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 "It's been a long time, Baby." - [Jean-Camille]

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Clyde Jaggerjack
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Faithbee


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Mer 21 Mar - 10:55

Qui est-ce qui rôde dans les couloirs, tard dans la nuit, comme un voleur pressé ?
Qui est-ce qui dévale les escaliers sur la pointe des pieds en retenant son souffle ?
Qui est-ce qui rase les murs et glisse sur les dalles silencieusement ?
Alors que le couvre-feu était passé depuis longtemps, un élève filait encore dans les ombres du bâtiment, bondissant de cachette en cachette pour atteindre l’extérieur. Emmené depuis peu à Virtus, ça ne l’empêchait pas de connaître chaque recoin, chaque sortie par cœur : car quand on est habitué à fuir, les premières choses que l’on cherche dans un nouvel environnement sont de proches échappatoires et des endroits pour s’y cacher. Et ça, Clyde en avait conscience. Il se faufilait de plus en plus vite, ses cigarettes à la main, dans les profondeurs de Virtus Insania, sachant très bien où poser ses pieds pour n’émettre aucun son et n’alerter personne. Mais depuis son addiction, courir s’était transformé en supplice, les muscles de ses jambes avaient fondu depuis longtemps, sa gorge lui faisait mal, et son souffle devenait plus rauque et plus intense. C’était douloureux.
Tu t’éloignais des dortoirs à grands pas, dans quelques mètres, il y avait une salle de bain commune, à cette heure de la nuit, personne ne s’y lavait, c’était sensé : tu pourrais y faire une pause, calmer tes nerfs, reprendre ton souffle, et te remettre à filer. Qu’est ce que tu ne ferais pas pour en fumer une ? Plus que quelques mètres…

Et quelle ne fut ta surprise, quand croyant visualiser chaque mur de l’espace, tu t’encastrais dans l’un d’eux, et tombais dans un bruit sourd qui résonna dans tout le couloir. En panique total, tu te relevais. C’était techniquement impossible : lors d’une crise furieuse de manque de nicotine, tu avais élaboré des plans pour sortir de l’établissement sans heurt, tu avais dessiné chaque couloir, repéré chaque mur, et ici, il n’y avais PAS de mur. Tu glissais agilement sur le côté : tu avais perdu ton endurance, mais pas ta grâce, ni cette capacité à filer entre les doigts de n’importe qui. Tu contournais l’obstacle d’une pirouette bien placée et écrasais tes doigts sur l’interrupteur de la salle de bain. Si ce n’était pas un mur… c’était… Camille ?!

La lumière avait inondé la salle en un éclair, n’importe qui aurait au moins cligner de l’œil, mais toi non. Jean-Camille Douze. Ça ne pouvait être que lui. Même si ses formes s’étaient arrondies, même si ses traits paraissaient plus fins, même si devant toi il y avait : une fille.

A Synchronycity, tu t’étais retrouvé seul. Personne ne te parlait, et tu ne voulais parler à personne. Tu pensais ne pas le mériter : tu étais un monstre qui cédait face à une culpabilité trop lourde, venu s’empêtrer dans une cage où d’autres seraient en mesure de te contrôler. Un châtiment, une punition que tu t’imposais tout naturellement, après avoir commis cette horreur aux îles Shetland. Mais il semblait que le destin en ait décidé autrement.
Après des mois et des mois à te montrer à quelques cours, et à te cacher de la vue des autres, tu n’avais pu te dérober à celle de Jean-Camille. Un jeune garçon tout frêle, du même âge que toi, dans la même classe, le même dortoir, qui te ressemblait excessivement dans un sens. Une amitié muette s’était tissée entre vous, attirés par les mêmes centres d’intérêt, lisant les mêmes mangas, s’intéressant aux mêmes jeux vidéo, il était normal que vous vous entendiez bien. Alors de temps en temps, vous vous retrouviez tout les deux pour discuter de ci, de ça, avec un entrain peu commun. Ton premier semblant d’ami, dans la nouvelle vie qui t’attendait.
Puis Synchronycity avait explosé. Toi tu étais dehors, en train de fumer, tout seul, comme d’habitude, tu n’avais même pas eu une égratignure. Transféré à Virtus Insania, tu avais reçu cette lettre qui répertoriait tout les blessés, disparus et morts de l’explosion. Jamais tu n’avais osé l’ouvrir. Et si Camille était mort ? Si lui aussi, s’était envolé comme une cendre dans le feu qui avait englouti Synchronycity, comme tant d’autre ? Si le pire des scénarios s’était bel et bien produit, alors tu préférais l’ignorer plutôt que de revivre la perte de quelqu’un qui t’était cher.

Mais là, la vérité s’était imposée à toi, dans la plus jolie forme que tu n’avais jamais vu. Déchiré entre l’étonnement et la joie, tu ne pus t’empêcher de rougir en remarquant à quel point la nouvelle Camille était mignonne et adorable. Tu tendis ta main vers elle et attrapas une douce mèche de ses cheveux sombres. Sans t’arrêter de la dévorer des yeux, comme pour empêcher un spectre éphémère de disparaître, tu avais réussi à balbutier quelques mots déformés :

« Ca… Jean-Camille ! Est-ce que c’est toi ?»
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Jean-Camille Douze
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Faithbee


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Sam 24 Mar - 17:07


One step today
Is further away
Il était tard. Tu venais de finir un livre quand tu t’étais rendu compte de l’heure, le couvre feu était largement dépassé, il était presque onze heure et cela pouvait être considéré comme tard à Virtus Insania. Le réveil était assez matinal et la journée assez chargée pour que les pires fêtards culpabilisent de se coucher à une telle heure… Tu avais baillé, avais rejoint ton lit en prévoyant un réveil difficile, à peine six heures plus tard…
Mais ton sommeil avait été troublé de rêves angoissants, mélanges de chimères de papier tirées de tes lectures, de visages déformés, brûlés par une explosion, une explosion qui gagnait tout le rêve, St Andrez qui te jette sur toi, le regard mauvais… Tu avais gémi en tombant du lit, inquiet à l’idée de déranger quelqu’un. Les images du rêve t’étaient revenues, tu t’étais senti mal, nauséeux, terriblement nauséeux et ton ventre t’élançait. Tu savais ce que cette sensation voulait dire. Recroquevillé sur le sol froid tu avais attendu que ça passe. Tes transformations prenaient en moyenne une ou deux minutes. Une ou deux minutes pendant lesquelles ta chair se muait, ton corps se rebellait. Modelée par ton don, tu t’étais relevée sur tes jambes tremblantes. Tu étais tombé garçon, tu te relevais jeune fille.
Et toujours ce vertige nauséeux qui te prenait après chaque changement de sexe. Et toujours cette douleur dans le bas ventre. Tu avais vérifié l’heure et la date sur ton téléphone, il était une heure trente-sept du matin. Tu avais maudit ce corps féminin et ses inconvénients, ses menstruations.

Furtive Camille, tu avais attrapé au fond de ta valise une serviette hygiénique puis étais sortie de la chambre à pas de loup. Dans la salle de bain, tu t’aspergeais le visage d’eau glacée, tentative dérisoire pour éloigner ta nausée et laver cet ignoble rêve de ta mémoire. Un cachet rose avalé, et tu sortais de la salle de bain, t’essuyant les mains sur le t-shirt trop grand qui te servais de pyjama, te descendant jusqu’aux genoux et orné de la silhouette d’un Totoro.
Collision, tu vacillais, manquais de tomber sur les froides dalles, poussais un petit cri de surprise que tu étouffais, de peur de trahir ta petite excursion nocturne. La lumière que tu avais éteinte peu de temps avant se ralluma, brusquement, te faisant plisser les yeux. D’instinct, tu baissais la tête, prête à t’excuser auprès de quelque surveillant ou veilleur de nuit qui devait veiller à ce que les élèves ne se baladent pas trop de nuit.
Mais non, nulle réprimande, tu ne sentis qu’une main t’effleurant la joue, attrapant entre ses doigts fins une mèche de tes cheveux.
L’odeur propre aux grands fumeurs vint te chatouiller les narines, tu relevais la tête… Habituellement, tu ne fréquentais pas beaucoup de fumeurs, or, celui-ci connaissait ton nom, paraissait surprit de te voir…

Tu relevais donc la tête, écarquillais les yeux, plaquais le bout de tes doigts tremblants contre tes lèvres pour t’empêcher de faire trop de bruit. Ta main venait ensuite se poser délicatement sur la sienne, comme pour pouvoir palper son existence tangible.

    « Clyde ! Tu… »


Tu ne savais que dire, que faire. Tu murmurais son nom… Clyde avait été l’un de tes rares contacts à Synchronicity, vos échanges, bien que longs, se faisant assez discrets pour échapper à la surveillance de St Andrez. Vous parliez peu de vive voix, plutôt en murmurant, vous vous échangiez quelques cartouches de jeux, quelques imprimés… En cours, tu t’arrangeais pour n’être pas trop loin et vous communiquiez, sur des papiers pliés en quatre qui passaient entre vos mains. Une communication silencieuse et complice qui se verbalisait parfois entre les rayons de la bibliothèque. Clyde était fuyant, peureux, assez discret pour que si St Andrez vous voyait échanger quelques mots, tu puisses justifier ça par une collaboration entre Faithbees de deuxième année.
Après l’explosion, tu ne l’avais pas vu, tu avais cru au pire… Tu savais avec certitude que certains n’avaient pu s’en sortir, leurs noms étaient sur toutes les lèvres. Mais Clyde, Kylian… Eux, les gens discrets, les êtres effacés, fuyant la société racoleuse, tu n’avais pu savoir avec certitude ce qui leur était arrivé.
Et voilà que Clyde réapparaissait soudainement, paquet de cigarettes à la main, l’air effarouché. Comme avant.

    « Clyde, je… J’ai cru que tu avais disparu dans l’explosion… »



Tu te mordillais la lèvre, tes mots sonnaient comme une excuse, tu ne l’avais pas cherché, ou comme un reproche, il ne t’avait pas trouvé.


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Clyde Jaggerjack
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Dim 25 Mar - 14:16

Comme la vie s’avère drôle, parfois. On se convint dur comme fer de choses absurdes, puis un beau jour, ou une belle nuit, on réalise que toutes nos craintes imaginaires n’ont absolument rien de réel. Les élèves ne manquaient pas à Virtus Insania, à vrai dire, Clyde les trouvaient trop nombreux. Ça grouillait dans les couloirs comme des colonies d’insectes, comme des abeilles dans leur ruche, comme des fourmis dans leur fourmilière. Clyde et son agoraphobie fuyait les foules, et c’est avec soin qu’il évitait toute situation inconfortable. Par situation inconfortable, j’entends les rencontres en elles mêmes. Clyde, autre que sa main gauche, avait un don exceptionnel à provoquer des échecs ultimes de communication : dans le top dix de ses pires cauchemars, juste après « courir » arrivait « socialiser ». Afin de s’éloigner de la masse, de s’isoler sans que personne ne lui jette la pierre, Clyde s’était effacé graduellement, comme une aquarelle qui pâlit avec le temps, pour ne devenir qu’une ombre au dernier rang de la classe, une place prise dans un coin de la cafeteria. Il rendait service quand il le fallait, s’investissait dans les travaux en groupes s’il en était obligé, puis dès que la tâche était déclarée définitivement terminée, retournait à son existence de fantôme.

Ça devait être la raison pour laquelle il n’avait jamais croisé Jean-Camille à Virtus Insania, auparavant. Il regretta amèrement de ne pas l’avoir cherché, il s’en voulu de ne pas avoir été assez courageux pour fouiller les décombres de Synchronycity, ou même, plus simplement encore, pour ouvrir cette fichue lettre et lire l’étendue des dégâts. Clyde n’avait rien d’un héros, c’était plutôt un froussard, au fond. Alors il s’était contenté de patienter que le miracle dégringole du ciel pour venir s’affaisser dans ses bras. Le miracle était d’ailleurs planté devant ses yeux, en train de lui reprocher de ne pas l’avoir retrouvé plus tôt. Après tout, Jean-Camille n’avait pas tort. A quoi lui avait servi ces quelques mois à Virtus Insania, si il ne les avait même pas employé à le chercher lui ? Lui, son seul compagnon de Synchronycity, l’unique personne qui l’avait autorisé à ses côtés ?

Elle ou Il, Clyde ne savait plus trop, avait cru comme toi. Jean-Camille t’avait pensé emporté par l’explosion. Est ce qu’il avait eu de la peine, lui aussi ? Est ce qu’elle s’était sentie triste ? Car toi oui. On t’avait volé quelque chose de précieux, et tu n’osais le reporter à la police, de peur de te rendre réellement compte que tu ne l’avais plus sous la main. Envahi par tes bons sentiments, tu te penchas sur lui et le pris dans tes bras, tellement heureux d’enfin obtenir des retrouvailles que tu avais rêvé mille fois.

« Jean-Camille ! Je suis tellement heureux ! Excuse moi, pardonne moi de ne pas t’avoir cherché plutôt, Jean-Camille… Je suis tellement content ! »
Même avec de la chaire en plus, même avec une voix plus aigue, la personne devant toi restait Jean-Camille. Fille ou garçon, qu’est ce que ça peut bien faire ? Bouleversé par un revers soudain de la chance, tu tentais tant bien que mal de ne pas l’étouffer de tes bras tant tu l’étreignais fort. Jean-Camille était là. Jean-Camille était vivant.

« Jean-Camille, dis moi, où étais-tu ? Que faisais-tu pendant tout ce temps ? »

Et dans un dernier souffle tendre, en relâchant doucement Jean-Camille, tu chuchotais comme si tu souhaitais qu’elle ne t’entende pas :

« Tu m’as manqué, Camille… »
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Jean-Camille Douze
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Lun 16 Avr - 21:19


Now and then I think of when we were together
Tes mains tremblaient, tu maudissais ton apparence féminine pour excuser l’éclat soudain de tes yeux humides. Calme, Camille, calme. Depuis l’explosion, tu avais eu la hantise de pleurer devant St Andrez, c’aurait été un trop grand motif de railleries. Tu avais gardé tes pitoyables sanglots sous clé, ne les laissant sortir que la nuit, silencieusement. Les honteuses larmes dévalaient alors tes joues au teint grisé par le récent stress, et mourraient dans les replis de tes draps. Le matin, tu retournais l’oreiller, t’aspergeait longuement le visage d’eau glacée, évitais de croiser le regard fourbe de ta Némésis.
Tes efforts te permettaient de cacher tes crises de faiblesse lacrymale, mais en réalité, ils étaient superflus. Depuis que vous aviez dû vous conformer au rythme de l’école allemande, vous, synchroniciens, traîniez une mine épouvantable, due aux nuits trop courtes et aux séances de sport trop longues. Ha, l’éducation physique, angoissant cauchemard. Si les efforts requis parvenaient à effacer, oh temporairement, de vos esprits inquiets les souvenirs de vos deuils, les matinales heures de sudation déréglaient totalement ton horloge biologique. Ce qui n’aurait pu se traduire, chez tes camarades en bonne santé, que par un stress accru et une fatigue extrême, prenait chez toi des formes inquiétantes. Ton diabète, monstre maîtrisé depuis des années par ta rigueur, se rappelait à ton bon souvenir, hérissant ses pics de glycémie, malmenant d’autant plus tes humeurs. La maladie s’alliait à Gabriel de St Andrez pour te briser, te faire faiblir. Tu tenais encore bon, encore, mais pour combien de temps ?

Clyde apparaissait au bon moment. Il figurait ainsi un bien piètre envoyé divin, l’air dégingandé, éclairé par la triste lumière de la salle de bain. Mais tu n’attendais plus de miracle, la poussière t’aurait paru d’or si elle avait pu te réconforter.
Les bras qui t’enserraient possédaient une chaleur agréable, rompant les barrages de ta volonté. Petite fille perdue, puis retrouvée, tu appuyais ta tête contre le torse de ton camarade. Les digues cédaient, tes larmes, malgré une courte lutte contre tes paupières serrées revinrent. Les oestrogènes te disais-tu, comme pour excuser ta sentimentalité. À ton tour, tu entourais de tes bras la grande carcasse de Clyde, te serrant contre lui comme pour t’assurer de son existence tangible. Tu baissais la tête, laissais couler de silencieuses larmes que tu cachais à ton camarade. Oh, il devait bien les sentir, ces tièdes flots imprégnant sa chemise, mais tu n’aimais pas l’idée d’afficher tes pleurs, de passer pour la faible femme, l’enfant à réconforter.
Tu sentais autour de toi l’odeur de Clyde, odeur de cigarette omniprésente, caractérisant le grand fumeur. Un parfum irritant, mais qu’importe, qu’importe, il ne rendait sa présence que plus réelle. Tu lui avais déjà fait quelques reproches, tentant de le pousser à arrêter d’inhaler ce poison quotidien. Jamais il ne t’avais écouté, restant entouré de la nocive fumée qui imprégnait ses poumons et son être.
Tu n’avais jamais été si proche du jeune homme, vos échanges demeuraient verbaux, tu laissais planer une distance entre vous, assez faible pour que votre relation puisse être qualifiée « d’amitié ». Assez lointaine pour que St Andrez ne se doute de rien, pour qu’il ne croie pas que son odeur qui s’incrustait sur les tissus te vêtant étaient dû à un rapport plus proche que deux faithbees s’entraidant côte à côte dans une bibliothèque. Enfin, tu n’avais jamais pensé votre lien comme quelque chose de physique, charnel ou même sentimental. Et ce soir, ce matin, non plus malgré votre étreinte, il était ton ami, ami retrouvé, ami apparu au bon moment, ami que tu avais cru perdu avant qu’il ne jaillisse du couloir.

    « Toi aussi tu m’a manqué, Clyde, je suis heureux de te retrouver. »


Tu murmurais à peine, ne t’embarrassant pas d’un accord au féminin malgré la finesse de tes traits et la douleur qui caressait ton bas-ventre. Comme s’il avait été ton messie personnel, il apparaissait, comme un songe évanescent dans la nuit. Tu étais soulagée, tu mourrais d’envie d’enfin pouvoir parler de ce que tu avais vécu depuis ton arrivée ici. Parler de tes souvenirs sans recueillir du mépris, ne plus cacher tes mots sous un voile d’orgueil. Ne pas chercher à blesser l’autre plus fort que tu ne l’a été. Ce genre de conversation était ton quotidien avec St Andrez.
Tu entrouvrais les lèvres, reprenant ta respiration pour parler.
Mais tu fus coupée.
Non loin d’ici, contre les pierres pavant le sol, résonnant sur les murs taillés dans le roc, des bruits de pas s’étaient fait entendre. Secs, menaçants. Comme électrisé, tu te séparais du jeune homme aux cheveux de cendres. Sans le regarder, tu passais le dos de ta petite main sur tes yeux honteusement humides.
Tu jetais un coup d’œil dans le couloir, distinguais une silhouette. Un adulte, vêtu d’une cape cachant son sexe exact, sa démarche trahissais sa confiance en lui. Ce n’était pas un élève qui se serait caché pour vagabonder de nuit. Sûrement un surveillant, professeur, concierge ou autre individu chargé de faire quelques rondes nocturnes pour surveiller que nul élève n’échappe au couvre-feu.
Tu poussais un juron, te retournais vers Clyde, saisissant sa main osseuse dans la tienne. Si la silhouette parvenais à atteindre l’entrée de la salle de bain, vous étiez piégés.

    « Dépêche-toi, on a un problème ! »


Tu connaissais bien l’aversion du jeune homme pour le sport, d’ailleurs, tu ne l’avais jamais vu aux entraînements matinaux… Mais l’heure étais grave, vous ne pouviez pas traîner. Si l’on vous trouvait, enlacés, à cette heure de la nuit, dans une salle de bain isolée, vous risquiez de bien grandes sanctions, mais aussi que l’affaire parvienne aux oreilles de l’héritier St Andrez qui risquait de ne pas vous faire de cadeaux.
Ainsi, tu tirais le pauvre Clyde hors de la salle d’eau, t’engouffrant au hasard dans les couloirs. Malgré ton oreille tendue, tu ne parvenais pas à entendre si l’ombre vous poursuivait. Vos pas faisaient trop de bruit, ou peut-être était-ce le bruit de ton cœur affolé dont les battements emplissaient ta pauvre tête.


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Clyde Jaggerjack
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Sam 28 Avr - 22:08

Jean-Camille et sa petite main t’entraînaient dans une course affolée à travers les dortoirs de Virtus Insania. Il y avait un type derrière vous. Un surveillant de nuit ? Un professeur ? Qui que ce soit, s’il vous attrapait, vous auriez des soucis, de très gros soucis. La discipline de l’établissement allemand : on n’en rigolait pas. Même Tino, d’un naturel si tapageur et agité, s’y pliait sans broncher. Ah… Vous étiez dans de beaux draps : le type vous avait pris en chasse, tu le sentais, tu percevais même ses pas qui claquaient sur les dalles gelées et sa voix vous ordonnant de revenir. Il grognait méchamment en marmonnant que ça « se finirait dans le bureau du proviseur », accélérant de plus en plus, réduisant petit à petit les précieux mètres qui vous séparaient.

Il avait du te voir. Il t’avait sûrement surpris à enlacer Jean-Camille, et pensant que c’était une fille, voulait vous reprocher de flirter une fois la nuit tombée. C’était comme ça à Virtus Insania : pas de place pour vos mignons ébats et vos petites dragues inoffensives, pas le temps de se faire des copains, encore moins des amis. Et ne pensez même pas à aimer quelqu’un : réfléchissez donc, à quel point une relation pareille aurait mauvaise influence sur votre scolarité ! Vous êtes là pour étudier, travailler, apprendre, et vous plier aux règles, pas le temps pour des broutilles pareilles. Pas le temps pour des conneries comme l’amour.

D’ailleurs ce n’était pas vraiment le bon moment pour se poser des questions sur les méthodes éducatives de Virtus Insania, ton corps faiblissait à chaque corridor parcouru en plus, et tu fixais le dos de Jean-Camille. Tu te sentais gamin derrière ton héros. Petit gosse qui se laisse confortablement sauver par telle ou telle personne surhumaine. Sauf que Jean-Camille n’avait rien d’un surhomme, peut-être plus de la sur femme. Il était courageux, et il te le prouvait à chaque fois qu’il s’engouffrait dans un nouveau couloir au hasard, en te tirant par la manche. Alors que toi, derrière elle ou lui, tu traînais la patte, le cœur au bord des lèvres d’un démarrage sur les chapeaux de roue, la gorge déjà en feu et les poumons s’en dessus dessous. Tu étais bon pour t’en racheter des neufs demain. Tu t’arrachais à tes plaintes intérieures pour te rendre compte que vous fonciez dans le mur. Pas à proprement parler, bien sûr, mais tu étais bon observateur et surtout très bon analyste : prévoir les prochains changements de directions de Jean-Camille t’était aisée, et à droite au prochain couloir, ce qu’elle choisirait certainement, c’était un cul de sac.

S’il y avait une chose dont tu pouvais être fier, c’est d’avoir mis à profit toutes les heures d’éducations physiques séchées en traçant un plan détaillé de Virtus. Si au moins, cette carte de labyrinthe vous tirait de là, tu arrêterais peut être de culpabiliser sur ton inutilité évidente dans la vie, en général. Tu inspiras profondément, régulas ta respiration, et, retrouvant de ta puissance physique d’autrefois, poussas sur tes jambes, repoussant la main de Jean-Camille. Tu accéléras, le dépassas, et d’un air assuré, agrippa son poignet en la gratifiant d’un sourire rassurant. Le message était passé, à toi le contrôle de la situation.

Il prit à gauche, dérapa sur les dalles et fonça jusqu’à un autre croisement de couloir, il tourna subitement les talons pour s’enfoncer dans le plus sombres des trois couloirs et plaqua Jean-Camille dans un angle formé par une colonne et le mur. Son cœur battait la chamade : il savait que leur suiveur allait passer par là, et même s’ils étaient bien cachés dans l’ombre, serait-ce suffisant pour ne pas se faire prendre ? Clyde souffla un « Chut » en posant son index sur les lèvres de Jean-Camille, s’écrasant un peu plus contre lui pour se fondre dans l’obscurité. Il ne restait plus pour eux qu’à attendre patiemment. De se faire avoir ou de passer inaperçu, ça, c’est la chance qui en déciderait.

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Jean-Camille Douze
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Ven 4 Mai - 10:24


I'm still trying to figure out the end of what I was starting to say.
Soudainement, Clyde accélère, mettant sans aucun doute le feu à ses poumons abîmés. Durant tes fréquentes visites chez le médecin, tu avais eu tout ton temps pour observer toutes les affiches épinglées aux murs de la salle d’attente, de lire et relire les quelques revues médicales, à côté des magazines féminins qui tombaient en miette et que tu t’interdisais de feuilleter alors que ton corps présentait des signes de virilité. Les nuisances du tabac, ses effets sur la gorge, les poumons, ne t’étaient pas inconnus. Les glauques images de tumeurs et autres organes noircis remontaient à la surface de ta conscience quand tu voyais Clyde. Clyde qui peine, Clyde qui fume, Clyde qui tousse. Clyde qui, grâce à une subite poussée d’adrénaline, sans doute, reprenait le contrôle de votre fuite, entraînant vos petits corps essoufflés dans les couloirs.
Dans un angle, une cachette sombre, il vous dissimule. Il se colle contre toi, te dit de ne pas faire de bruit… Tu as le souffle cour, épuisé par ce subit sprint. Ce n’était pas dans tes habitudes de faire un cent mètres à quoi ? Une heure, deux heures du matin ? Tu regardais à ton poignet, mais ne pouvais que déplorer l’absence du bracelet de cuir, du cadrant de verre et de ses aiguilles argentées. Ta montre devait reposer sur ta table de nuit, sur un quelconque livre, à côté de tes lunettes, égrenant silencieusement les secondes, les minutes dans la nuit.

Des pas, précipités, l’homme devait être quelque peu corpulent, enfin, autant qu’un adulte de Virtus Insania pouvait l’être, l’école devait écraser tout surpoids. L’homme avait le souffle court, lui non plus n’avais pas dû avoir le temps de s’échauffer avant de se lancer dans une course nocturne.
Clyde, entendant le choc des semelles contre les dalles de pierre s’aplatit un peu plus contre ton frêle corps de fillette, histoire de dissimuler votre présence. Tu plaquais tes mains pâles contre ton visage, contre tes lèvres. Tu avais peur d’être repérée, Camille, mais ce n’était pas l’unique cause de ta panique intérieure. Tu te mordais les doigts, tu fermais les yeux, scellant tes paupières. Le contact physique te faisait horreur, ce n’était pas vraiment nouveau, tu te soignais, parvenant à réguler tes angoisses, à toucher des mains, à prendre des individus dans tes bras… Mais ici, la lumière faisait défaut, un angle de pierre te meurtrissait le dos, le souffle haletant de Clyde résonnait contre ton oreille… La situation faisait remonter de vielles angoisses que tu pensais ensevelies. Le violent contact que St Andrez t’avait fait subir était hélas marqué au fer rouge dans ta chair, sur la peau de ton dos qui s’ornait d’une inesthétique cicatrice. Ce souvenir là, ce traumatisme, tu ne pourrais pas l’ensevelir sous des jets de pierres, aussi félon que le blond aristocrate, il remonterait à la surface, paralysant ta conscience quand la situation était la plus critique.
Comme maintenant. Tu refrénais tes tremblements, tentant de te contrôler. Allons Camille, ce n’était que Clyde, tu reconnaissais bien son parfum âcre de fumée, de tabac, ouvre les yeux, tu verrais alors ses pâles mèches… Calme, les pas s’éloignaient, l’homme qui vous poursuivait n’avait pas dû prêter attention à cette zone d’ombre tremblante. Quelques secondes passaient, ton oreille tendue avalait ce silence comme une rasade d’eau fraîche et bienfaisante. Tu repoussais Clyde, fermement, trop même, si l’on considérait qu’il venait de vous sauver la mise. Une quinte de toux te prenais, tu l’étouffais tant bien que mal, de peur qu’elle n’ameute le cerbère de ces lieux.

Comme tu étais rude Camille, égoïste, tu prenais enfin conscience de combien ton geste aurait pu blesser Clyde, tu te mordais la lèvre, coupable, te retournais vers lui, le regard affolé… Tu ne voulais pas lui faire de mal, pas à lui qui était si plein de bonté. Tu avançais la main pour saisir le tissu de sa chemise, mais te stoppais en route. Girouette Camille. Tu baissais la tête.

    « Pardon, excuse-moi… »


Tu voulais continuer, te justifier, mais tu n’avais pas d’excuse plausible. Aucun mot ne te parut assez bon pour franchir tes pauvres lèvres. Tu relevais la tête, observais le jeune homme du coin de l’œil, dans la pénombre du couloir, Clyde était un type bien, discret, timide, mais un type bien… Tu craignais de le blesser, et puis… Il apparaissait comme un nouveau soutient face à St Andrez, un ami. Un ami que tu avais cru perdu dans l’explosion et qui réapparaissait soudain, par une froide nuit. Tu écoutais son souffle haletant, sa respiration commençait à peine à se calmer, tu songeais de nouveau aux ravages de la cigarette sur ses poumons, sur son corps. Tu déglutissais difficilement. Naissais en toi l’envie de l’aider, de restaurer son corps cellule par cellule, de réconforter son esprit inquiet. C’était le rôle d’un ami, non ? Ou peut-être juste une excuse pour ne pas t’occuper de tes problèmes.


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Clyde Jaggerjack
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Faithbee


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Dim 6 Mai - 15:17

Les bruits de pas s’éloignèrent petit à petit et la silhouette du surveillant disparut, engloutie dans l’ombre du couloir. Tu perçus les frémissements de Jean-Camille sous ton grand tas d’os et les attribuas arbitrairement à la peur d’être découvert puis puni. Jusqu’à ce qu’il te repousse.

C’était facile de faire du mal à Clyde. Il vous aimait vite et vous lui deveniez rapidement essentiel. Qu’y a-t-il de plus aisé que de blesser quelqu’un qui vous adore ? Pas grand chose, vous en convenez. Rien de plus simple que de briser quelqu’un qui dort dans votre paume, il suffit de le laisser tomber par terre, ou juste de resserrer vos doigts un peu trop fort. Là, disons que Jean-Camille avait bien failli pousser Clyde du nid. Le jeune homme commença à se poser mille questions : qu’avait il fait de mal ? Y avait-il un problème ? Jean-Camille ne l’appréciait-il pas ? Il restait planté là, ne sachant que faire de ses bras ballants et de sa carcasse abîmée. Puis il y eu ce tout petit filet de voix, bien trop aigue pour appartenir à un porteur du XY, qui chuchota des excuses : Clyde avait oublié. Oublié que c’était une fille, devant lui. Parce que les garçons n’avaient pas de cheveux si fins, si doux. Ils n’avaient pas de si frêles épaules. Ils n’avaient ni seins ni hanches. Rien de si délicat que ce qui était devant ses yeux. Clyde s’imagina à sa place, en détaillant le nouveau corps si féminin de son ami. N’était ce pas normal d’avoir peur du toucher des hommes quand on était une fille ? Ne devait on pas se sentir vulnérable ? Il n’en savait rien, en fait. De ses années à Synchronicity et quelques mois à Virtus Insania, il n’avait pas côtoyé de filles.

Tu souris faiblement aux excuses maladroites de Jean Camille, reculas d’un pas et saisis la petite main qui s’était stoppée à mi-chemin. Tu l’entouras de tes doigts et y collas ton front : tu voulais lui montrer. Lui rappeler ce que tu étais, juste toi, juste Clyde, pas de quoi avoir peur. Pas de quoi trembler, pas la peine de s’excuser non plus, tu lui pardonnais tout d’office. En lâchant sa main doucement, tu murmuras :

« Tout va bien Jean-Camille, ce n’est que moi. »

Il avait du en endurer, des choses, pour être si effrayé, voir dégouté par les contacts humains. Tu n’avais pu t’en rendre compte avant, en Russie, tu ne portais pas encore assez d’attention aux autres, encore sous le choc de la supposée mort de Layla. Mais tu n’étais plus le même, à présent. Grâce à Tino, grâce à Judie, grâce à Ani, grâce à Yugito : tout ces gens qui voulaient bien de toi et qui t’avaient sans hésiter ouvert grand leurs bras. Tu t’y étais engouffré d’ailleurs, trop content de laisser tomber ta solitude étouffante au bord de ta vie. Tu étais un autre homme maintenant, quelqu’un d’un peu moins froussard, d’un peu plus ouvert. Mais seulement dans ta tête. Parce que le corps n’oublie pas ce qu’on lui a fait subir pendant trois longues années. À savoir des centaines de paquets de cigarettes et des infections pulmonaires à la chaine. Et parce que ce corps était resté le même, il se fit un plaisir de te ramener les pieds sur Terre.

L’adrénaline passée, tes jambes devinrent lourdes et ton souffle que tu t’étais efforcé de rendre discret jusqu’à maintenant s’emballa. Composé à quatre vingt pour cent d’eau ? Vous rigolez ! Tu étais en plomb, en acier, tu ne savais plus trop : du moment que c’était pesant. Tes genoux plièrent et tu t’écrasas sur le sol glacial, ne retenant ton buste que par la force de tes bras, qui elle aussi, fondait petit à petit. Crise d’asthme. Oui, il t’en fallait peu. Bien sûr, c’aurait été trop beau d’avoir ta ventoline dans un coin de ta poche. Tu levas les yeux et fis signe à Jean-Camille de partir. Tu n’avais pas besoin d’en savoir plus. S’il était ici, tu pourrais le revoir. Et tu ne tenais pas à ce qu’il te voit dans un état aussi pitoyable.

Ce n’est pas grave de se quitter, si l’on est sûr de se retrouver.
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Jean-Camille Douze
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Sam 12 Mai - 17:46


I know you didn't mean it, boy you meant so well
Clyde était tombé sans que tu ne puisse faire quoi que ce soit, peut-être étais-tu encore sous le choc, peut-être manquais-tu de réflexes. Il étais à genoux, il te faisais signe de partir. Tu te sentais désolée, pauvre petite chose.
Tu avais dû blesser Clyde, tu ne le souhaitais pas, il était rare que tu souhaite réellement blesser tes camarades, à l'exception d'un seul en fait. L'unique objet de ta rage. Tu baisais la tête, détournais le regard. Tu bafouillais encore quelques excuses, ne bougeant pas, ne quittant pas ta position.

Puis parvinrent à tes oreilles un son étrange, un sifflement, tu levais la tête, alarmée par le fait que cela puisse être dû au retour de votre suiveur ou autre danger. Mais non, le sifflement provenait de Clyde, de sa gorge, de ses problèmes pulmonaires, de la fumée qu'il inhalait quotidiennement.
Vint une sournoise panique, tu connaissais les symptômes, revues médicales en salle d'attente étaient une source de connaissances médicales sans commune mesure. Asthme, déjà peu épargné par la nature, tu n'en étais heureusement pas atteint, mais tu avais déjà pu assister à de telles crises, en périodes de pollens, durant les cours de sport... La course d'endurance était sans pitié envers les jaunes malades, mais ils avaient leur ventoline avec eux.
Calme, calme. Tu passais en revue les conseils dispensés par les médecins, tentant de ne pas paniquer.

D'autorité, tu aidais l'adolescent à s'asseoir plus confortablement, contre le mur, tu dégageais son cou, fouillais dans ses poches à la recherche d'un inhalateur. Mais tu ne trouvais rien. L'inquiétude montait, mais il fallait que tu la régule, pour ne pas l'inquiéter lui, tu avais été trop sèche avec lui, trop égoïste.

    « Calme toi Clyde, calme toi... Chut, n'essaie pas de parler. Respire doucement, par petites respirations... Ne panique pas Clyde... »


Tu résistais à la tentation de t'excuser encore, te sentant vaguement responsable de l'état du jeune homme. Tu te mordillais la lèvre, par réflexe... Comment stopper une crise d'asthme sans inhalateur ? Certaines revues préconisaient des huiles essentielles, les grands-mères conseillaient une boisson chaude...
Le genre de trucs que l'on trouve facilement dans un couloir sombre à deux heures du matin quoi. Logique, on a toujours une bouilloire dans sa poche.
Tu maudissais le tabac, cette plaie qui rongeait l'un de tes rares amis, pourquoi était-ce un type bien, comme Clyde qui se retrouvait sous son joug, et non pas des gens ignobles ? Oh, non, tu ne visais personne par cette réflexion, mais tu imaginais bien quel aurrait été ton plaisir de rire d'un St Andrez à la respiration sifflante, comme lui prenait un malin plaisir à te narguer lors de tes hypoglycémies. Assez pensé à St Andrez, tu passais ta main, fraiche, sur le visage de Clyde, pour le rassurer.

    « Tout va bien. Répond moi en hochant la tête... Tu n'as vraiment pas ton inhalateur ? Tu ne sais pas où il pourrait-être ? »


Le bruit de sa respiration sifflante t'inquiétait, vraiment, tu craignais que cela puisse être grave... Tu attendais une réponse, une indication quelconque...
Mais si cela empirait, tu savais bien ce que tu ferais. Malgré les efforts que vous aviez déployés pour fuir, il te faudrait quémander de l'aide. Mais, bien que cela te fasse mal, tu préférais aider Clyde. Tu te rendrais vulnérable aux moqueries, aux rumeurs, à St Andrez, mais après tout... Qu'était-ce face à une vie humaine ?

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Lun 14 Mai - 19:10

Sincèrement, j’aurais préféré que Jean-Camille s’en aille, et qu’il n’assiste pas à cette scène plus que pitoyable. Il n’y avait rien de plaisant à contempler un moins que rien comme moi se tordre comme un ver pour inspirer quelques bouffées d’air. Quoique certains auraient sans doute apprécié, des « certains » qui portent le nom de Lyria, ou de Gabriel de St Andrez. Mais au-dessus de moi ne se penchait pas un tyran, mais Jean-Camille ; qui, malgré tous ses efforts, pour le camoufler, commençait réellement à paniquer. Rien de flagrant : un visage qui pâlit, des mains qui deviennent moites, une voix tremblotante et un peu trop haut perchée. La peur qui s’infiltre dans vos pores, dans toute sa délicate splendeur.

Mon inhalateur ? Dans le dortoir, sûrement dans une poche d’un jean plié en boule sous mon lit, autrement dit : impossible à retrouver dans les cinq prochaines minutes. Il fallait que je me calme, et que je le fasse tout seul, mais… « C’était pas gagné, gagné ! » comme aurait dit Tino. Je rassemble mes forces pour tenter de souffler à Jean-Camille que ce n’est pas la peine de rester, c’est trop tard maintenant, que je me débrouillerai tout seul. Qu’il peut retourner se coucher, et dormir en paix, que ce n’est pas grave. Je voudrais lui promettre de vive voix que ça ira, que je vais arrêter de fumer, que ça n’arrivera plus. Que je ne ferai plus de crises, que j’emporterai toujours ma Ventoline, que j’irai voir un docteur, que je me soignerai. Promis, promis je recommencerai plus.
Mais rien ne sort, mis à part ce maudit aigu sifflement qui ne présage rien de bon. Je lève la tête, tend ma main vers lui, caresse sa joue trop douce pour être masculine et murmure difficilement :

« Je… Je sais pas… Mais ça ira… »
Tu mens comme tu respires, Clyde. Tu crois vraiment que tu as l’air d’aller ? Tu transpires comme un bœuf, tu craches tes poumons et l’on entend de là, les battements de ton cœur affolé. Tu crèves à petit feu d’un mal qui aurait pu être anodin, si tu ne t’étais pas tant négligé. Comme pour te punir de la mort de ta sœur, de ta survie inutile à l’explosion de Synchronicity, tu as laissé ton corps se détériorer, comme un fruit oublié qui pourrit dans un coin d’une cuisine. Tu l’as bien cherche, ce qu’il t’arrive maintenant. Et voilà, tu regrettes, parce que si Jean-Camille est toujours là, alors cette vie vaut d’être vécue, du moins : vécue correctement.
Tu quittes sa joue, clos tes lèvres et entames de profondes inspirations et longues expirations. D’un hochement de tête, tu rassures ton ami, mais es aussitôt détrompé par ton propre corps malade. Une violente convulsion t’arrache un gémissement, et venant de nulle part, tu te trouves assailli par une quinte de toux déchirante. Pas de Celles pour les mauviettes qui se battent contre le rhume des foins, non, une vraie, une bien méchante. Tu tousses à t’en brûler la gorge, la douleur est vive, pire que de l’acide versé sur la peau, puis pour finir craches sur les pierres une flaque de sang.

« Merde… »

À quatre pattes sur le sol, les mains éclaboussées par de pourpres gouttelettes, un filet sanguinolent qui pend de ta bouche, tu t’horrifies devant la flaque rouge. Tu ne pensais pas en être arrivé à ce point, tu sais que ce n’est sûrement rien de grave, que ça vient juste d’une irritation de ta gorge à cause de cette toux fréquente. Mais quand même, ça fait drôle. Déstabilisé par ton propre poids plume, mais qui pesait déjà trop sur tes bras tremblants, tu t’écrases misérablement à même le sol, à quelques centimètres de ton propre sang, suffoquant toujours plus.
Merde. Merde, merde, merde ! Jean-Camille te voyait comme ça : tu te sentais si déçu par toi-même, que tu mourrais d’envie de pleurer. Mais tu ne pouvais pas, au risque de finir d’étouffer. Alors tu te contentais de frapper un point rageur contre le sol, en toussant toujours plus fort, toujours plus fort…

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Jean-Camille Douze
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Mar 26 Juin - 18:23


And all I heard is nothing...
Tu ne peux que le regarder choir, incapable. Incapable Camille. Tu pousse un cri d'effroi, féminin, peu viril, bien peu viril, mais qu'importe les apparences, ton identité sexuelle. Il est tard dans la nuit, tôt le matin, dans ce couloir, il n'y a que vous deux. Que vous deux. Alors peu importent les apparences, tu cessais de jouer un rôle, un pauvre rôle de composition.
Clyde se meurt à tes côtés. Clyde expulse ses poumons, son hémoglobine sur le sol. Oh, Clyde, pourquoi ? Pourquoi, s'il était si mal, ne pouvait-il lâcher la réconfortante nicotine ? Cela te dépassait quelque peu... Toi, ta maladie, tu en prenais soin, un soin maniaque. Tu contrôlais ton alimentation, ta glycémie, régulais ton activité physique... Et malgré les attaques de ton malsain ennemi, tu tenais bon, droit sur tes jambes faces au souffle du diabète.
Mais c'était une tempête, un ouragan qui enveloppait Clyde. Tu retenais ses épaules, frêles. Tu étais incapable de faire quoi que ce soit pour le soulager, cela te brisais le coeur...

Ou plutôt si, tu abandonnerais ainsi ton anonymat, votre fuite n'aura servi à rien, mais c'est la seule solution. Au diable les sanctions, tu subissais déjà un pensum quotidien en servant de larbin à St Andrez, en t'injectant de l'insuline, ou en risquant de te changer en fille au moindre problème.
Petite fille dans le noir, tu te levais, tu appuyais avec difficulté le dos de Clyde contre le mur de pierres froides. Frêle enfant, tu te dressais au milieu du couloir, si sombre.

    « Ça va aller, Clyde, ça va aller. »


Tu te tournais vers là où votre poursuivant avait disparu, tu portais tes mains devant ton visage et faisant porter ta voix, tu appelais à l'aide. Plusieurs fois, à t'en briser les cordes vocales. Ha, tu était d'habitude bien calme, jamais tu ne criais, jamais, ça, c'était pour ceux qui sont incapable de communiquer, pour les imbéciles sans self contrôle...
Mais maintenant, tu regrettais presque ton mutisme. Tu te raclais la gorge, tentant d'amener tes appels désespérés dans quelque oreille...

    « S'il vous plaît ! J'ai besoin d'aide ! Aidez nous ! »


Tu répétais ces mots, peu inventive que tu étais... Allons allons, on finirait bien par t'entendre, par venir t'aider ou te faire taire.
Des pas retentirent enfin. Au loin, trop loin encore. Tu ne savais si c'était votre poursuivant qui revenait triomphant, quelqu'un d'autre... Peu t'importais à vrai dire, tant que l'on pouvait t'aider, sauver Clyde...

    « Par ici ! S'il vous plaît... »



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Ven 6 Juil - 12:11

Tu pouvais bien y mettre toute la bonne volonté que tu voulais, tu n’allais pas t’en sortir en un claquement de doigt, ah ça, non ! La scène avait même un petit côté comique, et tu te demandais pourquoi le Destin en personne s’acharnait sur toi pour te rabaisser toujours plus bas que terre en te balançant à la figure les pires événements de la réserve des « tournants pourris de la vie ». Tu te serais bien apitoyé plus longtemps –parce que tu aimes bien passer pour une victime tragique, c’est plus facile et on a le droit à la pitié excessive des bonnes âmes de ce monde- mais Jean-Camille s’était mis à hurler dans le couloir pour qu’on vous vienne en aide. Si votre chance attribuée au début de la journée suivait son cours, alors si tout allait bien, un surveillant plutôt méchant, obèse et désagréable devrait débouler d’une minute à l’autre. Il ne manquerait pas de crier comme un putois, quitte à réveiller tous les adolescents de l’école, voir même le corps enseignant, pendant que tu finirais de mourir étouffé dans ton sang, juste devant Jean-Camille en pleurs.
Mmh, oui, ça te paraissait plausible.

C’est un peu pour ça que tu essayais de retenir la petite brune d’hurler dans le noir, mais tu abandonnas vite quand tu entendis les pas. Dans ta tête, tu t’imaginais une loterie : un professeur, un surveillant, un élève ? Si vous tiriez le jackpot, pourquoi pas le principal ? Avec comme cadeau bonus, une petite exclusion de l’école, juste la suite logique des choses, bien entendu.
Tu craches quelques morceaux de tes poumons, manques d’exploser de rire, tant ta situation est misérable et lèves la tête pour tenter de discerner les traits de celui qui serait ton sauveur ou ton bourreau. Ah, le surveillant de toute à l’heure : un peu gras, pas bien fin, un gros sourire ignoble plaqué sur ses lèvres. Vous savez ? Celui du chasseur bof qui tombe sur une biche blessée, oui, la même touche. Ton nez se retrousse automatiquement : sans que tu en ais vraiment conscience, c’est ton dégoût qui s’exprime pour ce genre de personne qui trouve plaisir à traquer les autres.

« Alors les jeunes, vous croyiez partir où comme ça ?! »

Il transpire dans sa chemise, il sent mauvais, il est laid, -il est MOCHE ET MECHANT-, tu le détestes déjà. Mais ce n’est pas comme si Jean-Camille et ses petites mains pouvaient te traîner jusqu’à l’infirmerie, alors tu ferais avec le tas d’immondices sadique qui arrivait droit sur toi. Bon, au moins il n’était pas trop con et avait saisi rapidement la situation. Après dix minutes d’engueulade ponctuée de postillons et de menaces, il se décida enfin à te prendre par la taille pour t’emmener à l’infirmerie.

Tu voudrais bien que Jean-Camille en profite pour retourner se coucher, tu voudrais bien t’enfermer à l’infirmerie et ne plus jamais en sortir, tu voudrais bien que ce type qui te porte n’explose pas plus de fureur, qu’il se taise, qu’il arrête de beugler et que tu puisses respirer. Mais tu es un faible, alors tu te tais, tu traînes la patte et respire difficilement en espérant que la distance jusqu’à l’infirmerie raccourcisse comme par magie.



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Mer 8 Aoû - 16:16


You won't find science and faith down a telescope.
Tu n'étais point habituée à crier, tes cordes vocales, ta petite gorge délicate... Tout ce beau mécanisme du verbe s'était enroué. Mais peu importe, tu avais continué d'appeler, jusqu'à ce qu'une silhouette bedonnante se détache de la pénombre, essoufflée, tenant à la main une lanterne à la lumière vacillante. Comme une grande fille, tu avais écarté tes larmes du dos de la main, tu ne tenais pas à ce que ce surveillant, ce veilleur, ce concierge, cet homme qui vous avait poursuivi.... Ne puisse t'humilier plus.
Tu avais redressé la tête, digne, il avait été le premier à dégainer son haleine, fétide, où se devinaient des relents de bière frelatée. Tu avais eut la patience d'écouter son sermon, soutenant Clyde qui toussait par intermittence. Tu avais placé un mouchoir en papier devant sa bouche, priant intérieurement pour que les réprimandes du bedonnant personnage ne trainent pas trop en longueur.
Et elles avaient trainé, hélas. Jusqu'à ce que, suite à une toux plus forte que les autres ton inquiétude galopante se réveille. Insolente petite, tu avais interrompu l'homme.

    « Ne voyez-vous pas que ce garçon doit aller à l'infirmerie ? »


Tu avais parlé d'une voix claire, sans appel, mais contenant néanmoins des intonations de politesse, afin que la brute ne se sente point insulté dans son exercice du pouvoir. Tu redressais Clyde, aidait rapidement l'homme à le porter, dégoutée que ton ami ait à supporte le contact de son abdomen, n'osant pas dire au surveillant qu'il risquait de lui faire mal. C'était la seule solution. Clyde aurait pu mourir sur ces dalles de pierre. Après la tragédie de Synchronicity, tu ne voulais pas voir d'autre disparitions.
L'homme vous adressait encore quelques grognements mécontents, auxquels tu répondais avec dignité. Cette histoire allait se savoir, allait parvenir aux oreilles de St-Andrez, c'était inévitable. Cette teigne avait un sixième sens pour réunir toutes les informations compromettantes qui pourraient te concerner, de près ou de loin. Mais, avec un esprit quelque peu martyr, tu te disais qu'il valait mieux essuyer les remarques acerbes du normand chaud bouillant que de laisser Clyde crever et se retrouver cette fois sous une dalle de marbre. Tu commençais à savoir, philosophie aidant, que le temps continuait son court, sans la moindre interruption. St-Andrez ne ferais que sous entendre des idioties pendant quelques semaines, puis il trouvera un nouveau jeu pour te faire tourner en bourrique. Très digne, malgré tes vêtements trop grands, ton bas ventre qui hurlait de douleur, tu acceptais de prendre toute la responsabilité de cet incident. Clyde en avait déjà trop souffert.

    « S'il y a quelqu'un à blâmer dans cette affaire, ce sera moi. Clyde aura bien assez souffert de cette histoire, veuillez ne pas l'en tenir responsable. »


L'homme ne devait pas comprendre tous les mots que tu avais utilisé, mais qu'importe. Vous étiez en route vers l'infirmerie. Tu suivais le convoi, à petits pas. On te demanderais sûrement de vous expliquer avant de te laisser retourner au dortoir qui vous était attribué.
Rassuré de voir que Clyde était enfin entre les mains de l'infirmier mal réveillé de l'école allemande, tu suivais la pestilence faite homme, tu lui offrais ta vision des choses, minimisant le rôle de Clyde dans cette affaire. Tu avais juste eut peur que l'on vous surprenne dans les couloirs à cette heure, tu l'avais entrainé plus loin, oubliant ses problèmes respiratoires. C'était de ta faute. Clyde avait déjà été puni.
L'homme avait marmonné quelques mots, en rapport avec l'esprit libertaire des synchroniciens, du manque de prudence, de sérieux. Il allait devoir en parler avec le proviseur ainsi que quelques professeurs de l'école russe. Mais avant de te raccompagner à la porte du dortoir, il te prévenais d'avance que tu pouvais t'attendre à de longues heures de retenue.
La fatigue te cloua vite au lit. Tu ne put penser qu'à deux choses avant de sombrer dans les bras de Morphée. Clyde allait-il s'en remettre rapidement ? Quelle sera la tactique de St-Andrez pour te faire regretter cet incident ?
Puis le noir.

[Fin du topic]

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"It's been a long time, Baby." - [Jean-Camille]

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