques vertes : rien n’a changé. Une gamine dévale le chemin pour te sauter dans les bras, c’est ta sœur, que tu pourras enfin apprendre à connaître autrement qu’en décryptant les jolis dessins qu’elle t’envoyait par la poste. Suivie de près par ta mère, les yeux humides de te retrouver et ton père qui te gratifie d’une joyeuse claque dans le dos. Enfin, te revoilà à la maison. Tes amis, Clever Cross, l’espionnage amateur : ça te manquerait, mais c’est ici qu’était ta place. Au sein de ta famille, dans les Alpes, tu n’avais besoin de rien d’autre.

Au milieu des embrassades, tu sens quelque chose qui remue à tes côtés. Les visages de tes parents se floutent, leurs voix se muent en échos, et la réalité t’arrache à tes songes. Enfin… Sasha t’arrache à tes songes. Il s’agite dans son lit, serre les draps dans ses points, fronce les sourcils : Sasha cauchemarde.

Quand tu vivais encore dans les Alpes, tu passais tes mercredis après midi à réviser tes cours, et quand il n’y avait plus rien à apprendre, tu plongeais le nez dans les magazines féminins de ta mère : pas ceux avec des stars en top less en couverture, non, surtout pas. Ta mère était du genre inquiet de l’équilibre spirituel de ses enfants et feuilletait avidement tous les documents traitant de psychologie et d’éducation. Ces journaux grouillaient d’articles sur les mauvais rêves, le somnambulisme et tout l’attirail de l’inconscient qui effrayaient les mamans. Du haut de tes dix ans, tu n’en avais pas raté une miette, mais face à la situation réelle, tu n’osais te décider à secouer Sasha pour l’arracher à ses démons nocturnes. Et s’il devenait traumatisé à vie ? Si son inconscient prenait le dessus et lui faisait péter un câble ?

Avant que tu n’aies le temps de réfléchir à trop de choses inutiles, Sasha s’était levé en sursaut et paraissait choqué par ta présence. Un peu de sueur perlait sur son front, et il étouffait ses cris dans ses paumes comme si sa vie en dépendait. Si ses mains n’avaient pas bloqué sa bouche, quelles phrases aurait il hurlé ? Quel prénom aurait il appelé ? Quel passé hantait ses nuits ? Quels souvenirs dévoraient ses rêves ? Autant de questions que tu crevais d’envie de poser, mais tu retins ta langue en observant le petit brun se cogner contre le mur et afficher une mine affolée. Est ce qu’il ne te reconnaissait pas ? C’était bien probable, après tout, tu ne l’avais rencontré qu’une heure auparavant, puis mis mal à l’aise, puis endormi. Plutôt un combo de merde, pas vrai ?
Niveau crise de panique, tu savais mieux gérer que les cauchemars : Hyacinthe t’en faisait tout les matins. Grâce à ton expérience des trois dernières années, c’est avec assurance que tu pris les choses en mains.

« Sssh… »

Tu posas doucement la main sur son genou et t’approchas du garçon terré au fond du lit au ralenti. Il lui fallait le temps d’émerger, de se reconnecter au monde, et en aucun cas n’avait-il besoin que tu te jettes à sa gorge, pris de panique, pour savoir ce qui lui arrivait.

« C’est juste moi, Sasha. C’est Noa. »


Sans geste brusque, aucun, tu levas les fesses de ta chaise et réduis la distance qui te séparait de lui. Tu te tus, de peur de le rendormir, posas tes mains sur ses épaules et l’enlaças tendrement. Tu t’assis sur le matelas, sans le lâcher, et le berças doucement. Comme un grand frère qui étouffent dans ses bras les monstres sous vos lits.

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Sasha Nortan
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Sam 19 Mai - 9:39

Tu paniques. Qui ne l'aurais pas fait. On se rapproche, on te souffle pour te rassurer. Mais ta vue est trouble, ta respiration s'accélère, tu recules, tu tentes de fuir. Mais rapidement un mur te stoppe, ton cœur s'arrête. Tu émets un léger couinement, étouffé derrière tes mains, tu vois la personne se rapprocher. Tu l'entends te parler. Tu te crispes. Il te bloque, il t'étreint. Tu te figes. Les battements de ton cœur battent de façon sourde à tes tympans. Ta respiration courte s'entrecoupe rapidement, t'empêchant de reprendre ton souffle correctement.

Tes doigts se desserrent vaguement de devant tes lèvres. Dans un murmure, un souffle, son nom t'échappe.

« Théo... »

Durant un instant, tu fermes les yeux, tu te laisses aller. Tu te calmes, tes démons s'éloignent. Tu ne t'endors pas à nouveau mais tu es calme. Presque serein. Tu enfouies ton visage contre cette douce chaleur, au creux de ces bras. Et puis soudain, une odeur. Cette odeur n'est pas celle de ton frère. Tu fronces les sourcils, le repoussant en même temps que tu te redresses.

« Tu n’es pas Théo. »

Pas de sourire ingénu. Pas d’air placide. Tu restes assis sur le lit, observant Noa l’air froid. On aurait presque dit que tu étais une autre personne. Mais c’était toi. Tu étais toujours Sasha. Pas d’explication psychiatrique, fracture de l’identité ou quoique ce soit. C’était simplement une autre facette de ta personnalité. Celle qui faisait que tu n’étais pas très apprécié malgré cette allure de petit garçon adorable, de petit chaton que l’on veut caresser. Ton coté siamois.

Tu sembles finalement remarquer l’endroit où tu te trouves. La panique reprend vaguement le dessus, de façon plus ténue, plus contenu. Tu sautes du lit avec empressement, sans prendre la peine de faire attention à la personne assise avec toi sur ce lit. Ce bienfaiteur auquel tu n’as accordé de l’attention que par erreur depuis ton réveil. Tout ce que tu veux, c’est quitté cet endroit. T’éloigner aussi loin que possible que cette odeur éthérée qui te prend à la gorge. Qui t’envahis le cerveau. Tu entends des bips qui n’existent que dans ta tête alors que ta main se tend vers la poignée.

« Ca suffit ! »

Tu n’en peux plus. Un éclat de voix.
Alors que les vitres les plus éloignées dans la pièce ne font que se fissurée, celle des portes vitrées de l’armoire à pharmacie éclatent alors que tu t’éloignes dans le couloir. Aussi vite que tu peux. Aussi loin que tu le peux. Tu veux juste de la chaleur. Une chaleur qui te rassure. Pour chasser ses souvenirs. Pour chasser l’odeur aseptisé de cet endroit. Cet endroit que tu détestes.

Cet endroit, tu le hais.



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Ven 1 Juin - 18:48

Plic. Ploc. Elles glissent du creux de tes oreilles, et se pendent à ton lobe avant de s’écraser sur le carrelage blanc. Le même bruit qu’un vieux robinet qui goutte, en attendant sagement qu’une bonne âme le coupe convenablement. Et cette dernière ne vient jamais.
Plic. Ploc. C’est pas grave, ça ira mieux demain. Le plafond blanc se floute, c’est pas normal, pas vrai ? Le lit, il bouge aussi. Y’a des vagues sous tes fesses, mais c’est pas grave. Tu as lu un bouquin, un jour, et il y avait marqué que ce n’était pas rare d’être sonné après un choc. Il faut juste le temps que la machine redémarre.
Plic. Ploc. Ça va mieux. Les allures psychédéliques des murs s’effacent pour retrouver leurs rassurantes formes géométriques : finalement, les rectangles, du moment qu’on ne doit pas calculer leurs aires, c’est sympa, aussi. Du dos de la main, tu essuies le filet sanguinolent qui coule de ton oreille jusque dans ton cou et te penche doucement.
Plic. Ploc. Les dernières gouttelettes tombent, s’étalent, repeignent les carreaux, tu soupires, et tires de ta poche un mouchoir en tissu. C’est has been, et il y a bien deux ou trois rigolos qui se foutent de toi quand tu brandis sans complexe ton morceau de coton, mais tu t’en balances royalement. Alors tu t’accroupis doucement, pour ne pas te déséquilibrer, encore fragile du choc gentiment infligé par Sasha, et gommes les traces de ta présence.

Ça s’étale, ça part mal, tu t’énerves un peu et tu espères que personne ne te surprendra à cracher un peu de ta salive par terre pour nettoyer tes conneries. Oui, tes conneries. Accorder un peu de ton amour à Sasha, c’était une bêtise. Comme planquer un chaton abandonné dans ta chambre alors que tu sais que tes parents n’en voudront pas. Ou chasser les oiseaux à coup de lance-pierre super élaboré : c’est pas bien, mais c’est excitant. On le fait, on se fait gronder, et on recommence. Même schéma avec Sasha : tu l’harcèles, il te balance une onde de choc à la figure, dans une semaine tu reprendras ton enquête sur lui. Plus tôt, même.

Alors c’est ça son don. Tu t’attendais à quelque chose de plus mignon, du genre « transformation partielle en chat », avec des oreilles duveteuses et une petite queue, peut être même qu’il aurait miaulé et ronronné sous tes doigts. Eh non. Autant d’énergie dans un si petit corps en aurait effrayé plus d’un, mais pas toi. On ne fait pas peur à Noa : on l’impressionne, et on l’intéresse un peu plus, voilà tout. Tes lèvres s’étiraient, lentement, dessinant sur ton visage pâlot, le plus grand des sourires de satisfaction.

« Théo, hein ? »

Tu te levais, marchais jusqu’à la porte couchée, l’enjambais et donnais quelques coups de pieds dans les copeaux de bois obstruant ton chemin. Direction l’administration, le monde des dossiers, le grand coffre à jouer. Sasha, tu n’y échapperas pas.


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Sweet and Low

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